emmanuel macron – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Fri, 30 Jun 2023 10:04:04 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png emmanuel macron – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Emmanuel MACRON chercherait-il à rallumer le feu de la contestation en Guadeloupe ? https://www.lapeniche.net/emmanuel-macron-chercherait-il-a-rallumer-le-feu-de-la-contestation-en-guadeloupe/ Tue, 15 Feb 2022 11:00:00 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=54220 J’ai appris avec étonnement, pour ne pas dire stupéfaction, la décision du préfet de Guadeloupe, de rendre applicable le passe vaccinal dans l’archipel à compter du 7 mars prochain, certes de façon progressive. Ainsi, ce passe serait d’abord imposé aux établissements culturels et recevant du public, puis dans un second temps (à compter du 21 mars) à la restauration et l’hôtellerie ainsi qu’aux activités sportives. Autant dire demain donc.

En effet, alors que ce passe est déjà appliqué en métropole depuis le 24 janvier dernier, la loi du 22 janvier 2022 a prévu une possibilité d’adaptation dans son application, en fonction du contexte local.

Aussi, je me dois de dire, avec la plus grande sincérité possible, que ce serait à la fois irresponsable et une faute politique majeure que d’appliquer en Guadeloupe dès le 7 mars prochain ce passe vaccinal. Car, comme on le sait, la situation dans l’archipel est radicalement différente par rapport à l’Hexagone en termes de couverture vaccinale, à peine 40 % des plus de 12 ans ayant reçu une première injection.

Afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté dans mes propos, je tiens ici à préciser que je suis convaincu des bienfaits de la vaccination, et je n’ai pas hésité depuis des mois, en tant que simple citoyen, à tâcher de convaincre mes compatriotes de l’importance de se faire vacciner pour prévenir en particulier les formes graves de la maladie dues au covid-19. Cela m’a valu d’ailleurs à plusieurs reprises, invectives, insultes, voire même menaces. Mais peu importe, je continuerai avec d’autres de tâcher de convaincre, mais dans l’écoute et l’échange rationnel et argumenté.

Ceci étant, croire que le passe vaccinal va avoir un effet significatif sur l’accroissement de la vaccination en Guadeloupe, c’est tout simplement méconnaître gravement nos spécificités culturelles et sociologiques. Nous avons en effet l’exemple marquant de certains professionnels de santé (près de 300 salariés), qui ont préféré perdre leur emploi et sombrer dans la précarité, plutôt que de se faire vacciner. Nous pensons en effet qu’il vaut mieux toujours d’abord convaincre plutôt que de contraindre. Ainsi, c’est implicitement toute la stratégie d’incitation à la vaccination de l’Etat, mais aussi de l’ensemble des responsables publics, qui doit être interrogée à l’aune de ce faible taux de vaccination.

A coup sûr, l’une des premières conséquences de l’application du passe vaccinal sera de provoquer, outre une défiance virulente d’une grande partie de la population, une crise économique et sociale majeure, dans la mesure où la perte de chiffre d’affaire pour de nombreux établissements recevant du public (secteur culturel et du spectacle, restauration, …) risque d’être colossale, sinon fatale. A titre d’exemple, Eddy Alphonse, gérant de l’Appart (entreprise organisatrice d’événements culturels), a d’ores et déjà annoncé qu’il cessera son activité suite à l’annonce du préfet. Il est malheureusement probable que d’autres professionnels du spectacle et de la restauration lui emboîtent prochainement le pas.

Aussi, qui chercherait à mettre la Guadeloupe à genou, et à créer à nouveau un climat quasi- insurrectionnel, ne s’y prendrait pas autrement. Sur ce point, j’ai peine à croire que le préfet ait pris seul une telle décision incandescente…

D’autant que l’ensemble des élus locaux, mais aussi les responsables des chambres consulaires que le préfet a rencontrés, ont pointé du doigt la grande difficulté d’application du passe vaccinal en l’état, et la nécessité de différer son application, certains ayant évoqué le délai d’au moins 6 mois. Curieuse conception dans ce cas de la concertation, et du peu d’importance accordée à la légitimité démocratique des responsables politiques.

