ecolos sciences po – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Wed, 17 Aug 2022 08:29:42 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png ecolos sciences po – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 2017 à Sciences Po : un an pour convaincre (1/2) https://www.lapeniche.net/35418-2-2017_a_sciences_po_un_an_pour_convaincre_1/ Thu, 22 Sep 2016 09:00:50 +0000 http://lapeniche.net/?p=35418 2017 à Sciences Po, tu y es. Que tu sois fervent sceptique ou partisan-militant-distributeur de tracts en Péniche, tu n’en sortiras pas indemne. Tu ne pourras échapper ni aux mini-débats aléatoirement lancés dans le petit Hall, ni aux anecdotes mi-enjouées mi-fatalistes de tes professeurs de droit. Mais surtout, tu auras du mal à leur échapper à eux, les partis et mouvements politiques de Sciences Po. Cette année tout particulièrement, ils comptent bien affirmer leur présence et faire vivre le débat d’idées en vue des présidentielles de 2017. Décryptage en deux épisodes des sept candidats sur la ligne de départ.

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Logos des partis et mouvements politiques à Sciences Po

 

Quels sont les partis et mouvements politiques à Sciences Po ?

Les Républicains Sciences Po, le PS Section Jean Zay, l’UDI Sciences Po, le FN Section Jean Moulin, et les Ecolos Sciences Po…ils étaient déjà là l’an dernier, ils reviennent cette année. Ce ne sera pas le cas du Front de Gauche ni de Nouvelle Donne qui se sont récemment dissous. Dans le même temps, deux nouveaux mouvements politiques font leur entrée à Sciences Po en tant qu’« initiative étudiante » (http://lapeniche.net/reforme_reconnaissance_associations/) Il s’agit de Sciences Po En Marche, lancé à la fin de l’été, et de La France Insoumise, groupe d’appui à la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Quels grands objectifs poursuivent-ils cette année ?

Du côté des Républicains Sciences Po et du PS Section Jean Zay, leur calendrier politique est déjà rythmé par les primaires, la présidentielle puis les législatives. Une véritable année de campagne donc, qui à Sciences Po, sera divisée en deux temps majeurs : jusqu’à fin décembre, les deux partis devront respecter « l’obligation de neutralité » vis-à-vis des candidats à leur primaire, et c’est ensuite « en bloc » qu’ils soutiendront la candidature du candidat désigné.

Au FN Section Jean Moulin, une militante déclare que le parti sera « à 100% derrière Marine ». Il s’attachera également à « déconstruire les clichés sur les militants du Front National”, et à cultiver un « impact national » en se déplaçant à travers la France et en encourageant la création d’antenne FN dans les autres écoles, ce qui n’est pas forcément aisé « lorsqu’on est parfois seuls contre tous », souligne une militante.

A l’UDI Sciences Po, l’objectif sera naturellement de diffuser les idées du parti national, mais aussi, avance son président Benjamin Gilet, d’être un véritable « émulateur d’idées, une force de proposition et un acteur de débat » au sein de l’école. Quant à Sciences Po En Marche, le président Paul Fleurance souhaiterait que le mouvement de Macron à Sciences Po amène avant tout «de nouvelles manières de débattre de la politique ».

L’UDI Sciences Po veut être « un émulateur d’idées, une force de proposition et un acteur de débat. » 

A La France Insoumise Sciences Po, les quatre membres du bureau, J., Clément, Victor et Cassandre, voudraient plutôt défendre un projet de société plus large, hors parti et au-delà des programmes, c’est à dire également « ré-humaniser la politique » dans une école où « elle reste quand même assez froide ».

« ré-humaniser la politique », l’objectif de la France insoumise.

Quant aux Écolos Sciences Po, association qui attire principalement des sympathisants des Jeunes Ecologistes et d’EELV, ils poursuivront leur travail de sensibilisation et de formation aux questions de justice sociale et climatique : « Notre génération est à la fois celle qui va vivre le réchauffement climatique, et la dernière à pouvoir l’empêcher » rappelle Lucas Rochette-Berlon, co-président des Écolos l’an dernier.

Quels sont leurs liens avec les partis nationaux et les candidats à la présidentielle ?

Si certains déclarent leur indépendance vis-à-vis du parti national, le PS Section Jean Zay, lui, entretient des liens directs avec le PS national et doit respecter ses règles de militantisme. « La section du PS Sciences Po a les mêmes pouvoirs et le même fonctionnement qu’une section territoriale du PS», note le secrétaire adjoint du PS Sciences Po. Également affiliée à la Fédération de Paris du Parti Socialiste, la section de Sciences Po dispose de trois groupes de travail organisés autour des priorités de la Fédération (éducation et enseignement supérieure, questions de société, écologie), et peut de ce fait contribuer à leur développement : « Certaines de nos propositions pourront peut-être remonter au niveau national et devenir des thèmes de campagne pour la présidentielle. »

« La section du PS Sciences Po a les mêmes pouvoirs et le même fonctionnement qu’une section territoriale du PS.»

Du côté de l’UDI et des Républicains Sciences Po, les associations politiques en elles-mêmes ne reçoivent cette année « ni financement, ni pilotage, ni instruction » de la part du siège. Cependant, cela n’exclut pas des liens forts entre leurs membres et les partis nationaux. En effet, nombre des membres de l’UDI Sciences Po, ont « leur carte à l’UDI, au Bureau Jeunes, des rôles de campagne, ou auprès d’élus », nous dit Benjamin Gilet. Chez les Républicains, répartis au sein de groupes de travail en fonction de leurs affinités personnelles, « des étudiants travaillent directement avec des élus, des anciens ministres, des députés, des sénateurs ou avec même avec des candidats à la Primaire pour les aider à monter leur programme », explique le secrétaire général, Alexandre Hennion. Des liens personnels également présents chez le FN Section Jean Moulin dans lequel « la plupart des élèves de l’association ont déjà des postes au sein du parti, notamment des élèves en master de Politiques Publiques », rapporte une militante de la section.

