Benoît Hamon – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Wed, 07 Aug 2019 09:45:45 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Benoît Hamon – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Benoît Hamon à Sciences Po : un passage remarqué https://www.lapeniche.net/benoit-hamon-a-sciences-po-un-passage-remarque/ Fri, 23 Feb 2018 16:00:35 +0000 http://lapeniche.net/?p=38099 « L’utopie ne signifie pas l’irréalisable, mais l’irréalisé ».

C’est sur ces mots de Théodore Monod que s’est ouverte la conférence de Benoît Hamon à Sciences Po, ce mercredi 21 janvier au soir, dans un amphithéâtre Boutmy bien rempli. Le ton était donné : l’ancien candidat à la présidentielle était venu présenter sa promesse ambitieuse d’un nouveau modèle social, à l’occasion du lancement du mouvement Génération.s à Sciences Po. Trois axes au programme de ces deux heures : l’analyse de l’avenir du contrat social en France tel que M. Hamon l’envisage, mais aussi un commentaire de l’action du gouvernement Philippe et de la pente que celui-ci semble emprunter à travers ses réformes actuelles et à venir, avant une série de questions du public.

« Les choix politiques essentiels n’ont toujours pas été faits, et les décisions qui comptent seront prises par votre génération. »

Après une ouverture sous forme de boutade à Laurent Wauquiez et à ses récents déboires, Benoît Hamon s’est lancé dans une brève analyse de l’époque charnière que nous vivons, et a voulu démentir la croyance selon laquelle toutes les révolutions ont été accomplies et selon laquelle les nouvelles générations ne peuvent plus rien accomplir pour changer l’ordre des choses. Au contraire, selon lui, « les choix politiques essentiels n’ont toujours pas été faits, et les décisions qui comptent seront prises par votre génération », ce qui est pour lui « source de confiance et d’engagement politique ».

Crédits photo : Louise Benoit-Gonin

Un position tranchée quant à la loi de 1905

Pendant ses 45 minutes de discours, l’ancien candidat a tout d’abord déploré l’état actuel des débats sur l’Etat social. Il regrette dans l’ensemble un système qui ne conviendrait à personne, et qui reposerait sur des logiques inégalitaires où chacun pense à son intérêt et où les débats s’enveniment par manque d’écoute et de prise en compte globale des enjeux. « A force de réserver des droits pour les pauvres, on n’a que de pauvres droits. Si les droits ne sont plus universels, on constate un effondrement du consentement des classes les plus riches », a-t-il déclaré.

« C’est une loi de liberté, la liberté de croire ou de ne pas croire. » Benoit Hamon, au sujet de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État

L’invité du soir a ensuite abordé la question « sulfureuse » de la laïcité et s’est attaché à redéfinir ce principe fondateur de la République trop souvent « tordu dans tous les sens », en prenant l’exemple récent de l’affaire Mennel. Selon lui, il est nécessaire de mettre fin aux dialogues de sourds et de prendre la laïcité pour ce qu’elle est, « une loi de liberté, la liberté de croire ou de ne pas croire », et la seule à laquelle « il ne faut toucher à aucun prix ».

L’amphithéâtre Boutmy plein pour la conférence. Crédits photo : Louise Benoit-Gonin

Ensuite, c’est le système scolaire français qui a été décortiqué, un modèle « indéfendable » et « le plus inégalitaire d’Europe » selon Benoît Hamon. Celui-ci a insisté sur la nécessité de repenser le parcours scolaire pour que l’origine sociale des élèves ne soit plus le seul déterminant de leur avenir, et sur l’urgence et de mettre fin aux logiques élitistes, pour que l’on cesse de vivre « avec l’idée qu’un excellent maçon n’arrivera jamais à la ceinture d’un excellent philosophe ».

Les dérives de la « start-up nation »

Enfin, le leader de Génération.s a eu quelques mots à propos de la politique de notre gouvernement actuel, dénonçant le modèle en vogue de la « start-up nation », qui crée un climat de tension et de peur et où ceux qui n’acceptent pas ces nouvelles formes de « servitudes volontaires » apparaissent comme des privilégiés.  « Quelle défaite culturelle ! On conquiert des droits qui deviennent des privilèges », s’est-il ainsi exclamé.