Et cette décision apparaît d’autant plus incompréhensible, alors même que l’on discute d’ores et déjà de la suspension du passe vaccinal dans l’Hexagone, et qu’en Guadeloupe, le pic de l’épidémie due à l’omicron semble derrière nous.

De surcroît, autant l’OMS que des épidémiologistes de renommée internationale s’accordent à dire qu’avec le variant omicron, très contagieux mais très peu létal, la fin de la pandémie du covid-19 apparaît scientifiquement de plus en plus plausible (le virus deviendrait ainsi endogène avec des cycles épidémiques comparables au virus de la grippe). Or, la vague épidémique due à ce variant, diminue extrêmement rapidement dans tous les pays où elle sévit.

Dès lors, cette décision d’appliquer dès le 7 mars prochain le passe vaccinal en Guadeloupe, semble totalement « anachronique » au regard de l’évolution récente de l’épidémie et des dernières conjectures scientifiques et épidémiologiques. Elle ne se justifie donc plus quant à l’urgence sanitaire, et au regard des désastres sociaux et économiques qu’elle pourrait engendrer.

A moins que les motivations cachées de cette décision soient ailleurs ? En particulier, lorsque l’on se remémore les propos consternants du chef de l’Etat qui disait vouloir « emmerder » les non- vaccinés pour justifier la mise en œuvre du passe vaccinal – propos irresponsables tenus alors même que le projet de loi instaurant le passe vaccinal était encore en débat à l’Assemblée nationale –, nous sommes en droit de nous interroger quant aux réelles motivations d’une telle inique décision.

Crédit image : ©https://www.flickr.com/photos/bibi95/3298106900

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Vice-President Kamala Harris’ visit to France shows a consolidated effort to mend the French-American alliance, for now. https://www.lapeniche.net/vice-president-kamala-harriss-visit-to-france-shows-a-consolidated-effort-to-mend-the-french-american-alliance-for-now/ Mon, 22 Nov 2021 11:00:00 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=53779 2 months after the announcement of AUKUS and the consequent cancellation of the French nuclear-propelled submarine contract with Australia, Vice-President Kamala Harris arrived in Paris for an extensive 5 day stay last week in the hope of making amends. 

What exactly are the symbolic, if not geopolitical repercussions of the affair. That the unforeseen and seemingly erratic nature of the deal provoked the rage of a country with resentment from what it considered a clear slighting from the world stage is clear. 

A few questions can be raised : what exactly did France gain from the ostentatious and assertive reaction of the current administration ? How important has this become in the American executive‘s considerations ? 

What is certain is that the White House is making unprecedented efforts in seeming apologetic to an extent rarely seen in recent American history. Biden’s visit to Macron at the French Embassy to the Vatican proved highly symbolic in this regard, Biden effusively commenting on a much regretted American negligence, apologizing all but in name. Vice-President Harris’ week in Paris, accompanied by Secretary of State Anthony Blinken and National Security Advisor Jake Sullivan, is a significant manifestation of consideration for an important ally. This, however, is from an American perspective.

Having sent strong signals with the American president at the Vatican, the Élysée persists in sending out a cautious message, awaiting beyond all else, more than implicit apologies, concrete suggestions for a common future and a sign of “good will” from its American partner. It is striking to point out the initial derision with which American media reacted to the French fit of rage. It seemed that for several weeks, no one understood why one would get angry for a couple nuclear submarines. More than a painful financial loss, AUKUS represents the devastating humiliation of having been warned 30 minutes before the press, of a major geopolitical realignment. The White House has effectively taken a more concerned approach to the considerations of its big ego ally.

During the Trump Era, Macron’s France was among the prominent nations to support the pillars of multilateralism, a narrative which Biden has made a point of not only wanting to fit into, but of taking the lead in. While AUKUS is most evocative of the United States’ shifting gaze towards China, France remains the principle military force of continental Europe, assuring its dissuasive capacities. Not to mention that France is the western country with one of the largest EEZs in the Indo-Pacific region, as well as the largest EEZ in the world overall.  That France is a medium-sized power with significant military and defense capacities is the sort of puzzling equation which might have left it out of AUKUS’ considerations to begin with. If the American show of reconciliation demonstrates one thing, it is that France is a non-negligeable partner in a shifting geopolitical environment and that the White House wants to show that it realizes this.

