Recueil d’œuvres composées à l’occasion d’un atelier artistique en première année, les Nouvelles du Métro font un peu l’effet d’une thérapie de groupe. Ce livre, qui contient deux nouvelles intitulées « Le Jour où tout a basculé » et « Par contre, il y a des marches » nous permet de réaliser que sur bien des aspects, nous sommes ceux qui ne voient pas. Nous croyons obstinément que la différence physique crée un mur qui nous isole de ceux qui, comme Mathys, se sont vus privés de l’un des cinq sens. Ce mur, ce sont les fameuses « marches » qu’il gravit en sortant du métro. Les personnes qui l’aident à monter sont persuadées que ces marches représentent une difficulté terrible pour le jeune sciencepiste. À l’arrivée, il parvient toujours en haut de l’escalier. Et c’est là ce que bon nombre d’entre nous n’osent pas comprendre : quand on a de la volonté, il est peu de difficultés qui soient insurmontables.

Les difficultés existent, pourtant. Mais les autres sont là pour nous aider à y faire face. Afin de nous aider à le comprendre, Mathys Foreau met en scène Simon, un trentenaire accompli qui convoque ses souvenirs d’étudiant pour se rappeler l’origine de son étrange aversion pour le métro. Simon n’ose plus entrer dans le métro depuis qu’il y a fait la rencontre d’un personnage atypique. Gai et serein, celui-ci n’a de cesse de parler avec ses voisins dans la rame, dérogeant ainsi à l’une des règles les plus élémentaires de la vie parisienne, celle qui veut que l’on évite – dans la mesure du possible – de croiser le regard de qui que ce soit dans les transports publics.
« Qui est cet homme pour qu’on l’aide à faire ses courses ? »
Le caractère avenant du jeune homme irrite le conventionnel Simon. Bientôt, il découvre que ce « cher ami » – comme il se plaît à le nommer – qui l’obsède parvient toujours à se faire aider par les passants, et que ces derniers trouvent même un certain plaisir à le faire. Et Simon de se demander : « Qui est cet homme pour qu’on l’aide à faire ses courses ? ». Cet homme a les yeux grands fermés mais n’éprouve aucun mal à les ouvrir sur le monde. Il s’enquiert de la vie de ses rencontres d’un jour, d’une rame ou d’un trottoir. Il écoute les histoires de tous avec intérêt. Ne se lassant pas d’aller vers les autres, il est, souvent, ce que nous refusons d’être.
Cela fait de notre « cher ami » un personnage très énervant. Et donc un personnage d’autant plus efficace. Le « cher ami » est notre miroir. Il reflète la vision que l’on peut avoir des personnes invalides. Tout en éprouvant de la pitié pour ces personnes dont on se figure qu’elles ne peuvent pas être satisfaites de leur situation, nous nous enfermons dans une logique qui nous pousse à faire d’eux des êtres différents. Et donc à leur parler, souvent, de façon mesurée et distante, comme s’il fallait s’en méfier. C’est précisément ce comportement qu’adopte Simon vis-à-vis de l’inconnu du métro, ce qui donnera lieu à une chute des plus surprenantes. La confrontation entre Simon, l’étudiant mesuré, et notre « cher ami », inconnu bien trop libre, ne pouvait que conduire vers de houleuses péripéties.
Réalité ou fiction ? Mathys Foreau laisse planer le doute. À travers cette lecture, il tient toutefois à faire passer un message bien réel : les aveugles ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Dans une deuxième nouvelle à dimension autobiographique intitulée « Par contre, il y a des marches », Mathys fait le portrait de toutes celles et ceux qui l’ont aidé dans sa vie, et particulièrement dans son enfance. Une enfance qui ressemble finalement à celle de beaucoup d’autres enfants. Si Mathys n’a pas été isolé des autres, c’est aussi en grande partie grâce à l’indéfectible soutien de sa famille et de ses amis. Tous ont su le persuader que son handicap ne l’empêchait pas de faire ce qu’il aimait. Avec quelque chose en plus ? Oui, la détermination dont Mathys a fait preuve pour vivre sa vie et ses rêves. En dix-neuf ans, le jeune homme est passé ceinture marron de judo, a parcouru des centaines de kilomètres à travers l’Europe en vélo, est entré à Sciences Po, a édité son propre livre. Entre autres choses. Ce champion de France handisport le répète comme un mantra : « S’apitoyer sur le sort des personnes en situation de handicap ne fait que renforcer les marches qui nous séparent des valides ».
