2A – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Fri, 30 Jun 2023 13:28:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png 2A – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32  “Tu pars où pour ta 3A?” Le périple avant l’heure des 2A, épisode 3 : Le premier jour du reste de ta 3A https://www.lapeniche.net/39105-2/ Thu, 07 Feb 2019 09:00:52 +0000 http://lapeniche.net/?p=39105 Autour du 20 décembre, l’étudiant en 2A a quitté la rue Saint-Guillaume pour un bon mois, concluant son premier semestre par des examens intenses et inquiétants. Pourtant, une fois la capitale quittée, le charme des vacances de Noël reprend le dessus, engloutissant appréhensions et projets d’avenir. Pendant un mois, il n’est plus question que de dindes aux marrons, de voyages à Amsterdam et d’horaires de rendez-vous pour le Nouvel An. Les fêtes sont donc propices à faire oublier aux étudiants de deuxième année ce qui les a obsédés pendant tout l’automne : le destin de leur dossier de 3A, qui repose désormais sur les épaules d’un membre de Sciences Po International en vacances à Val Thorens.

Après l’effervescence de la constitution du dossier pour la 3A, les vacances de Noël sonnent comme une trêve dans la longue route vers l’aventure que constitue la deuxième année à Sciences Po. Le dossier est bouclé, et avec lui s’envolent les doutes, les angoisses et les hésitations qui ont rythmé tout le premier semestre. Au contraire, c’est une drôle de sérénité qui habite l’étudiant au cours de ce dernier Noël avant la 3A. La sérénité de l’enfance, des mêmes gens aux mêmes repas. Ce Noël 2018 est enfin, pour tous les 2A, le dernier Noël sans qu’on lui casse les pieds avec des questions plus ou moins pertinentes sur la Statue de la Liberté, la nourriture japonaise ou les femmes scandinaves. Le dernier Noël avant tout ce qui suivra, aussi : les stages, les masters, le marché du travail. C’est donc avec une étincelle de nostalgie et de plaisir que le 2A affronte tranquillement le mois de vacances offert par Sciences Po, sans trop penser au lot d’aventures que lui servira 2019.

Seulement, la 3A semble coller à la peau des étudiants, et fournit un sujet de conversation aisé et attractif aux différents individus susceptibles d’être croisés pendant les fêtes de fin d’année. Chacun y va de sa question, n’écoutant pas trop la réponse, retenant seulement le choix 1. Les commentaires vont ensuite bon train. Certains membres de la famille se la jouent spécialistes et prodiguent de précieux conseils, comme « si tu vas au Canada il FAUT que tu goûtes le sirop d’érable » ou « surtout visite la Place Saint-Marc ». Les débats s’enflamment vite, et dépassent le pauvre sciencepiste qui ne sait finalement pas grand-chose sur son avenir.

Retour à la réalité

Mais même les longues vacances d’hiver de Sciences Po ont une fin, et l’étudiant de deuxième année retrouve les chemins de Boutmy pour la traditionnelle pré-rentrée, cette année sous un froid polaire.

Entre les cours de méthodologie pour le Grand Écrit et la présentation des Masters de Sciences Po, la troisième année est déjà partout. Les questions aux voisins d’amphi, du genre « tu pars où toi ? », se font de plus en plus pressantes. Les professeurs référents s’inquiètent : « Vous savez déjà où vous partez pour votre troisième année? – non… – et vous savez quand est-ce que vous aurez la réponse? – Non ! ». Les parents, eux, peinent à comprendre nos réponses évasives : « début février, sans doute la première semaine, entre le 4 et le 8 je crois, mais ça dépend des campus ».

