elections – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Mon, 30 Mar 2026 17:39:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png elections – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 La Politique Belge entre Consensus et Turbulences https://www.lapeniche.net/la-politique-belge-entre-consensus-et-turbulences/ Sat, 30 Nov 2024 17:11:47 +0000 https://www.lapeniche.net/?p=56646 Le 13 octobre dernier, des élections municipales ont eu lieu en Belgique. Le plat pays est toujours à la recherche d’un gouvernement fédéral. Éclairage sur l’actualité politique de ce pays où règne l’art du consensus mais qui n’échappe aux turbulences contemporaines, avec l’analyse de Bart Maddens, professeur de science politique au Voting and Democracy Research Group de la KU Leuven à Louvain, en Belgique.


Pour contexte, la Belgique est un État fédéral composé de trois régions : la Flandre néerlandophone, la Wallonie francophone et Bruxelles – Capitale. Les régions disposent de compétences étendues et exclusives. Au niveau fédéral, le parlement belge, bicaméral, est composé de députés appartenant aux groupes linguistiques francophones et néerlandophones. Depuis la fin des années 1960, la quasi-totalité des partis belges possèdent leur équivalent de part et d’autre de la frontière linguistique. Le système électoral est proportionnel, ce qui permet de prendre en compte les intérêts de chaque communauté, lesquelles disposent également d’un veto mutuel sur des lois leurs étant préjudiciables. La Belgique est ainsi considérée depuis les travaux fondateurs d’Arend Lijphart comme un modèle de démocratie de consensus.

Cependant, les négociations pour former des coalitions tant au niveau régional qu’au niveau fédéral peuvent être très longues : entre 2010 et 2011 la Belgique a passé 541 jours sans gouvernement fédéral, ou plus exactement avec un gouvernement exécutant les affaires courantes. C’est d’ailleurs à cette période que le professeur Bart Maddens a proposé une doctrine de gestion des négociations entre Flamands et Wallons, en s’appuyant sur le levier financier entre les deux régions, la Flandre étant notoirement plus riche, une telle proposition a fait couler de l’encre outre-Quiévrain où la conclusion d’accords gouvernementaux relève d’une alchimie bien huilée.

Selon Bart Maddens, les élections municipales du 13 octobre 2024 n’ont pas eu de conséquences négatives sur les négociations fédérales engagées après les législatives de juin dernier. « Les partis engagés dans les négociations ont bien réussi, et sont sortis renforcés des élections » nous indique-t-il. Cinq partis sont engagés dans les négociations pour la coalition Arizona (du nom des couleurs du drapeau de cet Etat américain) : les socialistes flamands (Vooruit), les chrétiens-démocrates flamands (CD&V), les centristes francophones (Les Engagés), les libéraux francophones (Mouvement Réformateur) et les nationalistes flamands (N-VA). Un point de blocage persiste au niveau fédéral « Vooruit est le seul parti de gauche dans la probable coalition, ils sont vulnérables aux critiques des syndicats et des socialistes francophones et poussent pour une taxe sur les plus-values dont le MR et la N-VA ne veulent pas entendre parler ».

Si les négociations fédérales semblent en bonne voie pour aboutir, la Belgique n’est pas épargnée par les convulsions politiques qui traversent l’Europe. L’extrême droite flamande du Vlaams Belang a obtenu en octobre sa première majorité dans un conseil municipal, dans la commune de Ninove. Un séisme à relativiser, selon M. Maddens « Il y a eu un soulagement en juin, le Vlaams Belang était donné premier parti de Flandre, et finalement ce n’est pas arrivé, l’essor du Vlaams Belang a été contenu et leur résultat provincial en octobre est resté en deçà de celui de juin [l’équivalent belge du département] ».