« Je ne fais pourtant de tort à personne / En suivant les chemins qui ne mènent pas à Rome » Brassens
C’est ici que les nouvelles de Mathys trouvent tout leur sens. Au-delà de la qualité d’écriture de l’étudiant, qui manie les descriptions avec une habileté telle que chacun est capable de se promener dans le décor qu’il dessine, c’est la destination de l’œuvre qui fait sa singularité. Ces deux nouvelles sont des nouvelles pour les autres. Pour ceux qui l’ont encouragé, et pour ceux qui doivent être encouragés. Mathys Foreau nous invite à « ne pas prendre les chemins qui mènent à Rome ».

Au fil de son existence, l’adolescent fut confronté à deux nombreuses personnes qui étaient persuadées qu’il n’était pas capable de faire ceci, ou cela. Étudier dans un lycée classique ? Impossible, car le bâtiment « n’était pas aux normes » selon sa directrice. À l’arrivée, Mathys est parvenu à y effectuer sa scolarité sans problème. Tenter l’examen d’entrée à Sciences Po ? Difficile, mais Mathys l’a fait aussi. Et une fois entre les murs du 27, rue Saint-Guillaume, il a fait de son mieux pour y rester lui-même. Un autre point très important pour l’auteur, qui voudrait faire de l’altérité une force là où beaucoup la voient aujourd’hui comme une faiblesse, ce qu’il ne manque pas de rappeler dans son livre. Est-ce parce qu’il y a un moule dans lequel nous sommes enfermés qu’aujourd’hui, « les gens n’ont plus d’amis » ? Une chose est sûre : il faut, pour dire que l’on a vécu, ne pas avoir peur d’emprunter les chemins de traverse.
Finalement, s’il y a une phrase qui paraît illustrer le parcours personnel de Mathys et le message véhiculé par son livre, c’est bien celle-ci, œuvre du philosophe Alain : « Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté. » Et à la lecture des mots de cet étudiant en deuxième année qui rêve d’embrasser une carrière de journaliste, nul doute que la volonté est une chose qui ne fait pas défaut chez lui.
]]>Si vous souhaitez découvrir les Nouvelles du Métro de Mathys Foreau, celles-ci sont disponibles à l’achat sur le site d’Edilivre : https://www.edilivre.com/nouvelles-du-metro-27c49a5b55.html/
L’interview a été réalisée le 15 mars dernier, trois jours avant le rassemblement de la France Insoumise place de la République.

La Péniche : Pourquoi avoir choisi Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise ?
Cassandre : J’ai surtout choisi son programme ! C’était dans le contexte des mouvements contre la loi Travail. Jean-Luc Mélenchon était le seul qui allait souvent en manif ( coucou Hamon ). Mais surtout, c’était celui qui, d’après les lignes directrices de son programme, était le plus en accord avec ce que je pensais.
LPN : Et selon toi, qu’est-ce qu’il a de fondamentalement différent par rapport aux autres candidats ?
C : C’est clairement l’homme politique qui est resté le plus droit dans ses bottes de toute sa carrière politique. Il a été le premier à porter le projet de la VIème République, pour laquelle nous défilons samedi, en 1995. Il était là dès le début, et n’a jamais dérogé à ses principes. Mais il sait aussi apprendre de son entourage ! Par exemple, il a été le plus rapide à se former sur le sujet de l’écologie et à l’intégrer entièrement à son programme. Pareil pour les droits LGBT, il est parti de rien a su écouter les personnes autour de lui et modifier son point de vue tout en gardant son éthique. C’est toujours en gardant son éthique et sa morale qu’il parvient à ajuster son opinion. Pour moi, c’est quelqu’un de fondamentalement moral.
