billet d humeur – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Fri, 30 Jun 2023 10:01:35 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png billet d humeur – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Billet culture https://www.lapeniche.net/billet-culture/ Fri, 03 Dec 2021 11:00:00 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=53829 Le matin dernier, j’écoutais l’inspirante Amélie Nothomb nous conter sa vie et la relation qu’elle entretenait avec son écriture. 

Le journaliste admirait le parfait et logique enchainement de sa vie, de sa relation paternelle, jusqu’à son prix Renaudot 2021 pour un livre justement dédié à son père, décédé quelques mois auparavant. Comme si les moments de sa vie s’imbriquaient à la perfection, comme un puzzle qui finit enfin par être achevé. 

Puis, elle a prononcé cette phrase qui m’a marquée, voire troublée.

« Mais c’est vrai… C’est vrai… Et croyez-moi, c’est indépendant de ma volonté ! Mais tout ‘tombe trop bien’… Je suis persuadée que, quand je serai morte, tout fera sens. Ça fait partie évidemment de ma mégalomanie… Mais, vous savez, ma plus grande aspiration c’est que, quand je serai morte, on s’aperçoive que ma vie constitue un géoglyphe… »

Sur le moment j’ai trouvé cela un peu (voire assez) prétentieux. 

Mais ce sentiment cachait sans doute de la jalousie. Car finalement, quoi de plus désiré que de vivre comme dans un roman, d’endosser le rôle du héros romanesque qui aurait pour but d’ « accomplir » littéralement sa vie. De donner un sens à « sa destinée ». C’est ce dont tout le monde rêve. Mais est-ce réalisable ? Amélie Nothomb semblait dire que, elle, chanceuse comme elle l’était, c’était chose acquise et que sa vie se résumait à un beau roman de Balzac. 

Alors forcément c’est beau, et ça fait rêver, ça rend même jaloux. 

Puis, une fois cette mauvaise jalousie passée, et surtout, une fois m’être raisonnée « en même temps c’est vrai, c’est Amélie Nothomb… Si elle n’a pas une vie de roman celle-là, alors personne n’en a ! »

Mon ressentiment évacué, je pouvais enfin prendre du recul sur le sujet.  

J’ai trouvé que cette déclaration de l’auteure devait plutôt être un encouragement. Un appel à la motivation, à l’éveil intellectuel. 

Nous ne sommes pas les acteurs d’une pièce de théâtre antique dans laquelle notre destin serait déjà tracé. C’est bien à nous de tracer notre route, de nous fixer un objectif, une passion à travers laquelle nous voudrions vivre, et d’y plonger pleinement. 

Or, après avoir écouté l’interview jusqu’à sa fin, j’avais l’impression d’avoir trouvé l’exacte réponse à cette interrogation liminaire : « Est-ce réalisable ? »

Oui nous avons le choix, et oui, si un livre est merveilleusement bien écrit, avec amour, style et sincérité, il recevra le prix Renaudot. Et il n’y a rien de prétentieux dans cela. Que justice. 

C’est à nous d’écrire notre vie, de lui donner sens et de nous faire « héros » de notre propre roman. 

Voilà ce que j’ai compris à travers les mots doux d’Amélie Nothomb. 

Pour écouter cette merveilleuse discussion : https://www.franceinter.fr/emissions/hors-piste/hors-pistes-du-dimanche-14-novembre-2021

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Ce que vous allez devenir en entrant à Sciences Po https://www.lapeniche.net/ce-que-vous-allez-devenir-en-entrant-a-sciences-po/ Tue, 28 Aug 2018 09:00:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=38555 Article de prévision chamanique basé sur des faits réels

Après un été passé à écouter votre grande-tante Marie-Germaine, selon laquelle votre entrée à Sciences Po signifie automatiquement que vous deviendrez Président.e de la République, vous avez peut-être l’impression que votre titre flambant neuf de sciencepiste va faire de vous un être à part promis à un destin exceptionnel. Il paraît hélas bien compliqué que chaque élève de la nouvelle promo 2023 accède aux fonctions suprêmes de la République. Mais une vérité demeure : à défaut de prendre le pouvoir, vous allez bel et bien changer pendant votre séjour au 27 rue Saint Guillaume, pour devenir bientôt – et peut-être plus tôt que vous ne le pensez – de véritables Sciencepistes ™.