Malgré ce résultat, le cordon sanitaire dressé par les autres partis belges contre l’extrême droite a été maintenu. Une spécificité existe du côté francophone : le cordon médiatique. Les partis d’extrême droite, qui demeurent faibles en Wallonie, ne sont pas invités dans les médias depuis que le Vlaams Belang a fait une percée électorale en 1991. Selon Bart Maddens, un tel cordon ne peut fonctionner tant que l’extrême droite ne possède pas de sièges en Wallonie ou au niveau fédéral. « Que se passerait-il si les partis radicaux progressaient ? On peut se demander si ce cordon serait toujours légitime d’autant que certains demandent son application à la gauche radicale» indique Bart Maddens.

Interrogé sur la manière dont les Belges, habitués aux compromis et aux longues vacances du pouvoir, ont vécu la séquence politique française de dissolution de l’Assemblée nationale et de nomination de Michel Barnier, M. Maddens indique que les Belges sentent qu’ils ne « sont plus une île en Europe » en la matière. « L’instabilité politique touche maintenant la France, l’Allemagne, les Pays-Bas. Ce n’est pas une bonne nouvelle dans le contexte international actuel avec l’élection de Donald Trump et la guerre en Ukraine ». 

Les recettes institutionnelles belges pour surmonter les turbulences gouvernementales semblent non transposables en France du fait de l’absence de fédéralisme et d’une culture politique différente. Cependant, observer les dynamiques à l’œuvre au plat pays peut nous apprendre à forger des consensus fédérateurs et offrir un autre regard sur les soubresauts que connaît le paysage politique européen.

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Petit traité de débat sciencepiste https://www.lapeniche.net/petit-traite-de-debat-sciencepiste/ Mon, 14 Nov 2016 09:00:26 +0000 http://lapeniche.net/?p=36021

Cet article est entièrement apolitique, son rédacteur n’est qu’amour et ne saurait faire l’objet de poursuites de quelque nature que ce soit. Bises.

 

Tu n’oses pas entrer dans l’arène, ou tu y es déjà et, tel un gladiateur, tu attends la sentence du pouce. Nous te parlons, bien évidemment, du like qui rend fiévreux des débats déjà houleux. Force est de constater que les groupes de promotion de Sciences Po – et tout particulièrement celui de notre jeune mais prolifique promo 2021, digne petite sœur de la 2020 – sont riches en joutes verbales. Pratiquées sur le clavier, elles atteignent des sommets d’intensité. La Péniche a pensé à toi jeune Maximus et, après avis d’experts en pxtalikisme, analyse des meilleures punchlines ainsi qu’étude approfondie des « graou » et autres « wahou », t’offre un petit briefing. N’hésite pas à poser ton like.

 

Débats houleux au sein de la promo 1789.
Débats houleux au sein de la promo 1789. Au centre, un rédacteur de La Péniche, reconnaissable à sa doublure de veste rayée, tente de calmer les esprits.

 

1. A l’encontre de ton détracteur, moult invectives tu utiliseras

Parce qu’en France, on ne négocie pas avec les terroristes, et tu es tellement terrorisé en lisant ce que cet ignare ose écrire que tu le ranges sans hésiter dans cette catégorie. Cet interlocuteur virtuel, et la mélasse qui lui tient lieu de cerveau, ne méritent que ton mépris et ta haine. Et lorsqu’il n’est plus possible de recourir aux formes traditionnelles de dialogue, tu n’hésites pas à qualifier l’hérétique de tous les noms. Dans ta face, raclure de saumon-avocat.

( Nota bene : Toutes tes insultes seront pardonnées si tu es du côté de la bien-pensance. Dans la vie, il faut savoir choisir son camp. )

2. Des pavés tu écriras

Le pavé est une arme ô combien efficace. Personne n’a le courage de le lire en entier pour vérifier qu’il ne contient pas d’inepties, mais sa longueur laisse penser que son auteur est un génie, capable d’écrire un essai en douze tomes sur à peu près n’importe quel sujet. D’ailleurs, le pavé « virtuel » ne blesse pas ton opposant, avantage que ne possède pas l’autre type de pavé, celui qu’on arrachait sur le boulevard Saint-Michel en mai 68. Il ne faut blesser les autres qu’à leur amour-propre. Tu es peut-être virulent, mais tu es civilisé.

