auto-stop – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 20 Feb 2018 20:24:45 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png auto-stop – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Carnet de voyage #2 : brèves d’auto-stop https://www.lapeniche.net/breves_auto_stop/ Wed, 11 Oct 2017 09:00:56 +0000 http://lapeniche.net/?p=37471

Aujourd’hui, l’association Stop & Go Sciences Po organise une réunion afin de dévoiler les destinations choisies pour les voyages qu’elle organisera en Hiver et en Été. C’est une tradition annuelle à Sciences Po : chaque année et deux fois par an, une trentaine d’élèves, réunis en binômes, s’élancent sur les routes d’Europe à l’occasion de ces voyages d’Hiver et d’Été. Pour que vous compreniez un peu mieux de quoi il s’agit, nous sommes allés fouiller dans le carnet de bord d’un de nos reporters, qui s’était joint au groupe pour participer au voyage d’Été 2016. 

Un mois, sept binômes, 28 sciences-pistes, plusieurs dizaines de pancartes, une cinquantaine de chauffeurs – dont deux policiers écossais et quatre camionneurs polonais -, plus de 4000 km sur les routes d’Europe, entre Paris, la Pologne et l’Ecosse. Le principe est simple : tous les 3 jours, une ville étape où notre groupe d’une trentaine de sciences-pistes se rassemble pour deux ou trois nuits. Entre les étapes, en binôme mixte, on tend pancarte et pouces pour rejoindre la prochaine ville.

Épisode 1: AirBnb improbable à Budapest

Je suis évidement le dernier à prendre ma douche. Les plus vaillants sont déjà du côté de la gare, ils ont réussi à se lever plus tôt, ou plutôt moins tard. On quitte finalement l’appartement vers midi. On clôture cet épisode par un lancé de clés à travers la fenêtre, une fois la porte de notre Air bnb fermée. D’une capacité de huit maximum, nous venons d’y passer une – courte – nuit à seize, après une soirée agitée dans les bars de Budapest.

Nous repartons déjà vers le nord, moins de 24h après être arrivé. Notre sainte Ecriture, notre Raïs à nous, hitchwiki.org, nous indique une solution pour sortir de Budapest par notre propre pouce, que nous allons mettre à exécution, étape par étape. Rejoindre la bonne gare. Trouver où acheter des billets. Prendre le bon train. Sortir à la bonne station. Emprunter le bon chemin de terre au milieu de la pampa. Se demander ce qu’on peut bien faire là. Entendre la nationale, avoir de l’espoir. La traverser d’une seule traite entre deux tacots. Se réfugier sous la station-service alors qu’il se met à pleuvoir des cordes. Tendre le pouce.

L’auto-stop se pratique aussi sous la pluie, comme ici à Salzburg, Autriche. Crédits photo : Ulysse Bellier

Oui, nous, les calligraphes du carton, les dragueurs de camionneurs, nous avons pris le train pour sortir de la ville. Mais croyez-nous, en Slovaquie, nous l’avons fantasmé longtemps, le train, à la frontière, à Svolen ou à Banska Bystrica. Certains sont arrivés avec 24h de retard à la ville étape d’après, Cracovie. En prenant le train.

Épisode 2 : The Dragon Lake

Tel un cartel d’asociaux en manque de solitude, nous sommes six à vouloir nous éloigner du groupe pour un temps. Étalant la carte, nous pointâmes sur la carte d’un coup d’un seul (ou presque) un lac dans le Nord-ouest de la Pologne. On quitte Cracovie, on dort une nuit à Wrocław pour rejoindre à trois binôme ce fameux “Dragon Lake” dont le nom n’existe que dans notre tête, se tirant la bourre pour savoir qui arrivera le premier. Les sympathiques villes de Poznan, Oberniki, Piła ou encore Walsz sont nos étapes, gravées à jamais sur nos cartons délavés.

Pologne, entre Wrocław et Czaplinek. Crédits photo : Ulysse Bellier

Enfin, on est dans la nature, juste à six, loin du groupe dans lequel on sature. Deux fêtent leur 20 ans le lendemain. Huit bières en canette comme on les aime et du chocolat milka viennent compléter une tarte aux fraises. Nos tentes sont au bord du lac, petite baignade avant le petit déj’, à base d’un lointain dérivé de Nutella sur un lointain dérivé de pain, complété par le résidu la tarte au fraises. Le reste de la journée fut à base de sommeil, d’écriture de carte postale à la grand mère qui, quand même s’inquiète parce vous êtes loin, et oui ça nous arrive de prendre des douches. C’est aussi a base de petite rando dans les champs, de retour en courant sous la pluie battante, de pâtes à peine cuites – feu mon réchaud sans gaz – et de mauvais vin. Ah, et dernière chose : en Pologne aussi, les orties ça pique.