Le flou qui entoure la date de publication des affectations rend encore plus attendu le moment M, qui en devient mythique. Sur le groupe Facebook de la promo sont relayées des rumeurs diverses et plus ou moins pressantes, jusqu’à l’annonce finale : « Il paraît que c’est demain ! »

Jour J

1er février au matin : « J’ai entendu que les résultats allaient paraître aujourd’hui, tu y crois toi? – mais non c’est impossible ! Ils ont dit début février, pas 1er février ! »

Et pourtant, à 14h30, l’étudiant sort d’un cours d’introduction à la compréhension de l’administration française avec deux certitudes. La première : il a décidément beaucoup d’exposés à préparer ; la seconde : il faut qu’il se connecte rapidement à son espace étudiant car les résultats ont bel et bien été publiés.

Le site rame un peu en raison sans doute du nombre de connexions simultanées, mais ça y est, la connexion s’établit. Premier vœu accepté ! Mais l’étudiant hésite, relit avec application, en se faisant la réflexion que la couleur rouge du ‘tick’ qui valide la décision ultime, si elle sied à Sciences Po, convient beaucoup moins à ses nerfs. Et puis enfin, maintenant qu’il a relu trois fois la décision fatidique, il peut sereinement appeler ses parents, et publier sur ses réseaux sociaux une illustration volontairement caricaturale de la destination fantasmée.

Dans les couloirs de Sciences Po résonne une même rengaine : « alors ? tu pars où ? t’es content ? c’était ton premier vœu ? ». Il flotte un air palpable d’excitation ; la troisième année « hors les murs » n’a jamais été aussi proche.

Malgré l’émotion, le sciencepiste reste organisé et ne se laisse pas submerger facilement : fleurissent alors les groupes Facebook d’étudiants unis par une destination (« 3A au Brésil 2019-2020 : rejoins nous ! »), épicentres de l’entraide.

Seuls les étudiants de première année sont un peu lésés par cet élan de solidarité : les 2A ont la tête ailleurs et ne prennent plus le temps de répondre aux demandes d’idées et de bibliographies pour leurs exposés de science politique.

Le point de départ

Le week-end a passé entre coups de fil et euphorie. Les questions et réponses qui fusent dans les amphis du lundi matin semblent dessiner une vraie tendance. Les admissions se sont passées conformément aux attentes des étudiants et de l’administration. Entre 91 et 93 % des étudiants ont obtenu un de leurs trois premiers choix. Deux tiers des étudiants de la promotion 2022 vont prendre la direction de leur premier vœu, sacre suprême qui a fait verser tant de larmes en ce vendredi de février.

Côté Sciences Po ?

Certaines grandes lignes se sont dessinées quant aux goûts plus ou moins exotiques des derniers enfants du XXème siècle. Les Etats-Unis arrivent en tête, devant le Canada puis le Royaume-Uni. A elles trois, ces trois destinations incontournables des sciencepistes concentrent les vœux de plus de la moitié des étudiants.

Et si aujourd’hui, le 2A considère sans doute son affectation de troisième année comme l’aboutissement d’un long parcours de mûrissement du projet et de justifications administratives, ce billet pour la 3A n’est certainement que le simple embryon d’une nouvelle véritable aventure.

Louise Hébert et Simon Le Nouvel

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Tu pars où pour ta 3A ? Le périple (avant l’heure) des 2A. Episode 1 : Road to IELTS https://www.lapeniche.net/tu-pars-ou-pour-ta-3a-le-periple-avant-lheure-des-2a-episode-1-road-to-ielts/ Thu, 18 Oct 2018 09:00:08 +0000 http://lapeniche.net/?p=38789 Première année, première semaine. Dans une salle du 13U qui ressemble étrangement à celle dans laquelle on a passé l’oral d’admission, une prof d’anglais demande avec enthousiasme qui, dans l’auditoire un peu assoupi, « passe l’IELTS ». Deux ou trois mains se lèvent sous les regards interrogateurs et inquiets des néo Sciencespistes pour lesquels cet acronyme n’a que peu de sens. L’IELTS. Après cette brève évocation, ce terme un peu barbare disparaît sous le flot ininterrompu d’exposés et de plans détaillés propres à la première année rue Saint-Guillaume. C’est ainsi qu’à la mi-juin, alors qu’on a presque oublié qu’on parle anglais, un mail alarmé et alarmiste du département des langues nous presse de nous inscrire sans tarder à une session du fameux examen, sésame autoproclamé pour la suite de nos études. L’étudiant, au beau milieu de son stage civique, doit donc se plier aux directives rassurantes d’un mail ayant pour objet « URGENT ! Inscription IELTS ». Le premier pas vers l’obtention d’un diplôme qui fascine (surtout) les profs d’anglais.

