diplôme – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 17 Sep 2019 15:06:23 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png diplôme – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Le mystère de la cérémonie du Bachelor https://www.lapeniche.net/le-mystere-de-la-ceremonie-du-bachelor/ Tue, 17 Sep 2019 08:00:40 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=39902 Ahhhh la cérémonie du Bachelor, rituel mystérieux et intriguant qui ne se produit qu’une fois dans la vie d’un étudiant à Sciences Po et qui pourtant reste une énigme absolue. A mi-chemin entre la cérémonie à l’américaine et le perlimpinpin français, décryptage d’un rite de passage obscur et récapitulatif de l’édition 2019.

Cérémonie du Bachelor, KESAKO?

Alors, qu’est ce que la cérémonie du Bachelor dont on entend finalement si peu parler que certains d’entre vous apprendront son déroulement post évènement ? Il s’agit d’un hybride entre la conférence de rentrée et la remise de diplôme. Il faut savoir qu’à Sciences Po, on ne remet pas à chaque étudiant son diplôme de fin d’études en personne lorsqu’il termine enfin ses trois années de collège universitaire. Ledit diplôme est en fait envoyé par mail au cours de la première année de Master (ne demandez même pas quand, personne ne sait). Diantre, dirons certains, pourquoi nous convier en Boutmy si on ne nous encense même pas sur la place publique durant la fameuse soirée?

Simplement pour marquer le coup! Pour réunir dans la même salle les diplômés des différents campus et leur dire « Congratulation! You did it! Welcome to Hell ! * (*euh i mean Master) ».

C’est le moment de retrouver les grandes figures du Collège Universitaire de Sciences Po Paris mais aussi celle des campus et d’écouter des discours à la pelle. Durant les trois heures de cérémonie, vous entendrez la doyenne ou le doyen des différents campus, des responsables de la scolarité (oui ceux là même que vous n’arrivez jamais à joindre), le directeur (of course) et le secrétaire général de Sciences Po vous dire à quel point vous êtes des survivants et vous exhorter à être une meilleure version d’étudiant, plus impliquée dans la vie de Sciences Po pendant vos deux dernières années.

C’est enfin l’occasion de découvrir qui sont les titans qui ont réussi l’exploit de finir Summa Cum Laude et de se dire que nous aussi on aurait pu le faire si on écrivait pas des articles pour la Péniche, mais chacun ses priorités pas vrai? Au cours de la cérémonie sont récompensés les étudiants les plus brillants mais aussi les étudiants dont l’engagement associatif au sein de leur campus force le respect. Les visages des lauréats de ce prix sont généralement plus familiers, réminiscence d’étudiants toujours assis en péniche ou au bocal et membres de tellement d’associations que la règle du cumul des mandats devrait s’appliquer.

L’édition 2019: histoire du cannibalisme et nostalgie de la 3A.

Cette année, c’est à « deux coeurs palpitants et quatre mains » tremblantes sans doute, que Gilles FLEURY et Vincent FERTEY ont assuré l’animation de la soirée. L’édition de 2019 coïncide avec les 20 ans du campus de Nancy et pour l’occasion les campus de Dijon, Le Havre, Menton, Poitiers et Reims sont tous venus fêter ça dans la grande maison de Sciences Po Paris.

En entrées, prise de parole de la célèbre Bénédicte Durand qui nous souhaite la bienvenue dans « la maison du père » et nous encourage à « accompagner les plus jeunes » (on parle de vous les 1A) et English bashing sur son lit de parallèles entre l’histoire politique (et footballistique) mondiale et celle des années de Collègue U par Stéphanie Balme. En plat principal, incitations au cannibalisme et cours de linguistique avec une Astrid Von Busckit passionnante qui invite à « se goûter les uns les autres » (message bien reçu Astrid, le baby boom est amorcé pour 2020) et discours de l’étudiant d’honneur, Raphael Becques, qui n’oubliera pas de remercier la direction de Nancy avant d’enchainer sur le classique mais efficace « Maman ». Pour finir, intervention de Frédéric Mion en guise de thé bien brulant qui nous rappelle que la 3A c’est fini et que c’est fait pour briser les couples. Sacré Frédo qui aura quand même raison sur un point : dans toute séparation il y a un grain de folie.

Difficile de choisir quel aura été le point d’orgue de la soirée : le spectacle de danse indienne présenté par le campus du Havre ou la mention de votre journal préféré par Andreas Roessner lors d’une boutade à laquelle nous n’avons pas souhaité répondre (coeur brisé pour être honnête).

Pour certains, la cérémonie du Bachelor reste quand même très importante, c’est le moment de dire au revoir au bac à sable pour les uns, le moment de dire au revoir à Sciences Po définitivement pour d’autres, les valeureux soldats qui partent guerroyer vers d’autres horizons. Pour beaucoup c’est juste le moment pré Bal du Bachelor, une représentation accessoire qui ne justifie pas de louper un cours ou de révéler sa tenue de soirée avant l’instant T…

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Cérémonie du baccalauréat : une vie derrière soi https://www.lapeniche.net/ceremonie-du-baccalaureat-une-vie-derriere-soi/ Wed, 29 Nov 2017 09:00:45 +0000 http://lapeniche.net/?p=37836 L’élève de première année à Sciences Po oublie bien vite que sa boite mail puisse recueillir des informations autres que les newsletters du BDE ou les sondages en tout genre. Pourtant, il lui faut bien se rendre à l’évidence : le mail qu’il a sous les yeux ne concerne en aucun cas une conférence donnée par l’ancien ministre géorgien des affaires étrangères mais bien la cérémonie de remise du bac donnée par son lycée. Le bac ! Le lycée ! Bon sang de bonsoir ! Il faut se livrer à un exercice de réminiscence extrême pour visualiser à peu près de quoi il s’agit. Mais c’est bon, l’étudiant s’est remis les idées en place et se dit qu’après tout, cette idée de remise du bac n’est pas mauvaise et qu’on va y trouver un certain plaisir. A quoi sert-elle? Elle sert majoritairement à revoir des visages connus dont on avait oublié le potentiel comique, à se retrouver nez à nez avec des individus dans lesquels on n’avait franchement plus envie de déceler un potentiel comique, et à se sentir bien, dans une atmosphère de pré-adolescence perdue et d’enfance presque retrouvée.

