acte II – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Thu, 07 May 2026 12:21:40 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png acte II – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Le tour de France de la Péniche, épisode 3 – Reims https://www.lapeniche.net/le-tour-de-france-de-la-peniche-episode-3-reims/ Wed, 14 Nov 2018 10:00:42 +0000 http://lapeniche.net/?p=38967 Après Le Havre et Nancy, la Péniche se rend à présent sur le site de Reims où l’on parle tantôt anglais, tantôt swahili. A seulement 45 minutes de Paris, le plus grand des campus délocalisés se démarque par un bâtiment réaménagé et ses deux programmes centrés sur l’Amérique du Nord et l’Afrique, respectivement surnommés « Euram » et « Euraf ». Deux programmes qui coexistent, s’enrichissent mutuellement, mais que la réforme du Collège U tend à standardiser.

Le repaire des euro-américains et euro-africains

Tout comme à Poitiers, les sciences-pistes rémois profitent d’un campus rénové et d’un nouveau directeur. Tilman Turpin a été remplacé l’année dernière Nathalie Jacquet, qui a rejoint l’administration parisienne. Les 1200 étudiants sont installés dans un ancien collège jésuite vieux de 400 ans – la continuité de Sciences Po jusque dans le choix des bâtiments. Camille Ibos, en Euram, se dit très satisfaite du lieu d’études, tout comme Emilie en première année en Euraf: “Les professeurs viennent facilement de Paris, et comme on peut tout faire à pied ou à vélo en ville, on est beaucoup plus autonomes et sociables qu’ailleurs” affirme-t-elle. Sabine Audelin, en première année Euram, est plus mitigée surtout vis-à-vis de la localisation du campus, dont l’isolement empêche de se mélanger aux autres étudiants.

Le cursus franco-américain propose un vaste choix de cours entièrement en anglais. Les étudiants du programme Afrique – dont beaucoup en sont originaires – peuvent de leur côté étudier le portugais, l’arabe ou le swahili. Ces derniers sont plutôt sous-représentés avec une promo de seulement 106 étudiants. Par ailleurs, un certain nombre d’entre eux étaient loin d’être spécialisés en études africaines avant leur rentrée à Sciences Po, à l’image de Chiara Pinto, en deuxième année, et Emilie, qui confie : “Je ne connaissais rien de ce continent, je partais de zéro, il s’agissait d’une découverte totale”.

Un campus ouvert à la spécialisation et au parcours civique

Les grands points de la réforme ont été plutôt bien reçus, d’après les dires des étudiantes interrogées. Tout comme au Havre, à Nancy et à Poitiers, on juge le choix des majeures plutôt positif. Chiara Pinto apprécie la reconnaissance du Collège U en tant que licence et le choix de spécialisation qui, dit-elle, permet de se sentir plus actif dans la construction de son cursus.

Le stage civique de 1A s’avère lui aussi plutôt concluant. Pour Mathilde, en 1A en programme Euram, “un mois, ce n’est pas un petit stage d’une semaine. On va pouvoir être vraiment en immersion, découvrir la réalité du terrain, et je trouve que c’est une super motivation pour la fin de l’année, on se dit que c’est une récompense pour avoir bossé toute l’année”. La moitié des étudiants a ainsi suivi son stage dans son pays d’origine.

En revanche, les stages civiques n’ont pas été autorisés en Afrique pour les étudiants qui ne possèdent pas la nationalité du pays de destination. Pour cause, l’administration de Sciences Po souhaite éviter le « volontourisme » et le complexe du White Savior. Une décision compréhensible, mais critiquée par les étudiants visant une carrière dans l’humanitaire.

Tensions et revendications chez les Eurafs

L’un des points de tension les plus clairs de la réforme est celui des cours centrés sur les études africaines. En première année, les élèves n’ont suivi aucun cours sur les thématiques africaines, mise à part une “école d’hiver” qui, à leur yeux, ne peut pas rattraper deux semestres de connaissances. Emilie renchérit: “On a aussi le sentiment que nos professeurs n’y connaissent rien à l’Afrique. Quand des étudiants, souvent eux-mêmes originaires d’Afrique, posent une question assez pointue, ils ne savent parfois pas y répondre”. Au final, un seul cours porte sur leur zone de spécialisation, intitulé « mémoire et patrimoine en Afrique subsaharienne» et obtenu par les “students representatives” c’est-à-dire deux représentants étudiants élus par programme des 1A de l’année dernière.