A Écolos Sciences Po, le rapport au parti et surtout à la présidentielle est moins évident. Il est encore question de savoir s’ils participeront ou non à la campagne des élections présidentielles, dans la mesure où les Écolos Sciences Po tiennent à ne pas être confondus avec une antenne politique d’EELV ou des Jeunes Écologistes. «Même si depuis plusieurs années les jeunes écologistes sont enfin acceptés parmi les mouvements associatifs, l’écologie politique repousse un peu », confie Lucas Rochette-Berlon.

Quant à Sciences Po En Marche et La France Insoumise – Sciences Po, ils sont avant tout en des émanations de leur mouvement national. La France Insoumise Sciences Po s’est créée suite à la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon en février 2016, et s’est structurée en juin dernier à partir de l’élection d’un bureau de quatre étudiants de Master et du Collège Universitaire, dont ils soulignent le caractère paritaire : « Pour être reconnu par l’administration de Sciences Po, on a décidé d’élire un bureau, même si au niveau national il n’y a pas cela », reconnaissent-ils. Ce mouvement consiste surtout en un groupe d’appui à la candidature hors parti de Jean Luc Mélenchon qui n’adhère pas à la structure hiérarchique des partis politiques. De plus, s’il reste dépendant sur le plan matériel du mouvement national, ce groupe d’appui sciencespiste se déclare « complètement libre de ses actions, du moment qu’il respecte la Charte des groupes d’appui ».

Vous l’avez compris, ils sont déjà installés, et fougueusement prêts à agir. Comment vont-ils vous convaincre ? Ils vous le confient dans notre second volet du décryptage, à paraître dans quelques jours !

Tu peux également suivre les associations politiques de Sciences Po sur leur compte Facebook et Twitter: @UDIscpo / @PSSciencesPo / @FNSciencesPo / @EcolosSciencesP / @Fr_In_ScPoParis /@scpoenmarche /@LesRep_ScPo

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Les nouveaux visages de la mobilisation écologiste https://www.lapeniche.net/mobilisation_ecolo/ Sun, 13 Dec 2015 06:00:17 +0000 http://lapeniche.net/?p=32238 A la veille du lancement de la COP 21, la Marche pour le climat à Paris devait être d’une ampleur sans précédent. Mais les mesures sécuritaires prises dans le cadre de l’Etat d’urgence ont changé la donne. En dépit de l’interdiction de se rassembler sur la place voie publique, nombreux sont celles et ceux qui ont participé à la chaîne humaine organisée par la Coalition climat 21. Le simple fait de s’y donner la main a été perçu par beaucoup comme un acte de « désobéissance civile ». Pour en savoir plus sur cette forme de mobilisation – dont les mouvements écologistes sont familiers, les Ecolos Sciences Po ont invité mardi 1er décembre deux activistes de Greenpeace. Formation expresse à la désobéissance civile.

La violence, ennemi numéro un

L’entrée en matière est amère. Les deux activistes, la mine sombre, réagissent aux affrontements ayant eu lieu dimanche dernier en marge d’un rassemblement place de la République. « Quand il y a danger, les rassemblements doivent être préparés. C’était le cas pour la chaîne humaine : le parcours était sécurisé, l’évènement limité dans le temps, et une fois les photos prises, tout le monde s’est dispersé dans le calme », explique Nathalie Delhommeau, l’une des 300 bénévoles de la Coalition Climat 21 ayant œuvré pour le bon déroulement de l’évènement.

D’après la jeune femme, les échauffourées en marge de la chaîne humaine sont en fait dûs à un second appel à rassemblement, lancé parallèlement par un groupe…plutôt inconscient des conséquences de son initiative. Pour cette activiste rompue aux mécanismes des manifestations, il était évident que les choses allaient mal tourner. « Quand les rassemblements sont interdits, la présence policière est renforcée. Cela attire ceux qui veulent ‘casser du flic’, ceux qui prennent pour cible l’Etat. Les conditions sont alors réunies pour que ça dégénère. »

Ce recours à la violence est fermement condamné par les deux activistes. « Cela met en danger la sécurité de chacun » dénonce Namad (ayant souhaité rester anonyme), avant d’ajouter « la violence n’a pas sa place en démocratie : elle ne transmet ni valeur, ni message ». Les images des affrontements ont même occulté le message que devait véhiculer la chaine humaine. « Les écolos passent pour des êtres violents, des terroristes qui utilisent les bougies des hommages aux victimes pour se battre », regrette Nathalie Delhommeau.

Préparation et stratégie

Face au phénomène de violence, ces militantes ont fait le choix de la désobéissance civile, une forme de protestation pacifique illégale. Loin d’un geste impulsif, ces actions nécessitent préparation et réflexion.

La stratégie suivie par Greenpeace est bien rodée. On détermine d’abord les objectifs et le temps nécessaires pour y parvenir. Puis, l’organisation opère un travail de fond consistant à réunir des preuves, à rédiger des rapports et à obtenir des rendez-vous avec les personnes concernées. « Le but n’est pas de faire couler des entreprises. On propose systématiquement des alternatives, des solutions permettant à ceux qu’on attaque de faire évoluer leurs activités pour adopter des modes de production respectueux de l’environnement », précise Nathalie Delhommeau. Bien souvent, ces propositions ne sont pas écoutées. Greenpeace passe alors à la vitesse supérieure : c’est le lancement des campagnes de communication et des pétitions pour mobiliser l’opinion. La non violente directe action n’intervient qu’en dernier recourt. Une fois tous les moyens légaux d’action épuisés.

