Dans le secteur agroalimentaire, beaucoup de femmes travaillent dans la production mais elles ne sont qu’une minorité dans les postes dirigeants, par exemple dans les conseils d’administration. Garot a affirmé que les conseils d’administration devraient devenir « plus représentatifs de la population ».
Quant à la question de comment encourager les entreprises féministes, Sarah Deysine a placé la responsabilité sur les consommateurs, qui pour elle devraient soutenir les entreprises qui le méritent. Cette proposition soulève pourtant la question de savoir si un soutien par le gouvernement et par la loi ne serait pas plus efficace.
Un des autres grands enjeux de la soirée était le problème de l’égalité salariale. Notamment dans la production du secteur agroalimentaire, beaucoup de femmes ne sont pas payées du tout, a fait remarquer Sarah Deysine. Bien que l’égalité salariale soit décrétée dans la loi, elle n’est guère appliquée et respectée, a avoué Garot. Selon lui, il faut plus de transparence des salaires pour rendre des contrôles possibles. Il affirme de plus : ‘une prise de conscience générale est nécessaire, il faut à la fois la loi et la pression sociale pour parvenir à une vraie égalité’. En même temps, Garot se montrait plutôt optimiste : « On peut déjà voir le progrès : depuis le mouvement #MeToo, votre génération et aussi les lycéens plus jeunes se lèvent et luttent pour l’égalité. C’est pareil avec la discussion sur le climat. On a besoin d’une révolution. » Pourtant, il faut quand même souligner l’importance d’agents plus puissants comme les entreprises et la politique, qui devraient aider à ce progrès.
Quand Deysine était confrontée avec la question de si elle avait jamais rencontré des difficultés liées à son sexe dans sa carrière, elle a répondu qu’elle ne s’était jamais sentie bloquée. Au contraire, elle a affirmé : « Ce sont les femmes elles-mêmes qui se font les barrières qui n’existent pas. Être femme, ça m’a plutôt aidé. » Bien que cette affirmation ait certainement été bien-intentionnée pour encourager les jeunes femmes, elle ne tient cependant pas compte du fait que les problèmes du sexisme et de la discrimination sont réels. Une expérience personnelle n’est pas preuve de la non-existence d’un problème social, et la sous-représentation des femmes dans les postes dirigeants est un fait incontestable. Le jour même de la conférence, Muriel Pénicaud, la ministre du travail, a d’ailleurs déclaré qu’à peine 3,5% de grandes entreprises en France assurent une égalité professionnelle réelle.
Deysine quant à elle estime qu’une grande cause de l’inégalité est ce qu’elle appelle « le syndrome « ce n’est pas pour moi, je ne suis pas faite pour ça ». Ainsi elle implique que la mentalité de femmes les empêche de réussir professionnellement. Cependant, ce propos culpabilise les femmes pour un phénomène social plus grand. Si les femmes ont des « barrières mentales », ce phénomène n’est pas inné mais il s’agit d’une représentation et une construction sociale.
Deysine propose comme solution « la force de l’exemple » : si les femmes voient leurs opportunités, cela les encouragerait à être plus ambitieuses. Cependant il faut remarquer qu’aujourd’hui il est déjà évident pour beaucoup de femmes qu’il est possible de réussir professionnellement en tant femme. Il est tout aussi évident que les femmes sont encore confrontées à des problèmes graves dans leurs vies professionnelles, même dans un pays avancé comme la France. La tâche d’ouvrir les portes pour les femmes n’est pas entièrement la leur, d’autres mesures du gouvernement et des entreprises privées sont aussi nécessaires.
La conférence finissait avec une discussion sur le mot ‘féminisme’ – encore souvent considéré comme un mot tabou, comme un mot qui fait peur. Deysine et Garot étaient d’accord qu’il n’y a pas besoin du mot ‘féminisme’ ; au lieu de cela, on pourrait parler d’égalité hommes-femmes. C’est une manière très diplomate, très politique de résoudre le problème. En même temps, c’est une manière d’éviter les questions fondamentales : Pourquoi le mot féminisme fait-il encore polémique ? Pourquoi ce mot fait-il peur ? Il est impératif de poser ces questions pour comprendre et faire face au problème social des inégalités hommes-femmes.
]]>En bon sciencepiste, vous avez lu Pierre Rosanvallon, avez piqué du nez sur Duverger et bavé sur Weber : l’idéologie politique n’a de fait plus aucun secret pour vous. Mais les 13 et 15 mars prochain, c’est le moment de passer à la pratique. À vous donc, de prouver à la face de la bibli du 27 que ces logos « Antifa » ne sont pas là que pour décorer votre Mac Book Air, ou de relever les manches de votre chemise en lin pour aller choisir ceux en qui vous croyez. Et si vous êtes heureux et que vous n’avez pas d’opinion, c’est le moment de faire comme tout le monde : voter. Mais au fait, comment ça marche ?