« Laisserez-vous d’autres décider à votre place, ou en aurez-vous assez ? Prenez le pouvoir. »

Dans une conclusion passionnée, M. Hamon a enjoint son public à faire valoir ses convictions, et a témoigné sa certitude qu’un changement social inédit restait à venir. « Les formes que prendra cette contestation, personne d’entre nous ne peut dire le visage qu’elles auront, la portée qu’elles auront. […] Laisserez-vous d’autres décider à votre place, ou en aurez-vous assez ? Prenez le pouvoir. » a-t-il lancé, avant de répondre à quelques questions sur des sujets comme le projet de loi sur l’immigration, les élections européennes à venir ou encore sa proposition emblématique d’instaurer un revenu universel, dans un échange au cours duquel il a témoigné son indignation par rapport au premier sujet, son espoir à propos du second ou encore son bilan en ce qui concerne le dernier.

Benoît Hamon en Péniche après la conférence. Crédits photo : Pierre-Alexandre Bigel

De la conférence ressortent donc des prises de position assumées, un certain réalisme quant à la défaite électorale subie par l’ancien candidat il y a quelques mois, mais aussi un message d’espoir dont on ne peut désormais qu’attendre les retombées avec la première échéance des européennes de 2019.

]]>
Primaire à gauche : des sciences-pistes en campagne https://www.lapeniche.net/la-campagne-des-militants-sciences-pistes/ Mon, 23 Jan 2017 09:00:56 +0000 http://lapeniche.net/?p=36293 La politique n’intéresse plus, les gens la délaissent, n’y croient plus, n’y voient plus aucune solution, tous baissent les bras. Tous ? Non ! Une poignée résiste encore et toujours à l’envahisseur. Leur résistance est tellement acharnée que, la veille du premier tour, chacun voit une « bonne dynamique » pour son candidat, même quand il fait 6%. C’est beau, l’espoir des militants.

Au terme du premier tour de la primaire organisée par le PS et ses alliés dimanche 22 janvier, Benoît Hamon arrive en tête avec environ 35 % des voies, suivi par Manuel Valls à 31 %, les deux se qualifient pour le second tour, dimanche prochain. Loin derrière, Arnaud Montebourg, le candidat-marinière, fait moins de 20 %. Parti pour rassembler, Vincent Peillon regroupe environ 6% des électeurs. Les autres candidats font chacun moins de 4 %.

Ils sont au Collège universitaire ou en master, ne veulent pas faire de la politique leur métier ou en font déjà un temps-plein. Dans la primaire de « la Belle Alliance Populaire » – qui, de l’aveu même de l’un d’eux, n’est active qu’à Paris – quatre candidats se détachaient à la veille du scrutin que tous voyait incertain. Maëlle Gelin, pour Montebourg voyait s’esquisser un second tour sans Manuel Valls et avec son champion. Raté.

Benoît Hamon, arrivé en tête au premier tour, lors du Grand Oral, le 28 octobre 2015 à Sciences Po. photographie: Yann Schreiber
Benoît Hamon, arrivé en tête au premier tour, lors du Grand Oral, le 28 octobre 2015 à Sciences Po. Photographie: Yann Schreiber

Militant PS depuis la fin de sa première année, Simon Fauquembergue, en master à l’école d’affaires publiques, soutenait Vincent Peillon depuis l’annonce de sa candidature. Suite au renoncement d’Hollande, il a vu dans le professeur de philosophie « le seul capable de rassembler ». Le rassemblement, c’est son mantra qu’il répète à tout va. Mais tout les militants qu’on rencontre connaissent bien leur discours. Julie Vincent, en deuxième année et soutien de Benoît Hamon, déroule pendant deux minutes un argumentaire parfaitement huilé lorsqu’on la questionne sur le revenu universel, cher à son candidat.