Face à cette annonce déstabilisante, et pour que vos premiers pas dans l’inconnu se passent au mieux, nous avons dégagé quelques pistes pour vous préparer à ce qui vous attend, ainsi que quelques conseils qui peuvent vous aider à vous fondre dans le décor.

Un lexique particulier

 Pour commencer, votre vocabulaire va bientôt s’enrichir de dizaines de mots compréhensibles uniquement par vos camarades. Comme dans toute startup nation qui se respecte, et puisque vous êtes plutôt libéral – si ce n’est pas encore le cas, pas de panique, ça ne saurait tarder ! -, votre lexique va s’enrichir de termes anglais et autres néologismes décrivant des concepts plutôt obscurs que vous allez découvrir pendant vos premières semaines. Aussi incroyable que cela puisse paraître, vous utiliserez bientôt les mots « paper », « slide», « 13U », « appariteur », ou « triplette» presque quotidiennement !

Notre conseil : utilisez les équivalents français de ces termes lors de vos conversations avec votre famille. Vous éviterez ainsi les regards d’incompréhension qui suivent immanquablement des déclarations du style : « Oui, elle est dans ma triplette, l’autre jour on s’est même croisées en Péniche devant Boutmy, elle tablait pour SPE ».

Des citations à connaître

Dans la suite logique de votre processus d’intégration, vous vous mettrez à citer plus que de raison les œuvres-cultes connues de tout.e bon.ne sciencepiste. Nous ne parlons pas ici du Prince de Machiavel, des Bernstein et Milza ni du Core Economics de Yann Algan – même si à tout bien y réfléchir savoir en parler de temps en temps vous sera utile -, mais bien de ce qui fait la grandeur de notre cinéma national, à savoir Astérix et Obélix mission Cléopâtre, et des deux volets d’OSS 117. C’est comme ça, pour survivre dans cette jungle aux lois sans pitié, être capable de raconter que vous venez de tuer un croco ou que vous ne laisseriez pas Larmina conduire est indispensable.

Notre conseil : apprenez tout de même une autre définition des dictatures que « Une dictature c’est quand les gens sont communistes, déjà. Qu’ils ont froid, avec des chapeaux gris et des chaussures à fermeture éclair. ». Les correcteurs des copies d’examen ne partagent pas toujours notre amour du 7ème art.

Parler pour ne rien dire

En plus de ce merveilleux lexique, vous allez très vite apprendre la spécialité locale de la rue Saint-Guillaume, à savoir être capable de tenir dix minutes à parler de n’importe quel sujet, avec un plan en 2 parties – 2 sous-parties. Bientôt, vous ne saurez plus vous exprimer autrement qu’avec ce balancement, “ni oui, ni non”. Assez pénible quand la question posée est “Peux-tu me passer le sel?”, cela reste la formule gagnante d’une copie réussie.

Notre conseil : n’en abusez pas. La légende raconte qu’un ancien élève aurait étendu cette technique ancestrale au domaine du politique, et que les conséquences furent irréversibles.

Aimer l’administration de l’école… pour le meilleur et pour le pire

 Dès les premières réunions, vous verrez que – hélas – parler pour ne rien dire n’est pas un sport exclusivement réservé aux élèves ! Vous serez vite confrontés à un nombre alarmants de discours qui vous paraîtront aussi importants que flous, et qui évoqueront régulièrement des concepts mystérieux tels que « l’engagement pour la Cité », « la pluridisciplinarité » ou « l’ouverture à l’international ». Vous serez peut-être sceptiques quand l’on vous demandera de “construire la construction de votre cursus”. Pas de panique, tout est normal, il faut savoir que les objectifs du Parcours Civique restent encore à ce jour le plus grand mystère irrésolu de notre école…

Notre conseil : comme ce projet est en période test, les conférences sont nombreuses et un peu longues. Pour faire face à l’ennui, profitez-en pour lire les nombreux articles de La Péniche, disponibles sur notre site.

Un réseau hors du commun

 « Sciences Po va vous apporter un réseau » sera l’une des phrases que vous entendrez le plus. Et ce n’est pas tout à fait faux : pendant la semaine d’intégration, vous rencontrerez plus de personnes différentes que vous n’en avez vues depuis votre naissance – à peu près. Vous ferez connaissance avec vos futur.es ami.es aux nombreux pique-niques de rentrée, aux afterworks, dans les associations que vous intégrerez ou même en cours, car vous serez parfois mélangé.es avec les élèves d’autres promotions. Un avantage à cette richesse de l’école : sortir en soirée n’est plus une perte de temps mais l’entretien de votre business plan.