“Dans nos cours d’histoire et d’IP, on n’en parle pas du tout, même nos exemples ne portent pas sur l’Afrique” déplore l’étudiante. D’après Emilie, certains vont jusqu’à demander la possibilité de continuer des langues européennes tout en ayant un choix de langues africaines plus varié. Les revendications ne se limitent pas aux études africaines : si les étudiants du programme nord-américain disposent de cours entièrement dispensés en anglais, certains notent un manque de matières intégrant des éléments centrés sur leur zone géographique.

Enfin, une demande rituelle des campus délocalisés concerne celle des cours en présentiel, sachant que le cours d’économie se déroule exclusivement en vidéo.

La communication ratée de l’administration

Plus encore que sur d’autres campus, on ressent chez les étudiantes interviewées une certaine frustration vis-à-vis de la communication de l’administration. La réunion avec Bénédicte Durand de l’année dernière a été reçue de manière très mitigée. “On a l’impression que même l’administration est un peu dépassée, ils ne savent pas quoi accepter ou non pour les stages. Ils amènent plein de réformes d’un coup, mais même les profs ne savent pas ce qu’il se passe, tout le monde est un peu perdu. On a envie de leur dire de se poser, de réfléchir à leur projet puis de nous le présenter ensuite” s’explique Emilie, en première année d’Euram. Chiara Pinto, en 2A Euraf, avoue pour sa part : “Quand la doyenne du collège universitaire est venue sur le campus présenter la maquette de 2A sans nous donner de réponses quant au programme et à son avenir, […]  je me suis sentie très en colère face à sa réaction et à ses explications”.

Les “students rep” élues Loriane Henninot et Selma Godhri ont été largement sollicitées par les étudiants sur la question des études africaines, et ont pu communiquer avec la direction. Avec un beau succès, puisque les 1A de cette année ont obtenu un cours sur les humanités africaines.

L’année s’annonce donc encore intéressante à plus d’un égard sur le campus de Reims, avec une réforme encore en mutation qui va sans aucun doute avoir à s’adapter aux ressentis et aux revendications des élèves, avec comme constante leur envie d’une spécialisation plus approfondie.

Céleste Relave

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Rentrée syndicale de Sciences Po, épisode 3 : L’UNI https://www.lapeniche.net/38940-2/ Tue, 13 Nov 2018 10:00:12 +0000 http://lapeniche.net/?p=38940 La Péniche continue ses interviews de rentrée des syndicats étudiants de Sciences Po. Pour ce troisième volet, nous sommes allées à la rencontre d’Alexandre Urvois, le président de l’UNI Sciences Po. Nous vous restituons l’entretien que nous avons eu avec lui à propos des projets de l’UNI pour cette année.

La Péniche : Pourriez-vous définir en la grande ligne directrice qui inspirera vos actions cette année ?

Alexandre Urvois : L’UNI n’a pas de grande ligne, mais plusieurs. Cela se justifie par le fait que Sciences Po est à un tournant de son histoire. Premièrement, l’UNI sera vigilante à l’arrivée de Sciences Po sur ParcourSup. Cela implique en effet de redéfinir complètement la procédure d’admission : comment les élèves vont-ils désormais entrer à Sciences Po ? C’est une interrogation qui engage une réflexion sur la viabilité de notre diplôme. L’UNI pense qu’il faut maintenir le concours écrit, pas spécifiquement dans sa forme actuelle, mais cela est essentiel, l’oral est également un épreuve clé qu’il faut conserver dans la procédure d’admission par examen. Par ailleurs, nous avons entendu dire que Sciences Po souhaitait rendre plus sélective la procédure d’admission internationale, et l’UNI redoute que cette réforme fasse diminuer la proportion d’étudiants internationaux à Sciences Po.

Enfin, ce remodelage pose la question des conventionnés CEP. L’UNI s’oppose totalement à cette procédure mais réclame une prépa en ligne et garantie par Sciences Po, gratuite accessible à tous. Il s’agit là d’une mesure plus juste, compte tenu du prix exorbitant des prépas privées (Il est totalement immoral de se faire de l’argent sur le dos des gens et de ceux qui n’en ont pas forcément les moyens). De plus, cela permet de faire la promotion de l’école dans les lycées et ainsi davantage lutter contre l’autocensure, dans des milieux ou tenter Sciences Po peut faire peur ou inquiéter. C’est par ce biais que la méritocratie pourra passer.

Avec l’émergence des IEP de Province toujours plus qualifiants, des écoles privées sur le modèle de Sciences Po, notre école s’inscrit de plus en plus dans un système de concurrence. C’est une question essentielle car c’est un débat qui va générer des effets externes à Sciences Po. Il faut avoir au préalable des débats en interne, pour ne pas toucher à la réputation de l’école.

