Omar Ben Abderahmen (UMP)

Etais-tu engagé avant d’entrer à Sciences Po?
J’ai été engagé à l’UMP un an avant d’entrer à Sciences Po, je militais dans mon département, dans ma ville du Puy en Velay en Haute Loire.
Quels ont été les temps forts de ton année ?
Déja l’entrée à Sciences Po : moi je viens d’un lycée en milieu rural, j’étais complètement surpris par le melting pot extraordinaire qu’il y a ici.
Au niveau politique, j’ai eu de nombreux moments forts : le grand moment politique de mon année, c’est quand j’ai été reçu, avec l’association Touche pas à ma bourse, je la mérite, dont je suis un des principaux responsables, par Nicolas Sarkozy. C’était vraiment un grand honneur d’être reçu par l’ancien président de la République, que je soutiens en plus dans la période actuelle : c’était un vrai moment fort.
Quelques mots sur les syndicales?
Un syndicat permet de souder les liens. C’est ça que j’aime en politique, que ce soit à l’UMP Sciences Po ou à l’UNI Sciences Po, c’est que l’on est vraiment une vrai famille. Quand quelqu’un a un problème il peut compter sur les autres et vice versa. La politique c’est aussi ça.
Qu’est ce que ça fait d’être de droite dans une école de gauche?
Et bien au début ça fait un peu bizarre. Surtout qu’ici c’est la vrai gauche quand même, je dis pas tous, mais beaucoup sont de la vraie gauche. Après ça te motive, ça te pousse sans cesse à chercher de nouveaux arguments, à convaincre toujours, et d’un point de vue intellectuel c’est très intéressant. Et puis au moins, on ne s’ennuie pas. Il y a tout le temps des choses à faire quand on est de droite à Sciences Po.
D’autant que Sciences Po n’est pas non plus sectaire : l’UMP Sciences Po est la première association politique de l’école, la première association reconnue, et l’UMP Sciences Po a fait vraiment un très bon travail, un travail de fond. Donc je pense qu’être à droite Sciences Po ce n’est pas la même chose en 1968 qu’en 2015.
Quels sont tes projets au sein de la section UMP pour l’année prochaine?
Développer le pôle formation à l’UMP Sciences Po, qui n’est peut être pas assez travaillé et pourquoi pas une visite de l’Assemblée nationale, d’autres associations le font, je pense que c’est une bonne chose pour faire venir les étudiants de 1A.

Quelles sont les qualités importantes selon toi pour faire de la politique?
Avoir des capacités intellectuelles, être capable de réfléchir, ne pas être sectaire, aller à la rencontre des gens. Et la deuxième chose c’est la passion, la foi d’être sur le terrain, de tracter. Le tractage c’est la base, je ne conçois pas la politique sans être un peu sur le terrain. C’est bien de faire Sciences Po, l’ENA et d’être parachuté, mais moi c’est à l’opposé de ma conception de la politique. La politique c’est d’abord les tripes, il y a la raison, les capacités, mais c’est d’abord les tripes. Si on a envie, on peut tout faire.
Quels sont les trois mots que tu choisirais pour décrire tes valeurs?
Le terrain, le mérite et l’honnêteté.
Tu comptes rejoindre le bureau l’année prochaine ?
Ce n’est pas moi qui décide. Et moi je ne fais pas de la politique forcément pour les places. Mais je pense que le système de renouvellement du bureau de l’UMP est très bien, c’est un système qui récompense les 1A selon une seule chose : le mérite. Si le bureau me juge apte à être vice-président, bien évidemment j’accepterai cela, avec plaisir, pour agir. Mais s’il ne me propose pas je ne serai pas forcement déçu, je continuerai à militer dans tous les cas. Je ne pense pas à ça matin midi et soir.
Tu ne penses pas à ça en te rasant?
(rires) Certainement pas ! Si on s’engage en politique, c’est aussi pour ne pas ressembler aux anciens !
Lucile Bourre (MJS)

Parle-moi de ton parcours, étais-tu engagée avant de rentrer à Sciences Po par exemple?
Oui j’étais engagée avant d’entrer à Sciences Po, je suis entrée au MJS en juin 2012, lorsque j’étais en seconde, donc assez tôt. (…) J’ai d’abord milité pour la campagne des législatives avant d’aller à l’université d’été. Puis j’ai coordonné mon équipe dans le 7ème et et le 15ème arrondissement, j’ai été coordinatrice d’équipe pendant trois mois et maintenant je suis au collectif fédéral à Paris.
