Entreprenariat – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Wed, 17 Aug 2022 07:42:33 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Entreprenariat – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 La Junior Entreprise de Sciences Po: petite mais active https://www.lapeniche.net/la-junior-entreprise/ Tue, 24 Jan 2017 09:07:19 +0000 http://lapeniche.net/?p=36305 C’est l’une des cinq associations permanentes qui animent la vie étudiante de l’école et, pourtant, peu d’étudiants connaissent son existence. Ses actions et son fonctionnement demeurent opaques pour de nombre d’entre eux, aussi La Péniche s’attaque-t-elle au mystère. Rencontre avec sa présidente pour un tour d’horizon des activités de cette association pas comme les autres.

Un cabinet de conseil géré par des étudiants

Qu’est-ce que la Junior Consulting, concrètement ? C’est le nom que revêt une association qui fonctionne comme un cabinet de conseil directement au sein de l’établissement. Toutes les écoles de commerce en ont une, ce qui permet aux étudiants d’entrer en relation avec le monde du travail et de mettre à profit les savoirs théoriques étudiés en cours. « Nous travaillons avec des clients très divers, explique la présidente Marine Poylo, étudiante en Master Economics and Business, entrepreneurs, organismes publics et grandes entreprises de tous secteurs confondus. Nous leur proposons des services très variés : études de marché, stratégie de communication, études d’impact ou encore veille concurrentielle ». Chaque année, ce sont ainsi 150 étudiants qui sont appelés à travailler pour la Junior Consulting dans diverses missions en fonction de leurs spécialités.

 

L'équipe de la Junior Consulting
L’équipe de la Junior Consulting

Des opportunités professionnelles à saisir

Les étudiants concernés par ces missions sont rémunérés pour leur travail en plus de l’expérience qu’ils acquièrent et du réseau qu’ils se créent auprès des professionnels de grandes entreprises. En effet, que ce soit quand elle est contactée directement ou quand elle démarche des clients, la Junior Consulting n’accepte que les missions qui présentent ce que Marine Poylo appelle « une plus-value pédagogique ». Elle rappelle par ailleurs qu’il y a une distinction entre les étudiants qui réalisent les missions et les membres permanents de la Junior Consulting qui sont chargés de mettre en relation les professionnels et les étudiants. S’investir dans cette association permet de rencontrer de nombreux étudiants de divers masters et d’étoffer ainsi son réseau personnel comme professionnel.

 

Une association qui souhaite mobiliser plus d’étudiants

« Un intérêt commun pour l’entreprenariat et la prise d’initiative »

Comme rappelé plus haut, l’association souffre d’un manque de visibilité qui n’est, selon sa présidente, absolument pas volontaire. Au contraire, la Junior Consulting a constamment besoin d’étudiants pour remplir ses missions ainsi que de membres pour assurer sa gestion et pérennité. C’est une association qui peut correspondre à « tout étudiant qui recherche une expérience à la fois professionnalisante et associative ». Elle permet de développer de nouvelles compétences, de découvrir de nouveaux secteurs d’activité et de regrouper des étudiants originaires de toute la France via la Confédération Nationale des Junior Entreprises. Leur point commun selon Marine Poylo ? « Un intérêt commun pour l’entreprenariat et la prise d’initiative ».

Du renouveau dans les projets à venir

Conscients de l’opacité de leurs actions pour beaucoup d’étudiants, la Junior Consulting souhaite mettre en place une stratégie de communication pour pallier son déficit de notoriété. Les grandes lignes de cette stratégie sont la création d’un nouveau site web et la réalisation d’une vidéo de présentation. Par ailleurs, l’association organise divers évènements dans l’année. Après la venue de l’entreprise PriceMinister et d’un ancien consultant du BCG en Novembre, des projets sont prévus pour le deuxième semestre avec notamment AssoMarket, AssoCom et Sciences Po Finance.