Deuxièmement, l’UNI sera présente pour réfléchir sur le dossier « campus 2022 », grand chantier d’avenir de Sciences Po. Parmi les grandes inquiétudes que l’UNI souhaiterait éclaircir avec l’administration, vient la question de la restauration : quels seraient les points de restauration au campus de l’Artillerie ? Si Sciences Po parle de distributeurs prestataires, à l’image de ceux que nous avons déjà rue des Saints-Pères, l’UNI souhaite installer un grand restaurant universitaire, ou, à défaut, un véritable lieu de restauration collective pour les étudiants de Sciences Po. L’image de nos cafétérias au 27 rue saint Guillaume et au 56 rue des Saints-Pères démontre cette question centrale de la restauration étudiante à Sciences Po.

L’écologie doit également être au cœur du chantier de Sciences Po. Si le tri des déchets sera enfin mis en place en déchets en janvier 2019, les engagements durables de Sciences Po sont loin d’être suffisants. En termes d’espaces verts, de l’utilisation du plastique (et notamment dans la restauration collective), de matériel à disposition des étudiants, il y a une véritable réflexion à engager.

L’UNI souhaite par ailleurs que l’administration équipe des salles de l’hôtel de l’Artillerie spécialement pour chacun des masters de Sciences Po. Nous voulons un campus aménagé pour permettre une professionnalisation plus intense des diplômés de master. Troisièmement, l’UNI axera son action cette année sur l’Acte II du Collège Universitaire. L’UNI pense que l’Acte II est une bonne chose parce que Sciences Po accentue le côté académique du Bachelor, là où nous étions clairement en retard, par rapport aux prépas par exemple. Toutefois, l’UNI s’oppose au principe des majeures, car nous pensons que le Premier cycle doit vraiment rester le plus général possible, et nous nous retrouvons enfermés dans des étiquettes académiques.

L‘UNI dénonce également le manque de clarté de la part de Sciences Po à l’égard de son projet pédagogique. En effet, l’administration rendre plus complexe la possibilité de faire des stages en parallèle des cours, pour 22 heures de cours par semaine environ. Dans ce cas l’UNI est en faveur d’une augmentation du volume horaire à Sciences Po. Toutefois, si Sciences Po réaffirme l’importance donnée au temps libre pour se consacrer à d’autres engagements en dehors des cours, et que cette réaffirmation s’accompagne d’une clarification de sa politique, l’UNI est en faveur d’un maintien du volume horaire actuel.

Quatrièmement, l’UNI sera très vigilante à propos du Parcours Civique. Nous en approuvons la philosophie (s’engager pour la société, dans des causes qui nous plaisent), qui permet une cohérence tout au long de nos trois années au Collège Universitaire. Cependant, dans sa mise en place, c’est très chaotique. La lettre d’engagement tout d’abord est évaluée d’une manière très floue. L’UNI a eu à ce sujet des réunions en janvier avec l’administration, qui ne nous a que très peu éclairés. Astrid Ténière nous a assuré que les refus des lettres étaient motivés par des problèmes de forme, mais nos discussions avec les étudiants ont montré qu’une part non négligeable de ces lettres étaient aussi refusées pour leur fond. Parmi les 1 200 élèves de Deuxième année, certains se sont vus aussi valider le même modèle de lettre en seconde lecture. Quelle est donc l’attention est portée à ces lettres ?

L’UNI dénonce également le cruel manque d’accompagnement dans le Parcours Civique. L’enseignant référent n’est pas là et arrivera seulement pour le Grand Écrit de fin de Bachelor : comment va-t-il nous être utile au regard de ce qu’on aura déjà accompli les deux précédentes années ? D’ailleurs, le seul commentaire que nous ayons eu par rapport à nos lettres est ce petit mail de Sandra Biondo, affichant « validé ».

L’UNI voit également un problème avec le stage de première année ainsi que le projet libre. Nous dénonçons un cadre très contraignant : contrat obligatoire, thèmes restreint, charge énorme en plus de notre Deuxième année. L’obligation du contact direct avec les publics concernés est également très préoccupante. Que veut concrètement dire ce concept ? Avons-nous déjà les compétences pour se mettre au contact de certains types de publics ? Il est également dommage que la forme du Parcours pousse les étudiants à bâcler leur engagement, parce qu’ils sont trop contraints par l’administration et ses critères, alors que chacun d’entre nous a une thématique qui nous tient à cœur et pour laquelle nous souhaiterions nous engager. Les étudiants ont besoin de plus de liberté et c’est sur ce point que l’UNI compte appuyer dans les réunions.

