Auteur : Max Cocard
« Je bosse pour la planète », Claire Pétreault, 240 pages. Paru le 20 février 2025. 17,90€.
Publié début 2025 aux éditions Eyrolles, le premier livre de Claire Pétreault passe en revue les métiers de la transition écologique. Intitulé « Je bosse pour la planète : trouve ta voie et donne du sens à ton travail », l’autrice a pour ambition de mieux guider les individus soucieux d’insuffler du sens dans leur travail. L’alumni de Sciences Po et fondatrice du média Les Pépites Vertes décrit comment tous les secteurs de l’emploi peuvent et doivent contribuer à la transition. En adoptant une approche centrée sur le lecteur, son parcours et ses aspirations, elle s’adresse aussi bien aux jeunes qu’aux personnes en reconversion. Une lecture complète du livre permet d’en apprendre plus sur les enjeux du changement climatique, sur le lien entre transition écologique et travail, ainsi que sur soi-même.
Le livre est structuré en quatre parties : « Explorer les opportunités d’avenir », « Définir ton projet professionnel engagé », « Te donner les moyens de trouver ta place » et « Faire grandir ton engagement dans le temps ». Leur enchaînement offre un fil conducteur cohérent et permet d’aborder les divers rôles, structures et tailles d’organisations mais également d’aborder les thèmes de motivation, de candidatures et de santé mentale. Le ton, optimiste et encourageant, donne envie de s’immerger dans la lecture et de répondre aux nombreuses questions interactives. Du début à la fin, l’autrice nous guide dans la quête d’un métier alliant convictions écologiques et réalité économique. Mêlant conseils pratiques et témoignages inspirants, le livre aborde le sujet de manière pédagogique et utile.
Les exercices de réflexion personnelle permettent au lecteur de mieux conceptualiser ses propres envies et ambitions, et de les comparer aux réalités du marché de l’emploi. Ainsi, on se retrouve à calculer son salaire idéal, à écrire sur ses peurs ou encore à réfléchir sur la structure et l’échelle à laquelle on aimerait travailler. L’une des forces du livre réside également dans la diversité des témoignages recueillis, mettant en avant une multitude d’organisations diverses. On y retrouve par exemple Marie Darcas, responsable des opérations chez Ateliers Bio de Provence, Rose-May Lucotte, cofondatrice et directrice des opérations de ChangeNOW, ou encore Marion Velley, manager de la durabilité chez Volvo Group.
Mais le livre a aussi ses faiblesses. Malgré un chapitre consacré au greenwashing, on pourrait regretter l’absence d’une mise en garde plus appuyée contre les bullshit jobs, ou une critique plus incisive du rôle des grandes entreprises, des cabinets de conseil, de la finance, et plus largement du capitalisme causant la destruction de la planète. De même, il semble difficile de ne pas remettre en cause la promotion de métiers qui participent à la surconsommation (même si de manière plus éthique) comme le marketing durable. Enfin, bien que le problème systémique soit identifié et décrit, des phrases telles que « tu as quand même de l’influence, quelque part » risquent de légitimer la responsabilisation de l’individu.
Cela dit, c’est peut-être là que réside la force de l’ouvrage : refuser la polarisation et l’activisme trop marqué pour mieux toucher un public large, en particulier celles et ceux qui cherchent avant tout des repères concrets dans un monde professionnel incertain. L’approche pragmatique de l’autrice a pour objectif d’offrir des conseils, d’aiguiser le lecteur et de faciliter son insertion dans les métiers de la transition.
Finalement, « Je bosse pour la planète » tient ses promesses. Fidèle à son titre, le livre dresse un panorama riche des métiers liés, de près ou de loin, à la transition écologique. Les outils proposés sont précieux pour qui saura s’en saisir. Certes, certains passages peuvent sembler basiques pour des étudiants instruits et confiants en leur parcours. Mais pour celles et ceux qui doutent, qui cherchent encore leur voie ou se demandent simplement comment concilier écologie et gagne-pain, cette lecture constitue une ressource riche et édifiante. Alors quoi de mieux que de vous faire votre propre avis ?