Pour faire court, si la Junior Consulting est une association discrète, elle n’en demeure pas moins très active. C’est un vivier de missions et de compétences à découvrir ou à renforcer pour des étudiants désireux de professionnaliser un peu plus leurs études. Les étudiants de deuxième année du Collège Universitaire ainsi que de tous les Masters sont invités à faire un choix qui pourra se révéler déterminant dans leur parcours à Sciences Po.

Merci à Marine Poylo d’avoir répondu à nos questions.

 

]]>
L’école de management: au-delà de la politique https://www.lapeniche.net/ecole_de_management_innovation/ Tue, 15 Nov 2016 09:52:54 +0000 http://lapeniche.net/?p=36031

« Et où étudiez-vous exactement ? »

« A Sciences Po, Paris ! »

« Ahhh ! Je me tiens donc face à un futur Président ! »

Qui n’a jamais eu ce type d’échange avec un ami/un grand-oncle/un chauffeur de Heetch ?

La réputation de l’Ecole n’est plus à faire en ce qui concerne les carrières politiques.  Quatre des sept présidents de la Ve République sont passés par ses portes ; neuf premiers ministres ont foulé ses bancs ; plus d’une centaine de hauts fonctionnaires en ont apprécié le café dans le jardin du 27.

Et si pourtant, Sciences Po, ce n’était pas que ça ?

La multiplication des filières pour une multiplication des défis

L’Ecole libre des Sciences Politiques a été fondée dans le but de former des Hommes capables de répondre aux enjeux de demain. C’était le cas en 1870 ; c’est encore le cas aujourd’hui.

L’objectif de l’Ecole reste donc le même : seuls ces enjeux ont changé. Ou plutôt, ils se sont multipliés. Il est toujours nécessaire de former des Hommes d’Etat compétents – peut être même plus que jamais – mais il aussi nécessaire de former ceux qui font bouger les lignes.

On ne peut négliger le contexte économique et social dans lequel le pays se trouve embourbé depuis plusieurs années : les politiques, chacun à leur tour, ont fait preuve de leur échec à remédier à cette situation.

Chômage de masse, croissance inerte, précarité de l’emploi : qui d’autre que les innovateurs et les chefs d’entreprise peuvent remédier à cette situation économique ?

C’est en effet ce à quoi l’Ecole du Management et de l’Innovation ambitionne : former les acteurs et les entrepreneurs du changement.

Une redistribution des cartes

En effet, les acteurs politiques ne sont plus les seuls acteurs à détenir le pouvoir au sein de la société. Marie-Laure Djelic et Benoît Thieulin, doyens de cette nouveau Ecole, s’accordent tout deux sur ce point : le pouvoir est un jeu à acteurs multiples aujourd’hui.

Il faut donc s’assurer de former des leaders capables d’être à la hauteur des mutations sociétales ; qui passent certes par la révolution numérique – et le co-doyen Benoît Thieulin, président du Conseil national du numérique, sait de quoi il parle –  mais surtout à son impact sur la société :  il faut, comme le précise Marie-Laure Djelic, être capable de les imbriquer au champ économique et politique.

La formation proposée par cette Ecole est tout simplement en adéquation avec les enjeux actuels. Les enjeux sont pluriels, aussi l’est la formation.  Transmission des clefs de compréhension de la mondialisation, incitation à l’innovation ; apprentissage des techniques ; sensibilisation à la responsabilité sociale des entreprises : tous ces enseignements s’imbriquent afin de dispenser une formation riche capable de répondre aux défis du monde de demain.

Cela relève en effet de notre responsabilité selon Marie-Laure Djelic. Responsabilité qui doit s’ancrer d’une profonde dimension sociale selon la Doyenne, auparavant Directrice du Centre de Recherche sur le Capitalisme, la Mondialisation et la Gouvernance : il faut apprendre aux leaders de demain à prendre en compte la problématique du bien commun pour assurer un développement viable, vivable, et équitable.

« Entrepreneurs du changement »

L’objectif est donc de former des entrepreneurs créatifs & responsables : mais l’entreprenariat n’est pas un métier, c’est un état d’esprit. Il s’agit de transmettre aux futurs leaders la détermination nécessaire à l’accomplissement de projets, à l’investissement responsable, à l’innovation – et ce aussi bien dans le monde de la finance que celui de la communication.