En somme, l’UNI répond à un grand objectif. Nous voulons préserver la différence, la singularité et la valeur de notre diplôme.

LPN : Quels sont vos projets particuliers, vos idées si vous en avez, pour cette année ?

AU : L’UNI souhaite concrétiser plusieurs autres projets à Sciences Po. Nous demandons depuis plusieurs années l’ouverture de la bibliothèque le dimanche. Nous souhaitons également porter à discussion le réaménagement de la période scolaire. Nous voulons adopter un autre rythme de cours. Quatorze semaines très concentrées suivies d’un mois et demi de vide total peut être très inconfortable, en termes d’engagements et de bien-être physique et moral des étudiants.

Nous allons également demander une meilleure intégration des étudiants internationaux : il est dommageable que l’on se fréquente peu alors qu’on pourrait s’enrichir de chacun d’entre eux et se retrouver à l’occasion d’activités tous ensemble. De même, nous souhaitons avoir plus de lien avec les campus en région. On est tous du même Sciences Po, et c’est dommage d’avoir si peu de liens entre nous. Nous pourrions réfléchir à la manière de faire plus de rassemblement entre les campus.

Un autre point très important : en décembre auront lieu les élections au CROUS. L’UNI est opposée aux restaurants universitaires du CROUS qui fournissent une nourriture parfois bas de gamme, et très chère. L’UNI souhaite la mise en place de tickets restaurants universitaires. En attendant que nous mettions cette réflexion en place-, nous voulons que les paiements par carte bancaires soit effectifs dans les cafétérias de Sciences Po et que le CROUS mette en place des pratiques plus écologiques, en termes de couverts en plastique, d’emballages… Enfin, l’UNI est convaincue qu’il faut relancer le débat sur la laïcité à Sciences Po. Nous avons un public diversifié, et ces débats se passent très régulièrement dans la société mais sont absents de la sphère sciencepiste, alors qu’ils font justement consensus dans la communauté étudiante. L’UNI trouve dommage que certains débats soient effacés.

LPN : En quoi les étudiant.e.s de Sciences Po bénéficieront-ils de votre action cette année ?

AU : L’UNI est une association représentative, elle a plusieurs rendez-vous hebdomadaires avec Sciences Po, nous appelons donc les élèves à faire remonter tout ce qu’ils veulent et tout ce qu’ils estiment pertinent à débattre en conseil. En dehors de notre ligne directrice, les idées de l’UNI ne sont pas fixées. C’est pourquoi nous appelons vraiment tout le monde à faire remonter leurs avis. Notre but est de représenter les étudiants et la diversité des étudiants. Nous sommes à leur service et nous devons les écouter.

LPN : Nous avons déjà parlé un peu de l’acte II du Collège Universitaire, alors que pensez-vous de la pétition qui est portée par les étudiants auprès de l’administration de Sciences Po ?

AU : L’UNI a signé cette pétition et la soutient. De plus, pour ce qui est du dialogue avec les autres organisations, nous estimons essentiel d’être un front uni sur certains sujets pour montrer l’importance de nombreux sujets. L’UNI salue l’accord avec l’UNEF, Solidaires étudiant-e-s , même si NOVA semble avoir plus de réticences à ce propos. Il faut de temps en temps savoir faire abstraction des divisions politiques. Sinon, on n’obtiendra rien du tout.  

Propos recueillis par Zacharie Kartener.

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Rentrée 2018 : NOVA, pour une année NOVAtrice ? https://www.lapeniche.net/38877-2/ Fri, 19 Oct 2018 09:00:45 +0000 http://lapeniche.net/?p=38877 Après notre article sur l’UNEF, voici le deuxième volet de notre enquête auprès des syndicats étudiants, avec Côme Agostini, président de Nova !

Nova est le « petit nouveau » des syndicats étudiants à Sciences Po. Créé l’an dernier, refusant tout positionnement idéologique ou partisan, l’organisation étudiante a su convaincre puisqu’elle a obtenu deux sièges à chacun des deux Conseils lors des élections. Son objectif est ainsi de rassembler des jeunes engagés de tous bords politiques, pour parvenir à construire, en dépit de et grâce à leurs différences, un projet commun : une initiative qui a pu être saluée comme constructive par certain.es, ou perçue comme un peu floue pour d’autres.