]]>Des traits arrondis, un costume élégant, des cheveux courts et un léger accent belge s’installent dans l’ancienne salle Eugène d’Eichtal où l’association Olivaint organise sa conférence dédiée aux liens entre sécurité et anthropocène. Ayant réalisé un article pour Terra Nova Sciences Po sur les déplacés climatiques, je connaissais déjà l’invité, François Gemenne, qui, pour y avoir consacré sa thèse, est un spécialiste du sujet. Ancien conseiller du parti écologiste belge Ecolo, collaborateur de Bruno Latour et dorénavant enseignant à Sciences Po Paris, le Liégeois est également expert de tout ce qui touche à l’adaptation à la catastrophe environnementale. Après un exposé magistral de trois bons quarts d’heure, il a répondu aux questions d’Olivaint, puis à celles du public. Retour contextualisé sur cette conférence inspirante.
Le premier enseignement de Monsieur Gemenne est que le climat est un sujet de sécurité internationale, comme en atteste le prix Nobel de la Paix décerné aux auteurs du GIEC en 2007. Il faut comprendre ici deux choses : d’une part le changement climatique est une menace pour les Etats, c’est-à-dire une menace militaro-politique, mais d’autre part c’est aussi un défi pour les sociétés et les humains. Ainsi, les conflits en Afrique sont particulièrement sensibles aux variations climatiques, qui génèrent des vagues migratoires elles-mêmes conflictuelles. Au Nigeria par exemple, les agriculteurs s’en prennent aux éleveurs dont les troupeaux saccagent les cultures lorsqu’ils sont obligés de quitter leurs racines. Au Tchad, les terroristes profitent d’une compétition de plus en plus rude pour des ressources de plus en plus rares : ils offrent leur protection aux paysans et enrôlent une partie d’entre eux en échange. Par ailleurs, certains fleuves sont particulièrement conflictuels : le Nil (Ethiopie, Soudan, Egypte), l’Euphrate et le Tigre (Turquie, Irak, Koweït) ou encore le Mékong (Chine, Laos, Vietnam, Cambodge).
En résultent des migrations importantes, qui ne feront que croître dans les années à venir (d’après le rapport Groundswell, 216 millions de personnes pourraient être amenées à migrer d’ici 2050). Or, bien que l’origine environnementale de ces déplacements ne fasse pas de doute, le statut de réfugié climatique n’existe pas, ce qui signifie que les déplacés environnementaux n’ont aucune protection juridique. Les pays du Sud n’ont d’ailleurs aucune envie que cela advienne, et ce pour trois raisons que François Gemenne énumère : ils considèrent que reconnaître les migrations climatiques, c’est se résigner face à la catastrophe ; ils refusent d’être vus comme des Etats voyous incapables de s’occuper de leur population (le Bangladesh notamment) ; et ils dénoncent une nouvelle contrainte qui s’abattrait sur eux, car il ne faut pas oublier que les principaux pays d’accueil de ces déplacés sont aussi des pays du Sud.
Si l’environnement impacte directement la sécurité humaine et génère des tensions entre Etats, il ne faut pas oublier également que les armées sont de plus en plus concernées par le dérèglement climatique. En effet, elles sont adaptées à un climat assez précis, alors que celui-ci vienne à changer, et tout est perturbé. L’exemple des sous-marins nucléaires est éloquent : leurs sonars, qui conditionnent leurs facultés à se déplacer, fonctionnent en analysant les différentes couches de température de l’eau. Que se passera-t-il lorsque cette dernière va augmenter et que les armes nucléaires aquatiques seront impossibles à manipuler ? En France et aux Etats-Unis, comme partout ailleurs, les armées cessent de négliger le climat et le prennent désormais très au sérieux. Elles sont conscientes des impacts du changement climatique sur leurs activités et de leur propre impact sur l’environnement. C’est pourquoi elles songent à diminuer leur dépendance au pétrole. Il y a un véritable changement de paradigme qui place l’environnement au cœur des enjeux de sécurité. Au-delà des contraintes, le climat exige aussi des armées qu’elles adaptent leurs activités, puisqu’elles sont de plus en plus impliquées dans des missions humanitaires, qui sont souvent liées à des enjeux environnementaux.