La farine de Strasbourg, révélatrice d’une tension autour de Valls

Même chose chez Margot Antoniazzi, dans l’équipe de campagne de Manuel Valls et fondatrice du mouvement jeune qui l’accompagne. De la tension autour de la candidature de l’ex-Premier Ministre ? « Oui, quelques incidents » nous accorde-elle, lâchant s’être elle-même prise de la farine « dans la gueule » à Strasbourg lors du déplacement du candidat le 22 décembre. Mais malgré ce climat « haineux », « revanchard » de la part de « petits groupes identitaires », l’ex-collaboratrice parlementaire de Carlos da Silva (un très proche de Manuel Valls qui l’a « embarquée » sur la campagne) l’assure  : « il y a quand même une dynamique » depuis le second débat télévisé entre les candidats.

Manuel Valls aux cotés de Yann Algan, le 3 novembre 2015 à Sciences Po. Photographie Yann Schreiber
Manuel Valls aux cotés de Yann Algan, le 3 novembre 2015 à Sciences Po. Photographie Yann Schreiber

Les autres ne sont pas tout à fait du même avis, formant ce qui ressemble à un front « tout sauf Valls ». Julie Vincent, celle qui milite pour « Benoît », nous décrit un groupe de jeunes avec Valls ayant reçu de la farine alors qu’ils tractaient. « C’est normal qu’il clive » justifie-t-elle en arguant des revirements sur le 49.3 : « Forcément ça énerve les gens ». Pour Simon Fauquembergue, il est clair que c’est « une candidature qui patine totalement ». Finalement moins que celle de son candidat, qui cumule environ 6 %.

Ce dernier, depuis son engagement auprès des Jeunes avec Peillon, enchaîne tractage entre Paris et la Vienne de ses parents « pour convaincre les indécis ». Pas des plus optimiste, il concède que son candidat « n’est pas celui qui fait lever les foules » face à Valls « qui clive » face à Hamon et Montebourg, « très établis dans les médias ». « C’est dur de mobiliser autour de lui, on essaye de faire de la pédagogie », conclut-il.

Du tractages à la rédaction d’argumentaires

Maëlle Gelin, secrétaire de section du PS Sciences Po, est engagée depuis la fin du printemps aux côtés d’Arnaud Montebourg. Après quelques années de tractage, elle avait envie de « passer à autre chose », et préfère « travailler ici sur du fond ». Au pôle argumentaire de la campagne, elle rédige des notes et des éléments de langage pour l’ex-Ministre de l’économie. Quelques jours avant le premier tour, elle voyait déjà la « bonne dynamique » autour de Benoît Hamon, “il faut être prudent”.

Arnaud Montebourg, le troisième homme de cette primaire, lors du Grand Oral, le 18 octobre dernier à Sciences Po. Photographie Yann Schreiber
Arnaud Montebourg, le troisième homme de cette primaire, lors du Grand Oral, le 18 octobre dernier à Sciences Po. Photographie Yann Schreiber

Beaucoup regrettent une campagne trop courte, où seulement quelques portes-à-portes ont pu être organisés, les vacances ayant coupé la campagne. Margot Antoniazzi ne s’est pas arrêté jusqu’à ce samedi, « seule journée de libre » depuis des semaines. Mais qu’a-t-elle fait au siège du candidat ? « La mobilisation des élus, de la coordination… », un peu gênée, elle ne souhaite pas donner plus de détails. Heureuse d’avoir pris sa césure en cette année électorale, « c’est une certitude », elle s’engagera pour son candidat si celui-ci vient à gagner, tous comme les autres jeunes militants.

Quel impact sur la section PS de Sciences Po ?

Cette primaire touche-elle l’unité de la section PS de Sciences Po ? Sa secrétaire, Maëlle Gelin, assure de l’absence de tension : « Ça a toujours été comme ça ». Avec un centre de gravité plus à gauche que le parti, les militants s’unissent autour de l’opposition à la politique du gouvernement. Aucun militant actif de la section ne s’est rapproché de l’ancien Premier ministre. « Il y un une ligne contre Valls », une « fracture » nous confiait-elle. Quelle positions alors de la section en cas de victoire de Valls au second tour ? Réponse dimanche prochain.