 

3. Soucieux de détendre l’atmosphère, des petites blagues tu feras

Ça, c’est surtout si tu es un lâche qui n’ose pas donner son opinion sur le sujet débattu, de peur de susciter l’ire de tes congénères. Si tel est le cas, tu n’hésites pas à faire de l’humour, façon Pierre Desproges ou Jean-Marie Bigard (selon tes préférences). Au moins, une petite blague, ça n’est pas méchant, ça fait rire ceux qui sont crispés jusqu’à la moelle à force de s’échanger des insultes, et en plus ça te rapporte plein de likes. Testé et approuvé par votre serviteur.

 

4. Les likes tu collecteras

Ils sont les symboles les plus évidents de la reconnaissance sociale ( illusoire ) que te vouent tes camarades d’amphi. Alors tu rougiras lorsque tu verras leur nombre augmenter. Généralement, ça veut dire que soit tu as été particulièrement drôle, soit tu as été particulièrement intelligent, soit que tu as été particulièrement cassant. Dans tous les cas, tu as assouvi la soif de panem et circenses du peuple science-piste. Félicitations.

 

5. Les termes compliqués tu privilégieras

Plus il y en a, plus ton langage abscons et sibyllin pourfendra ton détracteur. Au même titre que les logorrhées verbales citées antérieurement, sébile de tes likes, ils te parent d’une intelligence factice. Mais comme n’est pas Guillaume Tusseau qui veut, il est probable que tu les emploieras à mauvais escient. Ne t’en fais pas, personne ne le remarquera. D’ailleurs, si tu agrémentes ta prose de quelques petites citations en latin bien senties, c’est le jackpot. Nullum crimen, nulla poena sine lege, nul ne comprendra vraiment où tu veux en venir (et tu quoque) mais tous t’adoreront. Tu pourras ainsi savoir ce que ça fait d’être Emmanuel Macron, en restant assis.

 

6. Sur les partisans de l’UNI tu t’acharneras

Parce que Charles de Gaulle est mort et que tu n’as aucun respect pour ces satanés Charles-Henri qui habitent Neuilly-sur-Seine et qui plaident pour l’abolition de l’écriture mixte entre deux soirées à la Brünett. Mais n’ayant malheureusement pas la finesse d’esprit de Bertrand Périer, tu préfères leur faire sentir ton antipathie à leur égard en appliquant le conseil numéro 1 de cet article. Et puis après tout, s’ils voulaient être de droite, ils n’avaient qu’à aller à Assas. Au 27, tu supportes l’UNEF. Point barre.

 

7. Durant les grands événements de notre Histoire moderne, survolté tu seras

Qu’il s’agisse de l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis ou du Brexit
(en passant par la fougue de Jean-Frédéric Poisson lors du débat des primaires), tout devient sujet de discussion au sein du microcosme « intellectuel » qu’est le groupe de promotion science-piste. Donc, quand il se passera quelque chose d’important, tu donneras évidemment ton avis, comme te l’ordonne cette force supérieure qu’est la liberté d’expression. Et les rustres qui osent affirmer que ton avis ne suscite aucunement l’intérêt de la collectivité n’ont de toute façon jamais eu d’avis sur rien.

 

8. Du point tu abuseras

Ah, le point ! A lui seul, il mériterait un article, un essai, une statue même. Vous l’aurez compris, il ne s’agit ici pas du Point qui s’insurge contre « cet islam sans gêne », mais de celui qui est habituellement utilisé pour clore nos phrases. Mais sur Facebook, le sens du point est tout autre. Il devient l’arme nucléaire du débatteur. Le point, c’est le petit pixel qui ordonne à ton adversaire de fermer définitivement son clapet ad vitam aeternam (voir point 5). Finalement, c’est un genre de « parle à ma main » qui serait resté à la mode après 2007. Simple, mais terriblement efficace.