Il est vrai que cette ligne directrice qui se définit par ce qu’elle n’est pas peut laisser perplexe : s’il n’est pas marqué à gauche ou à droite, que propose réellement Nova ? Pour le président c’est très simple : « vouloir toujours mieux », la proposition phare qui a séduit les étudiant.es en mars dernier. Pour Nova, cela signifie « ne pas se contenter de ce qu’on a, ne pas se contenter de protester non plus, ne pas attendre la prochaine échéance nationale, la prochaine manifestation ou le prochain blocage pour agir, mais œuvrer concrètement chaque semaine pour la qualité des études, l’égalité des chances, la transition environnementale, l’égalité femmes/hommes, la vie associative, l’intégration des Internationaux et bien d’autres sujets encore ».

Ces propositions se transcrivent dans des projets propres, notamment la Semaine de la Mer qui s’est déroulée début octobre, comme annoncé dès la création du syndicat. Cet événement avait pour but de « sensibiliser toute la communauté sciencepiste aux questions maritimes, dans la droite ligne de notre Campus de la Mer », explique le président. Autre action politique et tournée vers l’environnement, Nova s’engage pour faire du Campus de Paris 2022 « un site universitaire modèle en matière de durabilité », via son programme Ambition Campus Vert.

Mais les sciencepistes le savent bien, un syndicat étudiant, s’il est certes à même de porter ces projets plus globaux, a aussi pour mission d’apporter des réponses à des sujets plus particuliers, aux problèmes quotidiens rencontrés par les élèves. Ainsi, le président explique élaborer avec son syndicat des « stratégies » présentées à l’administration sur des sujets comme les IP, l’intégration des internationaux, ou la réforme des frais de scolarité et du concours d’entrée. Par ailleurs, la formation étudiante affirme aussi avoir milité pour et obtenu la tenue d’examens de rattrapage fin août en présentiel pour celles et ceux qui n’avaient pas pu se rendre disponible pour les partiels en ligne fin mai. Enfin, pour le président de NOVA, l’engagement du syndicat s’illustre aussi par ce qui peut sembler être de petites actions, comme la distribution de plans de Sciences Po aux 1A au début de l’année, mais qui peuvent s’avérer constituer un vrai soutien.

Si l’on se penche sur le très discuté Acte II du Collège Universitaire, NOVA apporte une vision assez pragmatique de la situation : quitte à ce que les choses changent, autant s’y adapter. Le syndicat tient tout d’abord à rappeler que la réforme a été mise en place et discutée bien avant son élection au printemps dernier, « sans aucune possibilité d’action ou de négociations » pour les élu.es donc. Le mot d’ordre : « parer, sur tous les fronts, au plus urgent ». Comme beaucoup, la formation reconnaît de bonnes intentions à l’acte II, mais redoute une « mise en place inadaptée ou chaotique », et affirme tout faire pour éviter d’éventuelles retombées négatives sur la vie des étudiant.es. Ainsi, NOVA tient à rappeler le rôle de négociateur qu’il a pu tenir auprès du Comité Pédagogique – et qu’il aurait été « le seul à tenir » selon le président -, afin d’attirer l’attention de l’administration sur les conséquences engendrées par les changements de l’Acte II, notamment sur la vie associative. En effet, l’important volume horaire requis par les cours et engagements du Parcours Civique, en 2A notamment, risque de rogner sur l’engagement associatif des élèves au sein de Sciences Po que NOVA tient absolument à préserver.

Enfin, le dernier-né des syndicats étudiants rappelle son engagement pour l’égalité entre les femmes et les hommes, et pointe ainsi une avancée qui a eu lieu avant son élection, mais qui lui paraît particulièrement positive : l’inauguration des amphithéâtres Jeannie de Clarens et Simone Veil, à la fin de l’année dernière, permettant pour la première fois de faire figurer des noms de grandes figures féminines sur le plan de Sciences Po. Ce n’est certes « que symbolique, mais c’est déjà beaucoup ».

La rentrée s’annonce ainsi riche de projets pour cette organisation étudiante qui s’affirme « ferme et déterminée ». Entre le Parcours Civique, les enjeux écologiques du campus ou encore le simple fait de prendre ses marques après une première élection, les élu.es de NOVA entament indéniablement une année chargée.

Capucine Delattre

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Rentrée 2018 : L’UNEF tire la sonnette d’alarme https://www.lapeniche.net/rentree-2018-lunef-tire-la-sonnette-dalarme/ Tue, 09 Oct 2018 09:00:14 +0000 http://lapeniche.net/?p=38786 Cet article est le premier d’une série d’entretiens avec les quatre syndicats de Sciences Po, qui seront publiés dans les jours à venir.