The Vice-President’s week is dense with conferences on topics as diverse and fundamental as collaboration in space strategy and digital platforms, this last point being of chief concern for France in the wake of the controversies surrounding Facebook, over the revelations by whistleblower Haugen that the media platform’s algorithms tend to foment polarization and discord. A topic of increasing concern as French parliamentarians welcomed Haugen to the Assemblée Nationale on Wednesday last week. Friday, an international conference on Libya with, among others, the Egyptian President Abdel Fattah Al-Sisi and Russian Foreign Affairs Minister Sergey Lavrov, concluded the geopolitical chapter of the visit.

Among more symbolic visits, the Vice-President began her week by visiting American and French researchers studying Covid-19 at the Institut Pasteur, as well as paying homage to the American cemetery in Suresnes, where over 1,500 fallen American soldiers from both world wars are buried. Finally, on Thursday the 11th, she is expected to appear alongside Macron at the Arc de Triomphe to commemorate the 1918 Armistice. Enough visits to revive the image of the oldest allies in the “free world”, at least for now.

In the end, what provoked the French reaction is none other than the fear of not being considered as a relevant geopolitical power. France not recalling its ambassador from the United Kingdom was a perhaps infantile way of showing its age-old rival that despite its inclusion in AUKUS, fundamentally, the pact is the US’s show of strategic strength and reorientation towards Asia and not Boris Johnson’s « Global Britain’s ». The French Foreign Affairs Minister, Jean-Yves le Driand further emphasized this by derisively calling the UK the « fifth wheel on the coach ». Similarly, it is ironic to notice that what instigated the cancellation of the French-Australian nuclear deal was partly America’s will to assuage Australia’s own geopolitical frustrations of not having been contacted during the evacuations from Kabul in the context of the Taliban takeover of Afghanistan. Faced with this big world soup of frustrated egos, the transatlantic alliance, left for “brain-dead” by some, desperately needs to understand and more effectively implement an otherwise perfectly rational and much-needed cohesion. Perhaps the Vice-President’s visit this week is a manner of showing this, but whether it will be fruitful for transatlantic collaboration remains to be seen.

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Opinion – Emmanuel Macron, Solal d’Albert Cohen : même histoire, même destin ? https://www.lapeniche.net/opinion-emmanuel-macron-solal-dalbert-cohen-meme-histoire-meme-destin/ Wed, 31 Mar 2021 08:20:53 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=53182 L’énigmatique Emmanuel Macron a fait couler beaucoup d’encre. Il faut dire que l’exploit est notable : jamais élu, parricide et ondoyant, Emmanuel Macron a déjoué tous les pronostics en devenant Président de la République à 39 ans. Certains se sont tentés à l’analogie (avec Michel Rocard, le comte de Saint-Simon, Jean Lecanuet…) quand d’autres ont préféré décortiquer la pensée plutôt que l’homme (c’est le sujet du dernier livre de Myriam Revault d’Allonnes). Peu se sont tournés vers la littérature pour le cerner.

Un personnage de fiction, pourtant, se rapproche furieusement de la trajectoire et du caractère du huitième Président de la Ve République. Imaginé par Albert Cohen, l’écrivain préféré d’un autre Président, François Mitterrand, le personnage mythique de Solal cumule les ressemblances avec Emmanuel Macron. Jeune, ambitieux, exilé de sa terre natale, fâché avec sa famille, séducteur et conquérant, il semble qu’il y ait du Solal chez Macron. Ou serait-ce l’inverse ?

Albert Cohen inaugure sa tétralogie des Valeureux en 1930. Il publie cette année-là le premier volume, Solal, aux éditions Gallimard. Solal est né sur l’île de Céphalonie, en Grèce, dans une famille juive – son père, Gamaliel, est rabbin – appelée les Solal. Notre héros éponyme, Solal des Solal, donc, treize ans au début du roman, s’affirme très vite comme un séducteur. À l’occasion d’une remise de prix au lycée français de Céphalonie, il fait la rencontre de la femme du consul de France, Adrienne de Valdonne. Il en tombe amoureux, parvient à la séduire malgré les oppositions et décide de l’enlever vers l’Italie. De son côté, le jeune Emmanuel Macron, élève au lycée la Providence d’Amiens, tombe amoureux de Brigitte Trogneux, sa professeure de théâtre. Il réussit, après maints efforts, à entamer une relation avec elle qui ennuie la bourgeoisie locale et singulièrement sa famille. Emmanuel Macron fuit Amiens et ses jacassements en poursuivant son lycée à Henri IV, à Paris.

