Faisons un peu d’histoire. En 2019, la campagne a été un peu en deçà des attentes des sciencespistes. Une seule liste s’est présentée : West Side Sciences Po. Elle était accompagnée d’une liste « prank » qui ne souhaitait pas lui faire concurrence, et la liste « sérieuse » a donc gagné d’office. Bien qu’elle ait fait beaucoup d’efforts pour convaincre les étudiants et acquérir sa légitimité, il n’en reste pas moins que l’absence de rivalité ne pouvait que diminuer l’intensité de la campagne.

Cette année, les choses changent. Ce n’est pas une, ni deux, mais trois listes qui s’affronteront lors de la première phase de la campagne, qui se déroulera du 26 au 29 janvier 2020. Cette première phase est inédite. Les réseaux sociaux seront le théâtre de l’affrontement de trois listes rivalisant d’ingéniosité afin de séduire les étudiants. Les listes pourront présenter leur programme et tenter de tirer leur épingle du jeu. A la fin de cette période, un scrutin en ligne sera organisé, avec là encore une nouveauté : chaque étudiant disposera de quatre voix qu’il pourra distribuer comme bon lui semble. Si vous êtes convaincu qu’une liste en particulier est la bonne, vous pourrez lui consacrer vos quatre voix ; si vous doutez, au contraire, alors vous pourrez opter pour une répartition de vos voix. Selon Jeanne-Louise Roellinger, « Le système de scrutin a ainsi été repensé afin d’être plus juste ».
A l’issue de ce premier tour, les deux listes ayant recueilli le plus de voix seront retenues pour le second round. Il aura lieu quelques mois plus tard ; cela souligne la division en deux parties de la campagne. Et pour cause : alors que le premier tour est une campagne numérique, le second correspond lui à la traditionnelle campagne « physique », et aura lieu du 19 au 22 avril 2020. (une rumeur court annonçant que la liste qui fournirait la plus grande quantité de nourriture gagnerait un avantage décisif sur son adversaire). Le déroulement de cette élection est donc inédit, avec la mise en place de deux scrutins, s’apparentant à un vrai parcours du combattant.
Une autre nouveauté apparaît cette année, et pas des moindres : comparée par sa présidente au Conseil Constitutionnel (on souhaite bonne chance aux 1A qui doivent rattraper leurs oraux d’IP samedi 25 janvier), la Commission électorale joue un rôle central. Techniquement, bien que branche du BDE, elle est dotée de ses propres statuts. Elle est composée de neuf membres : trois sont des membres du BDE, six sont des étudiants volontaires ayant été tirés au sort, paritairement. S’appuyant sur une promesse du BDE élu en 2019 de rendre la campagne plus juste et transparente, elle a vocation à contrôler de long en large l’élection, et dispose de nombreuses prérogatives. A commencer par le suivi du recrutement : auparavant il y avait une très faible transparence concernant le recrutement des membres. Cette année, la Commission leur a proposé le nom des personnes s’étant inscrites lors du recrutement public lancé au milieu du premier semestre. « Notre première action de contrôle a été le lancement du recrutement public : on a suivi les listes dans leur processus de recrutement des candidatures spontanées. », confirme Jeanne-Louise Roellinger.
La Commission aura une influence directe sur le vote par son action de contrôle : en effet, elle a soumis des épreuves de budget à chaque liste, et procède en ce moment aux évaluations de ces épreuves. La tâche consistait à établir un budget fictif prévisionnel pour le WEI. La Commission se charge de juger la faisabilité des projets, leur cohérence, etc. Elle rendra un avis par liste, accompagné de la présentation de son projet. Le but est double : premièrement que les étudiants puissent se constituer un avis concernant la compétence de chaque liste, deuxièmement qu’ils choisissent le WEI auquel ils voudraient participer.
Enfin, le respect du règlement est assuré par la Commission électorale qui encadre les listes dans cette optique. Et ce notamment pour la campagne numérique, nouveauté nécessitant l’établissement d’un règlement et la clarification de certaines situations.
Si Jeanne-Louise Roellinger est consciente de la difficulté pour les listes d’entrer dans les clous imposés par la Commission, elle considère que derrière ce contrôle se trouvent « une réelle démarche, et une réelle volonté que la campagne soit plus morale. ».