Nos conseils : vous ne vous souviendrez pas des noms de toutes les personnes que vous aurez rencontrées, mais n’hésitez pas à les ajouter sur Facebook après avoir discuté ! Et souvenez-vous surtout que toute la promo est aussi stressée que vous à l’idée de ne pas réussir à s’intégrer. 

Un engagement à deux vitesses

Tout comme vos nombreuses rencontres, les associations seront au cœur de votre scolarité. D’une part, il y a beaucoup de chances pour que vous vous retrouviez engagé.e dans cinq associations à la fois au début de l’année – ne sous-estimez pas le talent des sciencepistes en matière de com -, mais aussi parce que la plupart d’entre elles proposent une offre importante de conférences et d’événements en tous genres, et qu’il n’est pas rare d’y voir des célébrités.

Notre conseil : dans le cas d’une soirée, il est préférable de se renseigner à l’avance sur l’association organisatrice. Vous pourrez alors éviter les dix minutes de présentation des spécificités de chaque pôle par un.e de ses membres, et passer plus directement à l’essentiel. Dans le cas d’un afterwork, toujours valoriser celui de votre journal étudiant préféré : pour cela rendez-vous mardi 28 août à 19h au Basile (3,80€ la pinte !)

Une orientation politique à géométrie variable

Savoir parler politique, et en particulier avec vos maîtres de conférences, sera un incontournable de vos futurs nouveaux acquis. À ce sujet, il existe deux écoles. L’orientation politique d’un.e professeur.e peut être facile à deviner : le combo particule-chevalière-mocassins ne trompe pas, tout comme la manifestation d’un amour immodéré pour Thomas Piketty, Karl Marx ou le port d’un t-shirt du Che. Certain.es seront alors tenté.es d’adapter leur discours en fonction du cours dispensé, et  d’autres se lanceront toutes voiles dehors dans la défense de la cause qui leur tient à cœur.

Notre conseil : Même si un engagement franc est tout à fait louable, évitez de laisser vos opinions politiques prendre le dessus sur le contenu de vos exposés et présentations. Une conclusion telle que “C’est donc les cocos qui sont la cause de la chute de la IIIème République” pourrait être mal prise.

Te voilà donc fin prêt.e pour cette première année à Sciences Po qui s’annonce haute en couleur et en nouveautés. Peut-être te sens-tu confiant.e, et te vois-tu déjà au sommet de la pyramide sociale de Sciences Po… mais si tu as peur pour ton intégration malgré cette préparation express, souviens toi d’une chose : “Il n’y a pas de bonne, ou de mauvaise situation…”

 

Alice Bergoënd et Céleste Relave

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Ma 1A à Sciences Po : le bilan https://www.lapeniche.net/fin_annee1a/ Tue, 17 May 2016 08:30:38 +0000 http://lapeniche.net/?p=34487 Samedi 14 mai, midi sonne et « vous vous levez et posez vos stylos ». La première année à Sciences Po est officiellement terminée. En écho à l’article qui retraçait nos débuts de jeunes étudiants, nous vous proposons une rétrospection de ces deux semestres passés entre les murs de la rue Saint-Guillaume.

© Yann Schreiber pour le BDE Sciences Po

 Du statut de bizut au Bizuth

Au commencement était la ponctualité. Véritable challenge, il s’agissait d’arriver 5 minutes avant les amphis pour s’assurer de contempler Frédéric Gros. Début du réseautage, tu envoyais un sms à un ami pour qu’il te garde une place. Tu te sentais rebelle de passer dix minutes du cours sur Facebook, sur le mur de promo. Force est de constater que ta motivation s’est délitée. Bilan de ce 2e semestre ? Les textos que tu as envoyés relevaient plutôt du « T’es où ? On t’attend au Bizuth » par un beau mercredi d’après-midi à 14h45, heure du début de l’amphi Energie, Population et Climat (ravie de vous l’apprendre).