Pourquoi avoir choisi le MJS?
Si je suis au MJS et pas au PS ou dans un autre parti , c’est que précisément pour moi, le mouvement, comme il n’a pas de visées électorales, a pour but de réfléchir et de proposer un projet de société et des idées alternatives. C’est plus ce format là qui me plaît justement, le fait de ne pas être une machine à gagner des élections que tu réactives quand tu es en campagne. Je préfère la perspective qui consiste à travailler son argumentation politique, à porter un projet sur le long terme.
Qu’est-ce que tu penses de la vie politique sciencepiste ?
Le problème de cette école, c’est qu’il faut la repolitiser. J’ai l’impression que lorsque je m’adresse à des sciences pistes, je tombe souvent sur des gens qui n’ont pas pris le temps de la réflexion politique.
Quelles sont selon toi les qualités à avoir pour militer et pour “faire de la politique”?
Je sais pas si c’est une qualité, mais je pense qu’il faut être un minimum idéaliste, surtout quand tu es jeune. Les vieux viendront toujours te dire “ce que tu veux faire c’est pas réaliste, ça n’arrivera jamais” et je pense que nous en tant que militants, en particulier en tant que jeunes, c’est une qualité pour nous de pouvoir penser en dehors du modèle des adultes, des politiques, de pouvoir leur proposer des choses alternatives auxquelles ils n’auraient pas forcement pensé par eux-mêmes.
Quels sont les trois mots que tu choisirais pour représenter ce en quoi tu crois?
Egalité, justice, avenir.
Pourquoi militer, pourquoi faire de la politique, surtout aussi tôt, et penses-tu continuer après Sciences Po?
J’ai commencé tôt parce que j’ai besoin d’exprimer mes convictions, j’ai besoin d’en parler, j’ai besoin de convaincre les gens. Quand j’ai commencé je ne pouvais pas aller voter, donc je suis dit que j’allais envoyer les autres voter à ma place.
Maintenant je continue parce que je pense que j’ai affiné mon raisonnement politique et je pense que la politique, une fois que tu y es entré, c’est très compliqué d’en sortir. Même si je ne veux pas forcément en faire ton métier, je pense que j’aurais énormément de mal à m’arrêter de militer simplement parce que c’est un peu comme tout : au début tu le fais en dehors de tes cours, en dehors de tes hobbys, quand t’as le temps. Ensuite ça devient ton hobby. Et après ça devient tes cours.
Christine Samandel (UDI)

Est-ce que tu étais déjà politiquement engagée avant d’entrer à Sciences Po ?
Le problème c’est qu’en Corse, l’UDI est inexistante, donc je me suis encartée en juin dernier seulement, même si auparavant je suivais ça avec beaucoup d’attention, j’allais aux meetings quand je venais à Paris. Mais c’était compliqué car pour moi l’engagement politique ne peut pas se baser que sur l’envoi de messages par internet, il faut vraiment avoir une expérience de militantisme. (…) Quoiqu’il en soit je savais qu’en venant à Paris l’année suivante, je m’investirai pour l’UDI.
Tu milites pour l’UDI mais aussi pour le MET, pourquoi avoir fait ce choix?
Déjà, je rappelle je rappelle que l’UNI-MET à Sciences Po était historiquement centriste puisque c’est Pierre Bornand qui a dirigé le syndicat il y a quelques années. Et puis je connaissais Léo Castellote, responsable de l’Uni Met Sciences Po, avec qui on ne se rejoint pas sur toutes nos idées politiques, loin de là, c’est pour ça qu’il est à l’UMP et moi à l’UDI. On est vraiment assez opposés sur de nombreuses questions. Mais je rejoins sa conception de la méritocratie et j’apprécie cette forme de militantisme syndical qu’on ne retrouve pas dans les partis, mais plus dans les organisations comme l’UNI-MET ou l’UNEF.
Bien entendu, je ne rejoins pas du tout le programme national de l’UNI, mais sur des questions étudiantes spécifiques à Sciences Po je pense que l’on peut additionner nos différences. La méritocratie et le programme que l’on a défendu sont des points qui me correspondent totalement.

Quel est ton rôle au sein de la section et quels sont tes projets?
Cette année j’ai géré le pôle conférence : lorsque les membres du COMEX avaient un invité, c’est moi qui m’occupait du choix des thèmes, de la logistique, des descriptifs, mais je travaillais aussi avec le pôle communication. Et puis au fur et à mesure de l’année la présidente Marine Denis m’a fait de plus en plus confiance, et m’a permis de travailler sur d’autres projets, (…) notamment un micro trottoir en novembre avec Antoine Gastinel, le trésorier de l’Udi Sciences Po. Je pense que c’est important de toucher un petit peu à tout.