]]>
Mise au clair sur le navire de la gauche https://www.lapeniche.net/mise-au-clair-sur-le-navire-de-la-gauche/ Tue, 29 Nov 2016 09:00:25 +0000 http://lapeniche.net/?p=36184 Ce débat de la gauche visait à discuter les solutions proposées par différents candidats ou candidats potentiels aux élections présidentielles de 2017. Des étudiants représentaient leurs idées, respectivement, Roxane Aksas celles de Benoît Hamon, Matèu G. d’Arnaud Montebourg et Pierre C. de François Hollande. Les noms de tous les candidats officiels ne sont pas encore connus, ce qui n’a pas empêché de développer les grandes propositions et principaux projets autour de sujets fixés par les deux modérateurs : l’économie, le renouvellement des institutions et l’Europe. Contrairement aux affronts personnels qui ont pu être observés entre les différents représentants jeunes de la droite le 19 octobre, ce débat s’est davantage concentré sur les projets que sur les personnes.

Économiquement parlant…

Le débat sur le temps de travail

Benoît Hamon propose de passer à 32 heures de travail par semaine pour privilégier la qualité à la quantité, augmenter le partage du travail et sortir de la vision du travail au cœur de la vie quotidienne. Quant à Arnaud Montebourg (comme Mr. Hamon), il propose d’abroger la loi travail, mais ne promet pas un passage aux 32 heures, les 35 heures ayant déjà été assez critiquées.

Favoriser le télétravail

Pour tous les candidats représentés, le télétravail serait à favoriser. Il permettrait un gain de une heure cinquante en moyenne par jour et par personne. Ils proposent pour permettre ce changement, une défiscalisation des heures de télétravail. Cela permettrait un gain de bien-être et une augmentation du temps de loisirs. Parallèlement, il faudra respecter le droit à la déconnexion et faire attention à ce qu’il n’y ait pas d’explosion de la charge de travail.

Opérer une transition énergétique

Les avis convergent à propos de l’industrie dans les énergies renouvelables, considérée comme un moyen de création d’emplois. Pour la soutenir, Mr. Montebourg propose une éradication rapide et totale des usines à gaz et à charbon. Mais l’exploitation de l’énergie nucléaire devrait durer encore une trentaine d’années. François Hollande est aussi d’accord. La fermeture totale des centrales nucléaires est encore impossible. Pour Mr. Hamon, la question écologique ne peut pas être mise au second plan, la France doit complètement se passer de l’énergie nucléaire. « Notre rapport à la consommation doit être changé, tout comme notre vision productiviste » a expliqué Roxane.

Le revenu universel de base

Benoît Hamon propose le revenu universel de base pour permettre une prise en compte d’autres formes de travail et passer d’une liberté formelle à une liberté réelle. Un revenu universel peut permettre d’éradiquer la très grande pauvreté et de transformer la conception du travail en valorisant des mécanismes intégrateurs. Ainsi, il serait possible de favoriser le travail qui nous plaît et pas nécessairement celui qui rapporte le plus. Le représentant de Hollande soulève cependant un point important : certes, un revenu universel de quelques huit cents euros pourrait avoir ces effets positifs, mais que faire des autres aides de l’État ? Les limites posées par l’aspect financier sont à creuser.

Sur l’ubérisation…

Pour Roxane, l’ubérisation ne cache qu’une précarisation encore plus profonde de l’emploi. Selon le représentant d’Arnaud Montebourg, un travailleur choisissant le statut d’autoentrepreneur ne fait que réclamer une part d’indépendance. Il faudrait cependant instituer un droit de négociation de cette masse de travailleurs-autoentrepreneurs, sans pour autant remettre en cause leur statut.

Baisser le chômage

Sur ce point, le représentant de Mr. Hollande a essentiellement défendu les résultats du quinquennat. Les investissements publics et privés permettent de retrouver de l’emploi. Or, le président sortant a mené cette politique d’investissement, et désormais le privé semble se ressaisir. La défiscalisation des PME et TPE fait plutôt unanimité chez les trois hommes politiques. Elle a déjà commencé à être mise en place sous le Gouvernement de François Hollande : l’Etat vient en aide à des entreprises par la défiscalisation pour ainsi leur permettre de créer de nouveaux emplois, et aussi par la création de la Banque publique d’investissement.