Préparer l’IELTS : de l’indifférence à l’urgence

Toutes ces démarches de la mi-juin hissent les révisions de l’IELTS comme priorité numéro 1 du long été des sciencepistes. La motivation est telle que tous les libraires de France et de Navarre se voient sollicités pour trouver le livre préparant le mieux au fameux examen. Puis les vacances passent par là. Les baignades, les séries Netflix, la maison des grands-parents, tout sauf les révisions de l’IELTS qui rétrogradent dramatiquement dans la liste des priorités…

Retour donc le 2 septembre en cours d’anglais C1, la prof n’a rien perdu de son enthousiasme, force est pour l’étudiant de réaliser que l’IELTS approche à grand pas.

L’IELTS nécessite d’être bossé, entre deux jours et six mois avant selon les sources. L’éventail pour s’y préparer est assez large : les annales gratuites du British Council, les entraînements de « Road to Ielts » (une fois que Sciences Po est disposé à en donner les codes), le fameux livre qui réapparaît brusquement en plein milieu du bureau après sa déchéance estivale, … On peut aussi emprunter un camarade ou deux pour bosser l’épreuve orale dans le jardin du 13U. Le Jour J arrive plus vite que prévu, et le trajet pour se rendre dans les méandres de la Seine-Saint-Denis offre une dernière possibilité pour réviser les mots clés de la description de graphique. On descend station Noisy-Champs, beaucoup trop tôt pour un samedi matin, mais déterminés à assurer son avenir linguistique.

Le Jour J : RER A, photos d’identités et plan en deux parties

On entre plutôt décontracté dans le Centrex de Noisy-le-Grand. L’étudiant en 2ème année en a vu d’autres, et ce petit examen de début de semestre n’a rien pour l’affoler outre-mesure. Pourtant le British Council, qui organise l’épreuve, la prend beaucoup plus au sérieux. On passe l’IELTS comme on passe la douane pour entrer aux Etats-Unis : photos d’identités sans sourire ni boucles d’oreille, signature conforme à la pièce d’identité, bouteille d’eau sans étiquette, pas de trousse, pas de manteau, pas de paquet de mouchoir, pas de béquille. On a fait plus laxiste. Le tout annoncé dans un anglais parfait.

L’IELTS se décompose en 4 épreuves, toutes notées sur 9. L’expression orale (20 minutes) consiste à répondre plus ou moins honnêtement à des questions plus ou moins existentielles sur la pluie, les animaux, les amis ou les voyages. L’épreuve est assez difficile, demandant une certaine réactivité et une habitude du format La compréhension orale dure quarante minutes, se compose en quatre écoutes de difficultés croissantes et diffusées une seule fois. On doit pendant la compréhension écrite lire trois textes différents et répondre à des QCM à leurs propos. Enfin l’expression écrite consiste en deux essays, une description de graphique en 150 mots et une réponse à une question plus classique en 250 mots, sur lequel on recycle pour la énième fois le plan Sciences Po « oui/non ». Une fois les centaines de crayons laborieusement ramassés par l’équipe du British Council, chacun peut rentrer profiter de son samedi, plus ou moins satisfait.

A quoi sert l’IELTS ? Où aller avec quel score ?