 

9. Bourdieu tu citeras

Puisque l’ami Pierre, paix à son âme, est le moyen ultime de prouver à la multitude que tu as de la culture et que tu ne dormais pas tant que ça durant tes amphis de sociologie. Citer un être érudit, c’est un superbe argument d’autorité qui ne laisse pas place à la moindre forme de contestation. On prend ici l’exemple de Bourdieu, mais ça marche aussi avec Sartre, Voltaire, Aron, Wittgenstein et autres Bernard Henri-Lévy. Bon, on n’est pas sûrs que ça marche avec Eric Zemmour. Mais à vérifier.

 

10. L’amour et la tolérance tu prêcheras

Le monde offre déjà un spectacle assez désolant comme ça, pas besoin que les science-pistes se mettent eux aussi à se taper les uns sur les autres. Tu rappelleras donc aux belligérants de ta promo que la violence et le harcèlement moral ne sauraient être des formes d’argumentation. D’ailleurs, on n’a jamais convaincu personne avec des insultes. Et Mion n’insulte jamais personne, lui. Et de toute façon, votre fiel vous sera bien plus utile le jour où cet élève en prépa B/L à Henri IV vous affirmera que Sciences Po, c’est « l’école des glandeurs ».

 

Voilà, ces dix petits conseils t’aideront à évoluer dans la jungle des groupes de promotion et à te faire accepter par la meute. Cependant, garde à l’esprit qu’il faut savoir rester civilisé, sur les réseaux sociaux comme dans la vraie vie. Les insultes, que tu les juges fondées ou qu’elles soient gratuites, ne sont pas moins douloureuses lorsqu’on les lit sur un écran, et ne sauraient avoir leur place dans nos promotions. Paix et amour. Que le sage Frédéric (Gros ou Mion, comme vous voulez) vous porte chance dans l’arène du pxtalikisme.

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PROF A L’APPUI: Les mutations du pouvoir, par Guillaume Tusseau https://www.lapeniche.net/prof_a_lappui_tusseau/ Tue, 06 Sep 2016 09:00:36 +0000 http://lapeniche.net/?p=35037  

Guillaume Tusseau est professeur de droit public à Sciences Po Paris, membre du Conseil Supérieur de la magistrature. Principalement connu de nous tous grâce à son cours d’institution politique dispensé en première année, M. Tusseau a accepté de répondre à nos questions dans le cadre de la rubrique « Prof à l’appui ». Dans le tumulte des élections présidentielles américaines et françaises, il nous éclaire sur les mutations de la figure du pouvoir.

Guillaume Tusseau
Guillaume Tusseau

Valentin Boissais: En tant que spécialiste des instituons politiques, pensez-vous que nous sommes entrés dans une ère de crise institutionnelle comme plusieurs candidats à la présidentielle nous le décrivent ?

Guillaume Tusseau: Le terme de « crise » n’est pas forcément approprié, il faut toujours garder en tête que les problématiques institutionnelles sont en réalité constantes dans les débats politiques. Ainsi aujourd’hui ce qu’on qualifie de « crise » semble se concentrer sur la figure du président. Mais, si l’on dépasse le cadre des attaques relevant du débat politique courant, ceci n’est pas en raison de la personne du président ou de dysfonctionnements des institutions elles-mêmes, mais plutôt d’un contexte de crises plus globales (crise économique, crise de la menace terroriste, crise de la situation environnementale, crise de l’intégration républicaine, etc..). On se rend alors compte que souvent ce qu’on appelle « crise institutionnelle » est en réalité le reflet de problèmes qui se rapportent à l’ensemble de la société. Il est d’usage de faire peser la responsabilité de ces problèmes sur certaines figures du pouvoir. Le président ayant une place prépondérante dans la Vème république, c’est à lui que s’adressent les critiques, alors que, du point de vue institutionnel, d’autres éléments de la constitution actuelle suscitent – ou devraient susciter – des débats tout aussi importants.

 

V.B: Plusieurs candidats déclarés annoncent leur intention de basculer dans la VIème république. S’agit-il ici d’une solution possible ?