Le politologue accorde une certaine importance à la géo-ingénierie, cette technologie qui permet de modifier la météo en invoquant la pluie à un endroit précis à un moment donné, puisqu’il la voit devenir la digne successeur de l’arme nucléaire. C’est-à-dire que le pouvoir de dissuasion deviendra bientôt synonyme de manipulation du climat, d’inondations ou de sécheresses programmées. La Chine et l’Inde s’y intéressent déjà de près, de même que certains milliardaires américains qui ne démordent devant aucun de leurs rêves fous (suivez mon regard…). Or, Monsieur Gemenne s’inquiète de ce qu’aucune réglementation n’encadre la géo-ingénierie naissante, et rien n’est encore fait dans ce sens, alors même qu’on ignore complètement les effets secondaires de l’usage de cette technologie. Elon Musk envisage d’envoyer un parasol géant dans l’espace pour faire de l’ombre à la Terre : personne ne peut l’empêcher de faire cela, car il n’existe aucune gouvernance. Cela n’est pas sans rappeler les débuts du nucléaire : un potentiel encore inconnu, pensé pour la paix mais dont l’usage pourrait se révéler plus controversé, et dont les tentatives de gouvernance se font attendre. “Au fond, le Schtroumpfeur de pluie avait très bien prédit ce qui est en train de se passer”, ironise Gemenne.
Refermons ce volet comme François Gemenne l’avait ouvert : selon lui, tous les enjeux contemporains vont être bouleversés par la catastrophe qui s’annonce, et parmi eux, la géopolitique et les relations internationales. Les notions clés de ces deux domaines, telles que l’État, la souveraineté, la puissance ou les frontières, vont être complètement redéfinies.
Attardons-nous sur les interrogations que l’on peut avoir quant à la notion d’Etat. Largement discuté, ce concept renvoie néanmoins unanimement à un territoire. Weber va dans ce sens, le Traité de Westphalie (1648) également, lui qui est fondamental dans la formation de l’Etat moderne (dit “westphalien”), et le territoire est l’un des critères retenus à Montevideo pour définir ce qu’est un Etat. Or, certains pays insulaires sont littoralement (!) menacés d’extinction, on peut notamment citer les Maldives ou les Tuvalus. La question que se posent ces atolls est donc la suivante : un Etat peut-il exister sans territoire ? Autrement dit, peut-on imaginer un Etat virtuel ? L’idée, qui peut sembler plus attrayante que des déplacements de populations massives pour créer un Etat sur un bout de territoire d’un autre Etat (la dernière fois que c’est arrivé, en Palestine, ça n’a pas très bien réussi), n’est pas sans risque : que se passera-t-il quand il faudra accueillir Bezosland à l’ONU ? Ou l’Etat Islamique déterritorialisé ? De plus, comme le rappelle François Gemenne, les Accords de Paris (qu’on n’arrive pas à respecter) prévoient un scénario dans lequel la montée des eaux sera d’un mètre, soit assez pour engloutir 10% de la surface du Vietnam. Si l’existence du pays n’est dans ce cas pas remise en cause, le sujet n’en est pas moins politiquement compliqué. En effet, il est impossible de protéger tout le monde (en construisant des digues), donc il va falloir choisir ceux qui seront protégés et ceux qui seront déplacés. Un choix d’autant plus ardu que les victimes finiront pas demander des comptes. Mais à qui ? Aux Etats qui feront ces choix ? Aux individus dont la consommation est la moins vertueuse ? Aux entreprises qui ont tout fait pour que rien ne soit fait ? Finalement, Gemenne estime que le problème est politico-philosophique : la Terre doit cesser d’être un objet politique, elle doit devenir un sujet politique.
