A chaque témoignage son histoire. Certaines victimes parlent d’attouchements, d’autres de viols.. La majorité sont des femmes, mais l’on dénombre aussi quelques hommes. Ils et elles avaient seize ans, ou seulement cinq. Leurs agresseurs eux, avaient trente, dix-huit ou treize ans. Tous différents les uns des autres, ces récits font pourtant état d’un même constat. L’ensemble des auteurs racontent en effet avoir été victimes d’une, voire de plusieurs relations sexuelles sans consentement. Ils témoignent également de la souffrance physique ou mentale provoquée par leur(s) agression(s) – souvent commises par un homme de leur entourage –, de la honte, de la dépression et du déni qui s’en suivent, de la perte de confiance en soi, et de la difficulté d’en parler.
A travers des mots forts, parfois crus et souvent poignants, ces victimes anonymes de Sciences Po dont les amis ont partagé l’histoire libèrent enfin leurs paroles. Mais l’objectif de ces récits se révèle être multiple. En plus de se confier et de se débarrasser d’un lourd secret, les victimes préviennent, dénoncent et appellent au changement. Elles préviennent les lecteurs que les agressions sexuelles et les viols peuvent concerner n’importe qui, sans faire de différences, même lorsque l’on se dit prêt à faire face à cette situation. Elles dénoncent des garçons et des hommes qui ne connaissent pas les valeurs de respect et de consentement. C’est également une société dans un déni de réalité que les auteurs tentent de pointer du doigt, pour qu’enfin elle prenne conscience de la gravité et de l’importance du sujet. Elles appellent au changement, à l’échelle de Sciences Po en demandant le renfort de la cellule de veille sur le harcèlement sexuel, et à celle de la société entière qui doit se saisir du problème, pour que ces violences cessent.Ce mouvement est d’autant plus percutant qu’il est le fruit d’initiatives personnelles, et non d’associations. Il s’inscrit dans la lancée du scandale généré le week-end dernier par l’attribution du César du meilleur réalisateur à Roman Polanski, accusé d’abus sexuels sur mineurs. A l’annonce de son nom, l’actrice Adèle Haenel, qui a elle-même rapporté avoir été attouchée par le réalisateur Christophe Ruggia lorsqu’elle était adolescente, avait quitté la salle en criant « Une honte ! C’est une honte ! ». Dans les jours suivants, plusieurs féministes ont tapissé les murs de Paris avec des collages contre la victoire du cinéaste. On y lisait ainsi : « Violanski, les César de la honte ». A Sciences Po aussi des messages ont été affichés sur les murs.
C’est donc dans ce contexte où le concept de honte est central, deux ans après #MeToo, que ces victimes anonymes témoignent, “se lèvent et gueulent”, comme l’écrit Virginie Despentes dans une tribune publiée par Libération le premier mars, pour que la honte change de camp, pour qu’elle s’installe du côté des agresseurs.
]]>Cet article est entièrement apolitique, son rédacteur n’est qu’amour et ne saurait faire l’objet de poursuites de quelque nature que ce soit. Bises.
Tu n’oses pas entrer dans l’arène, ou tu y es déjà et, tel un gladiateur, tu attends la sentence du pouce. Nous te parlons, bien évidemment, du like qui rend fiévreux des débats déjà houleux. Force est de constater que les groupes de promotion de Sciences Po – et tout particulièrement celui de notre jeune mais prolifique promo 2021, digne petite sœur de la 2020 – sont riches en joutes verbales. Pratiquées sur le clavier, elles atteignent des sommets d’intensité. La Péniche a pensé à toi jeune Maximus et, après avis d’experts en pxtalikisme, analyse des meilleures punchlines ainsi qu’étude approfondie des « graou » et autres « wahou », t’offre un petit briefing. N’hésite pas à poser ton like.

Parce qu’en France, on ne négocie pas avec les terroristes, et tu es tellement terrorisé en lisant ce que cet ignare ose écrire que tu le ranges sans hésiter dans cette catégorie. Cet interlocuteur virtuel, et la mélasse qui lui tient lieu de cerveau, ne méritent que ton mépris et ta haine. Et lorsqu’il n’est plus possible de recourir aux formes traditionnelles de dialogue, tu n’hésites pas à qualifier l’hérétique de tous les noms. Dans ta face, raclure de saumon-avocat.