G.T: Certains n’hésitent pas à affirmer que la Vème république a fait son temps. Il est possible, en effet, sans lui dénier des mérites considérables, de lui adresser certaines critiques et par conséquent de souhaiter y apporter certaines modifications. Mais que signifie changer de république? En France, on ne change de république qu’après un événement majeur (une guerre par exemple). Nous ne sommes pas dans cette situation, bien que cela n’enlève rien à la gravité du contexte actuel.

D’autre part, ceux qui promeuvent la VIème république le font souvent en concentrant leur critique sur la présidentialisation excessive du régime actuel. Or ces mêmes candidats fondent le changement de république sur la venue d’un individu providentiel (soit eux-mêmes). Il y a alors un certain paradoxe dans ce changement : abolir la figure tutélaire du président en adoptant la posture de celui-ci. En d’autres termes, c’est se continuer de se fonder sur l’illusion de la toute puissance de la figure présidentielle, alors même que c’est à celle-ci que les critiques les plus fortes sont adressées.

Un dernier point, qui mérite de ne pas être oublié : la Vème république, malgré toutes les critiques possibles, fonctionne. Elle permet de produire des lois et de mener des politiques publiques. On peut donc tout aussi bien renverser le problème et dire que la Vème république est en réalité solide et que ce sont les hommes qui manquent à leur tâches quand ils l’utilisent.

V.B: Vous avez participé à la rédaction du rapport Bartolone-Winock. S’agit-il d’une forme d’issue à cette problématique institutionnelle actuelle ?

 

G.T: A titre personnel, les auditions et les discussions qui ont présidé à la mise au point de ce rapport, intitulé Refaire la démocratie, ont été extrêmement enrichissantes. Celui-ci n’a pas encore eu de conséquences réelles dans nos institutions mais les deux co-présidents de ce groupe de travail ont récemment estimé nécessaire de relancer les propositions de ce rapport. C’est pourquoi il vient de faire l’objet d’une nouvelle édition (Thierry Marchaise, 2016). Sur le fond, l’idée serait de ne pas forcément passer par la présidentielle afin d’éviter l’idée de « présidentialisation ». Certaines des propositions peuvent prendre la forme de révisions constitutionnelles, mais d’autres peuvent parfois être mises en œuvre grâce à de simples lois. L’idée n’est pas nécessairement de changer de République, et à cet égard le débat sur la « VIe » République peut apparaitre futile, ou de mener une forme de révolution institutionnelle, mais bien plus de réajuster la Vème république aux nouvelles attentes des citoyens dans un contexte extrêmement tendu. Ainsi on se dirigerait plutôt vers une vaste réforme qui permettrait (peu importe le numéro que cette république peut porter) de faire de la république une forme réadaptée aux exigences contemporaines.

 

V.B: Il semble aux Etat-Unis qu’il se passe également une crise de la figure du président exacerbée par la présidentielle. Pouvons-nous comparer les deux situations ?

Ce qui se passe aux Etats-Unis en termes de contestation d’institutions et, peut-être surtout, d’une classe politique établie qui peine à se renouveler et à porter les préoccupations d’une partie importante de la population n’est pas un cas isolé. On le retrouve par exemple en Pologne, en Italie, en Autriche ou en Espagne. Il s’agit d’un besoin de renouvellement des personnalités politiques qui se manifeste par le rejet des figures de centre gauche et de centre droit, au profit de personnalités plus atypiques ou d’obédience plus extrême. Ce désir de renouvellement a probablement toujours existé mais la prolifération et l’incidence des technologies de l’information et de la communication lui ont permis de se manifester plus visiblement, et de faire émerger de nouvelles formes de mobilisation politique et de nouvelles figures politiques.

