Dans un contexte d’urgence de santé publique internationale décrétée par l’OMS (on ne présente plus le tristement célèbre Coronavirus), mais aussi d’élections municipales, de réforme des retraites et de grève des hospitaliers, la ministre est véritablement au cœur de l’actualité ! Pour bien préparer cette rencontre exceptionnelle, La Péniche vous présente 5 faits à connaitre sur notre invitée.
1- Née le 1er Novembre 1962, elle est la fille de Élie Buzyn, ancien chirurgien orthopédique à la clinique Saint-Marcel et de Etty Buzyn, psychologue et psychanalyste. Elle a elle même été professeur d’hématologie à l’hôpital Necker, comme quoi le fruit ne tombe jamais bien loin de l’arbre!
2- Elie Buzyn, son père, reçu la semaine dernière en tant qu’invité à Sciences Po, est l’un des derniers survivants de la Shoah et du camp de Buchenwald; un passé à la dimension historique et tragique qu’il partageait avec nous le 29 janvier 2020
3– Médecin de formation, Agnès Buzyn est nommée ministre des Solidarités et de la Santé au sein du gouvernement Édouard Philippe dès le 17 mai 2017. Elle a déjà une grande expérience au sein et à la tête d’institutions publiques liées à la santé et au nucléaire. Membre du conseil médical et scientifique de l’Établissement français des greffe, de celui de l’Agence de la biomédecine de 2001 à 2008 et du Comité de l’énergie atomique du CEA, elle a aussi présidé le Conseil scientifique de l’établissement français du sang, le l’Institut National du Cancer, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et le collège de la Haute Autorité de Santé.
4- Femme d’influence et de pouvoir, on lui reproche systématiquement ses liens de parenté avec des personnalités célèbres. A une époque pourtant marquée par la montée des questions liées au féminisme et à l’inégalité entre les sexes, la ministre de la Santé est souvent injustement renvoyée aux statuts de ses époux (ex et présent) lors de ses nominations! Lorsqu’elle est nommée présidente du conseil d’administration de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire; on raconte à voix basse (et même ouvertement) que le fait qu’elle soit alors mariée à Pierre-François Veil, fils de Simone Veil, qui aura été par deux fois ministre de la santé y est pour beaucoup… Quand elle est nommée ministre de la santé c’est l’inverse! Beaucoup craignent que son mariage avec Yves Lévy, médecin immunologique et actuel président-directeur général de l’INSERM la rende partiale.
5- Interrogée par RTL récemment, elle n’aurait pas clairement écarté la possibilité de se présenter à la mairie du 15eme arrondissement. La rumeur dit même qu’elle pourrait rejoindre la campagne de Benjamin Griveaux…
Saisissez l’occasion de lui poser la question en nous rejoignant ce soir à 19h15 en amphithéatre Emile Boutmy!
Ta dernière chance pour t’inscrire : https://www.sciencespo.fr/agenda/picasso/fr/event/Le+Grand+Oral+%232+%E2%80%93+Agn%C3%A8s+Buzyn?event=1938&fbclid=IwAR1zGSQBI1SGYUI9yD_p2gQEsFrEDUZmLCinbhI5aPhqXhUUFQAP6Cj34Mg
]]>Frédéric Mion, directeur de l’école, puis le Dr Pascal Maurel, président du groupe santé des Alumni, ont ouvert la conférence avec des traditionnels discours d’introduction. Ils ont rappelé l’objectif de la conférence du soir : s’interroger sur la question directrice, « la santé peut-elle recoudre le social ? ». Pour y répondre, un jeu de questions / réponses entre la salle et Madame la Ministre.
Les questions, en effet, ont fusé. Questions d’étudiant-e-s, mais surtout de professionnel-le-s de la santé. Des médecins, directeur-ice-s d’établissements de soin, des patient-e-s aussi. Venant des secteurs privés comme publics, de la ville ou de zones rurales, longuement installé-e-s ou débutant tout juste dans le métier. Autant dire que les intérêts représentés étaient très divers, parfois contradictoires.
La ministre des solidarités et de la santé ne se laisse pas emporter par le flot de questions et répond, méthodologiquement, à chacun-e. Elle rappelle la centralité des questions de santé et d’accès aux soins dans les revendications concernant les services publics, qui sont même des « services au public » selon sa formule. Dans le même temps, elle déplore le fait que les réformes ne soient pas suffisamment expliquées, menant à des réclamations inutiles selon elle. Et c’est ce qu’elle s’emploiera à faire, tout au long de l’heure et demie de dialogue avec le public : répondre aux inquiétudes, aux interrogations voire aux critiques par un point de programme politique, par une réforme déjà mise en œuvre ou sur le point de l’être.
La ministre a su démontrer une connaissance précise des dossiers, comme l’attestent ses réponses à certaines questions portant sur des situations géographiquement déterminées par exemple, mais elle a dans le même temps veillé à maintenir une vision de grande échelle, revenant toujours à un cap global, presque martelé tout au long de la conférence. Ainsi, lorsque les déserts médicaux ou les problèmes récurrents de manque de temps dans les hôpitaux sont pointés, Agnès Buzyn répond télémédecine, et justifie les fermetures par une volonté de qualité des soins plutôt que de quantité.
Mais surtout, la ministre prône le décloisonnement, qu’elle fait apparaître comme la première des solutions à tous les maux dont souffrent les acteurs du secteur de la santé : décloisonnement entre le public et le privé, décloisonnement des différentes formations professionnelles puis des différentes professions, et enfin décloisonnement entre la médecine de ville et l’hôpital.
On aurait aimé que le débat dure encore des heures, pour permettre au public de poser plus de questions. En effet, malgré une quinzaine de questions posées, nombreuses sont les personnes qui sont reparties sans avoir pu prendre la parole. On aurait voulu quelques minutes supplémentaires, pour que cette directrice d’EHPAD puisse détailler plus longuement les chiffres de l’enquête réalisée auprès de 200 établissements similaires au sien, chiffres accablants quant au manque de soignants. On aurait souhaité, surtout, que cet exercice soit, plus qu’un jeu de questions / réponses, soit un dialogue. Quelques soupirs et haussements d’épaules laissent à penser que les réponses de la ministre appelaient, à leur tour, des mises au point et corrections de l’audience, pas toujours convaincue par la confiance de la ministre envers son projet.
Céleste Relave
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