( Nota bene : Toutes tes insultes seront pardonnées si tu es du côté de la bien-pensance. Dans la vie, il faut savoir choisir son camp. )
Le pavé est une arme ô combien efficace. Personne n’a le courage de le lire en entier pour vérifier qu’il ne contient pas d’inepties, mais sa longueur laisse penser que son auteur est un génie, capable d’écrire un essai en douze tomes sur à peu près n’importe quel sujet. D’ailleurs, le pavé « virtuel » ne blesse pas ton opposant, avantage que ne possède pas l’autre type de pavé, celui qu’on arrachait sur le boulevard Saint-Michel en mai 68. Il ne faut blesser les autres qu’à leur amour-propre. Tu es peut-être virulent, mais tu es civilisé.
Ça, c’est surtout si tu es un lâche qui n’ose pas donner son opinion sur le sujet débattu, de peur de susciter l’ire de tes congénères. Si tel est le cas, tu n’hésites pas à faire de l’humour, façon Pierre Desproges ou Jean-Marie Bigard (selon tes préférences). Au moins, une petite blague, ça n’est pas méchant, ça fait rire ceux qui sont crispés jusqu’à la moelle à force de s’échanger des insultes, et en plus ça te rapporte plein de likes. Testé et approuvé par votre serviteur.
Ils sont les symboles les plus évidents de la reconnaissance sociale ( illusoire ) que te vouent tes camarades d’amphi. Alors tu rougiras lorsque tu verras leur nombre augmenter. Généralement, ça veut dire que soit tu as été particulièrement drôle, soit tu as été particulièrement intelligent, soit que tu as été particulièrement cassant. Dans tous les cas, tu as assouvi la soif de panem et circenses du peuple science-piste. Félicitations.
Plus il y en a, plus ton langage abscons et sibyllin pourfendra ton détracteur. Au même titre que les logorrhées verbales citées antérieurement, sébile de tes likes, ils te parent d’une intelligence factice. Mais comme n’est pas Guillaume Tusseau qui veut, il est probable que tu les emploieras à mauvais escient. Ne t’en fais pas, personne ne le remarquera. D’ailleurs, si tu agrémentes ta prose de quelques petites citations en latin bien senties, c’est le jackpot. Nullum crimen, nulla poena sine lege, nul ne comprendra vraiment où tu veux en venir (et tu quoque) mais tous t’adoreront. Tu pourras ainsi savoir ce que ça fait d’être Emmanuel Macron, en restant assis.
Parce que Charles de Gaulle est mort et que tu n’as aucun respect pour ces satanés Charles-Henri qui habitent Neuilly-sur-Seine et qui plaident pour l’abolition de l’écriture mixte entre deux soirées à la Brünett. Mais n’ayant malheureusement pas la finesse d’esprit de Bertrand Périer, tu préfères leur faire sentir ton antipathie à leur égard en appliquant le conseil numéro 1 de cet article. Et puis après tout, s’ils voulaient être de droite, ils n’avaient qu’à aller à Assas. Au 27, tu supportes l’UNEF. Point barre.
Qu’il s’agisse de l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis ou du Brexit
(en passant par la fougue de Jean-Frédéric Poisson lors du débat des primaires), tout devient sujet de discussion au sein du microcosme « intellectuel » qu’est le groupe de promotion science-piste. Donc, quand il se passera quelque chose d’important, tu donneras évidemment ton avis, comme te l’ordonne cette force supérieure qu’est la liberté d’expression. Et les rustres qui osent affirmer que ton avis ne suscite aucunement l’intérêt de la collectivité n’ont de toute façon jamais eu d’avis sur rien.
Ah, le point ! A lui seul, il mériterait un article, un essai, une statue même. Vous l’aurez compris, il ne s’agit ici pas du Point qui s’insurge contre « cet islam sans gêne », mais de celui qui est habituellement utilisé pour clore nos phrases. Mais sur Facebook, le sens du point est tout autre. Il devient l’arme nucléaire du débatteur. Le point, c’est le petit pixel qui ordonne à ton adversaire de fermer définitivement son clapet ad vitam aeternam (voir point 5). Finalement, c’est un genre de « parle à ma main » qui serait resté à la mode après 2007. Simple, mais terriblement efficace.
Puisque l’ami Pierre, paix à son âme, est le moyen ultime de prouver à la multitude que tu as de la culture et que tu ne dormais pas tant que ça durant tes amphis de sociologie. Citer un être érudit, c’est un superbe argument d’autorité qui ne laisse pas place à la moindre forme de contestation. On prend ici l’exemple de Bourdieu, mais ça marche aussi avec Sartre, Voltaire, Aron, Wittgenstein et autres Bernard Henri-Lévy. Bon, on n’est pas sûrs que ça marche avec Eric Zemmour. Mais à vérifier.