LPN : On voit que certains thèmes comme la laïcité ou l’immigration reviennent fréquemment dans cette campagne. Mais est-ce qu’il y a un sujet qui n’est pas assez abordé ?
C : Justement, il n’aborde pas tous ces sujets comme le font les médias. Dans le cas de la laïcité et de l’immigration, par exemple, ce sont des sujets que l’on placarde en demandant aux gens ce qu’ils pensent dessus. Jean-Luc Mélenchon a une approche beaucoup plus transversale, considérant que c’est une question de système, de globalité. Il considère qu’on ne peut pas résoudre ces questions juste en les prenant par le petit bout de la lorgnette, et qu’il y a d’autres problèmes à prendre en compte.
Mais ce qui m’a vraiment convaincu.e dans son programme, c’est la question écologique. Cette question est liée à la VIème République, puisque Jean-Luc Mélenchon veut inscrire la règle verte dans la nouvelle Constitution. La règle verte consiste à ne pas prendre à la planète plus que ce qu’elle ne peut produire. C’est normalement une règle de bon sens, mais dans les faits, ce n’est pas ce qui se passe ! L’écologie n’est pas une simple mesure, c’est le fil directeur de son programme.
LPN : À quand remonte ton engagement personnel ?
C : Mon premier engagement, c’était dans les mouvements LGBT. Forcément, j’ai eu un gros moment de politisation en 2012-2013 ! Mais cet engagement restait plutôt associatif. J’avais une peur bleue des partis politiques qui, selon moi, font plus de mal que de bien à la vie politique. C’est pourquoi j’ai rejoint la France Insoumise, qui n’est pas un parti mais un mouvement. À mon arrivée à Sciences Po, je suis au départ resté.e éloigné.e de la vie politique, mais les mouvements contre la loi Travail ont représenté une période de politisation intense et de meilleure définition de mon positionnement politique, qui est plus à gauche que le PS. Je commençais à me demander pour qui j’allais voter, comme c’est ma première élection présidentielle. Me retrouvant face à cette angoisse – angoisse qui est assez partagée – je me suis dit qu’il fallait s’engager pour des idées qui nous tiennent à cœur plutôt que de se laisser porter par la vague.
LPN : Comment s’engage-t-on à Sciences Po lorsqu’on est jeune ?
C : À Sciences Po, le seul fait d’être visible est un acte militant ! Il faut donc faire des tablages, tracter… Pour moi, le premier enjeu, c’est de montrer qu’on est présents, ce qu’on a plutôt bien réussi à faire puisqu’on est considérés comme la première force militante à Sciences Po. Mais c’est aussi donner un peu de lien social à la politique, réhumaniser un peu le tout. C’est pourquoi nous avions organisé pas mal de soirées, d’apéros et de départs communs au premier semestre. On veut essayer de discuter de façon un peu plus horizontale. Le mouvement de la France Insoumise s’organise autour de groupes d’appui locaux. N’importe qui peut créer son groupe d’appui sur le site https://jlm2017.fr ! Cela permet de rencontrer, à l’échelle locale, des groupes de personnes qui ont à peu près la même opinion et qui, peut-être, ont davantage d’expérience. Mais il n’y a pas de parcours-type. Les cartes sont tant rebattues en ce moment que c’est difficile de dire « il faut rentrer dans tel mouvement de jeunesse, puis dans tel parti… » Pour moi, cette voie royale, ça ne marche plus.
LPN : Être insoumis, qu’est-ce que ça signifie pour toi ?
C : Être insoumis, pour moi, c’est transformer son indignation en action. On vit dans un monde avec des personnes de plus en plus précarisées, un écosystème complètement foutu en l’air par des multinationales qui s’en foutent complètement. Être insoumis, c’est ne pas rester frustré dans son coin, mais décider que cette indignation va se transformeren action politique.
LPN : Pas d’union de la gauche, donc ?