Il s’agit alors de choisir l’action la plus adaptée à la situation, parmi les 198 formes de désobéissance civile répertoriées (blocage, boycott, harcèlement…) Les activistes insistent sur une stratégie particulièrement efficace : s’attaquer aux partenaires commerciaux de la cible en question. Nathalie Delhommeau prend pour exemple la lutte de Greenpeace en vue d’empêcher Shell d’aller forer en Arctique.

« On peut s’attaquer à la cible directement, en envoyant des activistes sur des bateaux pour occuper l’endroit. Mais un autre moyen de faire pression sur l’entreprise pétrolière a été de s’attaquer à Lego, qui, dans le cadre d’un partenariat, affichait le logo de Shell sur ses produits commercialisés dans les stations-services. En dénonçant publiquement l’hypocrisie d’une entreprise qui crée des jouets pour les enfants tout en commerçant avec ceux qui détruisent leur avenir sur la planète, on a réussi à rompre leur partenariat. »

Humour et créativité

Les actions de désobéissance civile sont ainsi mûrement réfléchies. « Il faut faire appel à la créativité, à l’intelligence. Tout est travaillé », rapporte Nathalie Delhommeau. Les militantes insistent notamment sur la nécessité de ne pas utiliser de termes violents ou insultants envers une personne. « Si vous écrivez sur une banderole ‘Valls, tire-toi’, c’est extrêmement violent », a répondu l’activiste de Greenpeace à une militante de l’UNEF lui faisant part de la difficulté d’évaluer la violence d’un slogan. Cette militante faisait référence à la polémique suscitée par ces propos qui avait été tenus lors de la venue de Manuels Valls à Sciences Po le 3 novembre 2015.

Les activistes préfèrent l’humour, qui suscite une plus large adhésion. C’est ainsi que lors du forum sur la COP 21 organisé par Libération à Sciences Po le 3 octobre 2015, un mouvement de désobéissants crée par Nathalie Delhommeau, les JEDI for Climate, avait organisé une Action Pipolaser dont le slogan était « L’agrobusiness pipote la COP ». Les JEDI avaient interrompu Xavier Beulin, président de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitation Agricole, en jouant des airs de pipos avant d’être applaudis par la salle.

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Les actions menées sont souvent symboliques, mais leur portée prend généralement une tout autre envergure. Les activistes se souviennent d’une de ces actions retentissantes : « il y a un an et demi, la Confédération Paysanne avait démonter des boulons et des machines à traire de la « ferme des mille vaches » à Drucat. Ce n’est que lorsque Laurent Pinatel, le porte-parole de la Confédération paysanne, avait remis les boulons à Stéphane Le Foll à Paris qu’on a compris ce qu’était les « mille vaches », c’est-à-dire une ferme illégale à tout point de vue, et qui « pollue considérablement. »

Les règles d’or de la désobéissance civile

D’après Namad, seule une action sur trois atteint son but. La clé d’une opération réussie est en fait sa médiatisation : sans cela, l’action ne sert à rien puisqu’elle ne permet pas de mobiliser l’opinion. Les actions de désobéissance civile sont donc toujours filmées– ce qui permet également de protéger les activistes de certaines violences qui pourraient être exercées à leur encontre.

Quel que soit les actions entreprises et le niveau de risque auxquels les désobéissants s’exposent, ceux-ci doivent auparavant être formés avant d’aller sur le terrain. « Les actions de désobéissance sont accessibles à tous, mais la formation est impérative », martèle la responsable des JEDI. Que sa durée soit de plusieurs jours pour les activistes de Greenpeace, ou de quelques heures pour des actions à moindre risques, la formation est en effet essentielle pour assurer la sécurité des activistes comme du public. La situation pouvant déraper rapidement, il est par exemple nécessaire de savoir comment réagir en cas de confrontation avec les forces de l’ordre. Enfin, certains reflexes sont à acquérir pour garantir le bon déroulement d’une action. Namad en révèle certains. « Je fais très attention aux termes que j’emploie quand j’explique à des ouvriers pourquoi je bloque leur usine. L’attitude aussi est très importante durant une action : je parle toujours les mains dans le dos afin d’éviter que des gestes soient mal interprétés sur des photos. »

Lanceur d’alerte

Si les désobéissants s’exposent à des violences physiques, les risques qu’ils encourent sont également juridiques. Illégales, les actions de désobéissance civile sont souvent portées au tribunal. C’est d’ailleurs là l’objectif poursuivi par les activistes : cela permet de faire avancer le dossier et de faire condamner ceux contre qui ils agissent. « Une action de désobéissance civile peut, dans une campagne, avoir un volet juridique. Tout se passe alors au tribunal, à visage découvert », assure Nathalie Delhommeau.

Et les activistes s’en sortent bien souvent victorieux. Durant le procès qui les opposait à la « ferme des mille vaches »,  par exemple, les tribunaux ont reconnu « la nécessité et le caractère démocratique » des actions menées par Greenpeace ; les activistes n’ont écopé que d’une peine symbolique. Néanmoins, ce statut de lanceurs d’alertes n’est toujours pas reconnu juridiquement. « Les chefs d’inculpation ne sont pas du tout adaptés à nos actions. Le statut de lanceur d’alerte permettrait d’économiser du temps en passant directement au tribunal civil. Aujourd’hui, on est obligé de passer par la cours de cassation », déplore Namad.