Albert Cohen

Arrivé en France, Solal quitte Adrienne, rejoint Paris et s’éprend d’Aude de Maussanne, qui lui permet, subrepticement, d’assouvir ses ambitions politiques. Il devient en un temps record, plume, député socialiste et ministre du Travail par sa proximité avec le premier ministre M. Maussanne, qui n’est autre que son beau-père – et véritable mentor en politique. De son côté, l’histoire est connue, le brillant énarque Emmanuel Macron, protégé de François Hollande, saute les étapes et passe de secrétaire général adjoint de l’Élysée (2012-2014) à Ministre de l’Économie et des Finances (2014-2016). Solal et Macron sont ambitieux et rusés. Émancipés de leur milieu, les deux parviennent à leurs fins en se rendant indispensables à ceux qu’ils côtoient. Solal écrit les discours et oriente la politique du Premier ministre Maussanne. Macron rédige le programme et oriente la politique du Président Hollande. Les deux finissent par s’affranchir de leur maître.

Quoique bien investis dans les cercles du pouvoir, Solal et Macron détonnent. Solal, issu d’une famille juive arrivée d’Espagne après le décret d’expulsion de 1492, évolue dans un milieu essentiellement chrétien (et antisémite). Joueur, il fait louvoyer sa conversion au christianisme et s’amuse des obédiences des uns et des autres. Il déclare au sujet de son mariage avec la protestante Aude de Maussane : « Je leur défile des prénoms hébraïques que j’invente, si je parle à des chrétiens. Ou je dis avec orgueil que j’ai épousé une chrétienne, si je parle à des Juifs. » Peu importe les vanités, Solal avance. Emmanuel Macron, ancien chevènementiste encarté au Parti socialiste de 2006 à 2009, bâtit sa notoriété en assumant son tropisme libéral. Ministre, il déclare le 19 août 2016 au Puy du Fou de Philippe de Villiers, qu’il « n’est pas socialiste », suscitant l’ire de ses camarades de l'(ex)-rue Solferino. En somme, le premier est un séducteur juif entouré de chrétiens tandis que le second est un séducteur libéral dans un univers socialiste.

Reste que Solal des Solal et Emmanuel Macron n’auront a priori pas la même fin. Et c’est heureux. À la fin du roman éponyme, sans le sou, l’air hagard, esseulé, Solal erre dans les rues de Paris. Il divague, réaffirme sa judéité qu’il a si souvent renié et frôle le syndrome de Jérusalem en se déclarant, à qui veut l’entendre, le « roi des Juifs (…) le prince de l’exil ». Il organise son propre Calvaire et se suicide, entouré de mendiants, dans une mystique solaire et chevaleresque vers « demain et sa merveilleuse défaite ». Dépassé par ses ambitions, déraciné, Solal se fait dévorer par sa mégalomanie. De son côté, Emmanuel Macron, devenu roi-Président de notre monarchie républicaine, n’a d’obstacles que ses propres erreurs. Il s’apprête à repartir en campagne pour tenter de briguer un second mandat. Puisse cette fin tragique résonner comme un avertissement.   

