Bureau des Arts – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 20 Apr 2021 07:28:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Bureau des Arts – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 L’art à distance : retour sur la Semaine des Arts https://www.lapeniche.net/lart-a-distance-retour-sur-la-semaine-des-arts/ Tue, 20 Apr 2021 07:28:04 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=53261 Si tous les lieux culturels sont actuellement fermés, au grand dam d’un secteur en pleine désillusion, le Bureau des Arts de Sciences Po ne faiblit pas et s’efforce de diffuser l’art à distance. Cette vingt-huitième édition de la Semaine des Arts (SDA) en est la preuve : du 12 au 17 avril 2021 se sont succédées sur le campus parisien des installations, expositions et conférences répondant au thème « Turbulences ».

Faisant écho à celui du BDA, « En mouvement », mais également à la période que l’on traverse, ce thème est vu comme une lueur d’espoir et une ode à la créativité. « La turbulence, on a tendance à la voir vraiment négativement. La turbulence dans nos vies, ou encore dans les airs quand on prend l’avion… Mais, malgré tout, de la turbulence naissent des mouvements, qu’on a essayé de recréer de façon moins caricaturale », explique Elsa Polycarpe, coresponsable de la SDA, aux côtés de Emma Saclier. « On voulait montrer que des turbulences naissaient d’autres choses qui pouvaient être positives : c’est de l’espoir, mais c’est aussi pour montrer que tout est fracassé et qu’on arrive malgré tout à en faire quelque chose. »

Une entrée fracassante

Cette virtualisation du quotidien qui s’est faite au forceps chez l’ensemble des étudiants a également affecté la SDA et, pour la deuxième année consécutive, elle s’est vue obligée de se réinventer malgré elle. Allégement du programme, art distancié, conférences en visio… En somme, un effet conséquent de la COVID-19 sur le déroulement de cette semaine. Emma explique : « Normalement, une SDA a plusieurs événements dans la journée, là on a décidé de ne pas surcharger les étudiants donc on a choisi une seule conférence, qu’on voulait vraiment intéressante. » Malgré ces contraintes, les deux responsables se sont acharnées pour adapter la semaine au contexte difficile, le tout en offrant aux étudiants une échappatoire artistique. Cette unique conférence qu’Emma mentionne, au sujet de la diversité dans la danse classique, a merveilleusement bien ouvert la SDA. Elle réunissait Pap Ndiaye, rédacteur d’un rapport qui revient sur les écueils discriminatoires à l’Opéra de Paris, et Marie-Astrid Mence, danseuse professionnelle au sein de la compagnie londonienne Ballet Black. « Une intervention un peu plus théorique et institutionnelle de la part de Pap Ndiaye pouvait être vraiment intéressante. Mais on ne voulait pas qu’une seule parole, alors on a choisi d’y associer celle de la danseuse Marie-Astrid Mence, et l’échange a très bien fonctionné », explique Emma.

Plus que turbulent, ce fut le moment pour la table ronde d’interroger non seulement les spectacles hérités d’un répertoire établi au dix-neuvième siècle, qui véhiculent racisme et sexisme, mais aussi une norme chromatique qui se retranscrit dans le processus de sélection, menant à un manque de diversité et une auto-censure du fait de la sous-représentation. Mettant en lumière le problème racial, les pressions et les injustices au sein de la danse classique française, les intervenants ont notamment appelé à « faire quelque chose pour que l’opéra ait du sens pour la société d’aujourd’hui », et ce dans une maison où la tradition est souvent érigée comme une norme figée. Le zoom, qui a réuni plus de soixante participants lundi soir, a ainsi permis de revenir sur la démarche de changement suscitée par le manifeste « De la question raciale à l’Opéra de Paris ». Rédigé par cinq danseurs et signé par près de cinq cent personnes, il alertait sur la discrimination raciale au sein de l’institution. Après cette demande d’une politique anti-discriminations interne efficace, une mission sur la diversité a été constituée, confiée à Constance Rivière et Pap Ndiaye, et a abouti à la rédaction d’un rapport sollicitant de nécessaires réformes. Le premier signe d’une transformation possible de l’Opéra fut notamment la prohibition des pratiques de grimage racialisé (black face ou yellow face). Pour Elsa, les questions relatives au manque de diversité dans les milieux culturels, sont « un thème qui nous touche de près ou de loin, surtout avec ce qu’il se passe à Sciences Po. » Elle ajoute : « Il y avait ce rapport au corps et à l’art qui nous a semblé pertinent. Mais surtout, le fait d’avoir des chaussons ou des collants noirs, par exemple, ça change tout pour une danseuse. Pourtant, cette problématique a encore trop peu de visibilité. »