L’IELTS est, à l’instar du TOEFL, un examen international de reconnaissance du niveau en anglais. Il constitue une sorte de passage obligé lors de la scolarité à Sciences Po : pour intégrer une université partenaire lors de la 3ème année, et souvent pour intégrer un des masters proposés par l’Ecole. La première session que passe l’étudiant à Sciences Po est gratuite, généreusement offerte par l’administration. Ce « cadeau » est cependant unique, et n’importe qui repassant pour une raison ou pour une autre l’examen devra le payer de sa poche. Ainsi peut-on conseiller aux étudiants partant dans des pays non-anglophones en 3ème année de ne pas passer l’IELTS cette année mais d’attendre la veille de l’entrée en master, lorsque leurs niveaux auront augmenté et que l’administration leur demandera un résultat récent.

Dans le tableau ci-dessous sont récapitulés les scores à l’IELTS exigés par les universités partenaires proposant des cours en anglais. Pour plus de précision, le site de Sciences Po International donne les scores précis demandés par université.

Pays Score moyen requis Sous-scores exigés
Amérique du Nord
États-Unis 6,5 à 7,5

Columbia / MIT : 7

Canada 6 à 7
Europe
Royaume-Uni (Cambridge, Oxford, King’s College) 7 6,5 ou 7
Royaume-Uni (autres) 6,5 6
Irlande 6,5 6
Allemagne 6 à 7
Italie Niveau B2 (5,5 , 6, 6,5)
Espagne Niveau B2 ou C1
Scandinavie (Suède, Finlande, Norvège, Danemark, Islande) Niveau B2
Russie Niveau B1 ou B2
Pologne Niveau B2
Asie
Chine 6
Corée du Sud 6
Japon 6 à 6,5
Hong Kong 6
Singapour 7
Taïwan 6
Inde Non-précisé
Afrique
Afrique du Sud 6 à 7 6
Ghana 6
Amérique du Sud/centrale
Brésil Niveau B2
Mexique Niveau B2
Equateur Niveau B2
Pérou Niveau B2
Océanie
Australie 6,5 5,5 à 6
Nouvelle-Zélande 6 5,5

Les scores demandés varient ainsi. Ce tableau est utile à l’étudiant, lorsque, à la veille de l’examen, il se demande avec un optimisme modéré où est-ce qu’il va bien pouvoir partir. Il l’est ensuite le jour des résultats, lorsqu’il constate qu’il va pouvoir postuler à Cambridge ou qu’il va devoir se rabattre sur l’Université de Genève, selon le score. L’étudiant en a fini avec l’IELTS. Il peut arrêter de suivre les cours d’anglais, mais n’est pas au bout de ses aventures. La 3A est encore loin.

Louise Hébert et Simon Le Nouvel

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Le Tour de France de la Péniche, épisode 2 : Nancy, par Der Parvenu https://www.lapeniche.net/le-tour-de-france-de-la-peniche-episode-2-nancy-par-der-parvenu/ Tue, 25 Sep 2018 09:00:54 +0000 http://lapeniche.net/?p=38727 Acte II à Nancy : entre nouveauté et désillusion, par Der Parvenu

En septembre dernier, l’annonce de la réforme du collège universitaire a provoqué remous et excitation au sein du campus franco-allemand de Sciences Po. Un an et de nombreux changements plus tard, les premiers avis objectifs émergent de la masse éclectique de notre Kampus. Bilan.

La réforme vue à travers… les cours

S’il peut se targuer d’apporter aux étudiants germanophones nancéiens un semblant d’aptitudes linguistiques anglophones, l’Acte II n’a pas fait que des heureux. De nombreux étudiants déplorent, en effet, le peu de cours dispensés dans la langue de Goethe, fruit d’une nouvelle politique des langues. Quelle déception pour beaucoup de voir ainsi disparaître toute trace de cours d’allemand sur leur emploi du temps, une fois le niveau C2 atteint (les cours de substitution ayant malheureusement été supprimés) ! Déception à laquelle l’administration réplique cordialement que Sciences Po demeure une université de sciences sociales avant tout et non une université de langues. Paradoxe, lorsque la possibilité de pratiquer à un bon niveau plusieurs langues est souvent mise en avant comme un critère de sélection de notre école et intrinsèquement du campus de Nancy.