Si les peines ne sont parfois que symboliques, elles peuvent tout de même s’élever à des sommes importantes. « Heureusement, Greenpeace a les moyens financiers d’assurer ses actions et de nous protéger. Mais cela ne nous dispense pas d’évaluer avec précision le risque juridique afin d’estimer si une action vaut le coup d’être entreprise », précise Namad.

Néanmoins, toutes les associations n’ont pas les moyens de payer ce type de condamnation. D’où la recherche d’action moins risquées, et souvent plus innovantes. Par exemple, pour aider la Confédération Paysanne, des activistes qui ne pouvaient se permettre de s’attirer des problèmes juridiques ont organisé un « apéro climatique » devant la cantine du Ministère de l’Agriculture. De quoi réchauffer, aussi, sa créativité…

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Cop 21 : le face à face Ecolos vs. Les Républicains https://www.lapeniche.net/faf_cop21/ Wed, 09 Dec 2015 09:13:09 +0000 http://lapeniche.net/?p=32221 Aurélien Froissart

Claire Hasnier

Capture d’écran 2015-12-09 à 09.42.15

La COP21 est présentée par la classe politique comme un enjeu fondamental, est-ce que la couverture médiatique est à la hauteur?

Claire : La couverture médiatique est présente, mais trop faible. Plus de 50% des Français ne savent même pas ce que signifie COP21. Les partis politiques commencent à se mobiliser sur cette question, un travail en amont a été fait, dans tous les partis politiques. Notamment chez les Républicains de nombreux projets sont mis en place pour sensibiliser à ces questions.

Aurélien : On voit aujourd’hui une couverture médiatique clairement insuffisante par rapport à l’enjeu. C’est l’avenir de l’humanité qui se joue là, la plupart des scientifiques estiment que 2025 est la date irréversible, donc il faut agir très vite. Mais c’est aussi toute la mobilisation citoyenne autour de cet évènement qui est insuffisamment médiatisée. Il y a peine deux semaines, place de la République, le village mondial des alternatives, organisé par Alternativa, réunissait 50 000 personnes, ce qui est énorme pour un évènement ayant pour thème le climat. Et pourtant il n’y a eu quasiment aucune couverture médiatique sur cet évènement. Des gens agissent, des politiques agissent, des institutions même, et pourtant les médias en parlent toujours comme d’un sujet secondaire.

Concernant les politiques, s’ils se saisissent du sujet, c’est bien souvent un discours de façade. Chez les Républicains par exemple, je me suis demandé ce que faisaient les Républicains pour la COP21 et je n’ai tout simplement trouvé aucun article dessus! Quant au gouvernement actuel qui cherche à faire de la COP21 son grand enjeu, les engagements ne suivent pas derrière. Il conditionne la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim à l’ouverture de l’EPR de Flamanville, il est revenu sur l’écotaxe… Il y a un clair manque d’ambition en matière écologique, au niveau européen aussi, avec le TAFTA qui revient sur de nombreuses normes environnementales qui ont été décidées démocratiquement ! Par ailleurs, le fait que les sponsors de le COP21, qui la financent à plus de 20%, soient les plus gros pollueurs français, dont EDF et GDF, n’est pas du meilleur augure. Il y a une hypocrisie généralisée sur ce sujet. Et si les médias mettaient plus l’accent sur la mobilisation citoyenne, il est probable que les politiques auraient moins peur de s’engager sur ce sujet.

C. : Je suis d’accord sur ce point, les mobilisations autour de la COP21 ne sont pas assez mises en avant par les médias. Aujourd’hui la numéro deux des Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet, est extrêmement impliquée dans les questions climatiques: son métier d’origine est d’ailleurs de participer à ces conférences climatiques (N.D.L.R : elle fut notamment conseillère technique en Écologie et Développement durable auprès du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin). Elle porte dans les médias le sujet de la COP21, et ceux-ci cherchent toujours à l’en écarter en abordant les primaires…

Sur la COP21 tous les partis se mobilisent, la société civile aussi, et pourtant les médias ne relaient rien. Je pense que pour eux ce n’est tout simplement pas une priorité : la COP21 n’est pas le sujet primordial pour les Français, donc ils ne le traitent pas beaucoup. Mais cette couverture médiatique va arriver à mesure que l’échéance se rapproche. La mobilisation se renforce : la Fondapol, avec qui les Républicains Sciences Po ont un partenariat va publier deux notes à ce sujet. Les Républicains ont mis en place une série de concertations publiques au niveau national qui concernent l’environnement… Donc, il y a un défaut de couverture médiatique certes, mais de manière générale je pense qu’il y a un défaut d’intérêt de la part des Français pour l’instant.

Vous dites que la mobilisation va monter, que le sujet va venir, mais nous sommes aujourd’hui très proches du début de la conférence et pourtant le sujet ne semble toujours pas occuper l’espace médiatique, ne va-t-il pas y avoir un problème?

C. : Bien sur, aujourd’hui si vous parlez d’actualité avec quelqu’un, il va y avoir beaucoup de sujets qui vont le préoccuper, et pas forcement la COP21. Les gens aujourd’hui en France sont plus attristés par la montée du terrorisme et par le chômage que par les enjeux de la COP21. Ils pensent que ça les touche moins, alors que ça les touche vraiment! Il y a un manque d’information à ce sujet je pense. De manière générale des accords climatiques sont pris au niveau international depuis maintenant deux décennies et je pense que les populations ne sont pas assez incluses dans ces négociations. Beaucoup de gens laissent les Etats réfléchir pour eux sur ces sujets là.