Une page de l’Histoire qui se tourne

La remise du bac signe la fin complète des grandes années de notre vie qui sont allées de la sixième à la terminale. Cette fois-ci, c’est bien fini, nous dit implicitement le beau diplôme si rare du baccalauréat. Finis les cours d’arts plastiques de 16 heures à 17 heures dans une salle surchauffée, les extraits des « Dessous des Cartes » en histoire, les goûters à répétition à partir du 5 juin, les photos de classe que l’on montre à ses parents. L’ancien élève fait ses adieux à la scène, à toutes ses blagues immatures au collège, et à tous ces moments où il s’est dit, en riant, qu’il était quand même très immature au collège. Il s’en va, comme Lucky Luke vers le soleil couchant, sauf que Jolly Jumper a disparu et qu’il ne peut compter que sur son pauvre diplôme et sur un verre de Fanta Leader Price pour lui remonter le moral.

Il faut effectivement rappeler que ces trois heures appelées pompeusement « cérémonie » sont marquées par une organisation qui ferait pâlir d’envie l’administration de Sciences Po. Tout y est ! Chaises en bois avec de belles pensées inscrites dessus telles « Marseille enculés », « bite » ou « fais une croix si tu t’ennuies ». Tiens, c’est drôle, un certain nombre de croix ont déjà été gravées. Le directeur a un micro qui ne fonctionne pas, et personne n’arrive à se décider quant à la classe qui recevra son diplôme en premier. Pour arroser la soirée comme il se doit, les gobelets en plastique dignes de nos plus grands anniversaires sont de la partie, remplis de boissons consensuelles mais non-alcoolisées, il ne faut pas non plus exagérer. Le cake aux olives de la prof d’espagnol a été massacré par un étudiant en informatique qui a apparemment perdu l’habitude d’utiliser des couteaux, et tout le monde doit donc se rabattre dans l’allégresse la plus totale vers une table accueillant chips, bretzels et noix de cajous en tous genres. Finissons cette description en précisant qu’évidemment, la remise solennelle de notre « passeport pour l’enseignement supérieur » se fait dans le somptueux gymnase qui abrite généralement roulades, poiriers et matchs de ping-pong, ce qui est la preuve d’un certain standing qui n’a tout de même rien à voir avec l’amphi Boutmy !

Coquillettes, thermodynamique et « richesse de la vie étudiante »

Au milieu de ce paradis d’organisation dont la gestion a sûrement été confiée à la personne le moins à même d’organiser un évènement de cet acabit, tous les protagonistes cherchent la meilleure attitude à adopter. Le rôle le plus délicat revient indéniablement aux profs. Ils ont déjà oublié la moitié des prénoms, et il est difficile de se trouver une contenance crédible quand l’étudiant qui fait face au prof de philo lui parle de sa passion pour la biochimie. Ils ont déconseillé à la plupart de leurs élèves d’être dans la filière dans laquelle ils étudient aujourd’hui, et doivent donc se montrer beau joueur quand on leur apporte sur un plateau la preuve de leur manque d’influence. Les anciens élèves déambulent dans la plus grande confusion.

Le statut de l’étudiant de Sciences Po est un peu à part : il est temps de faire preuve d’un minimum de prétention arrogante en parlant d’un air profond de la qualité de l’enseignement, de la richesse de la vie étudiante, de l’ouverture d’esprit de ses ( nouveaux ) pairs ; enfin bref, de déblatérer une dernière fois le contenu de sa lettre de motivation. Ensuite, à chacun de se forger son attitude : les étudiants de fac n’y vont plus et prennent un air nonchalant, ceux qui sont partis dans une autre ville et qui ont pu venir parlent de leurs premiers plats de coquillettes, ceux qui sont dans des écoles se retrouvent dans la certitude que la sienne est infiniment meilleure que celle du voisin, ceux qui sont en prépa parlent de cours avec leurs anciens profs et arborent des cernes remarquables, et enfin ceux qui sont en PACES ne sont pas là, trop occupés par l’apprentissage ligne par ligne d’un bouquin de thermodynamique.

L’heure des adieux arrive cependant bien trop vite, car il est nécessaire que le gymnase retrouve sa disposition traditionnelle pour le cours d’acrosport du lendemain matin. Les mains se serrent, les joues se croisent pour les dernières minutes communes de gens qui ne se reverront sans doute jamais, mais dont le souvenir sur les anciennes photos de classe illuminera les soirées, dans vingt ans. Le lycée ferme ses portes, enfermant le dernier endroit où pouvaient se côtoyer un fan de programmation et une lectrice de Bukowski, une passionnée de la relativité d’Einstein et un spécialiste des régimes totalitaires. Le lycée, ultime étape de l’enfance, époque des différences rapprochées par des rires et des jeux, nous dit adieu et nous laisse, notre gobelet en plastique à la main, pas tout à fait prêt pour affronter tout ce qui va suivre.

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