Dans ce contexte politique, éthique, scientifique et humain complexe, l’inconnu est la seule certitude d’avenir. François Gemenne en voit tout de même une deuxième : contrairement à ce qu’il est confortable de penser, aucun retour à la normale n’est possible. Même si nous surpassons les ambitions des Accords de Paris, même si tous les pays du monde atteignaient la neutralité carbone d’ici la fin de la semaine, la machine est déjà engagée, et on ne pourra plus l’arrêter. Lorsque la compagnie pétrolière Humble se vantait, dans une page publicitaire de 1962, de faire fondre sept tonnes de glace tous les jours, il était peut-être encore temps d’inverser la tendance. Mais nous avons été trop lents à réagir (notamment parce qu’Humble, comme d’autres entreprises, était consciente de son impact réel depuis longtemps mais a tout fait pour préserver ses activités). Finalement, “les sept années les plus chaudes de l’histoire [qui sont les sept dernières] deviendront les sept années les plus froides du XXIe siècle”, selon l’expert. Pourtant, l’heure n’est pas au fatalisme. Refroidir la planète est sans espoir, mais tout l’enjeu est encore de savoir de combien elle se réchauffera. “La catastrophe a déjà eu lieu, et nous ne pouvons plus que limiter les dommages”. En effet, chaque dixième de degré supplémentaire peut avoir des conséquences géopolitiques et humaines sensibles. C’est pourquoi le climat n’est pas une bataille à gagner ou à perdre, c’est une douleur à accentuer ou à limiter.
Au cours de son exposé et au gré des questions qui lui ont été posées, Monsieur Gemenne s’est étendu sur quatre acteurs à même de peser dans notre futur.
Les Etats tout d’abord. Selon leurs trajectoires économico-historiques, ils ont pollué de manière très différente selon les époques. En 1800, nous émettions 30 millions de tonnes de dioxyde de carbone, contre 36 milliards de tonnes en 2019. Cette hausse spectaculaire vient surtout des pays d’Asie, qui sont passés de 16% des émissions mondiales à 48%. A l’inverse, l’Europe est tombée de 42% à 15%. Ainsi, ceux qui prétendent que la France ne représente que 1% des émissions oublient que si cela est vrai aujourd’hui, ça n’était pas le cas il y a cinquante ou cent ans, et que le gaz émis alors est toujours en train de tournoyer dans l’atmosphère. Toujours est-il que désormais, c’est dans des villes comme “Lagos, New Delhi, Jakarta, Mexico ou Le Caire” que les enjeux climatiques se jouent. Or, les États, anciens ou nouveaux pollueurs, ne se préoccupent que de leurs émissions nationales, ce qui a bien peu de sens pour qui sait que les gaz à effet de serre ne connaissent pas de frontières…
Les entreprises ensuite. Gemenne nous a relaté une discussion qu’il a eue avec le PDG de Decathlon. Celui-ci se lamentait du bilan environnemental de la marque de sport, mais se félicitait de la mettre à profit pour peser dans la transition. Il parlait notamment des vélos-cargo qu’il a récemment mis en vente. Selon lui, sachant qu’un quart des transports routiers de Paris sont des livraisons, ce produit plébiscité par les clients peut avoir plus d’impact sur la transition de la capitale que les mesures d’Anne Hidalgo. Cet exemple montre à la fois que les entreprises ont du pouvoir, mais aussi qu’elles ont parfois la volonté de changer leur politique.