C : Le problème est : que signifierait l’union de la gauche ? C’est quoi la gauche ? C’est pour ça que le mouvement s’appelle la France Insoumise. Il ne s’agit pas de faire une union de la gauche qui ferait gagner la gauche, pour créer une majorité de gauche qui embêterait la droite. Ce n’est pas le but. Le but est véritablement de créer une France insoumise. On ne souhaite pas dépasser le clivage droite/gauche, puisqu’il existe à la fois historiquement et idéologiquement, mais réussir à fédérer au-delà de la gauche. Je dirais même que la gauche est un frein, parce qu’il y a des partis qui ont pour intérêt leur propre survie, et ce n’est pas notre intérêt.
]]>L’article a été rédigé en écriture neutre conformément à la volonté de l’intéressé.e, mais ne témoigne aucunement d’un changement de Charte de la part de La Péniche.

“J’ai grandi en banlieue, à Aulnay-Sous-Bois. Pourtant, contrairement à ce que certains pourraient penser, je n’ai pas l’impression d’avoir manqué de quoi que ce soit, de ne pas avoir eu de chance. J’ai rencontré des gens géniaux, des professeurs qui croyaient en moi, des parents qui m’ont tout donné pour réussir. Ils se sont privés de plein de choses pour mon frère, ma sœur et moi : pour nos cours de solfège, pour notre confort, tout simplement pour que l’on soit heureux. Quand on vit dans une banlieue, on voit toujours pire que soi. Je me rappelle, quand j’étais petite, j’avais une amie d’enfance… Un huissier était venu chez elle… Ils avaient pris toutes ses affaires… Je le sais, moi, j’ai été très chanceuse : j’ai une famille unie, ils sont là pour me soutenir et me donnent envie de réussir. Je suis passée par la procédure CEP, et je sais très bien que sans mes parents, sans l’éducation qu’ils m’ont transmise, sans les sacrifices qu’ils ont faits, je ne serais sûrement pas là aujourd’hui. Quelque part, pour moi, c’est devenu un certain privilège de vivre en banlieue… Toute ma vie, j’ai pu fréquenter des gens de toute sorte : des gens plus ou moins pauvres, des personnes de toutes les ethnies, de toutes les religions… Grâce à ça, je vois les choses désormais sous un prisme différent. Certes, il ne faut pas être idéaliste, il y a un clivage important en banlieue. Il y a une concentration d’une pauvreté énorme dans un seul et même endroit. Mais justement, être confrontée à cela te force à apprendre plein de valeurs que je n’aurais pas acquises autrement.
Le partage est devenu inhérent à ma personne. Tu sais, personne n’a énormément d’argent, on se débrouille comme on peut au jour le jour. Dès qu’il faut payer, dès qu’il faut aider, on est là pour participer. C’est peut-être normal, mais ce sont des valeurs que tu es obligée d’apprendre en banlieue, par la force des choses. On voit tout cela depuis que l’on est tout petit, du coup on s’adapte. Ça fait partie de nos codes. Pour beaucoup de gens de banlieue, quand on fait les choses, on y met tout notre cœur et toute notre âme, sans relâche, avec une grande ardeur. Ça nous joue des tours parfois… C’est pour ça, je pense, que peu réussissent à s’impliquer en politique, c’est dangereux de mettre autant de sa personne dans ce genre de choses. Tout ce que l’on traverse, ça fait de nous des gens très droits. Le manque de respect, on ne le supporte pas ! Le respect mutuel règne partout. Mon objectif ultime, ça serait de devenir magistrat. C’est un métier qui permet de déployer une influence inouïe. Pour moi l’idée de justice est quelque chose de primordial. Toute ma vie, j’ai été bonne élève, j’ai souvent suivi ce que l’on me disait, j’étais très obéissante. Mais dès qu’il y avait des situations d’injustices (que ce soit contre le professeur ou contre un élève), je ne pouvais me retenir, il fallait que je réagisse. J’ai eu beaucoup d’heures de colle à cause ça. J’étais complètement ulcérée par l’injustice : dans les banlieues, on en voit tellement en permanence que lorsqu’on y est confrontés en dehors, on pète forcément des câbles…