Aux Etats Unis la situation est particulière, la constitution est une forme de texte sacré et est en réalité fossilisée pour longtemps dans sa rédaction, sinon dans son interprétation. Dès lors, on s’attaque peu à celle-ci et aux institutions, même s’il y a des dysfonctionnements certains, mais plutôt aux personnes elles-mêmes. Les états Unis ne sont sur ce point pas comparables à la France, qui dès qu’elle a un problème ne s’attaque pas tant aux hommes en général, mais a plutôt pour tradition de s’attaquer aux institutions. D’où la grande somme de constitutions françaises existantes depuis la Révolution.

 

La Péniche remercie Guillaume Tusseau d’avoir bien voulu répondre à ces question.

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Olivier Duhamel élu nouveau président du conseil d’administration de la FNSP https://www.lapeniche.net/olivierduhamel_fnsp/ Tue, 10 May 2016 16:50:29 +0000 http://lapeniche.net/?p=34456 Olivier Duhamel, agrégé de droit public, chercheur et professeur émérite, a été élu mardi 10 mai 2016 nouveau président du Conseil d’administration de la Fondation Nationale des Sciences Politiques (FNSP), une des deux instances de gouvernance de Sciences Po. Il succède à Jean-Claude Casanova, professeur émérite, qui ne s’est pas représenté après neuf ans à ce poste, et qui a été nommé président d’honneur.

© Sandrine Roudeix/Le Figaro Magazine

Selon Frédéric Mion, qui est directeur de l’IEP de Paris et administrateur de la FNSP, l’élection de M. Duhamel est « une excellente nouvelle pour la FNSP comme pour Sciences Po dans son ensemble. »

« {La FNSP} a la responsabilité des grandes orientations stratégiques et de la gestion administrative et financière de Sciences Po », note le site de Sciences Po.

Depuis la réforme de statuts entrée en vigueur cette année, deux élus étudiants siègent parmi les 25 membres du Conseil d’administration, aux côtés du vice-président du Conseil d’Etat, de nombreux universitaires, et de représentants du personnel et des enseignants. Sont présent également deux représentants de l’Etat qui ne votent pas.

« Avant, on assistait seulement au Conseil d’administration de décembre. Aujourd’hui on a l’occasion de siéger à l’ensemble des Conseils et à tous les points à l’ordre du jour », souligne Josselin Marc, président de l’UNEF Sciences Po, dont sont issus les deux élus étudiants. Le Conseil a siégé de neuf heures du matin à midi mardi.

Les deux étudiants disent être intervenus notamment lors de l’approbation du budget 2015. « On est intervenus pour dire qu’il y avait une augmentation des frais et que le modèle économique [de Sciences Po] reposait de plus en plus sur les étudiants, mais que l’augmentation des fris d’augmentations n’est pas nécessaire »au regard du budget excédentaire pointe du doigt Josselin. « On a pu apporter la représentation des étudiants », affirme Laura Cazalot-Duquesne, trésorière de l’UNEF Sciences Po. Les deux élus se disent étonnés de l’écoute qui a été apporté à leurs positions.

« On n’a pas les mêmes intérêts [que d’autres membres du CA], on est minoritaires (…) mais globalement ça s’est globalement bien passé », juge Laura.

Josselin considère même “assez étonnant” que plusieurs membres du Conseil se sont montrés ouverts aux arguments des étudiants. Laura se rappelle avoir été avertie par plusieurs personnalités extérieures que la présence d’étudiants au Conseil d’administration ne serait pas la bienvenue. Au delà de la simple participation, il est « important qu’on ait accès à des documents, des statistiques, des comptes de la FNSP », juge Laura.

« Ca ne va pas révolutionner le monde, mais sur la forme il y a des avancées, le comportement était respectueux et on peut enfin travailler de façon sérieuse. »

Olivier Duhamel, figure emblématique à Sciences Po

Olivier Duhamel a enseigné pendant plus de 25 ans à Sciences Po, dont il est diplômé en 1972. Il y a notamment, de 1986 à 2010, animé le cours fondamental d’institutions politiques en première année. Il a publié en 2009 « Droit constitutionnel et institutions politiques », un des ouvrages de référence dans le domaine. Lors de son dernier cours, il avait été applaudi en Boutmy par Richard Descoigns.