Quant aux COP, si décevantes, le politologue prend leur défense en expliquant qu’elles n’ont pas été pensées pour répondre aux énormes espérances qu’on place en elles. En effet, une COP n’a pas de vocation performative, elle est d’ailleurs pliée avant même de commencer puisque chaque Etat ne fait qu’y annoncer des engagements négociés antérieurement. Si on veut les rendre plus actives, il faudrait commencer par supprimer le droit de véto qui donne toujours raison à ceux qui ont tort de se blottir contre l’immobilisme. Il est également nécessaire d’intégrer des acteurs non-étatiques dans les négociations, ce qui a commencé à être le cas à Glasgow. Malheureusement, une forte dépendance de sentier rend ces évolutions improbables. De plus, les COP ont pour rôle de surveiller les avancées de chacun. Une mission fortement mise à mal par l’absence de mesure contraignante et par la lucidité des Etats qui n’ont aucun intérêt à blâmer leurs congénères. Et pour cause, quasiment aucun d’entre eux ne tient ses promesses. François Gemenne appelle à une “désescalade des promesses” afin de les rendre tenables et donc crédibles. Il dénonce aussi les annonces de neutralité carbone à l’horizon 2030, 2050 ou même 2070, car ceux qui les font savent parfaitement qu’ils ne seront plus au pouvoir au moment de rendre des comptes. A la place, il préconise des engagements année par année, bien plus responsabilisants.
Enfin, le Liégeois a mis en avant les progrès des écologistes. Eux qui, il y a encore dix ans, considéraient que tous les problèmes d’une société découlaient des enjeux climatiques et leur étaient secondaires, ils ont appris à reconsidérer la société, l’économie ou encore la sécurité. Sans pour autant oublier que tout cela est intimement lié. Néanmoins, il reconnaît que l’écologie “manque encore d’un grand récit mobilisateur et émancipateur”, elle reste contraignante et anxiogène. Il ne fait aucun doute que les citoyens n’embrasseront la transition que lorsqu’ils auront le sentiment qu’elle leur permettra de vivre mieux.
François Gemenne a beaucoup parlé, ce qui rend difficile toute tentative de synthèse. Si l’on doit rappeler l’essentiel, je dirais néanmoins qu’il faut retenir que les COP ne sont là que pour enregistrer les progrès des Etats, que la transition n’est possible que si elle fait rêver, ou encore que les acteurs de l’espace mondial doivent apporter une réponse transnationale à ce défi transnational. Mais plus que tout, la conférence a été l’occasion de songer au changement climatique comme un enjeu de sécurité à même de bouleverser les repères géopolitiques et même politico-philosophiques que nous avons.
]]>Les mails de la direction générale se multiplient : Sciences Po à l’air déterminé à transformer l’école pour l’inscrire dans la transition écologique. Alors nous aussi, communauté étudiante, essayons d’avoir des pratiques plus responsables. Que vous soyez déjà un étudiant sensibilisé ou au contraire, que vous découvriez seulement l’urgence absolue de la question environnementale (et comme tout le monde, vous paniquez), voici une liste de petites actions quotidiennes sur le campus de Paris qui peuvent rendre votre vie (et celle de la planète) plus verte (à défaut de la rendre plus rose).
Aller nourrir Helmut et Greta avec vos trognons de pomme.
Des composts se cachent dans le jardin du 27 rue Saint Guillaume depuis l’année dernière. Certes, il faut être motivé pour y déposer toutes ses épluchures de fruits et légumes (en les conservant dans son frigidaire avant de les amener). Mais aller jeter celles qu’on consomme sur le campus présente le triple avantage de se dégourdir les jambes, de respirer un peu d’air frais, ce qui ne se refuse jamais, notamment en période de révisions, et de réduire ses déchets. Quant à leurs noms, on ne vous donnera aucune explication sur Helmut. Même au sein de Sciences Po Environnement Paris, alors que l’association a milité pour les installer, on se demande quelles sont les origines de cette dénomination.
Apporter ses propres tasses au CROUS ou aux machines à café
Continuons sur le sujet des périodes de révisions : un café, ça ne se refuse pas. Par contre, un gobelet en plastique oui. Le laser (approximatif) des machines à café reconnaît (la plupart du temps et pour la plupart des machines) vos propres contenants, et le personnel du CROUS les accepte avec plaisir. Si vous vous trouvez à la cafétéria du 27 rue Saint-Guillaume, vous pouvez emprunter un écocup Sciences Po Environnement ou ramener votre propre tasse et la laisser sur l’étagère prévue à cet effet. Si vous vous trouvez au 28 rue des Saint Pères, Cafés vous servira directement. Si vous vous trouvez ailleurs, investissez dans un gobelet pliable. Promis, vous ne le regretterez pas.