Bien heureusement, notre Kampus préserve globalement ce pourquoi nous l’avons tous choisi : son ouverture sur l’Europe, son intérêt persistant pour l’espace germanophone, (ses victoires aux Collégiades) et son niveau académique excellent.  La création de majeures semble être intéressante, puisqu’elles permettent à chaque étudiant de se spécialiser dans les domaines qui lui plaisent. Notons tout de même que la possibilité de rester généraliste grâce au tronc commun demeure envisageable. Toutefois, il est encore impossible de dresser un bilan fidèle et précis de ces majeures, puisque leur mise en place ne sera effective qu’à partir de la rentrée.

Parlons enfin de la troisième année à l’étranger. A nouveau, l’Acte II s’impose de manière contrastée sur le campus de Nancy. Tout d’abord heureux de la disparition des dérogations, qui rend l’ouverture à l’internationale plus vaste encore, les étudiants ont eu la stupéfaction de découvrir la nouvelle carte des universités. Beaucoup d’entre elles sont désormais inaccessibles à certaines majeures… certaines de ces dernières étant plus pénalisées que d’autres. L’Allemagne bénéficie tout de même d’un choix assez large et égalitaire d’universités dispensant des cours dans les trois majeures. Le campus de Nancy semble donc ici moins pénalisé que d’autres campus, bien que tous ses étudiants n’envisagent pas une troisième année dans un pays germanophone.

La réforme vue à travers… le parcours civique

Grande nouveauté de la réforme, le parcours civique se déploie depuis l’année dernière sur notre Kampus et s’impose petit à petit à la masse étudiante nancéienne prise de court. Les étudiants déplorent la lenteur avec laquelle chaque étape est mise en place, négligeant un temps d’organisation nécessaire pour chacun. Ainsi, les informations concernant le stage civique ne leur sont parvenues qu’en janvier, et celles sur le projet civique fin août, pour une rentrée prévue le 3 septembre.

En dépit de cela, le parcours civique possède tout de même plusieurs atouts. L’opportunité donnée aux étudiants de s’engager pour une cause qui leur est chère semble être une bonne idée. En outre, l’éclectisme des associations et projets proposés permet à chacun de s’adresser à un public précis et ciblé. Le cadre institutionnel et universitaire qui lui est conféré peut également être perçu comme une bonne chose puisqu’il motive plus qu’il ne dissuade. Les étudiants nancéiens issus des systèmes scolaires allemands et autrichiens sont d’ailleurs familiers avec ce type d’engagement civique. En effet, leur système éducatif promeut en effet le volontariat face à la question de la précarité ou de l’immigration, par exemple. Le parcours civique s’avère donc être non seulement une opportunité pour certains de se dédier à une cause nouvelle, mais également, pour d’autres, la possibilité de continuer à s’investir dans une cause qui leur est chère.

Néanmoins, il convient de préciser que certaines conditions de validation demeurent problématiques pour certains étudiants : travailler bénévolement de quatre à six semaines pendant les vacances d’été ou encore trouver un stage de 35h par semaine dans une association s’avère parfois plus compliqué que ne l’envisage l’administration parisienne.

En conclusion, l’Acte II du Collège Universitaire s’impose de manière contrastée sur le campus de Nancy. Apportant de nombreuses améliorations dans plusieurs domaines, il possède également ses limites. La promotion 2022 étant la première génération à expérimenter ce nouveau processus d’enseignement, il semble naturel et légitime que des doutes et des problèmes émergent.