Une question se pose, quant aux possibles conflits d’intérêts apportés par ce contrôle : si les membres sont en majorité proches d’une liste en particulier, cela peut poser problème. Pas d’inquiétude pour la Présidente : « Nous avons tous signé un papier attestant de notre probité et du fait que, même si nous avions des connaissances au sein des listes en lice, nous devions conserver notre droit de réserve sur tout ce qui concerne la campagne. »
Pour tout ce que cet article évoque, la campagne promet d’être passionnante, les rivalités exacerbées. La campagne numérique commence dès dimanche : bonne chance aux listes, et que les deux meilleures passent !
Note de la rédaction (27/01/2020) : à la suite du désistement d’une liste, l’article a été adapté pour correspondre au nouveau nombre de listes.
]]>De son côté, la liste super-héroïque Sciences Power, menée par Thibaut Chaix, est arrivée seconde avec 49,37% des suffrages exprimées. Les résultats vous sont présentés ci-joint, sous la forme d’une infographie simple et basique réalisée par La Péniche !

La semaine dernière, à l’occasion de la semaine de campagne, La Péniche était allée à la rencontre de deux membres de cette liste de mélomanes. Guillaume Castan et Elsie Frémont avaient accepté de répondre à nos questions : qu’ils en soient ici remerciés !
( ndlr : et, surtout, un gros big up à Gabrielle Hurtubise-Radet, notre rédactrice en chef de l’an passé. En tant que secrétaire générale de la liste Sciences Power, elle est au BDE dans notre coeur. )
La Péniche : Si on devait vous élire sur un seul point de votre programme, lequel serait-ce ?
Good Morning Sciences Po : Notre capacité à obtenir des partenariats de qualité, à construire un pont entre les élèves et l’extérieur, entre les petites associations et de plus grandes structures, à créer de l’unité.
D’où vient votre nom de liste ?
Tout part du film « Good Morning England », qui raconte l’histoire d’un groupe de jeunes qui lancent une radio clandestine à bord d’un bateau, à une époque où l’Angleterre a le monopole des ondes… On veut partager avec Sciences Po notre amour de la musique et du cinéma, on est en quelque sorte le bateau pirate qui débarque et emporte tout le monde par sa bonne humeur !
Une liste c’est aussi un Président, le vôtre ( Gabriel Calvet, ndlr ), il est comment ?
Hyperactif, organisé, à l’écoute, extrêmement cultivé, très organisé !
Good Morning Sciences Po, vraiment ? A quand la suppression des cours à 8 heures ?
Ce n’est pas à nous de changer cela, ce serait plutôt le rôle des syndicats et on tient à ne pas marcher sur leurs plates-bandes… même si c’est un projet que chaque élève a envie de soutenir à titre personnel !
Quel est le grand super-vilain auquel votre liste s’attaquera si elle est élue ?
Un membre de Sciences Power.
Quel est le meilleur moment de la journée pour voir son BDE ?
Le morning évidemment, à huit heures du matin avec un bon café servi par votre liste préférée !
Quel est le super-pouvoir de votre liste ?
Celui de mettre chacun sur la même longueur d’onde.
On ne peut plus livrer directement la nourriture dans les classes cette année… Les campagnes, c’était pas mieux avant ?
On n’est pas fan de nostalgie ici, c’est comme ça. On respecte les contraintes, on aime les défis, et cela n’empêchera pas les élèves de profiter de la campagne !
En parlant de nourriture, la corruption dans la démocratie sciencepiste, on en parle ?
C’est un mot beaucoup trop fort ! Non, nous faisons plaisir aux gens, nous leur apportons un peu de bonne humeur et de belles surprises pour changer des sandwichs du CROUS !
Plutôt Sciences Po TV ou La Péniche ?
La liste est amédia, même si cela n’empêche pas qu’on s’intéresse aux deux !
Une année sous votre direction, ce serait comment ?
Ce serait une aventure, avec énormément de projets insoupçonnés… Une année pleine de surprises et de découvertes !
Alors, la parité dans les listes ?
C’est essentiel ! La parité est respectée dans la liste et c’est une très bonne chose.
Vous préférez à trois ou à deux ?
A trois, forcément.
Une interview réalisée par Chloé Apatout et Capucine Delattre
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25 000 euros, c’est le montant des dépenses que devrait engendrer, cette année, le processus de renouvellement des membres du BDE.