Des couloirs ranimés

Une conférence, mais pas que : la SDA est, rappelons-le, un événement catalyseur polymorphe qui réunit ce que l’ensemble des pôles du BDA proposent — de l’art de la scène à la sculpture, en passant par les arts visuels et la littérature. Les rubans qui pendent au plafond de la péniche, lieu de passage phare du 27, ne vous ont sûrement pas échappé. Le grand hall d’entrée semblait amorphe, anesthésié par les confinements, et voilà qu’il reprend vie, haut en couleur et en poésie. Face à son banc en bois, projeté sur ses murs, on lit les mots « Huileuse, la Seine ne scintille plus. » Mais la péniche, si.

La péniche, hall du 27 rue Saint-Guillaume

Un autre lieu de passage a été investi par la création et l’inspiration : dans le hall du 28 rue des Saints-Pères, une exposition photo, intitulée « La vie est le chemin » s’est immiscée. Présentée sous la forme de cinq puzzles de photographies, elle met en avant des lignes sinueuses, distordues par l’eau ou le soleil. Ces irrégularités inespérées sont le symbole de turbulences qui font en réalité partie intégrante de nos vies, et qui nous modèlent. Du fracassé jaillissent des mouvements rapides, inattendus et indisciplinés, mais aussi le beau. Et pas seulement au sein des couloirs de Sciences Po, mais aussi en dehors : dans cet esprit, dix danseuses d’Art’Core ont tourbillonné dans le parc Montsouris dans des mouvements parfois coordonnés, parfois imprévisibles, mais toujours gracieux (pour voir la performance d’Art’Core, c’est ici).

Photos de l’exposition « La vie est le chemin »

La SDA a ainsi exposé une diversité d’expériences turbulentes, agitations désordonnées et déstabilisantes, qui se caractérisent par un seul mot : l’éclectisme. « C’était faire le plus possible en un temps très limité. On a vraiment voulu faire une sélection très large qui pouvait parler au plus grand nombre et diversifier les champs culturels », d’après Elsa. Emma ajoute : « Pour nous, c’était important d’avoir des œuvres visibles par le plus de monde possible, c’est pourquoi on a choisi de tout rendre accessible à distance, même ce qui est en présentiel. » Pas de panique pour ceux qui ont donc quitté la capitale : toutes les turbulences de la semaine dernière sont en ligne sur Facebook, ou mises en avant dans le troisième numéro du magazine photo Blinke.

Finalement, pour les deux responsables de la SDA, il s’agit surtout d’une exaltation artistique. Selon les mots d’Elsa, « l’art est un domaine magnifique dans le sens où toutes les contraintes qu’on peut nous imposer — fermeture des lieux culturels, interdiction de se rassembler — ne nous empêchent pas de faire parvenir l’art aux gens, parce que son message se diffuse par les émotions et l’ensemble des sens. C’est absolument nécessaire de faire vivre l’art dans cette période, c’est ce qui est salvateur. » L’art, ou la sublime bouffée d’air frais alors que le monde suffoque.

Crédit images : Bureau des Arts de Sciences Po

Image de couverture : Plafond de la péniche

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Journée des Auteurs 2018 : « A travers le prisme », un joli ca-prisme littéraire https://www.lapeniche.net/journee-des-auteurs-2018-a-travers-le-prisme/ Thu, 15 Nov 2018 10:00:39 +0000 http://lapeniche.net/?p=38974 Mi-novembre à Paris. La saison de la rentrée littéraire n’est pas encore tout à fait achevée, et les libraires commencent à peine à mettre en avant les tout nouveaux lauréats des divers prix de l’automne. Non loin du Café de Flore où l’on remet le prix littéraire du même nom, toute une équipe de littéraires sciencepistes s’affaire à mettre en œuvre le salon littéraire de Sciences Po, la Journée des Auteurs (ou JDA pour les intimes).L’événement, loin d’être de prime jeunesse puisque sa première édition remonte à 1947, rassemble ainsi de nombreux auteurs et autrices de littérature française, qu’elle soit généraliste, poétique, jeunesse, spécialisée ou encore non-fictionnelle. Depuis l’an dernier, le salon a lieu au rez-de-chaussée de la mairie du VIIème arrondissement, et accueille le temps d’un après-midi une vingtaine d’écrivain.es pour des séances de dédicaces, les traditionnels échanges qui vont avec, ainsi qu’une série de conférences sur le format « 3 questions à… ».