Pour l’année prochaine, je suis candidate à la présidence de la section. Présider une section politique en deuxième année, c’est un challenge. Mais je ne manque pas d’expérience. Je ne serai pas présidente pour un poste, pour un titre, pour être déconnectée de la base militante. Si je suis présidente, je dirigerai la section de manière collégiale, en contact permanent avec les militants, en ayant en permanence à l’esprit la volonté de créer une dynamique de groupe et une synergie collective. Je veux que l’UDI Sciences Po devienne une vraie association de sciences-pistes mobilisés, soudés, avec un véritable esprit de groupe, avec une dynamique interne où chacun se sente libre de porter ses projets !
Quelles sont selon toi les qualités à avoir pour faire de la politique?
L’engagement à toute épreuve, le respect des autres et l’honnêteté . Ce n’est pas forcement ce que l’on observe en politique, mais l’honnêteté est fondamentale pour moi. Ensuite on voit qui est méritant, disons que pour une section par exemple, ce n’est pas ceux qui font des coups bas qui gagnent toujours. Il y a un bilan qui permet d’avoir une légitimité. Mais avant tout, pour s’engager il faut être passionné : que l’on soit en politique ou dans le milieu associatif, le plus important, c’est d’être passionné, de pouvoir aller au fond des choses. Si on a ça, on peut créer une dynamique et générer chez les autres le même élan.
Séraphin Elie (PS)

Etais-tu engagé avant d’entrer à Sciences Po?
Non je n’étais pas vraiment engagé avant d’entrer à Sciences Po : j’avais un peu milité lors des municipales pour une liste de rassemblement de la gauche PS-EELV-PCF sur laquelle mon père était présent. Mais je suis bien le premier de la famille à avoir franchi l’étape de l’adhésion à un parti lors de mon entrée à Sciences Po !
Quel est ton rôle au sein de la section Jean Zay ?
Au premier semestre, j’ai fait beaucoup de tenue de table en Péniche, puis un membre de la section a quitté le bureau pour aller militer dans une section d’arrondissement donc j’ai eu l’occasion de rentrer au bureau où je suis aujourd’hui responsable de la mobilisation.
J’ai notamment coordonné la campagne des départementales durant laquelle nous sommes allés militer dans le 93 pour soutenir une ancienne élève de Sciences Po, conseillère régionale et candidate au conseil départemental de Villetaneuse. Elle a été élue et est aujourd’hui vice-présidente du conseil départemental.
Quels sont tes projets pour l’année à venir ? Est-ce que tu souhaites ramener plus de monde aux évènements ?
Oui! Nous avons vraiment des difficultés à faire venir du monde, c’est une situation que l’on retrouve dans beaucoup de partis. L’UMP y arrive encore car ils arrivent à avoir des noms sur leurs évènements. Nous on a essayé de privilégier les débats de fond, sans forcément inviter des personnalités, afin de ne pas annihiler le débat avec les invités. Notre débat sur la formation professionnelle n’a pas forcément eu un grand succès mais il était passionnant.
C’est paradoxal d’avoir du mal à mobiliser alors que Sciences Po est une école de gauche !
Je pense que nous avons beaucoup de sympathisants et les scores de l’UNEF montrent que l’école est plutôt à gauche. Mais on a un peu de mal à déplacer les gens pour nos évènements. Sans doute parce qu’il y a beaucoup d’associations de gauche, ce qui complique les choses pour mobiliser.
Nos adhérents sont aussi très impliqués dans d’autres associations comme Terra Nova,l’Unef, Plug’n Play ou Open Diplomacy. Et puis le fait que nous soyons un parti gouvernemental jouent aussi en notre défaveur, mais cela tourne: j’imagine qu’il y a trois ans l’UMP avait davantage de mal à mobiliser qu’aujourd’hui !
Quelles sont les qualités importantes selon toi pour s’impliquer en politique ?
Pour être militant, il faut savoir travailler en équipe, remplir son rôle et savoir déléguer, on ne peut jamais tout faire. Il faut aussi être toujours sympathique et croire en ce que l’on fait. Il ne faut pas agir par pur opportunisme.
Quel candidat pour 2017 pour le PS ?