Alors que la campagne qui coûte l’équivalent de 7576 sandwichs saumon-avocat à la cafétéria vient tout juste de commencer, beaucoup de questions se posent quant au budget et à l’efficacité de cette technique d’élection des futurs organisateurs de nos jeudis soirs. L’absence totale d’informations de l’administration y contribue largement. Pour faire partie d’une liste, mieux vaut en effet être bien intégré et informé… « Ce sont des campagnes très coûteuses, est-ce bien raisonnable ? Et par souci d’efficacité, ce mode d’élection n’est pas forcément le plus viable. Il n’y a pas de continuité avec les précédents membres » souligne ainsi Pierre-Louis Lagnau, actuel Président du Bureau des Elèves.
Mais rassurez vous, nul besoin de dépenser trois fois vos frais de scolarité pour intégrer une asso permanente, car il y en a aussi quatre autres qui doivent trouver dès maintenant ceux qui animeront demain une partie de la vie étudiante à Sciences Po. La Péniche a ainsi cherché à savoir comment ce processus de renouvellement se passe chez ceux qui font moins de bruit, mais plus d’économies.
Sciences Po Environnement : could you be pleased ?
Universalité, amour, paix, épanouissement, je ne vous parle pas des bienfaits de votre dernier joint (bio évidemment) mais des principes de renouvellement des membres de l’ASPE. A la recherche d’étudiants charismatiques, créatifs et surtout profondément engagés, le mode d’élection des prochains protecteurs de la planète est, selon Caroline Jeanmaire, présidente actuelle de l’association, à l’image de cette dernière : ouvert, simple et démocratique.
Les membres du bureau 2015/2016 (Président (4A), Vice-Président, Trésorier et Secrétaire Général) seront élus lors de l’Assemblée Générale du 21 Mai. Tous les élèves peuvent se présenter à ces postes, et tous les sympathisants de la cause environnementale auront la possibilité de voter lors de cette AG ou en ligne ce même jour. 40 personnes ont, l’an dernier, prit part au scrutin – de quoi faire des économies de papier. La campagne laisse une nouvelle fois carte blanche aux candidats : une profession de foi, un support visuel et une présentation lors de l’AG du 21 Mai doivent suffire à convaincre les électeurs.

Les équipes des différents pôles internes (comité campus vert, pôle nature et nourriture, pôle communication et pôle diplomatie internationale) seront constituées dès septembre. « Tout le monde a ses chances d’être dans des pôles. Tout le monde peut être responsable d’un projet » précise Caroline Jeanmaire.
Fidèle de Green Peace, des jardins populaires, et de la Nature, n’attends plus pour t’engager dans ce qui t’apporterait selon la présidente de l’association un « épanouissement complémentaire aux cours de Sciences Po ». Car « dans les cours, tu apprends des sujets académiques, alors qu’à Sciences Po Environnement, tu apprends la vie ». Quand je vous disais qu’on se croirait sur les pelouses de Woodstock…
Junior Consulting : passez l’entretien.

Quelle autre méthode que l’entretien pouvait être utilisée par le « cabinet de conseil des étudiants de Sciences Po » ? Tout se déroule lors de campagnes de recrutement comme nous l’explique Maëlle Charreau, présidente de l’association qui « réalise tous les ans de nombreuses missions pour les entreprises privées ou les institutions publiques ».
Le renouvellement de JCSP est assuré une à deux fois par an. La prochaine étape est fin mai : 10 personnes ayant passé la redoutable épreuve de l’entretien seront retenues pour assurer le suivi de l’activité durant l’été. Parmi eux, les membres actuels du bureau choisiront les 5 étudiants qui leur succéderont et qui organiseront « une nouvelle campagne de recrutement en septembre pour porter les effectifs à 25 permanents ».
Sérieux, rigoureux, organisé, et professionnalisant, ce processus de recrutement est bel et bien à l’image d’une “petite entreprise”.
Le Bureau des Arts : snobs vous avez dit ?