Après je n’ai pas la prétention et je ne veux pas donner l’impression de parler au nom de toute la banlieue. Moi, mon vécu, ma personne, c’est une facette unique de ce lieu qui en comprend tant d’autres. Et heureusement ! La banlieue, c’est cette chose mouvante avec une identité multiple et avec des points de vue tellement variés. C’est difficile de résumer quelque chose en perpétuelle transformation. La seule chose dont je pense être persuadée, c’est que je suis tout aussi heureuse de ce que j’ai et de ce que je n’ai pas. Je n’ai pas eu tout ce que je voulais… Et je suis reconnaissante pour ça. Si je devais tout recommencer, je pense que je choisirai de revivre tout ce que j’ai traversé. Dans cette même banlieue à Aulnay-Sous-Bois, avec les mêmes personnes et les mêmes matraques… Avant d’entrer à Sciences Po, ma grande peur c’était de changer, d’entrer dans un moule qui modifierait ma perception du monde et mon être. Et maintenant, au contraire, j’ai l’impression de me construire à l’opposé de cette école, c’est assez amusant. Je ne dénigre en rien ce en quoi elle repose mais j’ai juste envie de rester moi-même. Et je sais, des fois, j’ai repris certains de leurs codes : mais bon, j’aurais toujours mes amis et ma famille pour me rappeler d’où je viens. »
Si vous voulez partager avec nos lecteurs votre expérience , n’hésitez pas à nous contacter. Notre équipe sera ravie de continuer avec vous cette série de portraits d’étudiants !
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Il est très simple : mettre à disposition des étudiants qui auraient un projet de start-up des locaux, des enseignants expérimentés en matière de création d’entreprise, et une formation complète pour maîtriser aussi bien le marketing que la communication.
L’Incubateur accueille chaque année une quinzaine de projets de start-up, initiés par des étudiants. Mais Sciences Po Entrepreneurs possède d’autres cordes à son arc ! Un Atelier de Créativité Entrepreneuriale a par exemple été créé, pour permettre aux étudiants de 1A comme de M2 de se confronter à toutes les étapes de la création d’une entreprise.
Le projet paraît ambitieux, mais depuis huit ans, les résultats de Sciences Po Entrepreneurs sont convaincants. De nombreuses start-ups venues tout droit de l’Incubateur connaissent le succès. Parmi celles qui ont retenu l’attention de votre rédacteur, il y a notamment MEME, entreprise fondée en 2015 qui produit des cosmétiques pour les femmes atteintes du cancer, Jam, une intelligence artificielle qui répond aux questions des étudiants, ou encore « Le Chocolat des Français », fondé par deux ex-sciencepistes, qui vend des tablettes de chocolat aussi Made in France que les marinières de La Péniche !
L’entreprenariat n’a jamais été aussi vivace en France, et Sciences Po semble déterminé à suivre cette belle dynamique. Après Sciences Po Entrepreneurs, un nouveau palier est franchi cette année avec la création d’une Ecole du Management et de l’Innovation.
Parmi celles et ceux qui ont choisi de s’écarter des sentiers battus pour partir à la découverte du monde fascinant de l’entreprenariat, il y a Lorraine Strauss. Fraîchement diplômée de l’IEP, Lorraine Strauss est la fondatrice de WeArts, une start-up originale dédiée à l’art. Sur WeArts, les artistes, quels qu’ils soient, peuvent entrer librement en relation les uns avec les autres pour construire des projets ensemble. La Péniche est allée à la rencontre de l’entrepreneure, qui, si elle avoue ne pas beaucoup dormir la nuit, fait grandir WeArts grâce à sa passion et à son indéfectible enthousiasme.
P.A : Pour commencer, pourrais-tu nous résumer ton parcours ? Comment en es-tu arrivée à fonder WeArts ?
L.S : Après le collège universitaire, je me suis spécialisée en sécurité internationale, plus spécifiquement en lutte anti-crime organisé et antiterroriste. C’est en voyant l’essor des initiatives de paix fondées sur l’art que j’ai constaté que c’était était un formidable vecteur de cohésion entre les populations.
Au cours de mes études, j’ai rencontré Maxence et Jérôme, et nous avons voulu créer un court-métrage ensemble. Mais devant la difficulté de trouver des profils assez variés et complémentaires ( stylistes, photographes, acteurs ), nous nous sommes dit qu’il y avait vraiment un problème à résoudre car LinkedIn n’est pas adapté au monde de l’art.