Olivier Duhamel saura « défendre le socle sur lequel s’est bâti notre école – excellence, pluridisciplinarité et indépendance – et insuffler toute son énergie aux nombreuses réformes que nous conduisons actuellement pour accroître le rayonnement de Sciences Po dans le paysage de l’enseignement supérieur français, européen et mondial », a affirmé Frédéric Mion dans un communiqué.

Candidat unique, il a été élu à l’unanimité avec deux absentions. Pour accéder au poste de président du Conseil d’administration, le candidat doit être “membre fondateur” du Conseil d’administration. Il y en a dix, en plus de 15 élus ou membres de droit.

« Il faut s’arrêter avant de décliner », avait déclaré M. Duhamel à l’Etudiant en 2010. « Je pense avoir atteint ce que je pouvais faire de mieux comme enseignant. Et on a moins de force à 60 ans qu’à 20. D’autant que l’enseignement, c’est la seule de mes activités qui me donne un tel stress : j’arrive toujours à un cours avec le trac et j’en ressors la chemise trempée. »

De 1983 à 1995, il a été conseiller du président du Conseil constitutionnel, puis, en 1992 membre de la « Commission Vedel », un conseil consultatif pour la révision de la Constitution en 1992 et 1993. Il a ensuite été député européen entre 1997 et 2004, ainsi que membre du comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République, présidé par Édouard Balladur.

Il est membre du Conseil d’Administration de la FNSP depuis 1995.

Départ de Jean-Claude Casanova

« Premier économiste à accéder à la présidence de la FNSP » selon le site de Sciences Po, en 2007, Jean-Claude Casanova devient président d’honneur de la FNSP.

« {Il} a participé à tous les aspects de la vie de la Fondation et de l’IEP », avait déclaré en 2007 René Rémond, président de la FNSP de 1981 à 2007. En effet, M. Casanova était à la fois élève et enseignant rue Saint Guillaume: diplômé de Sciences Po en 1957, titulaire de trois DES (économie politique, sciences économiques, droit romain et histoire du droit), et docteur et agrégé de sciences économiques. Il a été nommé professeur à l’IEP de Paris en 1969 après y avoir enseigné depuis 1963.

Avec Richard Descoings, Jean-Claude Casanova, admirateur du modèle universtaire américain, était un des architectes principaux de l’ouverture à l’international et de l’autonomie politique et financière grandissante de Sciences Po.

« Il sera un fervent supporter des initiatives visant à accroître l’autonomie de Sciences Po, telles l’augmentation des droits de scolarité, les transformations du statut des enseignants-chercheurs ou la constitution d’un capital », relève Sciences Po dans un portrait qui lui est consacré.

Pour Frédéric Mion, le professeur émérite « a su, pendant neuf ans, préserver l’identité de Sciences Po et son originalité tout en appuyant le développement de nombreuses innovations : ouverture sociale, internationalisation du corps étudiant et enseignant, affirmation de l’autonomie financière, développement de la recherche. »

Jean-Claude Casanova a été condamné en décembre 2015 à 1 500€ d’amende par la Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF) de la Cour des Comptes dans « l’affaire Sciences Po«  des salaires Descoings. Malgré des circonstances atténuantes, la CDBF a considéré que le salaire de l’ancien directeur a été validé par une procédure irrégulière, dans laquelle le conseil d’administration n’exerçait pas son rôle. M. Casanova a depuis annoncé contester la décision. Le montant même de la rémunération, considéré par la Cour comme « particulièrement élevé », le dossier soumis à la CDBF ne permettait pas d’établir un avantage injustifié.

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Elections BDE – Les résultats https://www.lapeniche.net/bde2016_resultats/ Mon, 02 May 2016 05:00:55 +0000 http://lapeniche.net/?p=34422

Un dessin d’Albane Miressou-Got

C’est donc la liste The Great Boutmy, conduite par Corentin Bonnet, qui entrera en fonction à la rentrée 2016. Bravo à tous les candidats !

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