Crédits images :

Couverture : Emmanuel Macron at the Phare de Biarritz in Biarritz, France. (Official White House Photo by Andrea Hanks), https://www.flickr.com/people/148748355@N05

Albert Cohen : Studio Harcourt, 1968, http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb384959550?rk=21459;2

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Sciences Po occupé par les étudiant.e.s : premiers détails https://www.lapeniche.net/occupation_sciences_po/ Wed, 18 Apr 2018 08:20:25 +0000 http://lapeniche.net/?p=38350 Suite à une Assemblée Générale qui s’est tenue dans le petit hall du 27, rue Saint-Guillaume mardi soir, une « occupation pacifique et reconductible » du bâtiment a été décidée par les organisateurs du blocage. Cette décision vaut « jusqu’au retrait de la loi ORE et de toutes les lois antisociales et racistes portées par le gouvernement ». Ce matin, des barricades faites de tables et de chaises s’élèvent devant les portes de l’immeuble principal de Sciences Po Paris, et il est par conséquent impossible d’entrer dans les bâtiments du 27, rue Saint-Guillaume et du 56, rue des Saints-Pères. Dans un mail envoyé aux élèves peu après minuit, l’administration a annoncé que « l’accès au site du 27, rue Saint-Guillaume risque d’être perturbé le mercredi 18 avril ».

Des étudiants réunis en péniche vers minuit. Crédits photo : Pierre-Alexandre Bigel

« Ici sont formés ceux qui sélectionnent »

Ce matin, les cours qui étaient supposés se dérouler au 27, rue Saint-Guillaume ont effectivement été annulés. Certains d’entre eux ont pu su tenir dans d’autres bâtiments de l’IEP, tandis que d’autres ont tout bonnement été reportés. Vers 8h30, des échanges houleux ont eu lieu entre des étudiants qui souhaitaient entrer dans le bâtiment et des manifestants perchés au premier étage du 27. Ces derniers ont retiré les drapeaux français et européen qui se trouvent habituellement au-dessus des portes, et déployé plusieurs banderoles sur la façade de l’institut. On peut notamment y lire « Ici sont formés ceux qui sélectionnent, bloquons la fac à élites », « Une de plus dans la lutte », « Les étudiant.e.s de Sciences Po contre la dictature macronienne », « No border, no nation, stop deportation » ou encore « Macron, ton école est bloquée ». À en croire les termes du communiqué qui a été distribué par les organisateurs de l’événement, le blocage de Sciences Po est particulièrement symbolique. On peut y lire la chose suivante : « (…) en tant que fac où a étudié Emmanuel Macron et de nombreux membres de sa majorité parlementaire, celle-ci se fait le relais académique et symbolique de l’idéologie néolibérale et raciste dominante (…) »

Plusieurs banderoles ont été déployées sur la façade de l’IEP. Crédits photo : Pierre-Alexandre Bigel

Deux projets de loi initiés par le gouvernement Philippe cristallisent la colère des bloqueurs : le projet de loi Asile et Immigration, dont l’examen à l’Assemblée Nationale a débuté en début de semaine, ainsi que le projet de loi ORE ( loi relative à l’Orientation et la Réussite des Étudiants ), dont ses détracteurs estiment qu’il instaure une véritable sélection à l’entrée de l’université. Les manifestants entendent poursuivre leur action. Le communiqué indique à ce titre : « Nous appelons tou.te.s les étudiant.e.s révolt.é.e.s par la politique de Macron, de Mion et de leurs allié.e.s à nous rejoindre pour faire de Sciences Po un lieu ouvert à tou.te.s, étudiant.e.s, chômeur.se.s, précaires, salarié.e.s, exilé.e.s, avec ou sans papiers, en vue de briser ce temple de l’enseignement injuste, inégalitaire et élitiste que l’on essaie de nous imposer. »

De nombreuses réactions de la part des associations

Le blocage de l’Institut d’Études Politiques de Paris a suscité de vives réactions depuis hier soir. Plusieurs étudiants et associations ont réagi sur les réseaux sociaux afin d’exprimer leur soutien ou leur opposition au mouvement. Sciences Po En Marche, association étudiante représentant le gouvernement et la majorité parlementaire, a indiqué par le biais d’un message publié sur Facebook : « Ne nous laissons pas submerger par l’ivresse d’actions puériles et non constructives. Il existe dans une démocratie tant de moyens légaux pour exprimer ses idéaux. » Dans un communiqué, l’UNI Sciences Po a déclaré condamner « un acte qui n’est que l’émanation de groupuscules gauchistes de personnes ayant fait le choix d’instrumentaliser leur lieu d’étude pour faire de la communication. »

L’entrée du 27, rue Saint-Guillaume bloquée. Crédits photo : Pierre-Alexandre Bigel