Au retour de six semaines d’« interruption pédagogique », dont tu as d’ailleurs profité en organisant un petit voyage pas du tout cliché avec tes potes dans une capitale européenne, tu t’es dit que tu serais, cette fois-ci, prêt pour les inscriptions pédagogiques. Deux écoles s’opposent: la version optimiste de celui qui a programmé le temps exact qu’il doit passer sur le choix de chaque matière, contre la version jemenfoutiste de celui qui est persuadé que ça ne peut pas être pire que la dernière fois. Foutu pour foutu, tu hérites dans tous les cas du charmant atelier artistique « Exploration en mouvement », où tu as enfin pu apprendre à exprimer tes émotions en te roulant au sol.

Un dilemme fondamental a agité ton année : l’éternelle alternative bibliothèque versus cafet, selon l’intensité du niveau de procrastination. Procrastination n’étant faite que de courbes d’indifférence sécantes du temps passé à bronzer dans le jardin. Autre problème, celui de l’optimisation des jokers. Aussi connus sous le nombre de maximum d’absences avant la défaillance, ce seront les seuls calculs que tu mèneras à bien (ou pas).

 

 Sociologie jusqu’au bout de la nuit

En revanche, là où on a pu te compter présent, c’est aux soirées sciencespistes. Doutant de ta capacité à gérer travail et sortie au 1er semestre, tu as réalisé que la constitution d’un réseau est primordiale. Cash and Trash, Médiatique, Fêtes du BDE : aucune ne s’est faite sans toi. Revers de ton dévouement sans faille, tu as désormais abandonné l’idée de conjuguer réputation et dignité. Tu ne t’en souviens peut-être pas, mais la Minute Yep, si.

Malgré tout, ton année n’a pas été de tout repos. Exposé à rendre pour le lendemain, échéance pour la fiche de lecture, s’assurer une note décente au galop pour prévoir un éventuel tôlé au partiel, ou encore trouver un stage de terrain pour la fin de l’année (ce problème te concerne peut-être encore. Si c’est le cas, haut les cœurs). Mais cela t’a permis de révéler des talents insoupçonnés jusqu’alors : savoir élaguer les détails, apprendre à paraître serein en plein oral d’IP puis développer ta capacité à improviser, finir le e-learning en 24h (chrono).

Est-ce que tu viens pour les vacances ?

Ce sont tous ces éléments qui permettent d’affirmer que oui, tu as bel et bien fini ta première année à Sciences Po. Cela, mais aussi les merveilleux professeurs d’amphithéâtre qui t’ont, plus ou moins, inspiré, les professeurs de conférence que tu as, ou non, découvert sous un tout autre angle lors des dîners de conférence, les amitiés que tu as liées, ou pas, avec les camarades de ta triplette. Et c’est aussi grâce à tous les élèves qui forment la promo 2020 -bien que tu en découvres encore à chaque amphi – que la deuxième année promet d’être aussi mémorable.

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Nos « petits coins » de paradis https://www.lapeniche.net/nos-petits-coins-de-paradis/ https://www.lapeniche.net/nos-petits-coins-de-paradis/#comments Thu, 21 Mar 2013 18:28:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1085 121617903283528754wariat_Toilet_Signs.svg.med.pngComme ne le disait pas Soren Aabye Kierkegaard, «Montre moi tes cabinets et je te dirai qui tu es». Et bien le danois aurait mieux fait de ne pas se taire, car dans une institution comme la nôtre, plus personne ne doute aujourd’hui de la véracité d’une telle sentence. Il suffit de voir comme tout le monde évite soigneusement de parler des toilettes dans les couloirs pour comprendre à quel point ce silence révèle une obsession permanente sur le sujet. Comment, dans ce contexte, ne pas entreprendre une étude de fond sur la question incontournable du rapport des élèves de Sciences Pot à leurs latrines ? D’autant que des statistiques, assez approximatives, estiment qu’on dénombre plus d’une trentaine de toilettes différentes ouvertes à tous dans l’enceinte de l’établissement.