En cette rentrée 2018, les changements rue Saint-Guillaume sont aussi nombreux que cruciaux. Parcours civique, refonte des programmes, réforme des majeures, Artillerie, Reims, autant de mots susurrés et de dossiers à gérer, notamment pour les syndicats étudiants. C’est ainsi que La Péniche est allée recueillir les projets et grandes orientations du syndicat majoritaire de Sciences Po, l’UNEF, pour mieux comprendre ce qui se joue au sein de notre école en cette nouvelle année.

Ainsi, l’UNEF, pour lequel se sont exprimés Fabien Louchard, président, et Gabrielle Elis, vice-présidente, a exprimé une vive inquiétude à propos de certains sujets. Trois dossiers majeurs à aborder : les dysfonctionnements de l’acte II, la protection des données des étudiant.es, et enfin leur santé mentale et leur bien-être.

Acte II du Collège Universitaire

Pour l’UNEF, le constat est sans appel : « quelque chose ne marche pas avec cette réforme ». Si le syndicat « salue la philosophie globale de la réforme », il déplore « de trop nombreux dysfonctionnements », et une promotion 2022 qui fait office de « promotion crash-test ». Ainsi, selon une enquête menée par le syndicat auprès de 350 élèves de tous les campus – qui sera l’enquête reprise tout au long de cet article –, environ 20% des lettres d’engagement des étudiant.es de 2A n’ont toujours pas été validées, « pour des raisons parfois obscures comme une bibliographie trop fournie ou trop de détails ». « On comprend que c’est un travail titanesque de les relire une par une », précise la vice-présidente, « mais nous sommes en droit d’exiger une plus grande flexibilité ».

Plus préoccupant encore, la situation des bicursus : « ils payent les mêmes droits de scolarité que tout le monde, et pourtant ils n’ont pas la possibilité d’accéder à certains de leurs cours magistraux, comme en histoire en 1A, ni même à leur captation vidéo en Humanités Politiques ».

Enfin, le point de crispation principal demeure le projet libre des 2A, un engagement civique au long cours censé se dérouler sur 75 heures tout au long de l’année… et que 43% des étudiant.es n’auraient toujours pas trouvé. Des offres existent au Service Carrières de Sciences Po, « mais elles viennent tout juste de sortir à un mois de la date butoir, sont peu connues des élèves, et sont clairement insuffisantes. » L’UNEF déplore aussi des exigences irréalistes de la part de Sciences Po : « 75 heures pour une personne qui étudie, qui peut avoir un travail salarié à côté, qui a des engagements associatifs et des études à réussir, c’est énorme », souligne le président. « De plus, la charge de travail a réellement augmenté avec les nouveaux programmes de deuxième année. » L’UNEF évoque aussi le cours de Culture et Enjeux du Numérique de deuxième année, un ensemble de cours obligatoires à suivre en ligne, encore un impératif à gérer pour les 2A. Ainsi, il serait difficile pour 84% des étudiant.es de concilier leurs obligations « classiques » avec les exigences du Parcours Civique.

Les associations des différents campus s’inquiètent elles aussi, pointant que de nombreux.ses élèves risquent de déserter la vie associative de Sciences Po par manque de temps – d’autant plus que Sciences Po ne permet pas de faire son projet libre au sein d’une association de l’établissement. « Pourquoi ne pas valoriser ce qui fait l’identité de ScPo en valorisant la vie associative ? » s’interroge la vice-présidente.

Le président de l’UNEF évoque également les bourses du Parcours Civique, destinées aux élèves dont la situation financière ne leur permet pas de consacrer un mois de stage ou 75 heures de projet libre à des stages la plupart du temps bénévoles. Problème : « ni le montant alloué, 475€ par élève bénéficiaire, ni le nombre de boursier.ères, 60, ne sont suffisants ». Plus inquiétant : « la bourse n’était pas attribuée sur critères sociaux, mais sur le mérite du stage ou l’originalité de la lettre. Résultat, on a des élèves non-boursier.ères qui ont reçu la bourse du Parcours Civique, et des boursier.ères de rang 5 qui n’ont rien touché ». Avant la réforme, le stage de terrain permettait au moins de financer la vie des étudiant.es, mais aujourd’hui le stage de terrain n’est souvent pas payé : « dans 63% des cas, le stage a été un frein pour se salarier, et pour deux tiers des élèves, il a eu un impact sur le budget. C’est une situation intenable. »

Que réclame donc l’UNEF ? Un mot : plus de « flexibilité ». Il est nécessaire pour le syndicat de s’adapter aux situations particulières des élèves : salariat, engagements associatifs, handicap, fragilité psychologique, besoins particuliers. Sciences Po a assuré que chaque situation serait traitée « au cas par cas », mais ce n’est pas une solution suffisante pour l’UNEF, pour qui ce genre de méthode mène à des complications et des lenteurs.