Une formation sciencepiste qui risque de subir les indéfectibles critiques de formatage des élites ? Que nenni : c’est justement en « déformatant » les étudiants et en les faisant sortir de leur zone de confort que l’Ecole du Management et de l’Innovation entend former les leaders de demain.

Crédit photo : Camille Stromboni pour L’Etudiant

]]>
A ciel ouvert avec Carine Camby https://www.lapeniche.net/a-ciel-ouvert-avec-carine-camby/ Tue, 18 Feb 2014 09:00:12 +0000 http://lapeniche.net/?p=16664 Carine Camby en quelques dates :

1982 : Diplôme en Service Public à Sciences Po Paris

1983 : Maitrise en droit du travail à Paris I

1986 : Promotion Denis Diderot à l’ENA. Devient Magistrate à la Cour des Comptes

1993 : Participe à la création de La Cinquième, « télévision de la connaissance »

2003 : Directrice de l’Etablissement Français des Greffes

2005 : Directrice de la nouvelle Agence de Biomédecine

2010 : Déléguée générale de la Cité internationale universitaire de Paris

Cette semaine, Lapéniche.net a eu le plaisir d‘interviewer Carine Camby. Après une carrière administrative ponctuée de grands projets, celle-ci est revenue à plein temps dans la vie étudiante puisqu’elle dirige désormais la Cité internationale universitaire de Paris. Rencontre fascinante avec une femme qui conduit sa carrière à vive allure sans se soucier du prétendu plafond de verre.

1779650_10152207161934834_1890530896_n

Sciences po, « l’école de l’ouverture »

Carine Camby semble garder des souvenirs très chaleureux de ses années rue Saint-Guillaume : « Sciences Po m’a beaucoup apporté, c’est une école à laquelle je reste très attachée ». Elle y rencontra avant tout ses amis les plus proches, malgré une intégration qui n’était pas initialement évidente. Originaire d’un milieu plus modeste, elle se souvient « d’une différence sociale énorme ». Un fossé qu’elle enjamba sans peine puisque très rapidement, elle « vécut cette ouverture à d’autres milieux comme une véritable richesse ».

En faisant le bilan aujourd’hui, Carine Camby estime que Sciences po lui a surtout « appris à travailler » à travers sa méthode et sa pluridisciplinarité : « On ne sort pas de Sciences po technicien ou spécialiste de certains sujets. Mais on obtient une certaine rigueur dans notre travail et une ouverture d’esprit qui m’ont permis d’être très polyvalente». Son seul regret fut l’absence de formation managériale pourtant essentielle pour diriger des équipes dès que l’on a plus de responsabilités. Mais c’est surtout entre les murs de l’Institut que son  goût pour l’administration et la gestion de projets se sont développés. Carine Camby remercie particulièrement Jean Daubigny [le préfet actuel de Paris] qui, à travers ses cours de Droit Public, l’encouragea à emprunter cette voie. Une formation intellectuelle qu’elle compléta par une expérience plus concrète, « pas facile car il fallait faire ses armes », en tant que représentante de l’UNEF au conseil de direction.

Son diplôme en poche, Carine Camby souhaita « donner quelque chose en retour » à Sciences Po et fut ainsi maître de conférences pendant une dizaine d’années par la suite.

Un fil directeur : entreprenariat

Après un an de préparation au sein de l’Institut (elle fait simultanément une maitrise en droit du travail), elle réussit à intégrer l’ENA qui ne lui laisse que peu de bons souvenirs : « Ce n’était qu’une logique de classement. Je n’ai pas appris grand chose à l’ENA ».  Elle en est tout de même sortie dans la botte.