« C’est l’un des événements les plus emblématiques de Sciences Po », explique Noémie Guez, étudiante en 4A, co-organisatrice de la JDA cette année avec Emile Drousie. Le salon est en effet géré de A à Z par des membres du BDA, avec le financement de Sciences Po. Il nécessite tout un travail en amont, notamment en ce qui concerne les invitations auprès des auteurs et autrices, ou encore des formalités auprès de la mairie. L’inventivité est de mise : « on passe aussi bien par des contacts avec les maisons d’édition que nous connaissons déjà grâce à d’anciennes éditions de la JDA que par les réseaux sociaux ou encore nos contacts personnels », décrit Noémie.

Pourquoi donc aller consacrer quelques heures de son samedi après-midi à aller échanger quelques mots avec tous ces gens de lettres ? Pour notre co-organisatrice, « il y a une atmosphère particulière, une vibration propre à la rencontre avec les auteurs. Ce sont des rencontres très chargées, toujours touchantes, parce qu’un écrivain reste quelqu’un qui ouvre son monde intime à ses lecteurs à travers leurs mots ». Cette après-midi particulière est l’occasion pour les lecteurs et lectrices de mettre des visages sur les mots qu’ils ont découvert, de réaliser qu’il y a bien des êtres de chair et de sang derrière les livres, et de confronter leur propre ressenti aux intentions et à la sensibilité de l’auteur.rice. 

Un autre enjeu de la journée consiste à mettre en avant des écrivain.es qui ne font pas forcément partie du cercle très, très restreint des « grands noms de l’édition française». « La JDA est l’occasion de mettre en avant des auteurs moins connus, pour que les sciencepistes puissent découvrir de nouvelles plumes et de nouvelles approches », souligne Noémie. Cet éclairage est d’autant plus appréciable que l’industrie du livre français, si elle se porte bien, est furieusement déséquilibrée : « on estime que 90% des ventes proviennent de 5% des auteurs ». La JDA permet donc de se laisser tenter par des plumes moins exposées, bref, de consacrer ce qui fait le sel de la littérature, « la diversité et la multiplicité ».

En plus de cette volonté d’éclectisme, l’édition de cette année met l’accent sur le champ des possibles ouvert par « l’art royal » qu’est la littérature. « La littérature est partout, et elle se déploie dans tous les domaines : artistique, pictural, cinématographique, musical… », affirme Noémie. D’ailleurs, la liste des invité.es de l’édition de cette année comporte un musicien-compositeur, Bertrand Burgalat, qui viendra participer à l’une des conférences de la journée pour mettre en lien son art et celui de la littérature, comme en écho au prix Nobel de littérature qu’a reçu Bob Dylan en 2016. Enfin, pour mettre à l’honneur cette porosité entre littérature et autres champs artistiques, l’édition de cette année s’ouvrira par une projection du long-métrage « L’atelier » de Laurent Cantet au cinéma Christine 21, ce vendredi 16 novembre au soir, à 20h45, suivie d’une discussion avec Guillemette Odicino et Alexandra Schwartzbrod. Le film suit une écrivaine animant un atelier d’écriture pour jeunes en voie de réinsertion, et s’intéresse à la façon dont les mots peuvent inspirer, abîmer, ou plus généralement exercer toutes sortes d’influences sur une personnalité.Enfin, la JDA est aussi une réaffirmation de l’intérêt que peuvent avoir les sciencepistes pour la littérature, bien que ces derniers n’aient pas choisi une voie particulièrement connotée « belles lettres ». « Lire un livre, ce n’est pas qu’une histoire d’obligation culturelle ou d’exposés à faire, cela peut et est avant tout une question de curiosité personnelle et surtout de plaisir », insiste Noémie. « Avec la JDA, on veut célébrer la fibre littéraire que partagent une majorité de sciencepistes, et le fait de lire un livre sans pression scolaire, pour sa simple beauté, son caractère divertissant… On peut regretter qu’à Sciences Po la littérature soit parfois un peu absente lors des grandes conférences ou au sein des cours en général, et la JDA est une façon de rappeler qu’à Sciences Po aussi, on aime la littérature ».