Pour le PS je pense que Martine Aubry serait une bonne candidate, elle parviendrait à rassembler le parti, c’est une figure nationale. Mais elle n’a pas su s’imposer en vue du Congrès donc cela me semble compliqué.
Pourquoi t’être engagé au PS ?
Même si j’ai des déceptions, je crois sincèrement aux valeurs du PS et à l’équilibre entre capitalisme libéral et régulation excessive. Mais je ne suis pas fermé aux autres partis : l’union de la gauche est indispensable. La journée des gauches était à ce titre tout à fait intéressante : on était pas d’accord sur tout, mais on peut se ressembler sur des convictions.
Quels sont les trois mots que tu choisirais pour décrire tes valeurs?
La politique, l’Europe, l’avenir.
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La conférence organisée hier soir par l’UDI Sciences Po en présence du président du parti, Jean-Christophe Lagarde, concordait avec les demi-finales du Prix Philippe Séguin de Sciences Polémiques et nous pourrions légitimement nous demander au cours duquel de ces deux évènements la beauté de la formule a réellement été mise au service de la sincérité du contenu.
Sans langue de bois, Jean-Christophe Lagarde a probablement surpris une partie de son auditoire par des propos sans concession, ignorant peut-être notre présence dans la salle.
Pour vous qui aviez choisi les sonorités musicales des discours des demi-finalistes du Prix Philippe Séguin ou vous qui deviez écouter le long monologue de vos maîtres de conférences, retour sur une conversation sans filtre avec le président de l’UDI.
« Un UMP, c’est un UDI en devenir » répond ironiquement Jean-Christophe Lagarde à la question d’un militant du parti de Nicolas Sarkozy portant sur les primaires des futurs « Républicains ». D’ailleurs, les oreilles de la rangée de membres de l’UMP Sciences Po ont dû bourdonner un peu plus encore lorsque l’invité centriste prétend d’une voix assurée que « François Hollande a une chance sur deux d’être reconduit dans les fonctions présidentielles » en concluant son intervention par l’avertissement « Méfiez-vous des Français ! »
En réalité, M. Lagarde préfère se garder de faire des pronostics sur les futures élections présidentielles de 2017 ou bien sur l’issue des primaires UMP. « L’UDI n’a pas vocation à être l’arbitre entre Juppé et Sarkozy. » Le président de l’UDI se montre donc plus prudent que François Bayrou, son voisin centriste du Mouvement démocrate qui a d’ores et déjà apporté son soutien à Alain Juppé. Jean-Christophe Lagarde a maintenu hier en effet que le maire de Bordeaux RPR n’est pas centriste, s’appuyant sur les positions de M. Juppé sur l’Europe ou le libéralisme économique.
Mais qu’en pensent les militants UDI ? Comment appréhendent-ils l’hypothèse d’une victoire de Juppé aux primaires UMP quand Jean-Christophe Lagarde met en doute la participation même du ténor de l’UMP à cette étape décisive pour la droite ? Christine Samandel, responsable du pôle conférences dans la section science piste de l’UDI, se détache de la position du président de son parti, jugeant que « la plupart des centristes se retrouvent beaucoup dans la personne de Juppé ». Marine Denis, présidente de la section, se montre plus indécise, n’excluant pas non plus l’hypothèse d’un éventuel « deal » entre Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Lagarde. En tous les cas, qu’il s’agisse de l’UDI ou du MoDem, le centre indépendant, ça ne semble pas aller de soi ..

Il l’affirme lui-même, le président de l’UDI est un self-made man. Maire de Drancy, député de Seine-Saint-Denis, fraîchement élu à la présidence de l’UDI, il a mis en avant les efforts et le travail qu’il a dû accumuler pour accéder à de telles fonctions.
N’étant passé ni par Sciences Po, ni par l’ENA, il possède d’ailleurs un regard assez dur sur ces formations ; il déplore le profond fossé entre la politique et l’administration et dénonce le carcan administratif et fiscal devenu si lourd selon lui qu’il en est « crétin et débile ». Christine Samandel voit d’ailleurs cette critique envers Sciences Po formulée au 27 rue Saint-Guillaume comme une caractéristique clé d’un homme politique qui ne cherche pas à plaire mais à convaincre. C’est d’ailleurs pour ce franc parler et cette trajectoire originale que l’UDI Sciences Po a tenu à l’inviter, « en espérant qu’il pourra faire ses preuves et convaincre du bien-fondé du projet centriste. »
Un centre enfin « sexy » ? Le terme reste sujet à débats mais pour Marine Denis, il existe clairement une différence en termes d’expériences entre un homme qui exerce sa fonction « les pieds dans la merde dans un département compliqué » face à un François Bayrou qui a été ministre de l’Education et qui mène une vie « tranquille » à Pau.