1922645_10152221892454834_1378958500_nCommence alors une carrière impressionnante et éclectique. Magistrate puis auditrice à la Cour des comptes, elle fut aussi membre de l’équipe fondatrice de la chaîne télévisée la Cinquième, contribua à l’élaboration de la loi sur la bioéthique de 2004, dirigea l’Etablissement français des Greffes (devenu Agence de la biomédecine), et est désormais déléguée générale de la Cité internationale universitaire de Paris. Si ces secteurs d’activités sont très variés, ce parcours suit tout de fois un fil d’Ariane qu’est l’entreprenariat. A chaque reprise, Carine Camby est arrivée à un moment clé et  a pu s’occuper de la gestion d’un projet de transformation de A à Z. Elle se souvient ainsi, et l’enthousiasme semble ne pas avoir faibli avec le temps, de la création de  la « chaîne de la connaissance » dont elle fut l’une des pionnières : « c’était passionnant et très mobilisateur car il fallait créer de toute pièce une entreprise. Il y avait tant de choses à concevoir ! ».  De même la transformation de l’Établissement Français des Greffes en Agence de la biomédecine n’a pas été une mince affaire, le gouvernement souhaitant élargir ce premier à davantage  de  questions éthiques. Aujourd’hui, Carine Camby gère avec passion les nombreux projets de développement de la Cité universitaire et ne compte pas quitter son poste de sitôt : «je travaille dans un environnement magique, dynamique et passionnant ».

Être chef d’un orchestre de 12 000 résidents

1903340_10152221892569834_655832502_n
La cité internationale.

Lorsque je l’interroge sur son rôle de Déléguée générale de la Cité universitaire, la comparaison à un chef d’orchestre paraît évidente. Carine Camby doit en effet gérer un établissement gigantesque aux chiffres impressionnants : 60 000 logements,  12 000 résidents, 40 maisons dont 25 rattachées à des pays étrangers ou à des écoles, plus de 130 nationalités et près de 1000 évènements culturels chaque année. Car si la mission première de la Cité universitaire est bien d’héberger des étudiants venus du monde entier, elle est loin d’être unique. Carine Camby insiste ainsi sur l’accompagnement très divers de ces étudiants confrontés à un environnement quotidien complètement différent du leur. Les équipes de la Cité universitaire les aident donc à s’en sortir dans les diverses démarches administratives, à surmonter certaines différences culturelles et à dépasser la barrière de la langue. La culture et les échanges sont donc des valeurs primordiales pour l’institution : elles forment les piliers de ce projet pacifiste qui naquit au lendemain à la première guerre mondiale afin de développer des solidarités étudiantes internationales.

Carine Camby est donc à nouveau à la tête d’un grand projet multidisciplinaire et complexe qui ne cesse de se développer : de nouvelles résidences et l’accueil de nouveaux pays sont notamment à prévoir dans un avenir proche.

Une cadre dirigeante fissurant le plafond de verre

Dire que Carine Camby  a accédé à ces postes à hautes responsabilités facilement serait mentir. A plusieurs reprises, elle a dû faire face à des difficultés liées au fait qu’elle soit une femme. Curieusement, le manque de parité à l’ENA pourtant très controversé (le taux record de 45% d’étudiantes est attribué à la nouvelle promotion de 2013) ne l’a pas marqué. A l’inverse, rue Cambon,  elle se souvient avoir du se battre pour faire ses preuves dans un milieu exclusivement composé d’hommes d’un âge avancé (elle avait alors 25 ans). Sans vouloir faire de généralités, Carine Camby admet qu’il existe encore un plafond de verre pour les postes à grandes responsabilités : « S’il y a maintenant beaucoup de femmes cadres supérieures, ce n’est pas le cas pour les postes de cadres dirigeants ». Le message qu’elle veut faire passer aux jeunes étudiantes de Sciences Po qui aspirent à une longue carrière est de ne pas s’autocensurer. Elle explique qu’autour d’elle, beaucoup de jeunes femmes se freinent elles-mêmes, sont plus exigeantes et limitent leurs ambitions car elles sentent le poids de la sphère professionnelle historiquement masculine. « Mais elles ont toutes leur place dans le milieu du travail ! ».

Ainsi se conclut l’interview, sur l’espoir de Carine Camby que la nouvelle génération fasse voler en éclat ce plafond de verre que sa propre génération avait fissuré.

]]>