Le monde offre déjà un spectacle assez désolant comme ça, pas besoin que les science-pistes se mettent eux aussi à se taper les uns sur les autres. Tu rappelleras donc aux belligérants de ta promo que la violence et le harcèlement moral ne sauraient être des formes d’argumentation. D’ailleurs, on n’a jamais convaincu personne avec des insultes. Et Mion n’insulte jamais personne, lui. Et de toute façon, votre fiel vous sera bien plus utile le jour où cet élève en prépa B/L à Henri IV vous affirmera que Sciences Po, c’est « l’école des glandeurs ».
]]>Voilà, ces dix petits conseils t’aideront à évoluer dans la jungle des groupes de promotion et à te faire accepter par la meute. Cependant, garde à l’esprit qu’il faut savoir rester civilisé, sur les réseaux sociaux comme dans la vraie vie. Les insultes, que tu les juges fondées ou qu’elles soient gratuites, ne sont pas moins douloureuses lorsqu’on les lit sur un écran, et ne sauraient avoir leur place dans nos promotions. Paix et amour. Que le sage Frédéric (Gros ou Mion, comme vous voulez) vous porte chance dans l’arène du pxtalikisme.
Ceux qui en profitent
Ceux qui veulent VRAIMENT aller travailler
Ceux qui font de la récupération politique
Ceux qui ont d’autres propositions de manifestations
Ceux qui veulent soutenir les manifestants
Ceux qui se moquent
]]>Et la Palme d’Or !
Les plateformes évènementielles : késako?

Le nom est peu sexy et pourtant ces plateformes sont des outils créés dans le but de nous séduire, nous, étudiants désordonnés et débordés, nous, sciences pistes curieux. Ce sont les tirelires-cochons en porcelaine et les tableaux de liège poussiéreux sur lesquels on punaisait les infos importantes à l’époque de nos parents. Leur but est simple : rassembler les évènements qui animent la vie étudiante. Avec certaines variantes.
Interactives ou non, dédiées à Sciences Po ou pas uniquement, les plateformes évènementielles, parfois aussi appelées communautaires cherchent à simplifier, à classer les informations et les évènements. Ainsi, plus possible d’oublier, de confondre. Et plus simple aussi de chercher l’information qui vous intéresse puisque tout est au même endroit. Leurs noms ? Pic’asso, Blackbird, Facebook, Buypacker… La liste n’est pas exhaustive.
Un défi de taille : s’intégrer dans les mœurs sciencespistes
Vous êtes perdus dans ces conférences auxquelles vous avez promis de participer? Vous cherchez désespérément un nouveau colloc depuis que le vôtre a tout plaqué pour aller planter du cannabis à Washington (oui, la légalisation, tout ça tout ça, ça met les choses en perspective)?
Blackbird ou Pic’asso sont là pour vous.
Leur challenge? Percer à Sciences Po, là où les étudiants, malgré leurs vingt heures de cours par semaine (bicus exceptés) arrivent à ne jamais avoir le temps. Vous ne fréquentez probablement pas (encore) Pic’asso, cette plateforme lancée par le BDE il y a trois ans et soutenue par l’administration en ce début d’année, avec pour ambition de regrouper sur une seule et unique interface l’ensemble des actualités relatives aux associations. Jordan Eustache, membre du BDE, ancien responsable de Pic’asso accorde que le nombre de vues de Pic’asso est très faible. Et c’est bien ça le problème.

Les sciencespistes sont-ils des égoïstes passifs et réfractaires au progrès ? Non (du moins pas en majorité). Alors comment expliquer les difficultés de Pic’asso, créé pour représenter dans toute sa diversité la vie associative (que chacun et chacune a vanté à son oral d’admission), à rentrer dans les mœurs ? “La vraie difficulté étant qu’aujourd’hui les gens et spécialement nous, étudiants qui manquons cruellement de temps, exigeons que l’information vienne à nous plutôt que l’on aille à elle.” explique Jordan. Et pourtant, ces plateformes pourraient vraiment être utiles pour dompter la vie étudiante foisonnante à Sciences Po. Mais comme l’explique Jordan, pour cela, il faudrait qu’elles rentrent dans les habitudes sciencespistes. Chaque matin, lorsqu’en amphi, les premiers décrochent et s’envolent vers La Péniche, les vidéos de la Minute Yep’ en un clic, le deuxième clic devrait être destiné aux nouvelles plateformes. Ce n’est pas encore le cas.