Le syndicat proteste aussi contre une décision récente de Sciences Po, qui empêche désormais les élèves d’être accompagnés par les syndicats lors de leurs rencontres avec l’administration (cela vaut aussi pour des associations comme Garçes ou l’Intersection). « Se faire aider par son syndicat est un droit essentiel pour tout étudiant ou étudiante », martèle la vice-présidente, pour qui cette possibilité d’accompagnement permettait de rassurer les élèves et de temporiser les discussions. « Nous sommes là pour créer une médiation et aider les élèves, pas pour créer du conflit. En réalité, c’est avec une décision comme celle-ci que les conflits vont se multiplier. »

Protection des données

L’UNEF a pu découvrir des erreurs de paramétrage dans les messageries des membres de l’administration, qui laissaient transparaître un manque de sécurité. Les paramètres de sécurité de ces messageries sont aujourd’hui corrigés, et « ces erreurs ne se reproduiront plus » selon l’administration. Malgré tout, l’UNEF souhaite appeler Sciences Po à faire preuve d’une vigilance accrue en ce qui concerne la protection des données de ses employé.es et des ses étudiant.es. Pour le syndicat, il s’agit là d’un enjeu essentiel et d’un droit de tous les membres de Sciences Po, et ce d’autant plus depuis l’entrée en vigueur du nouveau Règlement Général de Protection des Données de mai 2018.

 Santé mentale et bien-être des élèves

Enfin, l’UNEF signale une véritable détresse psychologique chez un nombre croissant d’étudiant.es, et d’une certaine banalisation de la souffrance que certain.es peuvent ressentir. « On parle beaucoup du November Nervous Breakdown [un « syndrome » de burn-out dont souffriraient tous les élèves de Sciences Po au cours du traditionnellement très chargé mois de novembre] », explique la vice-présidente, « en faisant comme si c’était normal qu’un élève craque ou soit en panique à cause de ses études. Ce n’est pas normal. Nous devons tous réfléchir à notre comportement et à nos paroles, et comprendre le caractère malsain d’une telle banalisation. Nous n’accusons personne, nous plaidons juste pour une meilleure atmosphère de travail. »

L’UNEF s’apprête ainsi à lancer une campagne de sensibilisation auprès des étudiant.es, afin de mieux les informer sur les solutions à leur disposition (pôle santé, ateliers de sophrologie…).

Dernier sujet : celui des boîtes à protections hygiéniques en libre accès, un projet mené par l’UNEF depuis plus d’un an. « Sciences Po avait accepté la mise en place théorique de ces boîtes dans les toilettes assignées femmes et les toilettes assignées hommes, sans donner suite. Nous les avons installées la semaine dernière, et non seulement nous avons constaté beaucoup de transphobie au sujet des protections hygiéniques dans les toilettes assignées hommes, mais surtout, les boîtes ont disparu ce lundi 1er octobre sans que personne ne sache pourquoi. » La campagne n’est pas abandonnée, mais l’UNEF appelle à un soutien renforcé de l’administration, et surtout à ce que lumière soit faite sur la disparition des boîtes, qui sont « aux frais de l’UNEF », tient à préciser le président.

Une rentrée chargée donc, avec de nombreux sujets « préoccupants, voire urgents ». Le syndicat reconnaît les efforts de l’administration et s’ancre dans une démarche de coopération, mais tient à pointer les points noirs du fonctionnement de Sciences Po. Ses exigences les plus pressantes demeurent des solutions « concrètes et adaptées » pour les élèves mis en difficulté par le Parcours Civique.

Capucine Delattre

 

 

 

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Le Tour de France de la Péniche, épisode 2 : Nancy, par Der Parvenu https://www.lapeniche.net/le-tour-de-france-de-la-peniche-episode-2-nancy-par-der-parvenu/ Tue, 25 Sep 2018 09:00:54 +0000 http://lapeniche.net/?p=38727 Acte II à Nancy : entre nouveauté et désillusion, par Der Parvenu

En septembre dernier, l’annonce de la réforme du collège universitaire a provoqué remous et excitation au sein du campus franco-allemand de Sciences Po. Un an et de nombreux changements plus tard, les premiers avis objectifs émergent de la masse éclectique de notre Kampus. Bilan.