Pour cette élection, chaque syndicat présente deux listes : la première est pour le Conseil de la Vie Étudiante et de la Formation, en charge de la vie associative et étudiante. L’autre est pour le Conseil de l’Institut, en charge du volet administratif. Huit sièges sont à pourvoir dans chacun des conseils, et ce pour un mandat de deux ans.
À l’aube de ce marathon électoral marqué par le divorce de The Alliance, qui cette année ne sera pas de la partie, la Péniche est allée leur poser quelques questions, afin de faire connaissance avec ceux qui, peut-être, changeront SciencesPo en votre nom.
Qu’est ce qui change dans votre programme cette année par rapport aux années précédentes ?
UNEF : Plus qu’un programme, nous défendons une vision de ce que devrait être l’enseignement supérieur. Nos combats concernent la démocratisation de l’enseignement supérieur, notamment par le biais des frais d’inscription, la lutte contre toutes les discriminations, la défense d’un enseignement pédagogique de qualité pout toutes et tous, l’intégration des étudiant-e-s étrangèr-e-s dans l’enseignement supérieur, et l’information et la défense au quotidien de tou-te-s les étudiant-e-s de manière individuelle et/ou collective.
UNI : Ce qui a changé dans notre programme, c’est d’abord l’esprit. Autour d’une équipe nouvelle, nous souhaitons mettre au premier plan la question de l’égalité des chances car il va de soi qu’une école qui entend incarner le mérite républicain, doit s’assurer que chaque étudiant possède les moyens de réaliser ses rêves. Concrètement, cet esprit s’incarne par la création d’une prépa en ligne gérée par Sciences po et dont le prix sera déterminé selon un barème linéarisé, comprenant la gratuité pour les boursiers. Mais cela passe aussi par le blocage des frais de scolarité, une amélioration du concours afin de le rendre moins socialement discriminant et la gratuité des prépa ENM et prep ‘ENA.
NOVA : Notre programme se base sur quatre piliers, à l’image des quatre lettres de NOVA : nourrir une ambition d’égalité, c’est notre pilier social ; organiser, enfin, la baisse des frais, c’est notre pilier économique ; vouloir une école durable, c’est notre pilier écologique ; et assurer à chacune et chacun respect et épanouissement, notre pilier sociétal.
Solidaires étudiant-e-s : Notre syndicat a procédé à un renouvellement d’équipe cette année, et nous avons, pour les deux ans qui viennent, un programme axé autour des points suivants : émancipation de l’enseignement supérieur, lutte contre les discriminations, antifascisme, accompagnement des étudiant-e-s et des associations, écologie et ancrage dans les luttes nationales concernant l’enseignement supérieur, mais également les luttes interprofessionnelles.
Quelle est la valeur la plus importante de votre syndicat ?
UNEF : La solidarité des étudiant-e-s qui s’organisent ensemble pour défendre leurs droits fondamentaux et l’accès à l’éducation. Solidarité avec toutes les minorités dans la lutte contre les discriminations, qu’elles soient de nature sexiste, raciste, homophobe, transphobe, validiste ou autre. Solidarité d’une jeunesse qui devient une variable d’ajustement pour le budget gouvernemental. Solidarité de nos militant-e-s également, qui donnent beaucoup de temps et d’énergie pour défendre les droits étudiants.
UNI : En premier lieu, toutes les valeurs sont importantes, notre projet est un tout. Il repose sur notre confiance attentive mais profonde en Sciences po et en l’excellence de l’enseignement qui y est dispensé. C’est pour cette raison que nous croyons en les valeurs d’excellence, de mérite, de vivre ensemble, de liberté d’esprit et de solidarité qui sont déclinées dans notre programme.
NOVA : La valeur des femmes et des hommes qui le composent et s’y engagent avec sincérité et envie ! Toutes et tous, dans leur diversité, ont apporté une pierre à notre programme. Pour la première fois, une liste est l’émanation de différentes personnalités et non l’inverse, car nous avons cherché à construire une équipe plutôt qu’à remplir des places.
Solidaires étudiant-e-s : La solidarité est notre valeur principale : nous sommes solidaires des luttes des étudiant-e-s salarié-e-s, victimes de sexisme, d’homophobie, de racisme ou de transphobie, des autres universités dans leur lutte pour un enseignement supérieur gratuit et émancipateur, ainsi que des luttes interprofessionnelles contre les politiques de précarisations menées par le gouvernement Philippe.