La réforme ne pourra être jugée par les étudiants nancéiens à son juste titre qu’à l’issue des trois années de licence. Toutefois, nous pouvons d’ores et déjà formuler le vœu d’une communication apaisée et favorisée entre étudiants et administration, afin de soulager les promotions suivantes des angoisses et frustrations, qu’une telle réforme peut -légitimement – engendrer.  

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Ruth Mackenzie et Abd al Malik : la (Grande ?) Révolution Culturelle. https://www.lapeniche.net/ruth-mackenzie-et-abd-al-malik-la-grande-revolution-culturelle/ Wed, 05 Sep 2018 09:00:52 +0000 http://lapeniche.net/?p=38632 Mardi dernier, les étudiants de Sciences Po ont eu l’occasion d’échanger avec Ruth Mackenzie, directrice artistique du théâtre du Châtelet  et Abd al Malik, chanteur, au sujet de la place de la culture dans nos sociétés. Une rentrée solennelle placée sous le signe de la question de la démocratisation de la culture.

Après un discours introductif de la part de Pauline Bensoussan, responsable pédagogique et  coordinatrice des programmes du campus de Paris à Sciences Po, l’amphithéâtre Boutmy a eu le plaisir d’écouter un court récital de piano joué par Hugo Panonacle et Nour Ayadi, étudiants en deuxième année. Puis, durant un discours prononcé par les deux majors de notre promotion, Edmond Huet et Romy Khonaisser, nos invités ont eu l’occasion d’en apprendre davantage sur le projet pédagogique de notre école ainsi que sur les spécificités de la promotion Simone Veil.

À la fin de cet exposé, nos majors ont convié Ruth Mackenzie et Abd al Malik à rejoindre le pupitre de l’amphithéâtre Boutmy, marquant le début de cette leçon culturelle.

Crédits photo : Frédéric Ivernel

Dès les premiers instants de son discours, Ruth Mackenzie montre un engagement marqué par la volonté de révolutionner le rapport des parisiens à la culture. En effet, la directrice artistique du théâtre du Châtelet revendique un théâtre au service de son public et dans lequel chacun participerait activement à l’élaboration du projet. Son intervention incitait notamment les étudiants de Sciences Po à devenir des citoyens actifs en participant à des débats citoyens dans les mairies de Paris. Cette initiative cherche donc à pallier le déficit démocratique de l’accès à la culture en faisant en sorte que le théâtre puisse parler à toutes les strates de la société, car il s’agit, selon les mots d’Abd Al Malik, d’un outil démocratique. À titre d’exemple, Ruth Mackenzie envisage notamment la création de représentations théâtrales au sein de stations de métro afin de pouvoir toucher un public encore plus large et sur le même modèle que les expositions créées avec l’artiste Ai Weiwei durant les JO de Londres.

À ses côtés, Abd Al Malik, second intervenant de cette matinée, a, durant des interventions incarnées, rappelé la visée humaniste du projet. L’artiste, compositeur et interprète, ayant grandi dans les quartiers difficiles de Strasbourg a rappelé à quel point, cette période de sa vie a façonné son regard. Celui ci a notamment rappelé que nous traversons actuellement une période particulière et que “ dans une période de transition, le meilleur comme le pire peut advenir”. Citant l’exemple des migrants, Abd Al Malik rappelle que la culture est le lien qui nous unit tous, “le miroir de l’humanité” et qu’elle permet de dépasser les frontières. Abd al Malik nous met en garde à ce titre : le monde est condamné à réussir cette union, au risque d’échouer collectivement et de céder à l’obscurantisme sinuant au sein de nos sociétés. Cela passe donc bel et bien à intervenir auprès des plus jeunes pour rappeler l’importance de la culture.  Il invite ainsi l’ensemble de la communauté étudiante de Sciences Po à venir dans les quartiers dits “difficiles”, afin d’inciter les “exclus” à renouer avec le monde de la culture.

