documentaire – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Mon, 19 Oct 2020 13:53:18 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png documentaire – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 « City Hall » de Frederick Wiseman : Boston, « le contraire de ce que représente Trump » https://www.lapeniche.net/city-hall-de-frederick-wiseman-boston-le-contraire-de-ce-que-represente-trump/ Mon, 19 Oct 2020 13:53:17 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=52875 « J’ai réalisé City Hall afin de montrer en quoi un gouvernement est nécessaire à la réussite d’un mieux vivre ensemble » – Frederick Wiseman

Avant toute chose, il vous faudra vous armer de patience. Ce film, réalisé par Frederick Wiseman, dure en effet quatre heures et trente-deux minutes. Néanmoins, ce documentaire d’investigation offre au spectateur une vision différente et inédite de la politique. Filmé et tourné au cœur de la mairie de Boston, la caméra suit le maire, le démocrate Martin J. Walsh dans ses actions réformistes et engagées pour sa commune.

Pas de suspense, de musique, de mise en scène. Les scènes du film sont toutes authentiques, parlantes et criantes de vérité. Le spectateur assiste ainsi à la distribution d’un repas caritatif pour les plus démunis, à un plan d’inclusion mis en place par les employés de la mairie, et à une répétition d’échange de vœux de deux futures mariées. Il voit aussi un maire dévoué, impliqué dans la vie de ses concitoyens, et engagé pour mener des actions concrètes pour l’intégration et l’épanouissement de tous. Ainsi, il multiplie les interventions, insistant sur l’importance du vivre ensemble et de la tolérance. En effet, Martin J. Walsh descend d’une famille d’Irlandais, qui, il le souligne dans le film, ont été victimes d’un racisme dur et fort durant les siècles derniers. Le maire explique donc aujourd’hui que la différence est une richesse.

Même si Martin J. Walsh est la figure centrale de ce documentaire, il n’en est pas véritablement un héros. En effet, chaque groupe social est mis en visibilité, et possède un temps de parole égal. C’est le cas notamment dans une séquence particulièrement poignante qui met en scène des vétérans des guerres d’Irak et d’Afghanistan, où les dialogues ne sont pas coupés, et où les anciens soldats témoignent, avec leurs propres mots et leur propre ressenti, de leurs expériences et de l’importance de s’en souvenir et d’en parler. On voit également Martin J. Walsh expliquer aux citoyens de Boston leurs droits, qui sont souvent peu connus de ces derniers : ainsi, il va donner aux habitants souvent mal informés les démarches à suivre lors d’une arnaque téléphonique, ou d’un vol de carte bancaire…

Wiseman explique que le gouvernement de la ville de Boston « est le contraire de ce que représente Trump ». Il donne une image d’un pays unifié malgré ses différences, et montre que c’est cette union-là qui fait la force. C’est dans cette capitale et plus grande ville de l’État du Massachusetts que Martin J. Walsh, à son échelle, va proposer sa propre définition de la démocratie, dans un pays aussi multiculturel que les États-Unis. C’est donc un documentaire qui présente une politique innovante, participative et inclusive, qui donne une lueur d’espoir dans un pays où le repli démocratique monte en puissance de jour en jour. Un documentaire réussi donc, qui donne une représentation des États-Unis vraie et poignante.

Image : © Météore Films

]]>
Mort-moi, un projet pour saisir l’insondable https://www.lapeniche.net/mort_moi_projet/ Fri, 10 Nov 2017 09:00:57 +0000 http://lapeniche.net/?p=37695 Le 2 octobre, Anne Bert est décédée. L’écrivaine, qui s’est rendue en Belgique pour recevoir une injection létale, a remis la question de la légalisation de l’euthanasie en France sur le devant de la scène. Invitée sur de nombreux plateaux TV, elle avait fait de son choix un combat politique.

Comment s’y prend-on pour confronter des jeunes à un sujet sensible tel que celui de la mort ? Comment les sensibilise-t-on ? « Mort-moi : perspectives sur l’euthanasie », initiative étudiante récemment reconnue, a décidé de relever le défi. C’est donc un sujet de société qui est désormais représenté dans le tissu associatif de notre école.

L’image comme réponse aux questions 

A l’origine de cette initiative : Léa Falco, étudiante en deuxième année en bi-cursus. Sensible à la question de l’euthanasie en France et aux débats qu’elle suscite, Léa exprime sa volonté de faire rentrer cette question dans l’univers sciencepiste. En effet, selon l’étudiante, il s’agit avant tout d’une interrogation qui nous concerne tous. Étant pour l’heure égaux face à la nécessité de la mort, nous sommes tous amenés à nous poser des questions quant à notre fin de vie. Mais comment exposer la thématique de l’euthanasie aux sciencepistes ? Pour cela, elle choisit l’image : un documentaire composé d’interviews avec des spécialistes de la question, creusant en profondeur les perspectives pour l’avenir.

Pour les besoins de son oeuvre, Léa Falco part à la rencontre d’académiciens spécialistes des questions de bioéthique, mais aussi de membres du corps médical. Ayant déjà travaillé l’année dernière sur le projet filmographique « La danse domestiquée », le principe de la réalisation ne lui est pas étranger. Techniquement, le projet est rendu possible grâce au service de prêt de matériel de Sciences Po. De plus, les personnes intéressées par le projet et souhaitant lui apporter leur soutien peuvent contacter Léa, toute aide est la bienvenue. Aucune compétence particulière n’est requise puisque des formations caméra et montage sont délivrées au sein de Sciences Po.

Que dit la loi Leonetti en vigueur en France ?

La loi sur la fin de vie en France établit plusieurs points. Elle refuse « l’obstination déraisonnable du corps médical » et rend possible l’arrêt des traitements lorsque leur seul effet est le maintien artificiel de la vie. Elle donne le droit à une « sédation profonde et continue » jusqu’au décès. Malgré tout, elle se heurte à des limites du point de vue juridique, comme on a pu le voir avec l’affaire Vincent Lambert.

Quelle forme prendra le documentaire ?

Le documentaire se présentera en trois parties distinctes. Dans un premier temps, il s’agirait de revenir sur un problème de sémantique et sur la manière dont on conçoit la mort aujourd’hui. Elle serait abordée sous un angle historique et philosophique. Qu’est-ce que l’on appelle euthanasie ? A quel moment juge-t-on que quelqu’un est mort ? Léa évoque un nouveau paradigme qui touche notre société : « La mort est passée du cœur au cerveau ». Auparavant, un individu était considéré mort lorsque son cœur s’était arrêté de battre. Aujourd’hui, avec les progrès techniques, il est pratiquement possible de faire battre un cœur indéfiniment à partir du moment où l’on est raccordé à une machine. On considère que quelqu’un est mort lorsqu’il est en état de « mort cérébrale ».

Dans une seconde partie, il sera question du cadre juridique français concernant la fin de vie, en comparaison avec celui des pays voisins qui parfois autorisent l’euthanasie, comme la Belgique. La dernière partie, qui, pour Léa, est la plus importante de toutes, partirait du postulat « Un jour, l’euthanasie sera légalisée en France » et se pencherait sur les démarches concrètes qui seront effectuées. Quelles décisions juridiques seront prises ? Qui aura le pouvoir de décision ? De quelle manière se déroulera la procédure ?

Un projet plein d’ambition, que l’on pourra découvrir à la fin du second semestre lors d’une projection.

]]>