Vous avez tous les trois détenus un ou plusieurs siège(s) lors du précédent mandat. Qu’avez-vous concrètement apporté à SciencesPo ?
UNEF : Nous accompagnons les étudiant-e-s, pour des recours administratifs comme en Commission de Suivi Social, ou des cas plus personnels comme auprès de la cellule de veille contre le harcèlement sexiste et sexuel. Nous avons obtenu l’embauche d’une nouvelle psychiatre au Pôle Santé du campus parisien, fait voter un amendement pour inclure les étudiant-e-s salarié-e-s dans la demande de reconnaissance des activités étudiantes, et un second pour faire descendre le minimum de travail requis à 250h par semestre. Nous avons remporté une récente victoire concernant les frais d’inscription, victoire qui est la création d’une tranche supplémentaire, un relèvement de 50€ des seuils des différentes tranches, un gel des frais d’inscription pour les cinq premières tranches, la création d’une nouvelle bourse de 370€ pour les étudiant-e-s non boursièr-e-s de la première tranche, la hausse des bourses Boutmy pour les étudiant-e-s hors UE et la création d’un fond d’aide pour les stages du parcours civiques.
UNI : En effet, nous avons détenu deux sièges dans les deux conseils lors de la précédente mandature. Il ressort de notre bilan 2017-2018, une volonté de faciliter la vie des étudiants et de leur offrir de nouvelles perspectives. Par exemple, avec la création du master joint droit et finance, la créditation des activités artistiques du BDA et la publication sur le site de la bibliothèque de Sciences Po des amphis ouverts aux étudiants. Cette année encore, nous prévoyons de continuer dans cette logique de simplification.
Solidaires étudiant-e-s : Nous avons détenu un seul siège dans les conseils lors du précédent mandat, et n’avons que peu siégé. Néanmoins, depuis la rentrée, nous avons renouvelé notre équipe, qui est engagée à prendre part aux réunions des conseils pour les deux ans à venir. Nous avons conscience que nous serons en position de minorité, et qu’il sera difficile de peser sur les votes. Pourtant, depuis la rentrée, nous fournissons un travail de soutien aux associations dans leurs rapports avec l’administration, nous avons aidé des étudiant-e-s qui étaient dans des situations complexes vis-à-vis de leur scolarité, et nous avons participé à des groupes de travail avec d’autres associations et syndicats, et avec l’administration.
Question posée spécifiquement à NOVA : vous êtes le petit nouveau dans la cour des grands, que pensez‐vous apporter qui n’existe déjà, et comment comptez-vous vous imposer dans cette campagne ?
NOVA : Nous voulons apporter la preuve que l’on peut travailler ensemble pour Sciences Po au-delà des clivages partisans et des étiquettes. Là où les syndicats actuels ont fonctionné depuis deux ans par purges, nous voulons fonctionner par ouverture et pluralisme, tout en formulant toujours des propositions précises et ambitieuses. Dans cette campagne nous mettrons en avant nos idées. Il serait étrange de vouloir s’imposer par autre chose. Notre raison d’être est notre programme, et la conviction que nous avons que celui‐ci peut s’appliquer et qu’il peut changer très concrètement les choses à Sciences Po.
Que reste-t-il à faire, selon vous ?
UNEF : Notre principal combat sera d’obtenir la linéarisation par le bas des frais d’inscription. Nous serons concentré-e-s sur les problématiques d’égalité de genre, en continuant à revendiquer un distributeur de protections hygiéniques dans les toilettes, et qu’un amphithéâtre porte le nom d’une femme. Enfin, nous resterons vigilent-e-s sur l’application de la réforme du collège U, notamment dans les campus délocalisés, grâce à notre représentant nancéen. À plus long terme, nos combats concerneront la réforme des inscriptions pédagogiques, les étudiant-e-s étrangèr-e-s exclu-e-s du système des frais d’inscriptions, les campus dont les spécificités régionales ont été négligées par la réforme, et le concours d’entrée à Sciences Po.
UNI : Nous voulons réformer les inscriptions pédagogiques en créant d’une part, un sondage qui permettra d’évaluer le nombre d’élèves potentiels dans un cours et d’autre part, en créant une liste d’attente pour celles et ceux qui n’auraient pas vu leur choix satisfait. Nous voulons en finir avec le manque de place en bibliothèque. À cet égard, nous proposons qu’elles soient ouvertes 24h/24h, 7 jours/7 et que des salles supplémentaires soient disponibles pour travailler. Le bien-être des étudiants est pour nous, une priorité, il nous paraît important qu’ils puissent évoluer dans un environnement écologique, agréable et pratique, par exemple en installant de nouveaux micro-ondes.