La fraîcheur, le dynamisme, le refus de la langue de bois, des positions qui détonnent à propos par exemple de la légalisation du cannabis, tout cela tend à éloigner de l’UDI l’image traditionnelle que les citoyens possèdent du centre, à savoir des partis bourgeois de notables se complaisant dans leurs convictions libérales.
La présidente de l’UDI Sciences Po défend la conception revigorante et originale de la politique de « JCL », loin de celle que développe la plupart des étudiants sciences pistes. « A l’UDI Sciences Po, on se bat davantage sur le terrain des idées que sur le terrain physique alors que Jean-Christophe Lagarde s’adresse particulièrement à une nouvelle génération de militants très dynamiques, notamment dans son département du 93» précise Marine Denis.
Un centre « sexy » ? Alors qu’Alain remplit Boutmy, Jean-Christophe peine à faire salle comble en Eugène d’Eichthal. C’est loin d’être une surprise pour Marine Denis : « on ne pouvait pas remplir Boutmy avec Jean-Christophe Lagarde. Même s’il commence à faire son petit bonhomme de chemin, il a commencé par être un élu local et ne jouit pas encore de la même renommée qu’Alain Juppé. » Les prestations des deux hommes politiques à Sciences Po se révèlent dès lors sensiblement différentes : Christine Samandel a jugé le discours du ténor de l’UMP comme « très consensuel, très préparé, formaté pour 2017. »
Cette intervention de Jean-Christophe Lagarde à Sciences Po a également permis de clarifier le programme de l’UDI, le premier axe demeurant le projet fédéraliste européen, victime de deux blocages actuellement selon lui. Tout d’abord, l’Union européenne est « gouvernée par des gens qui n’y croient pas » et, en second lieu, le contexte historique qui a favorisé la construction européenne, c’est-à-dire la confrontation avec l’Union soviétique, a disparu, ce qui la place dans une situation délicate de désarroi et d’incertitude. « L’Europe est au milieu du gué et l’eau est en train de monter » résume-t-il en ajoutant qu’il est dès lors urgent de changer de rive en précisant que le bord à choisir n’est pas celui voulu par Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, taclant au passage la gauche radicale grecque en train de « baisser son pantalon » face aux exigences de la Commission européenne.
La question européenne est d’ailleurs chère à Jean-Christophe Lagarde et le président de l’UDI défend corps et âmes les Etats-Unis d’Europe, quitte à prendre des positions iconoclastes. Il a ainsi réaffirmé son opposition au traité constitutionnel de 2005 et à l’élargissement de 2004, qui a intégré dans l’UE « une dizaine d’Angleterres qui refusent le fédéralisme« .
Un autre axe récurrent dans le discours de Jean-Christophe Lagarde correspond à une féroce envie de lutter contre le carcan administratif jacobin. L’initiative locale, la décentralisation et le fédéralisme européen, voilà la combinaison que souhaite M. Lagarde jugeant le système vertical comme un « système de gouvernance débile. »
Le regard du leader centriste demeure relativement sombre sur la société actuelle : des journalistes qui « travaillent peu », la promesse républicaine non tenue au regard d’une forte endogamie sociale – M. Lagarde salue d’ailleurs au passage l’ouverture de la procédure des CEP par Richard Descoings –, le potentiel pas assez exploité en France et surtout un esprit critique des citoyens français qui disparaît selon lui trois mois avant les élections.
Cela aurait ainsi permis à François Hollande de mener une campagne antisarkozyste faisant du Président sortant l’unique responsable de la crise et expliquerait le revirement de situation quelques mois après avoir gagné contre Nicolas Sarkozy, lorsque M. Hollande déclare avoir mésestimé l’importance de la crise en France. « Hollande tu te fous de notre gueule » lui rétorque crûment M. Lagarde. Dans ces jours de printemps naissant, voilà le Président habillé pour l’hiver.
Cette conférence, si elle n’a pas rassemblé les foules sciences pistes, aura en tous les cas su surprendre par un franc-parler politique rafraîchissant. Est-ce le début d’un centre dynamique à défaut d’être totalement indépendant de l’UMP ? Malheureusement, La Péniche est un journal comme les autres, et à en croire M.Lagarde, nous ne travaillons probablement pas assez pour pouvoir vous en assurer.
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