Au sujet de la défiance croissante envers les institutions…

Mr. Montebourg propose un référendum d’initiative populaire véritable et un Sénat-citoyen qui serait constitué, en plus des sénateurs, de 100 personnes tirées au sort pour rapprocher les citoyens de la politique et réconcilier les Français avec la démocratie. Il propose aussi la suppression de la procédure constitutionnelle 49 alinéa 3 qu’il juge trop anti démocratique.

Benoît Hamon souhaite une reconnaissance du vote blanc et de l’abstention. Il voudrait de plus permettre la possibilité d’un véritable référendum d’initiative populaire et créer un budget de 5 milliards d’euros pour financer des projets citoyens.

Une VIe République ?

Benoît Hamon soutient la création d’une nouvelle République. Il préconise un régime parlementaire qui ne permettrait aucun cumul des mandats et restreindrait les recours aux ordonnances. Le Président de la République, au mandat de sept ans, serait là pour assurer l’équilibre des pouvoirs et s’assurer que le Parlement puisse s’exprimer.

La position de François Hollande représentée par Pierre C. est plus nuancée : «Nous sommes dans une situation inédite, il y a eu la vague des attentats, une très forte défiance de la population, les extrêmes qui font tout pour perturber l’ordre public, une cote de popularité du Président qui est très basse… Et pourtant les institutions tiennent et quand il le faut, le Président de la République peut prendre les décisions… certes nous pouvons accuser la Ve République de beaucoup de maux, mais il faut reconnaitre que ces institutions sont solides. »

Sur l’État d’urgence

Selon le porte-parole de Mr. Montebourg, il semble que la perfusion de l’État d’urgence soit une situation « terrible ». À ce sujet, Pierre C. a justifié la situation par le risque d’un attentat après la levée de l’État d’urgence qui provoquerait une vraie crise politique et laisserait encore davantage la place à certaines rhétoriques extrêmes, rassemblant déjà 30% de l’électorat selon certains sondages. « L’État d’urgence n’est pas un plaisir. »

Le Ré enchantement du projet européen…

Sur ce point, les candidats sont bien d’accord : il faut montrer les enjeux des élections parlementaires européennes. Elles sont un épisode clé de la vie démocratique et citoyenne : il existe une différence entre l’euro député de gauche et celui de droite par exemple. Voter pour cette institution perd de sa logique, car elle est en apparence déconnectée du citoyen et de la vie quotidienne. Or, cette participation acquiert tout son sens dans le contexte de crise de la souveraineté actuelle.

Pour Pierre C., le couple franco-allemand est historique et moteur de la construction européenne. C’est donc avec l’Allemagne qu’il faut mener les réformes. Roxane réagit, en prônant cette ambition que toute la gauche devrait avoir selon elle : « depuis quand estime-t-on que, sous prétexte d’un cœur historique, on devrait passer par ce couple franco-allemand ? Nous sommes de gauche, donc pour l’égalité, et ce dans tous les domaines ». Il faut donc une égalité de poids des pays de l’Union européenne, deux pays ne pouvant pas se permettre de décider pour tous les autres. Il faudrait aussi se tourner vers les pays de l’Europe du sud, comme l’Espagne, le Portugal ou l’Italie. Pour Arnaud Montebourg, une convergence entre les pays est nécessaire. Il faudrait aider les pays en développement et augmenter les capacités d’accueil dans un même temps.

Pour clore ce compte-rendu de débat, nous pouvons évoquer l’esprit de rassemblement de la gauche énoncé par Pierre C. : « Nous sommes dans le même bateau. Certes pas dans la même cabine, mais dans le même bateau »

 

 

 

 

]]>
Benoît Hamon, le « rassembleur » de la gauche ? https://www.lapeniche.net/benoit_hamon_primaire/ Tue, 30 Aug 2016 09:00:34 +0000 http://lapeniche.net/?p=34971  Il y a bientôt un an, nous interrogions Benoît Hamon lors du Grand Oral. Quid du chemin parcouru depuis ?