« On le dit clair et haut, on va faire une passation ». Arthur Gayet, président du Bureau des Arts, assume le procès de la cooptation : « c’est plus simple que d’organiser des fausses élections [où il n’y a toujours qu’une seule liste] qui n’ont aucune valeur statutairement et dans lesquelles il n’y a que 17 personnes qui votent«
Car en effet, jusqu’alors et depuis la naissance de l’association en 2001, tous les adhérents pouvaient voter à cette élection du Conseil d’Administration. Celui-ci est composé du bureau (un président, deux vice-présidents, un trésorier, et un secrétaire général), des responsables de pôles (club littérature, club photo, pôle Arts plastiques, pôle musique actuelle et ciné’ club), des 4 responsables de projets (semaine des arts, rideau rouge, journée des dédicaces et semaine du cinéma) et des responsables de la comédie musicale, de la chorale Soul et du Chœur & orchestre de SciencesPo. C’est donc une équipe très complète qui sera intronisée le 1er août prochain pour nous offrir en 2015/2016 une vie culturelle la plus diversifiée possible.
Dans ce sens, c’est une liste comprenant 25 membres qui devra être présentée et validée par le conseil d’administration actuel lors de la session de Mai 2015. Ainsi, le processus de renouvellement des membres est en réalité celui de construction de cette liste. Et là encore, c’est sérieux. Le/la président(e) doit être en 4ème année et est l’ancien(ne) Secrétaire Général (forcément en 2ème année). C’est ensuite une campagne de recrutement qui s’ouvre : lettre de motivation, entretiens, discussions, il faut dénicher le plus motivé.
Une procédure très rigoureuse qui fait partie des choix d’Arthur Gayet pour cette année afin de combattre, encore et toujours, « cette image de snob dont pâti le BDA depuis très longtemps ». Ainsi, pas de suspense, avant même que la procédure soit mise en place, on peut déjà vous l’annoncer : la présidente du BDA dès Août 2016, ce sera Mona Oiry.
L’Association Sportive : « on ne va pas leur demander d’amener un CV ! »
A l’AS, c’est « bon esprit », « cool », « posé » : c’est comme cela que Quiterie Landèche, présidente de l’association, définit le processus de renouvellement de ses membres.
Tout se déroule en 2 étapes : le recrutement du bureau et le recrutement « des 2A ». Ici tout est plutôt simplifié. Pour le bureau, il n’y a généralement qu’une liste, montée en 3A par ceux qui étaient à l’AS en 2A et qui sera présentée aux 2100 adhérents de l’association en Assemblée Générale pour qu’elle soit élue à la majorité. Composé d’un président, un Vice-Président, deux trésoriers, un secrétaire général, et des responsables communication, sport, vie étudiante et événements sportifs, le bureau sera rejoint en septembre par une équipe de 15 à 17 2A recrutée dès maintenant.
C’est la seconde étape de ce processus. Tous les 1A intéressés – sportifs ou simplement intéressés par le sport – pour intégrer l’organisation de l’AS doivent envoyer un mail à l’association. S’en suivra une rencontre (et non pas un entretien comme tient à la préciser Quiterie Landèche) face à des membres du bureau actuel. Et en pratique, les dire de la présidente semblent se confirmer : Alexandre, élève de 2A, a passé ce test de recrutement l’an dernier et il l’affirme que « ça se marrait mais ils étaient concentrés et menaient bien l’entretien ». Face à trois membres du bureau dont la présidente alors en poste, il n’a cependant pas su convaincre : « je n’ai surement pas assez participé à leurs événèments : je ne suis pas allé au ski par exemple ».
De par le nombre important de demandes, une sélection est en effet effectuée en fonction de la personnalité et de la motivation de chacun. Car « le but est que tout le monde n’ait pas le même profil » insiste la présidente. Mais s’engager dans l’Association Sportive, reste la meilleure façon de « vivre de très bon moments et de travailler dans une très bonne ambiance toute l’année ». Alors jeunes 1A, à vos boîtes mails. En espérant que vous êtes allé au ski.
L’AS fait donc un petit mélange de toutes les procédures vues auparavant : l’élection d’une liste qui est cependant unique et accompagnée de « rencontres ».
Au final, les 5 associations permanentes de Sciences Po ont chacun des processus de renouvellement de leurs membres différents mais qui correspondent parfaitement à leur image respective. Laquelle est la meilleure ? La plus efficace ? La plus juste ? Vous avez désormais toutes les clés en main pour en juger.