Quelles plateformes à Sciences Po ?
Il en existe plusieurs, chacune avec leurs spécificités. Buypacker, que les adeptes des cadeaux communs ou organisateurs de soirée connaissent déjà, se définit par exemple comme une billeterie en ligne, une tirelire commune. Pic’asso, dédiée aux associations. Et Blackbird (jeu de mot à noter : « blackboard », on en revient au tableau d’affichage de nos parents avec tous ces petits papiers sur lesquels étaient griffonnées des infos de la plus haute importance, illisiblement. Là, on met le « blackboard » dans son portable ou son ordinateur. Et c’est quand même bien plus pratique), le petit nouveau qui débarque à Sciences Po en cette rentrée 2014. “Petit”, ne vous y trompez pas. Blackbird a déjà son site internet, son appli (sur l’Apple Store, oui Messieurs Dames).
Le concept? “Put Sciences Po in your pocket.” annonce Marjolaine Grondin, une des fondatrices de Blackbird et ancienne sciencespiste. Chaque étudiant, en se connectant avec ses identifiants Sciences Po et uniquement ceux-ci (encore un truc qui nous fera paraître pour des connards prétentieux aux yeux des autres écoles) aura accès aux news publiées par l’administration, par les associations, aux bons plans dégotés par Blackbird pour lui. Déjà 1500 étudiants sont pré-inscrits et ont aidé à améliorer l’application avant son lancement prévu pour dimanche, et une trentaine d’associations dont le BDE ont déjà rejoint les rangs de Blackbird en se créant un compte. A vous les notifications pour chaque évènement qui vous intéresse, à chaque nouvelle soirée, puisque vous pouvez décider des associations auxquelles vous vous abonnez.
La nouveauté? L’interaction. A la façon de Facebook, l’étudiant peut publier un statut, liker, commenter, “flagger” (nouveau mot appris pendant l’interview, qui pour les aussi incultes que moi signifie “signaler comme indésirable”). Et qui sait si demain, on ne pourra pas partager vidéos et musiques. Marjolaine insiste sur l’évolution incessante de Blackbird.
Remplacer Facebook ?
Marre des notifications à tout va sur Facebook, des dizaines de demandes d’ajout d’associations aux passions aussi improbables que le tir à l’arc ou la confection de chapeaux? Ces plateformes sont là pour nous sauver et nous empêcher de fracasser notre ordinateur sur le sol blanc de la bibli du 27.
Alors, Facebook, la pieuvre bleue : ennemi n°1? Comment concurrencer le réseau social qui règne sur la vie sciencespiste? “Bah t’es con c’était sur le mur de la promo”, “mais abusé t’as vu le lien qu’il a partagé?”, “laisse tomber de toute façon pour lui, liker c’est automatique”, autant de phrases énigmatiques pour un grand père non adepte de Facebook. Et comment ces plateformes comptent -t-elles s’y prendre pour exister à côté du réseau social le plus utilisé en France chez les 18-25 ans?
Première mise au point : le but n’est pas de concurrencer Facebook, explique Marjolaine. “Nous ne sommes pas un réseau social, nous sommes l’appli de Sciences Po”. Facebook, c’est vos soirées, vos discussions, vos coups de coeur, votre week end. Blackbird, Pic’asso c’est Sciences Po, c’est votre vie étudiante, c’est votre semaine. C’est éviter « une bouteille à la mer dans Facebook » d’après les mots de Marjolaine. Et la tactique de séduction? La simplicité. Tout comme Pic’asso, l’interface de Blackbird paraitrait limpide même aux yeux d’un poisson rouge.
Défier le géant californien ? Voilà un joli défi.
Pic’asso : http://www.sciencespo.fr/evenements/picasso/
Blackbird : https://www.blackbird.co
]]>Facebook, refuge des étudiants désoeuvrés en cours magistral
Un simple détour sur Facebook en heure d’optimisation de la perte d’attention permet en effet de constater qu’il est clairement LE meilleur ami des 1A désœuvrés. Et le moins que l’on puisse dire est que Facebook ne fait pas office de think tank numérique où les débats, réflexions et prospectives sont au cœur des conversations : une fâcheuse tendance science piste consiste en effet à exhiber sur le groupe de la promo son ennui ou n’importe quelle anecdote insignifiante au moyen par exemple d’un très recherché « trop mdr, Wasmer a fait une faute sur son diapo xD » qui par un mystère dont seul notre institution a le secret, récolte une demi-centaine de « likes » en une quinzaine de minutes. Oui, oui, ce même mystère qui a permis à Olé Olé d’approcher les 70 voix lors de la procédure de reconnaissance.