Pour nos “combattants de la culture”, il est devenu essentiel de lier l’ensemble des acteurs d’aujourd’hui et de demain pour créer du lien, partager des connaissances, et ce, afin de s’unir dans un contexte politique où justement, cette solidarité est vulnérable. Cette expression prend aussi son sens dans la mesure où il n’a pas forcément été simple pour nos intervenants d’obtenir leur place dans ce milieu. Ruth Mackenzie évoque notamment le sexisme dont elle a été victime durant sa brillante carrière.

Après un discours d’une bonne heure et quart, les étudiants ont été invités à poser des questions à nos invités afin de marquer d’autant le plus le lien entre les intervenants et notre promotion ainsi que de répondre à certaines interrogations.

Plusieurs questionnements ont été soulevés, à commencer par la question du financement de tels projets. En effet, si l’on pouvait espérer un plan pour rendre les accès aux théâtres gratuits, Ruth Mackenzie explique que le fait de payer un billet, même de manière très modeste, est justement ce qui permet de faire venir les clients et de ne pas (paradoxalement) “vider” les salles de théâtre. Il est toutefois regrettable et regretté que les invités de l’amphithéâtre Boutmy n’aient pas non plus développé l’aspect “pratique” et novateur de leur “révolution” ; à l’heure des budgets municipaux collaboratifs, des initiatives citoyennes et de la volonté d’horizontalité entre les citoyens et les institutions, nous n’avons malheureusement pas ouï de propositions concrètes pour commencer cette grande révolution culturelle.

Zacharie Kartener et Alice Lechat

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Mais à quoi sert la 2A ? https://www.lapeniche.net/a-quoi-sert-la-2a/ https://www.lapeniche.net/a-quoi-sert-la-2a/#comments Wed, 03 Sep 2014 08:27:46 +0000 http://lapeniche.net/?p=20151 « Choisir quelques enseignements électifs tout en gardant la perspective pluridisciplinaire qui caractérise Sciences Po. » C’est ainsi qu’est décrite la 2A sur le site de notre bien aimé établissement. Pourtant, entre les différents électifs aussi insolites les uns des autres, la 2A est aussi l’année de la spécialisation. Alors entre 1A et 3A, entre découverte de la vie étudiante et départ à l’étranger, à quoi sert vraiment la 2A ?

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Des étudiants en amphi Boutmy. Photographie : Lina Skoglund
Un cursus encore très généraliste

 « L’objectif de la 2e année reste d’approfondir la formation générale dispensée en 1ère année ; elle n’a pas pour objet d’offrir une spécialisation, qui est mise en œuvre en master. » explique Sylvie Herlicq, Directrice exécutive au Collège universitaire. Il ne s’agit donc pas de se spécialiser mais d’encourager la curiosité des étudiants pour une matière en particulier.

N’en déplaise aux principaux concernés.  « La 2A devrait être plus spécialisée »  regrette Léonor, cette ex-élève de deuxième année, fut déçue de l’enseignement resté « très/trop général » malgré sa spécialisation en droit. Mais c’est aussi cela SciencesPo, la pluridisciplinarité, la possibilité pour les élèves de ne se fermer aucune porte. Cet aspect est illustré par l’expérience de Fatima : « J’étais au premier semestre en approfondissement économie et j’ai changé au deuxième semestre pour un approfondissement droit. Il est donc possible de changer entre les deux semestres (…) C’était une démarche vraiment facile. »

Malgré cette possibilité et la caractéristique pluridisiciplinaire, les deuxièmes années semblent plutôt se décider en préparation de leur avenir, à l’image de Camille : « J’ai choisi de me spécialiser en économie. C’est en effet la matière qui m’intéresse le plus, et qui est la plus cohérente avec mon projet de master. »

 
Une 2A plus professionnelle avec SciencesPo 2022 ?
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Le document d’orientation stratégique SciencesPo 2022 présenté par la direction avant l’été