Épisode 3 : Pluie, « Deutsche Qualität » et hollandais en van

Après 48h dans Kreuzberg (mais si vous savez, c’est à Berlin) avec ses bars branchés et ses hipsters, on relance l’expérience intéressante du chien mouillé – ou comment faire du stop sous la pluie – déjà lancée scientifiquement pendant 6 heures en Autriche. A la station-service qui nous sert de vitrine, on mendie deux places pour l’ouest et deux places pour nos sacs à dos, vulgaires boules où la pluie coulant sur la house se confond avec la serviette encore bien humide à l’intérieur. Des stratégies élaborées avec patience sont mises en place : un qui demande directement aux conducteurs à la pompe, l’autre qui tend la pancarte à la sortie.

Une berline “Deutsche Qualität” nous embarque. Ma binôme s’endort après environ 35 secondes d’autoroute. Me voilà sur le siège passager pour 250 kilomètres avec à mes côtés un allemand de 33 ans, consultant en matériel de santé. L’occasion de discuter de la construction de l’opéra à Hambourg ou de la croissance à long terme, mais aussi de la crise des migrants. Pour le jeune homme, leur accueil doit se faire dans des camps en Grèce, pour un retour plus facile chez eux une fois la guerre terminée. Nombreuses ont été les discussions à ce propos, en Allemagne et ailleurs.

En camion ( oui, ils vous prennent en stop ) sur les routes de Pologne. Crédits photo : Ulysse Bellier

Un hollandais à la retraite nous prend ensuite dans son van, qui comme son conducteur n’est pas né de la dernière pluie. Alors bien sûr, il n’est pas celui qui profite au plus des fameuses autoroutes allemandes, sans limitation de vitesse. Mais il va, lui aussi, à Amsterdam. Notre hollandais dort sur la route, dans un camping proche de l’autoroute.

Nous continuons notre chemin et sommes pris par une autre voiture, un jeune couple qui arrive tout droit d’un concert de Paul McCartney à Berlin. Mais le lendemain, on retrouve notre chauffeur de van par hasard sur une aire et nous emmène jusqu’à notre camping, à deux pas du port chanté par Brel. Nous, “pouceux”, sommes-nous ces marins qui naissent “dans la chaleur épaisse des langueurs océanes” ? Une seule chose est certaine, nous traversâmes dès le lendemain la Mer du Nord, “comme dernier terrain vague”.

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Sur la route avec Stop & Go https://www.lapeniche.net/sur-la-route-avec-stop-go/ Wed, 03 May 2017 09:37:08 +0000 http://lapeniche.net/?p=36979 Un certain nombre d’événements rythment le mois de mai. Le muguet, la fin des partiels… et le festival Hit the Road, qui revient pour la 3ème fois cette année. Organisé par l’association d’auto-stop Stop&Go, il se tiendra du 20 au 22 mai, et aura lieu dans une asinerie située au beau milieu de la Haute-Garonne. Mais comment rejoindre cette contrée si éloignée de Saint-Germain des Prés ? En faisant de l’auto-stop, conformément au principe de l’association qui vise à développer ce moyen de locomotion en France. Le 20 mai, ils seront donc des centaines à se précipiter sur les routes de France, brandissant leur pouce dans l’espoir d’être amenés jusqu’à Thil, où se trouve l’asinerie d’en Manaou. Celle-ci sera pendant trois jours le théâtre de concerts, conférences et autres événements en tout genre. Pour en savoir plus, nous sommes allés à la rencontre de deux des organisateurs du festival : Gauthier Foll, étudiant en M1 et président de l’association Stop&Go, et Marie-Astrid Guégan, élève de 1A et bénévole au pôle Activités.

Comment vous est venue l’idée d’organiser un festival ?

 Gauthier Foll : L’idée est venue du fondateur de l’association. Aujourd’hui, on arrive à réunir plein d’étudiants de Sciences Po autour de nos événements, mais l’idée était d’avoir un public plus large, comme notre ambition est de faire revivre l’auto-stop en 2017. Tous les gens nous disent qu’on ne voit plus d’auto-stoppeurs au bord de la route. Nous souhaitons donc le rendre plus accessible, et toucher un public étudiant dans toute la France et pas seulement ici.

Comment avez-vous organisé le festival ? Est-ce que vous avez rencontré des difficultés ?

 Gauthier Foll : Ça se passe plutôt bien, parce qu’on est bien organisés. En effet, on a 50 bénévoles qui travaillent dessus. Bien sûr, on a des challenges à relever chaque jour, et notamment à la fin de l’année. On est organisés en pôles, et tout le monde a un rôle bien défini. Le mien était de coordonner les différents pôles : le pôle musique, le pôle activités, le pôle gastronomie…

Marie-Astrid Guégan : Pour ma part, je suis dans le pôle activités. On est donc chargés d’organiser tous les événements en plus des concerts ! Il y aura de super conférences, mais aussi des jeux et un rallye, dont je m’occupe. Je gère aussi les départs en stop !