Certains nostalgiques de leur classe de 5eme passée à publier des photos de leur « bestah » sur Skyblog poussent même le vice jusqu’à exposer sur le groupe de la promo des photos d’eux et leurs amis en Boutmy, en train de noyer leur ignorance et leur immaturité devant une webcam : comme quoi, la régression ne concerne pas que des droites en micro-économie.
Facebook constitue donc un refuge assez pervers pour les étudiants en perdition dans la tempête des cours magistraux. Au point d’interdire le site en Boutmy ? La chose serait techniquement tout à fait envisageable et a déjà été expérimentée. Toutefois, une telle mesure paraîtrait assez ridicule de la part d’une institution qui promeut l’autonomie intellectuelle comme une valeur clé : « je ne suis pas pour le paternalisme et les étudiants me semblent assez grands pour se gouverner eux-mêmes et assumer ce qu’ils font, en cours » souligne d’ailleurs Guillaume Tusseau. Autre argument avancé par Jean-François Chanet : « le blocage du site dans l’amphi Boutmy provoquerait sans doute une érosion plus rapide et plus importante de la fréquentation des cours ».
Le cliché du monstre tentaculaire en expansion à relativiser
D’ailleurs, continuer de déblatérer un verbiage dénonçant l’influence grandissante et perverse du réseau social n’aurait guère d’intérêt. L’audience de Facebook dans les cours magistraux ne démontre en rien que Mark Zuckerberg est l’instigateur d’un vaste mouvement de déconcentration massive des étudiants en amphis. La vacuité intellectuelle des sciencepistes exhibant photos et statuts sur le groupe de la promo n’est nullement “made in Facebook” : elle existait déjà avant. Quand les étudiants ne surfaient pas, ils dessinaient, lisaient, dormaient et jouaient à la belote (ou quelque chose comme ça).
Ainsi, Jean-François Chanet note que depuis quatre ans, il ne voit pas d’évolution sensible en matière de déconcentration des étudiants, un phénomène qu’il juge d’ailleurs minoritaire. Il affirme que lors de sa première année d’enseignement, alors que Facebook n’était pas aussi omniprésent, certains étudiants étaient alors plus enclins à lire le journal. « Je n’ai pas perçu de différence notable dans l’écoute des étudiants au fil des semestres » note également Guillaume Tusseau. Ainsi, toute tentative d’émettre une corrélation entre la déconcentration science piste et l’importante audience de Facebook apparaît comme assez douteuse. Pour faire clair, les étudiants n’ont pas attendu l’invention de Facebook pour être indifférents aux diaporamas de M.Wasmer richement agrémentés de multiples courbes d’indifférence.
Facebook, un formidable outil de partage de contenus avant tout
En réalité, réduire Facebook à un vaste espace où règnerait une insupportable aphasie intellectuelle est assez caricatural. Au-delà des activités très certainement vaines (mais très certainement minoritaires) de certains étudiants, le réseau social est surtout une plateforme incontournable de partage de contenu pour toute la sphère sciencepiste. En effet, l’engouement sciencepiste pour le réseau social n’est que la conséquence de la “mort du web” (démontrée avec brio par Chris Anderson dès 2010) au profit d’un Internet applicatif où contrairement au web ouvert, TOUT passe par des sites comme Facebook, sortes de plateformes multi-modales du contenu multimédia. Nous ne sommes plus dans l’ère “radiolibre” du web ouvert : pour bénéficier pleinement des contenus sur Internet, être sur Facebook est un avantage clé.
Ainsi, Facebook étant la plateforme par laquelle transitent l’immense majorité des informations et publications, il est un outil indispensable pour la communication des associations, et contribue de ce fait à la richesse de la vie associative. Par exemple, le lectorat de La Péniche dépend essentiellement de Facebook : 70% des lecteurs viennent du réseau social, Même constat chez SciencesPoTV : 49,7% des vidéos vues le sont via un lecteur intégré sur Facebook ou depuis un lien publié sur le site.
A noter que chez SciencesPo TV, il y a soixante-douze fois plus de “webspectateurs” venant de Facebook que de Twitter. Preuve qu’à Sciences Po, que Nadine Morano le veuille ou non, c’est Facebook qui est roi.
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