 « J’attends que la deuxième année soit professionnalisante. » C’est sur cette voie, chère à Camille actuellement en deuxième année, que s’engage l’administration avec le document d’orientation stratégique « SciencesPo 2022 ». Il y est notamment proposé de mettre en place « des programmes [qui] faciliteront la réflexion des étudiants sur leur parcours à venir ».  Cette décision est très bien accueillie à un moment où la question du choix de master se pose : « J’hésite encore entre deux masters et pourtant je suis allée à la semaine de l’orientation, il y a donc une marge de progression. » déplore Fatima.

Prolonger l’expérience professionnelle du stage de terrain de première année avec une meilleure information des étudiants au sujet de leur orientation semble être adéquate. Ce contact avec la vie active se prolongerait par la participation à des « enquêtes en lien avec les centres de recherche ». Actuellement proposé uniquement en master, cette mesure permettrait aux étudiants de se découvrir un intérêt pour la poursuite de leurs études en doctorat – à SciencesPo ou ailleurs.

Malheureusement, aucune précision n’a pu être obtenue sur la forme que ces deux mesures prendraient. « la réforme n’est pas encore formalisée : un comité de réflexion a été créé, qui va proposer des aménagements pour les trois années du Collège. » explique Sylvie Herlicq. La réforme paraît donc encore bien loin mais « risque d’amoindrir l’aspect « vacances » du collège U » plaisante Léonor.

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Et à côté ?

Comment aborder la scolarité à SciencesPo sans parler de la vie associative ? En deuxième année, elle paraît en effet beaucoup plus présente. Léonor et Fatima s’accordent toutes deux à dire que leur engagement était beaucoup plus marqué en 2A. Fatima, elle, en a même profité pour mener son propre projet en créant sa propre association. « Sciences Po nous offre des opportunités qu’on ne retrouve pas ailleurs. Il faut en profiter (…) C’est un investissement personnel conséquent et très enrichissant ! » remarque-t-elle. L’organisation de conférences ou l’établissement de partenariats, par exemple, peut s’avérer être un « plus » sur un CV et constituer une véritable expérience.

Le président du BDE Pierre-Louis Lagnau dans un épisode de la série 27 sur la préparation de la 3A
Préparer sa 3A, c’est crevant ! Le 27 – Préparer sa 3A https://www.youtube.com/watch?v=lP8fBqdBpZA

On prépare aussi sa 3A évidemment. Que ce soit en révisant son anglais en faisant des séances intenses d’e-learning pour majorer l’IELTS ou en parcourant par centaines les sites d’universités étrangères, la 3A occupe toutes les têtes. Mais ne vous en faites pas quant à vos affectations, les résultats aux examens ne comptent pas tant. « Tout dépend du projet et de la lettre de motivation. Je ne le répète pas assez, mais vous pouvez être Summa ou Cum et avoir votre 3ème ou 4ème choix si vous ne montrez pas que vous êtes fait pour CETTE université et pas une autre. » explique Fatima. Et Léonor d’ajouter : « Ma moyenne très moyenne (justement) m’a tout de même permis de demander une bonne université au Canada ! » Voilà de quoi être rassuré !

Finalement c’est peut-être Camille qui résume le mieux la 2A telle qu’on l’attend : « La 2A est pour moi l’année qui doit nous permettre d’affiner notre projet professionnel, tout en ayant le temps de s’enrichir à travers des activités culturelles, sportives et associatives. » Alors quel souvenir ? « Le collège U me laisse des souvenirs incroyables, dans quelle autre école bénéficie-t-on à la fois d’un excellent enseignement et d’une opportunité de sociabilisation pareille? » répond Léonor. A la veille, du départ en 3A se mêle excitation et amertume, « J’ai envie de redoubler ma 2A pour tout recommencer ! » avoue Fatima, alors qu’elle entre au King’s College de Londres.

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