A l’heure où la gauche est plus divisée que jamais, se pose cependant la question des candidats à la primaire du 17 janvier prochain. Elle mettra en lice la « gauche de gouvernement »‘ qui est constituée du PS, du Parti radical de gauche (PRG) et des écologistes pro-gouvernement, afin de désigner leur candidat à l’élection présidentielle de 2017. Face aux quatre personnalités ayant annoncé leur participation, Benoît Hamon tente de conjuguer désaccord envers les décisions de l’exécutif et ancrage dans la lignée du Parti socialiste. Mission impossible ? La Péniche vous dresse le portrait de celui ayant pourtant l’ambition de « rassembler la gauche » à l’aube de la primaire.

Benoît Hamon lors du Grand Oral, photographie: Yann Schreiber
Benoît Hamon lors du Grand Oral, photographie: Yann Schreiber

 

Un programme centré sur les questions sociales

Tout d’abord, le député des Yvelines propose un certain renouvellement pouvant raviver les espoirs déçus de 2012. Son programme très orienté vers les questions sociales considère que le gouvernement a essuyé un échec concernant leur gestion. Celui-ci parle ainsi de créer un revenu universel d’existence, de réduire le temps de travail mais aussi d’abroger la loi travail qui selon lui « fragilise les salariés ». Il le dit, il souhaite centrer sa campagne sur « des questions importantes comme le chômage ou la pauvreté ».

 

Une volonté de remédier au sentiment de trahison de tout un électorat

Cette aspiration est cohérente avec le désir de regagner la confiance d’une grande partie de l’électorat de gauche qui n’a cessé de se sentir trahi, que ce soit pour la déchéance de nationalité, la loi travail ou encore l’utilisation jugée abusive du 49.3. Benoît Hamon souhaite aujourd’hui reconquérir toute cette frange de la gauche en lui proposant un retour vers davantage de socialisme, proposé comme un changement de cap face aux décisions gouvernementales. Il souhaite ainsi « dépasser l’angoisse identitaire » en se reconcentrant notamment sur les problèmes sociaux cités précedemment.

 

Il n’est aujourd’hui pas le seul à vouloir incarner une gauche différente

Cependant, les similitudes de son programme avec d’autres candidats font qu’il n’est pas aujourd’hui le seul potentiel visage d’un renouvellement des idées au Parti socialiste. On pense notamment à l’ancien Ministre de l’Economie Arnaud Montebourg avec qui il partage un certain nombre d’idées comme celle de refonder le système démocratique. Les deux se positionnant aujourd’hui à la gauche du Parti, ils officient pour un même électorat, pouvant créer d’éventuelles divisions qui nuiraient à leur candidature.

 

Des questions qui restent en suspens

On peut se demander concernant les idées de Benoît Hamon, comment celui­-ci sera capable de les faire valoir face à une droitisation de l’échiquier politique quand la campagne présidentielle s’annonce très axée sur les questions identitaires et de terrorisme. De même, François Hollande, au moment de son élection parlait lui aussi de chômage et de pauvreté. Malheureusement, il a échoué dans sa lutte contre ces derniers. Ainsi, celui-ci pourrait, même s’il est élu, ne pas être en mesure de faire ce qu’il promet et ternir un peu plus les espoirs socialistes.

D’autre part, il est possible de s’interroger sur son souhait de rassembler la gauche et son aspect réaliste. En effet, le Parti est aujourd’hui clairement divisé et les idées des uns et des autres paraissent peu conciliables. On peut ainsi se demander si Benoit Hamon fera le choix d’un consensus pour tenter d’être réellement le candidat de toute la gauche, ne pouvant alors que peu se démarquer du gouvernement en fonction. Ou bien si, au contraire, il décidera d’assumer ses idées jusqu’au bout, symbolisant alors le retour d’une « véritable » gauche sociale.

 

Une candidature en demi-teinte

Au final, c’est une candidature soulageant une partie conséquente de l’électorat qui s’inquiétait de ne voir comme potentiels candidats à la primaire socialiste que des politiques considérés comme « traîtres » à ce qu’ils estiment être la « vraie gauche » (François Hollande, Manuel Valls ou Emmanuel Macron). Néanmoins, comme mentionnées plus haut, certaines incertitudes viennent assombrir l’espoir d’un véritable renouveau. Si « le changement, c’est maintenant » a déjà eu son temps, gageons que l’innovation sera, et devra être au cœur de la campagne de Benoît Hamon pour se démarquer.

]]>