A. : Il y a tout de même eu 200 000 personnes qui ont participé au tour de France d’Alternativa! Donc il y a au moins 200 000 personnes en France qui se sentent concernées par le sujet et ont envie d’agir pour lui. Alors bien sûr ce chiffre peu paraître faible. Les gens se sentent plus concernés par le chômage et la crise migratoire que par le climat. Mais ils ignorent que ces sujets sont liés! Actuellement 20 millions de personnes dans le monde migrent à cause des dérèglements climatiques : assèchement des terres ou montée des eaux. Concernant le chômage un rapport de 2014 montre que baisser les émissions de C02 de 84% créerait 1 million d’emplois en Grande-Bretagne et en France: dans les BTP par la rénovation des batiments, dans l’agriculture, dans les transports, dans l’énergie…

Donc la question climatique est une question dont tout le monde, à tous les niveaux, peut se saisir, car elle touche les préoccupations directes de tous les Français. Avec un peu de bonne volonté une vrai mobilisation peut-être faite pour montrer aux politiques qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils sont soutenus par les citoyens.

 

 

L’accord contraignant, vous y croyez ?

C. : Sur 196 États, 146 ont déjà rendu un rapport sur les objectifs d’émissions d’ici 2025. Mais un accord contraignant me parait compliqué à obtenir dans la mesure où les économies nationales sont à des niveaux de développement très différents, il parait difficile de contraindre les pays émergents. De grosses négociations sont en perspectives : le Brésil et la Chine ne souhaitent pas ralentir leur croissance au nom d’un réchauffement climatique causé en grande partie par les pays du Nord lors de leur propre développement. Un fond de 100 milliards mis en place en 2020 pourrait justement être la clé pour pallier à ces problèmes, encore faudrait-il que certains Etats soient d’accord pour le financer. Pourtant la prise de conscience a eu lieu, elle doit aboutir à un accord.

A. : Au point où on en est, les engagements pris par les Etats ne limiteraient la hausse des températures qu’à 3 ou 4 degrés d’ici 2100, donc l’objectif ne serait pas atteint. D’où la nécessité d’une action citoyenne, pour pousser les négociations, empêtrées dans le lobbying. Pour l’instant pays du Nord et du Sud se renvoient la balle sur la question de la responsabilité du réchauffement climatique, cela n’est pas encourageant. Le problème ne se résoudra pas sans prendre en compte la justice climatique : les pays les plus riches doivent montrer la voie à ceux qui ont le moins de capacité d’action. Et laisser une plus grande place aux BRICS dans les négociations.

C. : Je suis tout de même un peu plus optimiste. Il y a de bons indicateurs, notamment la Chine qui a annoncé vouloir réduire de moins 60 à moins 70% par unité de PIB ses émissions des gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 2005.

Concernant les BRICS, je pense quant à moi qu’ils sont déjà énormément présents dans les négociations. Mais il est vrai que les pays les moins développés, les pays africains notamment, ne sont pas assez inclus dans les négociations, toutefois ce ne sont pas eux qui polluent le plus. Ce sont eux qui sont les plus touchés, ce n’est donc pas à eux que l’on doit demander des efforts en matière de politique climatique mais plutôt ceux qui doivent bénéficier des aides pour les protéger des effets pervers du réchauffement climatique.

A. : Il est justement important qu’ils soient dans les négociations, les victimes du réchauffement climatique sont les plus susceptibles d’être investies dans la défense de l’environnement. De manière plus générale, oui, de nombreux pays ont pris des engagements, mais ils sont insuffisants ! Il faut pousser les pays à faire le plus d’efforts possibles, à mettre en place le plus de mesures concrètes.

C. : En effet des mesures concrètes peuvent être prises au niveau national. Ce qu’avait fait le gouvernement précédent avec l’écotaxe de NKM, la Charte de l’environnement, alors que le gouvernement actuel ne fait rien. Avec l’entrée des ecologistes au gouvernement en 2012, on pouvait s’attendre à ce que ce chemin soit poursuivi, et cela n’a pas été le cas. L’écotaxe a été retirée, et rien n’est venu la remplacer.

A. : C’est normal nous n’y sommes plus ! Quant au gouvernement précédent, N.Sarkozy ne disait-il pas que « l’environnement ça commence à bien faire » ? Le gouvernement écologiste a tout de même mis en place l’encadrement des loyers qui est un immense pas en faveur de la justice climatique. L’écotaxe a été rejeté par le gouvernement Valls alors qu’il n’y avait plus d’écologistes au gouvernement. Le gouvernement actuel est maintenant en train de revenir sur l’interdiction des forages de gaz de schiste et de favoriser le transport en cars… Donc quel que soit le gouvernement, les mesures prises ne sont pas les bonnes ou pas suffisantes. De manière plus générale il faut remettre totalement en cause le paradigme économique actuel. Penser un nouveau modèle de consommation et de production pour re-localiser et diminuer le transport.

La limitation à deux degrés est un objectif affiché, mais concrètement par quoi cela passe ? Quels changements pour en arriver là ?

A. : Cet objectif ne pourra être atteint sans un changement total de paradigme économique comme je l’ai déjà dit : il faut sortir du système capitaliste pour former un système bien plus respectueux de l’environnement, des hommes et des territoires. Il faut arriver à une autre gouvernance mondiale. C’est pour cela que l’écologie ce n’est pas simplement planter des arbres. C’est toute une réflexion sur l’agriculture, l’énergie, sur nos façons de consommer et de produire et nos façons d’échanger. Ce n’est qu’en prenant en compte tout ces critères que nous résoudrons la crise actuelle.