Rendez-vous est donc donné ce samedi 17 novembre de 14 heures à 17 heures 30, à la mairie du VIIème arrondissement, pour une édition parrainée par Philippe Jaenada – lauréat du prix Femina 2017 pour La Serpe –, avec Clément Benech, Antoine Bello, Darina Al Joundi, et bien d’autres encore – dont des noms très familiers aux oreilles des sciencepistes comme Bertrand Badie ou Frédéric Gros. Alors que vous vouliez vous ouvrir à de nouveaux horizons littéraires ou négocier un demi-point à votre examen d’humanités politiques, vous savez désormais où passer votre samedi !

Capucine Delattre

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Hors limites : le BDA fait son cinéma https://www.lapeniche.net/hors-limites-le-bda-fait-son-cinema/ Tue, 13 Feb 2018 11:00:40 +0000 http://lapeniche.net/?p=38023 Le Bureau des Arts de Sciences Po frappe toujours fort à une occasion bien particulière : la Semaine du Cinéma. Cette année, par mauvais goût ou grâce à une prédiction météo particulièrement juste, le bureau a baptisé sa semaine « Hors-Limites ». Voyons ensemble s’ils nous ont fait sortir des sentiers battus. Retour sur les événements marquants de la première semaine thématique de l’année !

Affiche de la Semaine du Cinéma ( édition 2018 )

Après une soirée de lancement au cours de laquelle le happy hour jusqu’à 23h avait déjà eu raison de notre neutralité journalistique, nous étions impatients de voir arriver le lundi, date du coup d’envoi de la Semaine du Cinéma. Nous avions raison !

Un événement pensé pour les cinéphiles

La Semaine du Cinéma, c’est avant tout des projections gratuites et accessibles à toutes et à tous. On y retrouve des avant-premières, mais aussi des tables rondes où les participants peuvent rencontrer des acteurs et des réalisateurs ! Si vous aviez la passion nécessaire, vous pouviez avoir la chance, lundi dernier, d’assister à une projection de la série évènement Aurore et de rencontrer sa réalisatrice.

Affiche du film La Caméra de Claire

Une autre perle dénichée par les organisateurs ? « La Caméra de Claire », diffusé en avant première au cours de la semaine, et la cerise sur le gâteau: Isabelle Huppert, la célèbre actrice française, remarquée pour sa prestation dans « Elle » Le thriller germano-franco belge avait conquis la critique à sa sortie en 2016, et son personnage principal a fait, de par sa présence, le bonheur des quelques élus qui avaient pu s’inscrire.

On est allés voir Revenge au Christine 21

Revenge, c’est un peu le film qu’on attendait au tournant. L’histoire d’une jeune blonde qui part en week-end avec son petit-ami et deux de ses amis à lui ( quelle bonne idée pas glauque du tout, ndlr ). Ledit weekend ayant bien vite tourné au cauchemar, la belle arrive à s’enfuir ( je ne spolie pas, c’est dans la bande annonce ) et fini au fond d’un canyon. Laissée pour morte par ses trois agresseurs, elle surprend les spectateurs ( bon, pas si surprenant, quand on sait qu’il reste une heure de film lorsqu’elle elle tombe ) en survivant à cette incroyable chute. Et guess what ? Elle a dû prendre un sacré coup sur la tête puisqu’elle quitte ses habits de victime incapable de se défendre pour se transformer en tueuse vengeresse.

Affiche du film Revenge

Peu convaincue par la bande annonce, votre humble serviteuse s’est laissé convaincre par la projection gratuite, à laquelle elle a assisté sans aucun regret !

Outre les petits concours de critique sympas permettant aux plus talentueux de gagner des abonnements de 6 mois à MUBI, plateforme de streaming partenaire du BDA, nos amis les artistes nous font cadeaux à tous de 30 jours gratuits d’utilisation de la plateforme! De quoi économiser un peu vos sous en mettant Netflix sur pause, pour regarder du vrai bon cinéma !

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Sweeney en Boutmy : une synergie réussie ! https://www.lapeniche.net/sweeney/ Fri, 15 Apr 2016 10:00:01 +0000 http://lapeniche.net/?p=33950 Boutmy est comble. Les spectateurs sont impatients. L’ambiance est gaie et détendue. Cet amphi qui a accueilli nombre de personnalités les plus importantes les unes des autres s’apprête à devenir plus vivant que jamais. Danse, théâtre, musique, dans quelques minutes Sweeney va envahir Boutmy. Ce vendredi 8 Avril, 19h30, les lumières de la salle s’éteignent et plongent d’une manière insolite l’amphi dans le noir total. Pendant une heure et demie, la comédie musicale de Sciences Po démontre plus que jamais l’hétérogénéité des talents de l’école. La Péniche y était, La Péniche a aimé, la Péniche va vous raconter.