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121617903283528754wariat_Toilet_Signs.svg.med.pngComme ne le disait pas Soren Aabye Kierkegaard, «Montre-moi tes cabinets et je te dirai qui tu es». Eh bien le danois aurait mieux fait de ne pas se taire, car dans une institution comme la nôtre, plus personne ne doute aujourd’hui de la véracité d’une telle sentence. Il suffit de voir comme tout le monde évite soigneusement de parler des toilettes dans les couloirs pour comprendre à quel point ce silence révèle une obsession permanente sur le sujet. Comment, dans ce contexte, ne pas entreprendre une étude de fond sur la question incontournable du rapport des élèves de Sciences Pot à leurs latrines ? D’autant que des statistiques, assez approximatives, estiment qu’on dénombre plus d’une trentaine de toilettes différentes ouvertes à tous dans l’enceinte de l’établissement.

Alors oui, classiquement, les toilettes du 27 rue Saint Guillaume ont tendance à être les premières auxquelles on pense. Celles où des hordes de barbares à mèche viennent chaque jour se soulager sans conviction, et font ensuite ostensiblement semblant de se laver les mains alors même que tout le monde sait pertinemment depuis la nuit des temps que les hommes ont une conception bien trop transcendante de leurs attributs pour envisager un seul instant qu’un contact avec ces derniers nécessitent un quelconque nettoyage ; le tout dans l’unique but d’admirer leur trogne mal rasée en se recoiffant pour leur prochaine apparition publique (c’est-à-dire hors des toilettes). Celles aussi où des légions entières de femmes impatientes attendent leur tour dans une interminable file et ne peuvent que jalouser la fluidité qui règne chez ceux qui en face se sont intelligemment dotés d’un chromosome Y. Celles encore où les plus terribles corsaires n’hésiteront pas à squatter les toilettes handicapé sans la moindre légitimité, tandis que les plus malignes auront l’immense sagacité de réaliser qu’au lieu de patienter douze heures dans une queue, elles pourraient avoir la folle audace d’utiliser un des 34 autres cabinets de toilettes se situant à moins de deux minutes à pied et 15 secondes en camionnette électrique. Celles enfin où ceux qui conçoivent Sciences Po comme une passerelle vers l’Elysée ne peuvent s’empêcher, chaque fois qu’ils ouvrent leur braguette, de penser qu’il n’est pas offert à n’importe qui de pouvoir tous les jours se délester au même endroit que Jacques Chirac.

Et pourtant, comme je l’ai habilement laissé deviner dans la section précédente, se cantonner au 27 rue Saint Guillaume pour traiter des cabinets de Sciences Po serait comme ne traiter que de Michel Boujenah dans une dissertation sur l’âge d’or de l’humour français. Changeons ainsi radicalement de perspective et prenons, par exemple, le 27 rue Saint Guillaume. Abrutis par le mouvement des masses, la plupart d’entre vous n’ont probablement jamais eu le culot de monter les 218 marches menant jusqu’aux amphis Sorel et Leroy-Beaulieu pour y exercer une activité WC. Et bien c’est grand tort. Car à cet étage vous attendent dans le plus grand secret des cuvettes d’Ali Baba, dans des conditions que Conrad Hilton lui-même envie toujours à Sciences Po : non seulement il vous faudra quelques minutes pour accepter la réalité d’un matériel si moderne et si propre, mais en prime vos yeux seront rapidement éblouis par un panorama qui rend obsolètes toutes les visites à la butte Montmartre du monde, à savoir une vue imprenable sur le jardin de Sciences Po, puis sur les toits alentours, puis enfin sur le Clocher de Saint-Sulpice se détachant au loin tel un clocher d’église qui se détache au loin. On raconte même que c’est ici que Marc Lévy est venu écrire les plus belles pages de la littérature romantique française.