Quel message souhaitez-vous faire passer à travers Hit the Road ?

 G.F : On veut montrer que le stop, c’est quelque chose qui n’est pas dangereux, qui est accessible à tous et qui permet de voyager autrement. Mais la vocation du festival est aussi de promouvoir une manière différente de consommer, en proposant des repas bios ou locaux. Il est possible de voyager tout en respectant l’environnement !

M-A.G : L’ambition est aussi de s’ouvrir, en ne restant pas uniquement centré sur Sciences Po mais en faisant venir des étudiants de toute la France. C’est pour cela qu’il y a des départs organisés un peu partout en France.

Le stop, pour vous, ça représente quoi ?

 M-A.G : J’ai découvert un autre moyen de voyager ! Il ne faut vraiment pas en avoir peur. On se rend compte qu’on peut vraiment rencontrer des gens sympas. Comme c’est de l’auto-stop, on demande à un conducteur s’il peut nous amener jusqu’à un certain point, et ça se fait de façon très simple, sans la moindre gêne.

G.F : Pour moi, le plus important, c’est vraiment le partage que l’on peut avoir avec des conducteurs que l’on n’aurait jamais eu l’occasion de rencontrer autrement. De plus, c’est un moyen de transport écologique et économique. Notre ambition étant de rendre l’auto-stop accessible à des gens qui n’ont pas forcément l’occasion de voyager, on propose des voyages qui sont beaucoup moins chers que ce qui peut être fait ailleurs.

L’idée, c’est donc d’y aller en stop. Qu’est-ce que vous diriez aux parents d’un jeune qui seraient inquiets à l’idée de le voir faire du stop ?

 M-A.G : Déjà, je dirais que c’est très bien organisé. On sait qu’il y aura beaucoup de novices en stop qui se rendront au festival, et c’est pour cela qu’il y aura un départ organisé. Chacun aura un kit avec un petit carnet contenant toutes les infos essentielles. On va les suivre, et s’ils sont bloqués, on pourra les amener au festival grâce à des voitures-balai.

G.F : Ma famille avait ce genre de craintes au début, quand j’étais en 1ère année ! Résultat : au cours du voyage en Laponie, Stop&Go va passer le cap du million de kilomètres parcourus en stop par les membres de l’asso, et il n’y a jamais eu de problème.

Vous vous voyez poursuivre le stop ?

 G.F : J’espère pouvoir poursuivre pendant quelques années, parce que c’est vraiment mes plus belles expériences de voyage. J’espère aussi que lorsque je serai adulte et que je n’aurai plus forcément le temps de faire du stop, je prendrai des auto-stoppeurs pour rendre ce qui nous a été donné. C’est la moindre des choses !

M-A.G : Je vais partir en Laponie cet été et je suis sûre que ça va être génial ! J’espère donc continuer à faire des voyages en stop le plus longtemps possible !

Est-ce qu’il y a une histoire qui vous a marquée au cours de vos voyages ?

 G.F : On s’était retrouvés perdus au milieu d’un tout petit village au milieu de la Slovaquie. Tout était fermé et personne ne pouvait nous recevoir, on ne savait donc pas quoi faire. Finalement, un mec qui était dans un bar nous a dit « Venez chez moi ! ». On va donc chez lui, et apparaît alors une dame qui était probablement sa mère. Et elle se met à crier de toutes ses forces en sortant de sa chambre ! On se dit qu’on va être virés, mais elle finit par rentrer en claquant la porte et lui nous dit qu’il n’y a pas de souci. Le lendemain on se réveille seuls chez lui – il était déjà parti – et on essaie de communiquer avec cette dame grâce à Google Translate. Et en fait, elle nous avait préparé un super petit-déjeuner ! Elle n’était pas du tout énervée contre nous, mais juste énervée contre lui pour un autre truc. C’était assez incroyable, par rapport à la situation de départ ! Avec Stop&Go, on a souvent des galères qui finissent en happy ending.

M-A.G : J’ai stoppé pour la première fois lors du weekend à Rennes. Entre Rennes et Saint-Malo, quelqu’un nous a pris au bord de la route. Il s’est avéré qu’il était lui aussi un grand voyageur, et qu’il avait fait du stop partout, surtout en Asie. Il s’était même retrouvé coincé en Birmanie il y a trente ans ! C’était super cool pour une première expérience en stop.

Le festival Hit the Road aura lieu du 20 au 22 mai dans l’asinerie d’En Manaou, à Thil ( Haute-Garonne ). La billetterie est ouverte jusqu’au jeudi 12 mai. Lien de la billetterie : http://stopandgosp.wixsite.com/stopandgo/hit-the-road-2017

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