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Dans la même catégorie : La campagne BDE va coûter 25 000€. Concrètement, ça représente quoi ? Comme nous vous l’expliquions hier, le montant des dépenses que devrait engendrer, cette année, le processus de renouvellement des membres du BDE est de 25 000€. « Ce sont des campagnes très coûteuses, est-ce bien raisonnable ? Et par souci d’efficacité, ce mode d’élection n’est pas forcément le plus viable. Il n’y a pas de continuité avec les précédents membres » soulignait ainsi Pierre-Louis Lagnau, actuel Président du BDE.. Lire la suite.
La Péniche donne la parole aux syndicats étudiants, aux sections des partis politiques et aux étudiants souhaitant publier un texte ou une tribune. Nos colonnes leur sont ouvertes pour publier tribunes et droits de réponse dans notre rubrique « Tribunes« . La position des auteurs de ces tribunes n’engage pas la rédaction de La Péniche. Aujourd’hui,un collectif d’étudiants et des responsables associatifs signe une tribune pour réclamer plus de transparence dans la gestion financière du BDE et des associations de l’école.
Tous les ans, la campagne pour l’élection du Bureau des Elèves déchaîne les passions, transcende les masses, transforme d’aimables petits sciences-pistes en une horde de loups prêts à tout pour profiter de ces quatre jours de fête et de joyeux clientélisme. Tous les ans, nous nous retrouvons en Péniche pour des petits déjeuners gratuits, des photomatons, des goodies à gogo… Un temps fort de la vie associative.
Mais, dans l’entremêlement des cris de joie des vainqueurs et des sanglots des déçus, un vague relent subsiste parfois après l’atmosphère enfiévrée de la campagne… comme un germe… un doute dans nos esprits… une remarque en passant, une petite phrase de rien, qui enfle et gronde… La rumeur.
Oui, chaque année les accusations entre les listes sont nombreuses, surtout depuis qu’un plafond de dépenses a été fixé par l’administration. On s’accuse mutuellement d’avoir triché, d’avoir été opaque sur la trésorerie, d’occulter des financements dignes de Bygmalion. Une coutume qui résiste encore et toujours à l’envahisseur de la transparence.
À y regarder de plus près, on voit bien que ce souci ne se limite pas à la campagne BDE. Dans les associations, chaque année, des affaires sont étouffées ou traitées avec légèreté dès lors qu’il s’agit de gestion financière. Nous aurions aimé citer dans cette tribune les affaires que nous avons entendues, au détour d’un couloir, la conversation près de la machine à café avec “des gens bien informés”… mais nous ne dirons rien Nous ne dirons rien car notre but n’est pas d’accuser qui que ce soit. Comme toujours dans ce domaine, la diffamation n’est jamais bien loin, en témoignent les nombreux refus de commentaires et l’absence de preuves tangibles pour nourrir cette tribune.
Car même s’il ne s’agit que de rumeurs, peut-on réellement se permettre d’avoir le moindre doute quant à la régularité des trésoreries des associations dont le financement (bien qu’en baisse ces dernières années) dépend, en partie tout du moins, de Sciences Po ? Financement de Sciences Po permis, entre autres, par nos frais de scolarité et par l’argent public ; alors même que nous sommes, chaque jour, exposés à ces enjeux de transparence et d’honnêteté intellectuelle ? Sciences Po et ses étudiants n’ont-ils pas un droit de regard sur la gestion de la vie associative ?
Loin de nous l’idée de créer un tribunal populaire pour lyncher tout dirigeant associatif qui dérogerait à la sacro-sainte règle de la transparence.
Nous voulons simplement réaffirmer la devise des compagnons du Devoir : “servir sans s’asservir ni se servir”, principe qui a notamment été repris par Annie Podeur, présidente du jury de l’ENA dans son discours de bienvenue (session 2012). À l’heure de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, peut-on encore, à Sciences Po, faire l’économie de ces vérifications élémentaires ?
Faisons nôtres les principes de déontologie, d’éthique, d’honnêteté intellectuelle ; qu’ils ne soient non plus synonymes de contraintes, mais une source de fierté. À ce titre, nous tenons à saluer la démarche de l’administration et des syndicats étudiants, qui ont déjà fourni des efforts en permettant, depuis la rentrée 2014, aux responsables associatifs de suivre une formation en gestion.
Cependant, force est de constater, face aux rumeurs qui déjà bruissent dans les couloirs, que ces mesures ne vont pas assez loin.