4535731552_dff7cbe80c.jpgPour rester dans des considérations romantiques, le devoir m’oblige donc à signaler à tous que le temps est fini où les conditions sanitaires des établissements d’éducation français interdisaient formellement aux hommes d’envisager d’exercer aux toilettes une activité impliquant un contact entre leur épiderme postérieur et le cercle de plastique creux. Pour ceux qui sont un peu durs de l’allusion, comprenez qu’en plus d’être le seul à offrir à ses élèves une bibliothèque désignée par Steve Jobs, Sciences Po est l’un des rares à offrir des conditions décentes à ses élèves pour assouvir un besoin naturel inhérent au processus de digestion et ne s’exprimant pas par le canal des reins. Mais attention, n’allez pas croire que ce repère perché est le seul cabinet haut de gamme de l’école. Mis à part les toilettes de la nouvelle bibliothèque dont chacun a eu l’occasion de saluer l’hygiène, Sciences Po recèle un autre « petit coin » de paradis au 13 rue de l’université, que les moins curieux n’auront pas manqué de ne pas découvrir tant elles sont discrètes. Je parle ici des petites portes rouges qui se trouvent à droite dans le hall du bâtiment, de part et d’autres de la porte menant aux escaliers. Dans ce recoin qui a toutes les chances d’être plus vaste que votre appartement, vous ne trouverez pas 10, ni 11, ni même 12 toilettes, mais bien une seule misérable place. Mais alors quelle place. Pour l’équivalent du salaire annuel de Gérard Holtz, les architectes s’en sont donné à cœur joie : lumière et robinet automatiques, miroir dernière génération, propreté maniaque, sièges massants, cuvette en cuir, abri anti-atomique, four à chaleur tournante, piste de bowling… et j’en passe. Bref, un haut lieu de l’école, à conseiller à tous les amateurs de latrines pittoresques et bucoliques, qui cherchent une salle discrète et confortable dotée d’une selle haut de gamme, notamment s’il s’agit d’aller à cette dernière, dans un contexte un peu plus court que bucolique.

Hélas, ce qui est cher est rare, et les murs de l’institution ne nous offrent pas toujours pareille idylle. En témoigneront tous ceux qui, occasionnellement ou régulièrement, ont la malédiction de se pointer aux WC du 56 rue des Saints-Pères. Au rez-de-chaussée de ce bâtiment persiste un vestige formidable, des cabinets de toilette qu’Emile Boutmy avait probablement inauguré en personne. Des locaux à vous faire aduler doucement les toilettes pestilentielles du bar PMU de Crozon-sur-Orgne, voire à vous faire regretter celles du Parc des Expositions de Villepinte. N’allez pas avoir l’idée loufoque de chercher là-bas un verrou sur les portes, la moitié ayant été soigneusement arrachés, ni une cuvette sur vos toilettes, la même proportion ayant subi le même sort funeste. Heureusement qu’une odeur de renfermé sale se mélange à quelques effluves de Cillit Bang périmé pour venir vous rappeler que vous êtes bien là où vous croyez. D’autant que les murs délavés ont au moins l’avantage de vous offrir un peu de lecture grâce aux brillants usagers qui ont jugé bon d’y écumer toutes les plus déplorables blagues du milieu étudiant français au feutre noir. Enfin, avec un peu de chance, en balayant les toilettes respectives des 4 étages du bâtiment, qui tiennent presque toutes un même standing, vous aurez peut-être la chance de tomber sur une place dotée d’un rouleau de papier demi-épaisseur, que vous pourrez alors dérouler frénétiquement pendant deux bonnes minutes pour en obtenir une quantité suffisante, à raison de 23 feuilles pour essuyer une goutte d’eau.

Oui, force est de l’admettre, nous sommes plutôt bien lotis. Des toilettes à ne plus savoir qu’en faire, partout à portée de braguette, une variété architecturale et stylistique incontestablement travaillée et recherchée, nous sommes même carrément chanceux. Et il ne fait nul doute, au terme de ce papier, que cette diversité sanitaire montre et démontre que l’identité et la splendeur de notre école ne tiennent pas qu’à la qualité de ses enseignements. Et qu’on ne vienne pas nous chanter que quelques cabinets par-ci par-là viennent ternir le bilan : ils ne font, bien sûr, que le magnifier, en préservant sporadiquement le charme incontestable de la toilette universitaire lambda, pour que nous aussi, le jour où nous ne feront plus que pisser sur dentelle nous puissions revendiquer avoir à une époque mis les mains dans la mer… la merveille de la précarité. Un papier témoin donc, un papier autotélique peut-être, mais un papier toilette assurément.

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Religion : Les Seigneurs de Pipo https://www.lapeniche.net/religion-les-seigneurs-de-pipo/ https://www.lapeniche.net/religion-les-seigneurs-de-pipo/#comments Thu, 15 Dec 2011 23:19:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1289 La reconnaissance des associations religieuses parmi les premières en octobre et l’article de Charles Maurice n’ont pas échappé aux camarades de LaPéniche ! Des tétonnières de la vierge, des gesticulateurs du prophète, voire de redoutables colons juifs antisionistes suicidaires, votre règne prend fin avec cet article. Dans cette guerre, la résistance c’est nous ! Ainsi j’ai rédigé pour vous ce manuel du parfait activiste. Bien évidemment le langage est codé, astucieusement, grâce à un livre de mon enfance, et ce, afin de préserver notre anonymat. Mais Camarades, ne vous y trompez pas : La guerre a bel et bien commencé !