Les Républicains Sciences Po se sont également fendus d’un communiqué dans lequel ils demandent aux étudiants responsables du blocage « d’arrêter immédiatement leur action ». Tous s’accordent sur le fait que les initiateurs de l’occupation de Sciences Po incarneraient une part minoritaire de la population étudiante. Interrogé ce matin par La Péniche, un élève de deuxième année affirme : « Je m’interroge quant à la légitimité de l’action menée, au regard des revendications portées par une minorité d’étudiants au sein du campus. »

À l’heure où nous écrivons cet article, l’accès au 27, rue Saint-Guillaume, au 30, rue Saint-Guillaume et au 56, rue des Saints-Pères est toujours interdit.

Un étudiant tient le communiqué rédigé par les organisateurs. Crédits photo : Pierre-Alexandre Bigel

Davantage de développements seront apportés dans la journée. Les organisateurs du blocage ont apporté la conclusion suivante à leur communiqué : « Nous occupons Sciences Po parce que Macron en est sorti, et que nous ne voulons pas finir comme lui. » Ils précisent cependant que « les appariteur.se.s et personnels de sécurité ne sont pour rien dans notre mobilisation, et qu’aucune sanction ne sera tolérée contre elles et eux. » Frédéric Mion, directeur de l’Institut d’Études Politiques de Paris, ainsi que Bénédicte Durand, doyenne du Collège Universitaire de Sciences Po et Cornelia Woll, directrice des Études et de la Scolarité, n’ont pour l’instant apporté aucune réaction.

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Le Louvre en Marche https://www.lapeniche.net/le-louvre-en-marche/ Mon, 08 May 2017 11:15:28 +0000 http://lapeniche.net/?p=37004 Le 26 août 2014, Libération et Le Figaro titrent tous les deux « Crise de régime » et, dans l’ascenseur du siège de Libération, c’est l’étonnement. La veille, le premier gouvernement Valls démissionne après les provocations d’Arnaud Montebourg et Benoît Hamon à Frangy-en-Bresse.

Toute la journée, la rédaction attend que la liste du nouveau gouvernement soit livrée depuis le perron de l’Elysée par Jean-Pierre Jouyet, son Secrétaire général. Les articles sont préparés en avance pour les futurs ministres envisagés. A l’étage du service politique, quelques écrans diffusent les chaînes d’info en continu. Chaque journaliste est avec son calepin, des listes sont prêtes avec des cases à cocher.

À 18h47, Jean-Pierre Jouyet commence à égrener la liste des ministres. On note Najat Vallaud-Belkacem à l’Education nationale. La liste continue, les journalistes grattent et grattent encore les noms, les yeux fixés sur l’écran, sur un côté de l’open-space. Emmanuel Macron est alors nommé ministre de l’économie, la rumeur enfle dans la rédaction, tout le monde est étonné, et moi le premier. Ce jeune et fringuant énarque, qui a quitté l’Elysée semaines plus tôt où il était Secrétaire général adjoint, jamais élu, devient propriétaire d’un ministère régalien.

Quelques étages en dessous, à l’édition, les rédacteurs en chefs commencent à réfléchir à la Une autour d’une grande table en bois. Grégoire Biseau, grand frisé chargé de l’Elysée, accourt : « J’ai des notes d’une discussion avec Macron quand il est parti de l’Elysée, je les utilise ? – Oui ! » Et repart en courant vers le service politique. Les rédacteurs en chefs discutent la Une, qu’est-ce qu’il faut mettre en avant ? Fleur Pellerin à la Culture, « Najat » – ils l’appellent ainsi – à l’Education et Macron à Bercy.

Ce sera « La jeune garde », Fleur Pellerin à gauche, Najat Vallaud-Belkacem au centre, Emmanuel Macron à droite, dans un sombre costume rayé.

md0.libe.com

Deux ans et quatre jours plus tard, il quitte Bercy en bateau. Le 7 mai 2017, “La jeune garde”, ce n’est plus que lui, seul, marchant dans la cour du Louvre. Retour de La Péniche sur cette soirée présidentielle.

 

Photographie: Ulysse Bellier
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