C. : Tout cela me semble très idéaliste. On a déjà du mal à obtenir un accord international pour limiter le réchauffement à deux degrés, chaque pays a son propre système politique… Si on rajoute des considérations sociales, aussi louables soient elles, on n’arrivera à rien. L’accord qui résulte de la COP21 doit être contraignant, mais par la suite chaque Etat doit avoir la liberté de mettre en place la politique qu’il veut pour tenir ces objectifs en matière de limitation des émissions. Chaque Etat doit garder sa souveraineté tout en accomplissant sa responsabilité. Il y doit y avoir des sanctions contre un Etat qui ne respecterait pas ses engagements.

A. : Cela reviendrait à maintenir le statut quo et à risquer une disparition de l’humanité d’ici 2100 ! Je le répète, ces engagements ne pourront être tenus sans une refonte totale du système.

C. : Tu auras du mal à changer tout le système libéral…

A. : La question n’est pas de savoir si on peut, mais de savoir si l’on doit. C’est une question primordiale, qui menace notre avenir à nous et la survie de nos enfants ! On ne peut pas se contenter de ‘mesurettes’, qui n’engagent pas les Etats, et c’est actuellement ce à quoi se destine la COP21. Notre survie n’est pas compatible avec la recherche de la croissance à tout prix.

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10 choses que vous ne saviez peut-être pas sur Noël Mamère https://www.lapeniche.net/10-choses-que-vous-ne-saviez-pas-sur-noel-mamere/ https://www.lapeniche.net/10-choses-que-vous-ne-saviez-pas-sur-noel-mamere/#comments Sat, 28 Mar 2015 16:43:03 +0000 http://lapeniche.net/?p=27612 Noël Mamère vient à Sciences Po lundi dans l’amphithéâtre Chapsal à l’invitation des Ecolos Sciences Po et de La Péniche, le journal des étudiants de Sciences Po. Et contrairement à ce qui a pu se dire jeudi soir à la tribune de l’amphithéâtre Boutmy, cette conférence à laquelle plus de 300 sciencepistes se sont déjà inscrits n’a pas pour objectif de rétablir l’équilibre gauche/droite après la venue d’Alain Juppé à Sciences Po : Noël Mamère, c’est avant tout une personnalité politique qui a eu une des carrières les plus atypiques de la Vème République. La preuve en dix points.

1. Il a célébré un mariage homosexuel dix ans avant tout le monde.

Le 5 juin 2004, Noël Mamère, maire de Bègles, célèbre le premier mariage d’un couple homosexuel en France, dix avant le mariage pour tous. Cela lui vaudra une suspension de ses fonctions de maire pendant un mois. Le mariage, quant à lui, fut jugé illégal au regard du droit français, et l’union fut annulée par le Tribunal de grande instance de Bordeaux. L’évènement donna une nouvelle ampleur aux revendications portées par la Gay Pride de la même année.

Et le député-maire de Bègles estime avoir ouvert la voie en ayant défendu une cause qui lui est très chère : « la banalisation du mariage de personnes d’’un même sexe est l’’objectif que j’’ai toujours poursuivi depuis la publication du manifeste pour l’’égalité des droits, en mars 2004 » expliquait-t-il à Midi Libre pendant le débat sur le mariage pour tous. « J’’ai fait ce que je considérais comme juste, j’’ai pris des risques, je les ai assumés » ajoutait-il, assurant ne rien regretter.

2. La voiture et Noël Mamère, trente ans de polémiques.

Noël Mamère s’élève publiquement contre les manifestations de qu’il appelle « la religion de l’automobile », en dénonçant des courses comme le Paris-Dakar qui « exporte la mort en Afrique ». Pourtant, il participé en 1989 à  l’enregistrement d’un disque dont le titre « L’odyssée Paris-Dakar » est une véritable ode à la compétition automobile. 

Et surtout, Noël Mamère fut au coeur d’une polémique déclenchée par un reportage de Karl Zéro dans lequel on le voit arriver au club de l’étoile en voiture … tout en affirmant juste après aux journalistes avoir pris son vélo pour aller de la République à l’Arc de Triomphe. Une polémique qui ne manque pas de l’agacer à chaque fois que l’on y fait référence : il assure avoir été pris par le temps ce jour là et avoir été contraint de prendre la voiture pour aller de l’Assemblée à l’arc de Triomphe.

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3. Il était présentateur TV et a failli être chanteur.

Noël Mamère était un journaliste avant d’être un homme politique : pendant quatre ans, il a présenté et dirigé la rédaction d’Antenne 2 midi, l’actuel journal de 13 heures de France 2.

Durant les années 1980, Noël Mamère a aussi tenté sa chance dans le monde musical, sans grand succès. Son interprétation, en 1984, de la chanson Les enfants de par là de Claude Balzane, est un véritable flop. Dans son clip, celui qui était alors présentateur du journal d’Antenne 2 évolue sans grande conviction au bord d’une piscine. Cette mise en scène et son costume – un peignoir bleu ciel – resteront dans les annales.

4. C’est un faucheur volontaire.

Noël Mamère a participé au mouvement des Faucheurs Volontaires, qui s’oppose aux essais transgéniques et aux cultures commerciales d’OGM en France. Il soutient le principe de « désobéissance civile » prôné par les Faucheurs. Pour avoir détruit, en 2004, une parcelle d’essai de maïs OGM au côté de José Bové, Noël Mamère a été condamné à 3 mois de prison avec sursis.

5. C’est un élu local depuis plus de vingt ans.

Nöel Mamère a pris les clés de la mairie de Bègles, une des communes de l’agglomération de Bordeaux Métropole, en 1989. Il n’est visiblement pas près de passer la main puisque les 25 000 Béglais l’ont réélu dès le premier tour en mars dernier, pour un cinquième mandat.