Chapitre Premier : La Communauté de Pipo

Les Hobbitshobbit

Derrière les trois initiales « C.S.G. » se cachent deux complots, dont l’un d’entre eux concernant l’exploitation des capitalistes sur le prolétariat ne sera pas analysé dans cet ouvrage. Nous nous concentrerons sur l’autre complot, bien plus préoccupant lui : Le Centre Saint-Guillaume.

Cette communauté de Hobbits, mi-enfant mi-fourrure, habite le Comté de la rue de Grenelle. Ils sont reconnaissables à leur fort esprit de consensus, ainsi qu’à leurs qualités culinaires, et ménagères. Cette communauté (qui se dit) communiste (stipendiée par le Vatican dois-je encore le rappeler ?) est associée à la paroisse Saint-Thomas d’Aquin. Bien qu’il s’agisse là d’une aumônerie, les habitants du Comté de la rue de Grenelle ne prosélytent que peu, et ne polémiquent que pas. Ils ressemblent fort au cliché du catho coincé auquel on associerait volontiers tous les habitants des terres de Sciences Po, mais ne semblent pourtant pas souffrir de cette stigmatisation. Ainsi cette peuplade pacifique passe le plus clair de son temps à prier au clair de la nuit en espérant trouver son salut avant qu’un prêtre ne trouve sa lune. Et si vous souhaitez infiltrer les rangs de cette espèce, d’apparence pacifique, sachez que les Jeudis soirs, à la nuit tombée, ils se réunissent pour une Sainte Messe, au cours de laquelle ils préparent lentement mais surement depuis 1961 leur invasion. Et si de courage et d’abnégation vous faites preuve, alors vous resterez même jusqu’à la fin, pour déguster une petite « collation fraternelle ».

Derrière cet aspect « bon enfant », on peut saisir les prémices de quelque chose de bien plus dérangeant : celui de leur popularité dissimulée. En effet, cette populace a trouvé reconnaissance de leur « association » bien avant toutes les autres.

Les Elfes
elfes

Les Elfes sont les créatures les plus élégantes et intelligentes de la Terre de Pipo (Du moins le pensent-ils). Sveltes et élancés, ils sont réunis en une confrérie pipolitique appelée l’U.E.J-Elf (Union des Etudiants Joyeux et Elfiques), grâce à laquelle ils fomentent toute sorte de projets de conquête du monde. La communauté elfique divisée entre Ashkelfs et Séfarelfs, se réunit le vendredi soir et se met en grève jusqu’au samedi soir. Ils appellent cela le Shabelf. Les Elfes sont passés maitres dans l’art de l’infiltration. Ils ont infiltré les locaux, les bureaux, et les médias de Pipo. On ne sait estimer la richesse des Elfes avec certitudes mais d’aucuns ont pris l’habitude d’appeler un Elf, un « nanti-sémite », de par sa richesse et son origine. Leurs pouvoirs célestes leurs auraient été donnés par un être supérieur. Ils en tirent d’ailleurs une certaine fierté. Ils aiment ainsi se faire appeler «Le peuple élu de Pipo ». Une légende court qu’ils auraient été effectivement élus au suffrage universel, par un illuminé se prenant pour Dieu. Cette élitiste peuplade prend donc un certain plaisir à snober les autres habitants des terres pipistes. D’ailleurs, s’il arrive quelquefois, aux Ogres de Salaam et aux Hobbits du C.S.G de communiquer entre eux, les Elfes ne se mélangent pas, et leur endogamie les conduit même à discuter entre eux, de guerres elfiques se déroulant à des milliers de kilomètres. La culture elfique peine à prendre une place importante dans la vie de Pipo en effet, l’U.E.J-Elf, préfère axer son travail sur la politique : à savoir, la conquête de toutes les Terres de Pipo.

Tenez vous autant que possible à l’écart des Elfes. Ils possèdent un réseau dont nul ne connaît réellement l’ampleur. Contrairement à la légende, les Elfes de Pipo n’ont pas longue l’oreille, mais plutôt le bras. Ils sont très amis des maçons sincères, mais pas très potes des Orcs. On pourrait dire les concernant qu’ils sont copains comme cochons.