Nous encourageons donc les listes BDE en lice pour cette année à initier le mouvement pour une campagne “propre” afin de mettre la transparence au goût du jour à Sciences Po. Nous leur proposons de s’engager à :
Nous espérons très sincèrement que cette remise en question sera engagée à Sciences Po par tous les acteurs de la vie associative, et que la commission mixte paritaire voudra bien reconsidérer le plafond des dépenses de la campagne BDE à la baisse. Nous comptons sur les listes BDE pour lancer ce mouvement et jouer pleinement le jeu de la transparence durant cette campagne.
Signataires (par ordre alphabétique) :
Perrine Gernez, autrice
David Abdelkader-Corrihons, campus de Paris
Lina Alaeddine, secrétaire générale du BDE SciencesPo
Stan Barthélémi, trésorier de l’UMP Sciences Po
Manon Bellon, campus de Paris
Victor Ben-Ayed Delgrange, campus de Paris
Camilla Benghezal, campus de Paris
Guillaume Casel, co-respo chroniqué ciné La Péniche
Anouch Carracilly-Phillips, campus du Havre
Manon Chonavel, secrétaire de section du PS Sciences Po
Joséphine de Leusse, responsable communication numérique de La Péniche, ex-membre de liste BDE
Paul-Émile Delcourt, ancien rédacteur en chef de La Péniche, CrossWorlds
Marine Denis, présidente de l’UDI Sciences Po
Mathilde Duclos, présidente du « BDE » des PSIA, trésorière de Scoubidoo
Ariane Forgues, responsable communication de l’UDI Sciences Po
Alex Gadré, Écolos Sciences Po
Marion Germa, présidente et fondatrice d’Aide & Conseils Sciences Po
Laura Green, campus de Poitiers
Paola Grondin Duboscq, 2è Prix du Prix Philippe Séguin 2015, ex-membre de liste BDE
Ewen Huet, MJS Sciences Po
Caroline Jeanmaire, présidente de Sciences Po Environnement
Alexandre Larroque, ex-rédacteur en chef du Mag de La Péniche
Marie Legrand, Sciences Polémiques
Charles-Hugo Lerebour, co-fondateur de France Po
Quentin Navaro-Auburtin, SPIV
Mona Oiry, ancienne secrétaire générale du BDA
Marie-Camille Olivier, présidente de Scoubidoo
Thomas Papin, responsable musique de La Péniche, pôle communication de SoundSystems Sciences Po
Caroline Robert-Alligier, campus de Dijon
Davy Rodriguez de Oliveira, co-fondateur de CRE
Juliette Savie, ex-présidente de liste BDE
Pierre Schlegel, trésorier de l’UNICEF Sciences Po, Centre Saint-Guillaume
Sacha Straub-Kahn, responsable vie étudiante « Sciences Po TV », ex-membre de liste BDE
Camille Tchounikine, MJS Sciences Po
Nicolas Thervet, SPIV
Luca Vergallo, campus de Paris
Loïc Wable, ancien président de SciencesPoker
Dans la même catégorie : « Et à part le BDE, on fait comment pour entrer dans une asso permanente ? » 25 000 euros, c’est le montant des dépenses que devrait engendrer, cette année, le processus de renouvellement des membres du BDE. Alors que la campagne qui coûte l’équivalent de 7576 sandwichs saumon-avocat à la cafétéria vient tout juste de commencer (…) Lire la suite.
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Dans la même catégorie : La campagne BDE va coûter 25 000€. Concrètement, ça représente quoi ? Comme nous vous l’expliquions hier, le montant des dépenses que devrait engendrer, cette année, le processus de renouvellement des membres du BDE est de 25 000€. « Ce sont des campagnes très coûteuses, est-ce bien raisonnable ? Et par souci d’efficacité, ce mode d’élection n’est pas forcément le plus viable. Il n’y a pas de continuité avec les précédents membres » soulignait ainsi Pierre-Louis Lagnau, actuel Président du BDE.. Lire la suite.
Nous vous souhaitons un agréable voyage:
]]>Puisque cette campagne touche à sa fin, laissons notre cinquième sens adoucir les moeurs. Place à la musique, avec deux playlists à thèmes, pleines de chansons et de jeux de mots finement choisis – les rédacteurs de la section musique du Mag’ s’en sont donné à coeur joie, en toute impartialité comme il se doit.
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