La réforme vue à travers… les cours

S’il peut se targuer d’apporter aux étudiants germanophones nancéiens un semblant d’aptitudes linguistiques anglophones, l’Acte II n’a pas fait que des heureux. De nombreux étudiants déplorent, en effet, le peu de cours dispensés dans la langue de Goethe, fruit d’une nouvelle politique des langues. Quelle déception pour beaucoup de voir ainsi disparaître toute trace de cours d’allemand sur leur emploi du temps, une fois le niveau C2 atteint (les cours de substitution ayant malheureusement été supprimés) ! Déception à laquelle l’administration réplique cordialement que Sciences Po demeure une université de sciences sociales avant tout et non une université de langues. Paradoxe, lorsque la possibilité de pratiquer à un bon niveau plusieurs langues est souvent mise en avant comme un critère de sélection de notre école et intrinsèquement du campus de Nancy.

Bien heureusement, notre Kampus préserve globalement ce pourquoi nous l’avons tous choisi : son ouverture sur l’Europe, son intérêt persistant pour l’espace germanophone, (ses victoires aux Collégiades) et son niveau académique excellent.  La création de majeures semble être intéressante, puisqu’elles permettent à chaque étudiant de se spécialiser dans les domaines qui lui plaisent. Notons tout de même que la possibilité de rester généraliste grâce au tronc commun demeure envisageable. Toutefois, il est encore impossible de dresser un bilan fidèle et précis de ces majeures, puisque leur mise en place ne sera effective qu’à partir de la rentrée.

Parlons enfin de la troisième année à l’étranger. A nouveau, l’Acte II s’impose de manière contrastée sur le campus de Nancy. Tout d’abord heureux de la disparition des dérogations, qui rend l’ouverture à l’internationale plus vaste encore, les étudiants ont eu la stupéfaction de découvrir la nouvelle carte des universités. Beaucoup d’entre elles sont désormais inaccessibles à certaines majeures… certaines de ces dernières étant plus pénalisées que d’autres. L’Allemagne bénéficie tout de même d’un choix assez large et égalitaire d’universités dispensant des cours dans les trois majeures. Le campus de Nancy semble donc ici moins pénalisé que d’autres campus, bien que tous ses étudiants n’envisagent pas une troisième année dans un pays germanophone.

La réforme vue à travers… le parcours civique

Grande nouveauté de la réforme, le parcours civique se déploie depuis l’année dernière sur notre Kampus et s’impose petit à petit à la masse étudiante nancéienne prise de court. Les étudiants déplorent la lenteur avec laquelle chaque étape est mise en place, négligeant un temps d’organisation nécessaire pour chacun. Ainsi, les informations concernant le stage civique ne leur sont parvenues qu’en janvier, et celles sur le projet civique fin août, pour une rentrée prévue le 3 septembre.

En dépit de cela, le parcours civique possède tout de même plusieurs atouts. L’opportunité donnée aux étudiants de s’engager pour une cause qui leur est chère semble être une bonne idée. En outre, l’éclectisme des associations et projets proposés permet à chacun de s’adresser à un public précis et ciblé. Le cadre institutionnel et universitaire qui lui est conféré peut également être perçu comme une bonne chose puisqu’il motive plus qu’il ne dissuade. Les étudiants nancéiens issus des systèmes scolaires allemands et autrichiens sont d’ailleurs familiers avec ce type d’engagement civique. En effet, leur système éducatif promeut en effet le volontariat face à la question de la précarité ou de l’immigration, par exemple. Le parcours civique s’avère donc être non seulement une opportunité pour certains de se dédier à une cause nouvelle, mais également, pour d’autres, la possibilité de continuer à s’investir dans une cause qui leur est chère.

Néanmoins, il convient de préciser que certaines conditions de validation demeurent problématiques pour certains étudiants : travailler bénévolement de quatre à six semaines pendant les vacances d’été ou encore trouver un stage de 35h par semaine dans une association s’avère parfois plus compliqué que ne l’envisage l’administration parisienne.

En conclusion, l’Acte II du Collège Universitaire s’impose de manière contrastée sur le campus de Nancy. Apportant de nombreuses améliorations dans plusieurs domaines, il possède également ses limites. La promotion 2022 étant la première génération à expérimenter ce nouveau processus d’enseignement, il semble naturel et légitime que des doutes et des problèmes émergent.

La réforme ne pourra être jugée par les étudiants nancéiens à son juste titre qu’à l’issue des trois années de licence. Toutefois, nous pouvons d’ores et déjà formuler le vœu d’une communication apaisée et favorisée entre étudiants et administration, afin de soulager les promotions suivantes des angoisses et frustrations, qu’une telle réforme peut -légitimement – engendrer.  

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