Solidaires étudiant-e-s : Nous voulons aller plus loin dans l’aide que nous apportons aux associations pour améliorer les conditions de vie des étudiant-e-s. Cela passera par la lutte pour un enseignement supérieur gratuit, de qualité et émancipateur, afin de permettre à toutes et à tous d’étudier dans les meilleures conditions. Nous continuerons à accompagner les étudiant-e-s et les associations qui ont besoin de nous afin d’être un appui dans leurs rapports à l’administration. Par ailleurs, la posture de notre syndicat est de donner aux étudiant-e-s une plus grande transparence sur les débats et décisions prises en conseil.
Il restait cependant une question des plus fondamentales à poser. Pourquoi aller voter, alors que chacun aura trois exposés cette semaine-là et que l’on sait très bien que de toute façon Sciences Po vote à gauche ?
Pour l’UNEF, une « participation à la hausse » est un élément déterminant, car il permet à un « rapport de force de s’imposer de fait à l’administration ». L’UNI quant à elle considère que « c’est une question qu’on ne devrait pas se poser », tout en reconnaissant avec critique le manque d’information dont disposent les étudiants. Pour Solidaire.s, c’est « un moyen de continuer de se battre pour l’émancipation de l’enseignement, lutter contre les discriminations (…), garantir une vie associative riche et développée, et s’ancrer dans un combat plus large pour l’enseignement supérieur libre, gratuit, et accessible à tous-tes ». Mais NOVA va plus loin encore, et voit en cette année 2018 « comme jamais auparavant, (…) une chance d’ouvrir de nouvelles perspectives pour Sciences Po ( programme « Retour de soirée », parcours avenir CEP, Campus de la Mer, Conseil des Campus et des Formations…), et d’en finir avec la hausse continue des frais, grâce au nouveau mode de calcul et de financement » par eux proposé.
À vous de jouer maintenant ! Ainsi, les 13 et 15 mars, vous pourrez invalider la thèse d’un ancien ministre français, qui déclarait que si la majorité a toujours raison, la raison a bien rarement la majorité aux élections.
]]>Nous connaissons tous aujourd’hui le Sciences Po de la diversité, mais qu’en est il du Sciences Po de l’égalité ? Avec une majorité d’étudiantes féminines sur ses bancs, on pourrait penser que Sciences Po bouscule les idées reçues sur la place de la femme dans les hautes carrières administratives et politiques. Et pourtant, Sciences Po semble, comme bien ailleurs, reproduire les écueils de la société en matière de parité.

Ainsi, côté politique, il semble qu’il y ait encore beaucoup à faire pour la parité dans les partis. Composés majoritairement d’effectifs masculins, les principaux partis politiques présents à l’IEP comptent peu de militantes, 30% seulement à l’UMP Sciences Po d’après le vice-président du parti Camille Chevalier.
Cette année à l’UMP Sciences Po, les quatre postes à la tête de la section sont d’ailleurs occupés par des hommes. Pour Camille Chevalier, l’un des trois vice-présidents, cette situation n’est la conséquence d’un manque de volonté ou d’un sexisme quelconque, mais bien le résultat du principe démocratique de méritocratie : « nous pensons que toutes les places de responsabilité doivent être pourvues par les personnes les plus méritantes, motivées et travailleuses sans considérations biologiques et sociales. Nous nous opposons à l’instauration de quotas de parité qui constituent en un nivellement vers le bas et ne rendent service à personne. Les quotas étiquettent les personnes qui en profitent comme « assistées, moins méritantes » et dévalorisent donc leur action ; et privent les plus méritants de l’accès aux postes de responsabilité, ce qui ne correspond pas à nos valeurs »
Le constat d’une inégale répartition des postes à responsabilité entre hommes et femmes au sein des partis à Sciences Po est frappant, et, tout comme l’UMP, le PS n’échappait pas à la règle… jusqu’à cette année ! En effet, c’est une jeune femme, Manon Chonavel, qui a tout récemment été élue secrétaire de section au PS, aux côtés de son trésorier Paul Bonmartin. Les postes statuaires au PS Sciences po sont paritaires cette année, tout comme le bureau.