S’organiser pour apporter ses Tupperwares pour déjeuner
C’est indéniable : vos petites préparations maisons seront meilleures que les baguettes pas très goûteuses des cafétérias (même si elles nous rendent parfois bien service). Et pour le petit conseil bonus, manger végétarien, c’est beaucoup moins cher (et meilleur pour notre santé et celle de la planète). Il n’y a rien de plus simple à cuisiner qu’un petit curry de lentilles corail !
Prendre son panier de légume Sciences Potiron et faire ses courses en vrac
Pour amener ses Tupperwares, rien de mieux que des courses de légumes toutes faites à aller chercher le lundi soir. Des fruits et des légumes qui ne viennent pas de loin, c’est parfait pour tester des nouvelles recettes et découvrir de nouvelles saveurs. Tous ces légumes pourront être complétés par des céréales et des légumineuses que vous achèterez dans les magasins qui offrent une réduction de 5% aux étudiants. Alors venez munis de sacs à vracs et vous voilà en route vers le zéro déchet !
En cas d’urgence, favoriser Cafés
Cafés, c’est pas cher, c’est végétarien, c’est sans déchet et c’est sympa. N’hésitez pas à aller essayer la cafétéria autogérée de l’association Pavés au 28 rue des Saints Pères.
Acheter une gourde
Sciences Po Environnement ne fait pas de profits sur ces gourdes, donc on ne pourra pas accuser cet article d’être un publi-communiqué. Mais Frédéric Mion a décidé de mettre à bas le plastique, il serait dommage de faire moins bien que la Direction.
Réfléchir sur le partenariat avec Total
Prendre conscience du partenariat avec Total et se faire son avis sur celui-ci semble important pour tout étudiant concerné par l’utilisation d’énergies fossiles. Ses défenseurs vous répondront que l’entreprise investit dans les énergies renouvelables, ou que Sciences Po finance des beaux projets (typiquement, des bourses) avec cet argent. Mais la réflexion est toujours bonne à réaliser !
Assister aux multiples conférences sur l’environnement
Pour poursuivre la réflexion, et parce que l’écologie est un sujet incontestablement politique, rien de mieux que les conférences. Les newsletters de Sciences Po sont truffées d’annonces de conférences qui concernent la transition énergétique ou les enjeux environnementaux. Deux heures en écoutant des experts intéressants (en tous cas on l’espère), c’est toujours utile pour ouvrir son esprit et s’interroger sur les manières d’agir en faveur de la protection de
l’environnement.
Choisir des cours relatifs à l’écologie
Certes, ce n’est pas le cas du cours d’économie de première année. Mais il en existe déjà quelques uns, et c’est sans conteste intéressant. La collapsologie ou les politiques environnementales sont des sujets qui sont largement assez vastes pour en parler vingt-quatre heures. De plus, les maquettes pédagogiques de Sciences Po sont actuellement revues par un comité chargé de s’assurer que l’environnement est un thème d’étude. Pensez-y lors des
prochaines inscriptions pédagogiques !
S’investir dans une association écologique
Les examinateurs des oraux et les lecteurs de lettres de motivation de Sciences Po entendent et lisent si souvent que la vie associative est un facteur incroyablement valorisant de l’école… L’écologie aussi fait partie intégrante de cette vie associative, et s’engager est le meilleur moyen de débattre sur celle-ci ou de faire avancer la société, en commençant par transformer la micro-société qu’est Sciences Po
Vous voilà armés pour participer à la consultation étudiante que la Direction va ouvrir « dans les semaines à venir ». Let’s make Sciences Po green again!