A raison puisque la commune est plutôt bien gérée. Elle est ainsi 25% de moins endettée que les villes avec la même strate de population. Le budget de plus de 70 millions d’euros permet encore le lancement de nombreux projets : construction du stade du Haut Verduc, travaux d’aménagement d’un parc avec une commune voisine, mise en place d’un fond de solidarité logement…

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6. Il n’est plus à Europe Ecologie – Les-Verts.

En septembre 2013, le fondateur de Génération Ecologie annonce son départ d’EELV dans une interview au Monde. Peu de temps après celui de Daniel Cohen Bendit, c’est un coup dur pour le parti.

Au micro de France Inter il explique ce choix par “la conjugaison d’un système clannique et d’une ligne politique que je considère comme défaillante.”  « Notre parti ne produit plus rien : il est prisonnier de ses calculs et de ses clans. Nous sommes devenus un syndicat d’élus. J’ai l’impression d’un sur-place qui nuit au rôle que nous pouvons jouer dans la société » ajoutait-il. 

Il regrettait aussi l’impuissance des écologistes à réellement peser sur l’action du gouvernement. « Il faudrait fermer 20 réacteurs nucléaires pour parvenir à la promesse de passer à 50% d’énergie atomique en 2025 » : un point que la récente loi sur la transition énergétique a omis de préciser…

 7. Il avait promis de quitter le Palais Bourbon.

C’est un point qui fâche, une déclaration qui fait tâche. Nöel Mamère avait promis de quitter les bancs de l’Assemblée Nationale après les élections municipales qui ont vu son mandat renouvelé à la mairie de Bègles. Il a finalement fait machine arrière, “car renoncer à ce mandat en ce moment, même dans ma circonscription qui est plutôt à gauche, c’est permettre à la droite de gagner un siège” expliquera-t-il sur Radio Classique.

 8. C’est un protégé de Chaban-Delmas.

Noël Mamère est un iconoclaste, même pour les Verts. En 1974 il avait voté pour le gaulliste Jacques Chaban-Delmas à l’élection présidentielle, puis en 1989, c’est en partie grâce à son soutien qu’il a pu remporter la mairie de Bègles. Il lui apportera d’ailleurs en retour sa voix pour le présidence de la communauté d’agglomération de Bordeaux. 

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 9. Il a réalisé le meilleur score des Verts à une élection présidentielle.

En 2002, Noël Mamère rassemble 5,25% des suffrages exprimés et se classe à la septième position de l’élection présidentielle (sur 16 candidats). C’est la première fois qu’un candidat écologiste dépasse le seuil des 5%  : depuis, Dominique Voynet et Eva Joly ont du se contenter d’un score de 1,5 et 2,3%.

Et pourtant, la pré-campagne de Noël Mamère avait été catastrophique : battu à la primaire des Verts par le candidat Alain Lipietz,  il avait annoncé en novembre 2001 sa « décision irrévocable » de ne pas être candidat de substitution après que la candidature de Lipietz ait connu quelques déboires. Il reviendra sur cette décision … 48 heures plus tard, juste après le retrait de Lipietz.

Le programme de Noël Mamère défendait certaines propositions qui font encore écho aujourd’hui : le programme prévoyait la mise en place d’une VIème République basée sur la démocratie participative et le référendum d’initiative populaire, la suppression de l’ENA, la semaine de quatre jours (pour les travailleurs!), la reconnaissance pleine et entière des droits des homosexuels avec la coparentalité et l’adoption… 

 10. Il a un écrit un essai contre Zemmour

Noël Mamère a publié en décembre dernier un petit essai intitulé « Contre Zemmour » en réponse au Suicide Français dans lequel  « il essaye également de « comprendre pourquoi, nous le peuple de gauche, et au premier chef les écologistes, n’avons pas été capables d’imposer notre propre récit, pourquoi notre vision du monde et de ses valeurs n’imprime plus ».

Il déplore ainsi que la gauche ait perdu la guerre culturelle : la gauche n’a pas assez lu Gramsci, à l’inverse de Zemmour. « Gramsci qui a théorisé le concept de guerre idéologique considérait la reconquête de l’hégémonie culturelle comme un préalable à la conquête du pouvoir. C’est en cela que Zemmour est dangereux : il donne consistance à ce viatique raciste et inégalitaire en le relayant auprès du grand public et lui apporte une caution intellectuelle. Zemmour répond aux interrogations légitimes de ceux qui cherchent à comprendre comment la France de leur enfance à pu dériver aussi rapidement : il donne une grille de lecture de ces changements. Zemmour professe un grand récit collectif de la France. » explique-t-il.

Un article d’Alice Brogat, Arnaud Bernet, Marin de la Rochefordière et Alex Baptiste Joubert.

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Ecolos Sciences Po : un arbre qui prend racine https://www.lapeniche.net/ecolos-sciences-po-un-arbre-qui-prend-racine/ Wed, 18 Feb 2015 05:50:07 +0000 http://lapeniche.net/?p=26458 Visuel des Jeunes Ecolos.
Visuel de rentrée des Ecolos Sciences Po.

« J’ai un poster d’Eva Joly dans mes chiottes » avoue un écolo de 1A, le sourire en coin. Bien connus pour leur militantisme atypique, à l’image de leurs manifestants un poil dénudés, les Jeunes Ecolos font souvent preuve d’autodérision.

Liés par les idées et non par la structure, les Ecolos SciencesPo n’y échappent pas. Alors que l’association tient ce soir sa réunion de rentrée, à quand le flash-mob en maillot de bain contre le réchauffement climatique en Péniche ?