Chapitre Second : Les deux Tartes

Les Naines
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Petites, moches et vilaines, les Naines sont aigries et méchantes. De vraies « garces ». Velues, elles arborent au choix une moustache ou une barbichette. Physiquement corpulentes, voire imposantes, elles se sont émancipées de leurs congénères masculins, et se reproduisent désormais entre elles. Méfiez vous de leur susceptibilité. Sous leurs barbes foisonnantes se cachent de redoutables combattantes de la liberté (féminine). Simplettes, nous devrions pouvoir les manipuler afin de grossir nos rangs. En effet elles sont très méprisées même si redoutées, des autres races de Pipo. Ces derniers font montre d’une certaine créativité dans l’injure à leur égard. Il existe par ailleurs des compétitions d’éloquence anti-naine. Ainsi le vainqueur de la dernière édition les a qualifiées de cette sordide expression : « Chiennes-de-gourdes-mi-putes-mi-soumises ». Il faut absolument s’empêcher de prononcer ces qualificatifs détestables devant elles. Il est même de bon aloi de faire preuve d’une certaine modestie, et d’auto-flagellation afin de gagner leur confiance. Politiquement stériles, elles n’ont aucune proposition sinon de réintroduire la lapidation pour les hommes.

Chapitre Trois : Li ritour di Rwa

Les Orcs
orc

Les Orcs sont l’espèce la moins représentée dans les Terres de Pipo. En effet le climat et le régime qui y sont proposés leurs sont hostiles. De plus il faut bien le reconnaître les Hobbits et les Elfes ne sont pas toujours habitués à leur physique particulier. Représentés par l’association (terroriste) « Salaam » qui signifie en Orc : « on va tous vous convertir pour vous faire sauter », celle-ci n’organise pas le culte de l’Orc, mais cherche plutôt à vous convaincre habilement de rejoindre ses rangs. Les précautions d’usage sont à prendre avec cette tribu sous développée. Bien qu’ils n’aient ni culture ni identité ils ont cependant des fusils et des grenades. Ils disposent également d’un réseau fort bien construit : des quatre coins du Monde viennent des lieutenants de cette race, qui usent d’un double discours perfide, pour vous entraîner dans leurs croyances. Ceci dit, bien que dangereux, les Orcs sont affaiblis par leur engagement sur plusieurs fronts. Une de leur faction est en guerre avec les Elfes à quelques milliers de kilomètres des Terres de Pipo, et récemment les Naines, s’apercevant que les Orcs étaient (parfois) des hommes, ont pris ce prétexte pour les attaquer. Bien qu’armés, les Orcs ne se battent pas souvent, bien trop occupés qu’ils sont, à prier (Seize fois par jour d’après nos renseignements).

Les Orcs bénéficient de l’appui d’une organisation secrète appelée étrangement « D.E.S.C.O.I.N.G.S » (le Département d’Enquête Secrète des Contingents Opérationnels Islamiques Non-Gouvernementaux et Salafistes). Ils savent se faire discrets, et peuvent frapper n’importe où, n’importe quand. Parmi leurs revendications, on notera la création d’un centre de tir et une ouverture des formations de Sciences Po aux métiers de la restauration, en particulier les débits de boisson. Si son dogme interdit à l’adorateur de Salaam de boire de l’alcool, il ne lui est pas prohibé de le lancer sur les autres. Dans certains cas cela peut même être encouragé. On ne sera pas surpris de constater que l’Orc est aussi un fin sculpteur. Sa technique tout à fait originale, consiste à corriger les imperfections des visages féminins à l’aide de cailloux. C’est ce procédé cosmétique, qui lui a valu de s’attirer les foudres des Naines, qui n’attachent que peu d’importance à l’esthétisme et à l’élégance.

FIN

Voilà camarade ! Viens grossir les rangs de la révolte qui gronde, tambours battants et cheveux aux vents, préparons nous pour l’affrontement final ! Levons-nous contre la dictature dogmatique et pourfendons ces traîtres à la raison, ces infâmes spéculateurs de l’au-delà ! Qui sera des nôtres pour vaincre la folie des Dieux par le Communisme ? Tous avec nous !

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