Sweeney Todd, le barbier meurtrier

Youri Rebeko, étudiant en 4A est en charge de ce projet. Celui qui a participé à la comédie musicale d’il y a deux ans a proposé de monter un tel événement en 2016 dès la fin de sa 2A. Avec l’équipe qu’il a aussitôt mis sur pied, leur volonté était de « faire un spectacle différent du Broadway un peu trop mainstream ». C’est alors que l’idée de jouer Sweeney Todd, une comédie musicale créée en 1979 par Hugh Wheeler et inspirée d’un romain écrit en 1846 par James Malcolm Rymer leur traverse les esprits. « J’ai découvert cette oeuvre en voyant l’adaptation de cinéma » par Tim Burton en 2007.

Sweeney Todd, c’est le surnom de Benjamin Baker, un barbier à Londres en 1846 qui veut se venger du juge Turpin. Ce dernier, après avoir injustement condamné l’héroïne pendant quinze ans, a violé sa femme et adopté sa fille Johanna. Avec l’aide de Mrs Lovett, Benjamin Baker veut ainsi se venger de toute l’humanité en coupant la gorge de tous ceux qui se feront raser dans sa boutique…

 

L’exigence comme maître mot

« La musique est assez exigeante et originale, c’est ce qui nous a plu » nous confie Youri Rebeko.  L’exigence, c’est le mot qui a dominé ce projet et le résultat le fait ressentir. Après le casting de Septembre où la quinzaine d’artistes fut recrutée, les répétitions ont aussitôt commencée. « On répète une à deux fois par semaines depuis quinze jours » et cela se ressent. Sur les planches de Boutmy, le spectacle est artistiquement parfait : le jeu de comédien (dirigé par Hinda Abdelaoui) emporte chaque spectateur un à un dans le monde cruel de Sweeney Todd. Les chorégraphies dont Alice Fricoteaux étaient en charge rythme avec dynamisme et rigueur un spectacle millimétré. Et le chant a fait frissonné plus d’un étudiant dans la salle : le dur travail de chaque actrice et acteur sur la voix a littéralement subjugué la foule.

Les deux personnages principaux, Margaux Lefebvre (Mrs Lovett) et Manuel O. Matos (Sweeney Todd) ont unanimement fasciné par leur talent ébouriffant. Les treize autres artistes ne sont pas en dessous. Chacun incarne son personnage avec brio et d’une qualité admirable.

« On a cherché des étudiants qui transmettaient quelque chose dans le personnage qu’ils interprétaient ».

 

S’adapter aux contraintes techniques

Les sept membres de l’administration ont eux du faire face à un défi de taille : jouer un tel spectacle dans un amphi à Sciences Po. Les exigences sont nombreuses : en terme d’espace, de temps, mais aussi de sécurité et d’ouverture artistique. « Par exemple on voulait une machine à fumée, ce qui nous a été refusé » se souvient Youri Rebeko. Et lorsque l’on sait que demander une bouteille d’eau pour un invité est parfois compliqué, c’est une réelle prouesse qu’a réalisé l’équipe du BDA pour s’adapter à ce point aux contraintes.

La sobriété a alors été de mise : quelques panneaux en fonds de scène et un fauteuil rouge en guise de décor. Mais la beauté de la réalisation finale est essentiellement du au travail mirobolant de Maxime Desitter aux lumières qui ont permis de faire vivre avec émotion parfois chaque minute du spectacle.

Le texte même de l’oeuvre originale a du être adapté face aux contraintes de temps. « On a coupé bien une heure. Mais on voulait faire ressortir l’humour de la pièce qui n’est pas assez présent dans le film ». Un humour bien présent grâce notamment au fantastique Hugo Delvigne dans son interprétation du rôle de Tobias.

On ne peut ainsi qu’être ébahi devant la qualité de la représentation de vendredi dernier en Boutmy : la longue standing ovation à la fin du spectacle le prouve, il y a de nombreux talents à Sciences Po. Si la mauvaise sonorité de l’amphi peut être à déplorer, le réel don des actrices et acteurs sur scène ont très vite surpassé ces contraintes pour proposer une réelle synergie exceptionnelle, avoir Sweeney en Boutmy. Bravo !

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