NDLR – L’auteure de cette article est coordinatrice adjointe de l’antenne de Paris de Sciences Po Environnement, mais elle tient à signaler qu’elle écrit cet article en son nom propre.
]]>Monsieur le Directeur,
Comme cela n’a pas dû vous échapper, un large mouvement pour le climat est en train de prendre une ampleur inédite partout dans le monde. Face à la grave dégradation de la planète par notre système économique et social, sans que rien ne soit entrepris à grande échelle pour la stopper, ce mouvement exprime son désir de sortir d’un système basé sur la croissance à tout prix et de connaître un futur vivable pour toutes et tous. Il n’est plus possible d’ignorer les multiples études scientifiques, et les innombrables témoignages citoyens qui démontrent un peu plus chaque jour le lien entre notre mode de vie actuel et la crise climatique et écosystémique que nous vivons. Le dernier rapport du GIEC (AR6) est formel : au-delà de 2°C de réchauffement la situation pourrait atteindre un niveau critique de non-retour, menaçant très sérieusement l’avenir de l’humanité et du vivant dans son ensemble. Le temps pour agir est compté. Nous ne pouvons plus nous permettre d’être stoïques face à l’inaction de nos représentant.e.s et de nos institutions. L’inaction et l’inconséquence de nos représentant.e.s. face à la gravité de cette menace suscite notre désarroi et notre colère.
Face à ce contexte alarmant, la jeunesse se mobilise partout dans le monde pour demander aux États d’agir. Un appel à faire grève pour le climat a été lancé pour le vendredi 15 mars prochain et a trouvé un véritable écho chez les jeunes, étudiant.e.s comme lycéen.ne.s, rejoint.e.s ensuite par des centaines d’enseignant.e.s et de chercheur.ses, appelant tout.e.s à l’action. Il est maintenant temps pour nous, étudiant.e.s, doctorant.e.s, enseignant.e.s de l’IEP de Paris signataires de cette lettre, d’appeler à notre tour à faire grève le 15 mars pour réclamer l’engagement immédiat de mesures ambitieuses pour enrayer la destruction de notre environnement et ainsi préserver notre avenir et celui des futures générations.
Compte tenu de l’ampleur et de l’urgence de cette crise, une mobilisation immédiate et inclusive est absolument nécessaire. C’est pourquoi nous souhaitons vous proposer, Monsieur le Directeur, d’y prendre part et de nous aider à engager Sciences Po dans ce mouvement. École de formation des décideurs et décideuses de demain, Sciences Po a un rôle crucial à jouer tant pour son image en France et à l’international que pour le bien-être de ses étudiant.e.s. Un grand nombre d’étudiant.e.s de notre école souhaite se rendre à la grève mondiale du 15 mars pour montrer leur détermination à inscrire le climat comme priorité d’action dans l’agenda politique. Nous voulons donc vous inviter à tout mettre en œuvre pour que cet engagement ne nous pénalise pas dans notre scolarité. Cela pourrait
passer par l’annulation d’une partie ou de tous les cours de cette journée, ce qui montrerait dans le même temps un véritable soutien de Sciences Po vis-à-vis de cette mobilisation inédite. L’autre solution envisageable est une banalisation des absences des étudiant.e.s allant manifester, afin de permettre à tout.e.s celles et ceux qui le veulent de se mobiliser pour l’avenir de la planète sans qu’ils et elles puissent en pâtir.
En parallèle de cette journée, nous pensons qu’une profonde réflexion sur le rôle de Sciences Po dans cette transition (pratiques, enseignements, intervenant.e.s, informations, financements) doit être engagée avec vous et tous les corps intermédiaires concernés.
En espérant que cette lettre puisse recevoir un écho favorable de votre part face aux enjeux critiques mais essentiels qu’elle porte,
Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur, l’expression de nos sentiments les plus sincères et engagés.
Sciences Po pour le climat, au nom de tous les étudiant.e.s de l’IEP mobilisé.e.s pour le climat
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