 

Une association indépendante d’EELV et des Jeunes Ecolos

L’association Écolos Sciences Po a été créée début septembre, laissant la flamme d’Europe Écologie les Verts dans notre école s’éteindre en paix. L’objectif était simple : rassembler les sympathisants d’EELV et des Jeunes Écolos dans une même association, inaugurer quelque chose d’inédit. Comme si, demain, il n’y avait qu’une, et non deux associations politiques socialistes à Sciences Po.

Ce mariage de raison a permis aux Écolos de Sciences Po de prendre un peu de distance avec le parti et sa branche la plus jeune. Ils en sont maintenant indépendants, ayant simplement rallié la charte des valeurs fondamentales d’EELV : l’écologie, la responsabilité, l’autonomie, la solidarité, la justice sociale… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, parmi les sept membres du bureau, quatre ne sont ni adhérents aux Jeunes Écolos ni à EELV. Lucas W., militant en 2A, note qu’ «on est lié à eux par les idées et non par la structure ».

Un peu d’air frais ne faisant jamais de mal, plus de la moitié du bureau est en première année. On compte une petite trentaine de sympathisants écologistes venus du Collège, des Masters, français et internationaux. Pour des raisons logistiques, une procédure d’adhésion plus rigoureuse devrait voir le jour.

Les idées écolos ont longtemps été à l’avant-garde. Elles le sont moins aujourd’hui, et tant mieux, ça veut dire qu’elles ont été assimilées par la société" avait affirmé Noël Mamère dans un entretien à la Revue Charles.
« Les idées écolos ont longtemps été à l’avant-garde. Elles le sont moins aujourd’hui, et tant mieux, ça veut dire qu’elles ont été assimilées par la société » avait affirmé Noël Mamère dans un entretien à la Revue Charles.

Cinquante nuances de vert

Les opinions politiques au sein du mouvement sont loin d’être homogènes, entre « libéraux libertaires » (partisans de Daniel Cohn-Bendit, de Jean Vincent Placé… disposés à faire des alliances avec le PS), « environnementalistes » (militants uniquement pour la cause de l’environnement, ne se revendiquant ni de gauche ni de droite) et « gauchistes altermondialistes ».

En témoigneront quelques dissensions après le score assez décevant d’Eva Joly aux présidentielles de 2012. « La candidature était peut-être trop juridique » justifie Alex, 4A membre du bureau. Ou encore leur opinion face au pacte de responsabilité de l’actuel gouvernement, loin d’avoir fait l’unanimité. « Si je devais synthétiser la position des écolos en France sur le sujet, je dirais que nous sommes d’accord sur certains principes, comme la simplification, mais avec un fléchage pour les entreprises qui souffrent le plus de la crise » poursuit Alex.

L’écologie politique reste la priorité des membres d’Ecolos Sciences Po. Il faut faire vivre le débat et sensibiliser davantage les étudiants à ce thème. En effet, il ne fait toujours pas suffisamment partie des préoccupations de chacun, à en croire les réactions personnelles de quelques membres du bureau face aux éloquents propos de Noël Mamère dans  Charles : « l’écologie, c’est le contraire du productivisme, c’est une autre conception du développement. Les idées écolos ont longtemps été à l’avant-garde. Elles le sont moins aujourd’hui, et tant mieux, ça veut dire qu’elles ont été assimilées par la société ».

C’est ainsi que, pour Gabriel Livney, « il ne faut pas partir du principe que les gens ont accepté. L’écologie est une façon différente de faire de la politique« . Aurélien Froissart, pragmatique, ajoute que « c’est toujours à l’avant garde : l’écologie n’est pas ancrée dans la société. Pour être élu, il faut encore et toujours faire campagne sur le thème de la croissance ». « La transition ne peut pas se faire qu’à l’échelle individuelle. Il faut arrêter de croire qu’écologiser la gauche, c’est la peindre en vert et mettre un arbre dedans » conclut Lucas.

Pascal Canfin et Cécile Duflot à Sciences Po lors de la conférence organisée au premier semestre par les Jeunes Ecolos.
Pascal Canfin et Cécile Duflot à Sciences Po lors de la conférence organisée au premier semestre par les Jeunes Ecolos.

Auto-formations, partenariats, conférences…: un réel dynamisme

Depuis le début de l’année, plusieurs évènements sont à l’actif des Écolos, dont deux auto-formations (une sorte d’exposé préparé par un militant ou un sympathisant sur un sujet de l’écologie politique), une journée de militantisme conjoint avec le Front de Gauche en Péniche contre le TTIP, un débat avec le PS sur la loi de transition énergétique… « On est amené à confronter nos idées à ou faire cause commune avec d’autres formations à gauche. On préfère nos convergences plutôt que nos différences » explique Aurélien.

L’événement marquant du premier semestre reste la conférence avec les anciens ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin, dont nous vous avions fait un (excellent) compte-rendu. 

Ce dynamisme se retrouve au niveau de leur communication : par rapport à l’année dernière, l’équipe s’est mobilisée au moment de la procédure de reconnaissance et a ouvert un compte Twitter. D’ailleurs, lors de la procédure de reconnaissance, tous les partis politiques avaient réuni moins de voix qu’en 2013 et qu’en 2012 au moment où les compteurs s’étaient arrêtés, à l’exception des Ecolos.« On fait des choses, autant en parler ». 

Dans la même catégorie : « Pour Juppé, le premier round a été réussi » Anciens collaborateurs parlementaires, férus de marketing, de numérique et de nouvelles technologies, Cyril Courson et Julien Peres ont co-fondé l’Agence Wecare à la rentrée 2014. Ils accompagnent aujourd’hui élus, collectivités, institutions publiques et entreprises dans la définition et mise en oeuvre de leur stratégie de communication digitale. Lire la suite.

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