Malgré un retard persistant en matière de parité en politique, force est donc de constater que quelques changements sont en marche à Sciences Po. L’année dernière, le bureau de l’UMP comptait ainsi deux étudiantes, Diane Kercker-Mourgues et V. L., aux postes de vice-présidentes. Du côté du PS, l’accent a été mis sur une meilleure maitrise du temps de parole lors des Assemblées Générales ou au cours de formations de prises de parole en public.
On peut également souligner cette année l’élection d’une seconde femme au poste de Présidente de parti : il s’agit de Marine Denis, à la tête de l’UDI. Entrée en tant que Secrétaire générale à la création de la section UDI à Sciences Po, cette dernière a progressivement su se faire sa place au sein du parti. Toutefois cela n’a pas toujours été sans difficultés, et elle regrette aujourd’hui que la nomination d’une femme à la tête d’un parti politique soit encore et toujours source d’étonnement. Selon elle, « la question de la parité ne doit plus uniquement être abordée du côté des femmes, mais aussi et surtout à travers les mentalités et les comportements masculins. »
Qui n’a pas encore aperçu les tracts et affiches de Politiqu’elles en Péniche ? Créée en 2013 par Fatima El Ouasdi, Alice Liogier et Alexandre Larnicol, Politiqu’elles est une association féministe citoyenne, qui agit pour la promotion des femmes dans la vie politique, et qui, seconde au classement, a d’ailleurs brille ment été reconnue début octobre.

Ce qui a poussé Fatima El Ouasdi à créer Politiqu’elles, c’est avant tout « des petites choses du quotidien » explique t-elle. Des petites choses, qui, agrégées ensemble, ont éveillé en elle un sentiment de malaise vis à vis de la position des femmes à Sciences Po. Pourquoi n’y a t’il pas de de Présidente du BDE ? Pourquoi cette amère sensation du pouvoir conjugué uniquement au masculin dans les partis politique ? Nombreuses sont pourtant les étudiantes à savoir se distinguer par le verbe rue Saint Guillaume.
L’objectif de Politiqu’elles est de créer un réseau de jeunes et d’ouvrir un dialogue le plus large possible autour du rôle des femmes dans l’univers politique. L’initiative est innovante et comme le rappelle Fatima El Ouasdi : « il faut changer les mentalités, mais par la force de l’esprit. »
Côté associatif, le vent du changement souffle donc sur Sciences Po ! Un bel exemple : l’année dernière et après trois années consécutives de victoires masculines, le prix Philippe Seguin pour les arts oratoires a été remis à Irina Kratz, qui a su prouver que l’éloquence n’est pas qu’une affaire d’hommes.
Sur un tel débat de société qu’est l’égalité des sexes, Sciences Po se veut en avance sur nombre d’établissements de l’enseignement supérieur. Toutefois, l’égalité des sexes n’a pas toujours été d’une telle évidence à Sciences Po. Il a fallu attendre 1919, soit 47 ans après la création de l’Ecole libre, pour voir les premières femmes franchir les portes de l’école. Du côté des enseignants, c’est seulement en 1941 que la première, et unique enseignante jusqu’en 1968, Suzanne Bastide, accède à la chair de Sciences Po. Aujourd’hui, Sciences Po peut se vanter de compter parmi ses étudiants près de 60% de femmes.

La question de la parité reste en effet centrale au sein de l’IEP, et les enseignements proposés aux étudiants sont les premiers à le démontrer. En partenariat avec l’OFCE, Sciences Po développe depuis 2010 un programme pluridisciplinaire de recherche et d’enseignements autour de la question du genre.
De plus, dès la deuxième année du cursus universitaire et tout au long de leur master, les étudiants sont invités à assister à des cours électifs d’économie, de sociologie ou de droit centrés sur la question du rôle et de la place de l’homme et de la femme dans notre monde contemporain: «Initiation aux problématiques de genre à travers l’histoire de l’émancipation des femmes et des féminismes », le cours de Clémentine Autain, en est un très bel exemple. Enfin, on peut également souligner la création d’un poste de référent égalité femmes-hommes en mai dernier dans l’administration.
Nombreuses sont les questions qui restent encore à être posées sur l’épineuse question de la parité: quelles perspectives de carrières pour hommes et femmes ? Pour quelles différences de salaire ? Quelle place pour les hommes et les femmes dans l’enseignement et l’administration à la sortie de l’école ?
Si l’heure a longtemps été à la réflexion, aujourd’hui c’est l’action qui est de mise. Mesdemoiselles, pour vous, un seul mot d’ordre : osez ! Et pour vous, Messieurs, il me semble que l’on cherche encore des effectifs masculins chez les PomPoms…
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