P.A : WeArts, l’entreprise que tu as créée, s’occupe donc de mettre des artistes en relation pour résoudre ce problème ?
L.S : Oui, l’idée est de leur donner plus de visibilité et de leur permettre de travailler sur des projets conjointement. Le site est gratuit pour les artistes, ils peuvent se créer et gérer leur profil en ligne, mettre en avant leurs créations, leur travail, trouver d’autres professionnels et se faire contacter facilement. Cela permet aussi à des amateurs d’art de découvrir de nouveaux talents !
P.A : Et comment as-tu fait pour fonder ta start-up à Sciences Po ? Est-ce que c’était difficile ?
L.S : C’est là qu’une quatrième personne, le développeur, est arrivée dans notre équipe. Il était à Sciences Po et également photographe ( il a remporté le dernier concours du BDA ! ). Il nous a aidés à mettre en place le site Internet. C’est important, car notre initiative se fonde d’abord sur le site Internet, puis sur des espaces communs pour permettre aux artistes de se rencontrer. Evidemment, ce n’est pas évident de créer une entreprise. En fait, ça demande énormément de temps. On s’est rencontrés en juillet 2015, donc on travaille sur le projet depuis un an et demi déjà.
P.A : D’accord ! Et justement, selon toi, quelles sont les qualités qui font un bon entrepreneur, un entrepreneur qui réussit ?
L.S : Selon moi, la principale qualité, c’est la passion. Il faut aimer ce que tu fais lorsque tu crées une start-up. Mon équipe et moi-même, nous adorons l’art, et c’est ce qui nous pousse. On voit que certains artistes galèrent pour monter leurs projets et on veut vraiment résoudre ce problème.
P.A : Est-ce que tu as toujours voulu être entrepreneuse ou le déclic t’es venu d’un seul coup ?
L.S : Je voulais intégrer Sciences Po en me disant qu’il y aurait une formation assez large, qui me permettrait d’avoir aussi bien des connaissances en économie qu’en droit. Aujourd’hui, les connaissances que j’ai acquises me servent pour écrire des statuts juridiques, gérer un business plan, créer un dossier presse… Beaucoup de compétences diverses sont requises.
P.A : Est-ce que tu te serais imaginée travailler en entreprise, ou tu te sentais vraiment l’âme d’une entrepreneuse ?
L.S : Pour avoir fait plusieurs stages dans des entreprises où, justement, on est juste une petite fourmi et où l’on accomplit beaucoup de tâches inutiles, je sais que ce serait impossible pour moi de revenir dans le monde de l’entreprise. Je souhaite rester dans une dynamique de start-up.
P.A : Est-ce que tu penses que l’entreprenariat pourrait changer l’image de Sciences Po ?
L.S : On dit souvent que les gens qui sont ici ont une voie toute tracée. Mais de plus en plus de jeunes de Sciences Po cassent cette image en choisissant de lancer leur boîte. Ils veulent aller de l’avant, quitte à prendre des risques car fonder une entreprise, c’est forcément un coût en termes de temps et de moyens.
P.A : L’entreprenariat, c’est aussi une manière de penser par soi-même et de se détourner de la pensée unique ?
L.S : C’est une façon de réfléchir par soi-même, et de se remettre en question. Lorsqu’on a une idée, il faut savoir trouver le just balance entre quelque chose que l’on défend et la nécessaire remise en question. Il faut défendre une idée, mais aussi savoir s’adapter.
P.A : Est-ce qu’il y a des moments où tu as rencontré des difficultés en tant qu’entrepreneuse, qui t’ont amenée à te remettre en question ?
L.S : Il y a toujours des moments de doute, de solitude, parce qu’on trouve que les choses ne vont pas assez vite. Mais c’est aussi comme ça que l’on apprend à se motiver, et la motivation est une chose indispensable. Bâtir un site, attirer ses premiers clients, tout cela prend beaucoup de temps. Et les gens qui sont extérieurs au projet te demandent en permanence quel en est l’avancement, sans forcément se rendre compte de l’investissement que ça représente.
P.A : Dernière question : est-ce que tu penses que l’entreprenariat a un avenir en France ?
L.S : Oui, vraiment. De plus en plus de structures se mettent en place, comme la halle Freyssinet qui vient d’être créée par Xavier Niel, et qui attire des start-ups venues du monde entier.
Il faut justement créer un écosystème favorable aux start-ups aussi bien françaises qu’internationales, et c’est grâce au mélange des cultures qu’il y aura un réel dynamisme.
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« Un tourbillon d’expériences » c’est ainsi qu’Alexei Ymer-Welsby décrit son échange universitaire à Sciences Po dans une vidéo partagée par la page Facebook de l’institution. Initialement réalisée pour la compétition « Show and Tell » organisée par les Universités d’Australie, Alexei s’y met en scène rappant son expérience d’étudiant international à Paris. Pour mieux comprendre cet étonnant mélange de genres racontant l’expérience des internationaux à SciencesPo, La Péniche a rencontré son créateur.
Nous vous conseillons de voir sa vidéo avant de poursuivre la lecture.
Alexei: (Rires) En fait c’était une compétition de films organisée par les universités d’Australie. J’ai reçu un e-mail de mon Université [l’Université de Melbourne ndlr] qui expliquait que si on était parti en échange, il était possible de participer à la compétition de vidéo « Show and Tell » des universités de Melbourne. J’aime beaucoup faire des films du coup je me suis dit “franchement, ça pourrait être cool”.
Oui et en voyant le sujet, j’ai choisi de créer un rap pour faire quelque chose de différent. Je ne voulais pas faire une vidéo informative “normale”. Mais d’autres gens ont fait des vidéos sur leur échange en calant de la narration sur des images, d’autres ont fait de l’animation… C’était vraiment diversifié.
Non j’ai tout fait tout seul. À part pour la partie qui met en scène mon amie Maraie, quelques amis m’ont aidé à filmer. Mais sinon j’ai créé toutes les paroles et enregistré la chanson moi-même, et édité la vidéo moi-même aussi. J’ai vraiment tout fait.
Merci (rires). En fait j’ai juste écrit en français et je l’ai fait corriger par un ami français avant d’enregistrer juste pour être sûr que c’était bon.
Oui, oui bien sûr. J’ai pris un de mes cours en Français mais le reste était en anglais, ce qui était probablement un peu paresseux de ma part. J’aurais dû prendre plus de cours en français, ça m’aurait permis de me perfectionner. Mais bon, c’est assez compliqué comme langue (rires).
Oui je crois que j’en avais. Mais Sciences Po était la meilleure université et surtout, elle était à Paris. Ces deux facteurs étaient très importants ! J’aurais bien voulu dire que c’est parce que j’étudie la science politique mais bon c’est pas vraiment vrai… (rires). Mais étudier à Sciences Po était vraiment très intéressant.
… Mmmm oui? (rires)
Mon cours en français était compliqué. La façon dont tout est enseigné à Sciences Po est très différent de l’Australie. Par exemple le fait que l’on ait un cours avec seul professeur et une conférence de méthode. Et en Australie on n’a pas d’exposés. Je ne sais pas si c’était plus dur au final, je pense que ça dépend vraiment des cours que l’on prend.
Mmmm… peut-être que peu de gens portaient des costars (rires). Quelqu’un m’avait dit que tout le monde portrait des costars à Sciences Po ! J’y ai cru en me disant que c’était drôle. Mais ça n’est évidemment pas vrai (rires).
Je pense que ce que je regrette le plus c’est de ne pas être resté un an entier. J’aurais choisi plus de cours de sciences politiques, des cours plus “sciences po”. Je regrette aussi de ne pas avoir fait plus partie de la vie associative.
Sans doute les associations de cinéma parce que c’est un art qui m’intéresse beaucoup. Mais j’ai quand même fait du tennis plusieurs fois avec l’Association sportive!
Marcher dans les rues de Paris sans hésiter. Paris est une ville tellement belle et unique. La meilleure chose à faire dans Paris est d’être piéton. C’est très facile de marcher dans n’importe quel endroit mais je pense que Paris est le meilleur endroit pour le faire.
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