En effet, les dates sont sorties il y a deux semaines seulement : les premiers examens des sciencespistes commenceront le 12 octobre. Personne ne veut se l’avouer, mais c’est pour dans moins trois jours !
Pour les 1A, c’est la grande nouveauté ! (Bien qu’ils s’en seraient bien passés…). C’est pourquoi, dans le but de se rendre plus « sereinement » à Arcueil (tout est relatif évidemment), nous avons décidé de partir à la recherche de ceux qui s’y connaissaient déjà. Les élèves de deuxième année sont désormais (plus ou moins) aguerris, après toutes ces heures de galops et les partiels, ce fameux stress s’est dissipé. Louis Margolis nous dévoile la « magie » de cette salle d’examens : « Arcueil c’est un lieu un peu au milieu de nulle part et pas hyper bien relié au reste du monde… Du coup quand tu arrives tu te retrouves avec plein d’autres 1A, tous en train de bosser pour les galops et réviser leurs fiches « dernier tour » (à part une petite minorité qui essaie de faire autre chose pour se changer les idées).
Après la salle c’est une grande salle d’examens un peu comme pour le bac, donc il fait chaud, il y a des règles un peu strictes à respecter mais à part ça c’est cool ! […] une grande partie de la promo […] est vraiment dans le même état que toi (à l’exception près qu’eux sont pour la plupart en monocu donc ils ont en théorie pu bosser plus) ». Car en effet, comme le souligne Louis, toute la promotion est au rendez-vous ces matins-là ! Ce qui signifie également, un beau mélange de cursus (monocursus, bicursus mathématiques, histoire…).
Pour sa préparation aux examens, tel un sportif aguerri, Louis nous confie son programme pour les examens : « Je n’y pensais pas des masses… du coup je ne m’y suis pas vraiment préparé, j’ai vraiment bossé pendant la semaine de révisions quand j’ai pu… Même si, en tant que grand procrastinateur, je me suis retrouvé au S2 à réviser et tout apprendre le jour d’avant, franchement je ne recommande pas cela… Cette méthode ne porte vraiment pas ses fruits
»
Si comme Louis, tu réalises que les révisions de dernières minutes, les apprentissages « à l’arrache » sont trop risqués, voici quelques « tuyaux » pour essayer de briller pendant les examens. (Essayer c’est déjà ça !)
Il est d’abord important de souligner que les p’tits jeunes de Sciences po vont avoir le droit à une nouveauté cette année ! (Comme si cela ne suffisait pas d’avoir des examens, il faut en plus qu’on soit le « crash-test » de Mr Delalande…). Cette exclusivité réside dans la configuration du sujet. Comme le souligne Mr Truong-Loï, assistant de Mr Delalande : « Les sujets seront plus précis et cela doit notamment vous permettre de réutiliser les textes du syllabus. Mobiliser ces textes sera un plus dans toutes les copies. ». D’une dissertation du type : « Conserver le pouvoir en Europe au XIXème siècle » ou encore « Moderniser les Empires au XIXème siècle », demandant une réflexion sur une grande partie des leçons vues en cours et à réaliser en 4 heures, nous passons à deux sujets, plus précis, mais toujours à réaliser en 4 heures ! Il nous est donc demandé une réflexion plus pointue sur chacun des sujets et donc une quantité (normalement) moins importante pour chacun d’eux. Mais la difficulté réside alors en la capacité d’être concis, précis et rapide !
Mais comment faire pour s’y retrouver à travers cette masse des dates et évènements à ingurgiter ? Les spécialistes, Mr Truong-Loï et Mme Dasque, nous répondent à travers une série de questions que voici …
Mme Dasque : « L’apprentissage doit être régulier ! Chaque semaine, la maîtrise des connaissances acquises, par les lectures complémentaires et la révision de vos cours, vous permettront à la veille des galops et des examens de ne devoir faire qu’une relecture globale pour vous assurer que le cours est bien maîtrisé. Pour le vérifier et se donner confiance, bien que vous en sachiez toujours plus que vous ne le pensez, on peut s’entraîner avec quelques sujets. On essayera de rassembler et organiser ses idées de façon à répondre à la question posée. Attention, si au bout d’une demi-heure, cela ne donne rien, il ne faut pas insister et passer à un autre sujet, tout en étant conscient des lacunes encore à combler »
Mr Truong-Loï ajoute : « Pour ne pas se laisser déborder, mieux vaut travailler donc un peu toutes les semaines que beaucoup à l’approche des examens. Je sais que la plupart de choses vues en CM sont nouvelles pour vous, alors il faut vraiment faire un effort pour tenir à jour chaque semaine ses notes et ses fiches. De la même manière, le travail d’apprentissage doit être régulier pour ne pas avoir à ingurgiter une énorme masse de connaissances au dernier moment. Pour l’entraînement, aidez-vous des exercices que vous donnent vos chargés de conférence de méthode. »
Mme Dasque : « Le principal est d’abord l’assimilation des cours, complétés par les chapitres des manuels. Les lectures complémentaires doivent, d’une part, permettre d’aller plus loin lorsque l’essentiel a été déjà bien assimilé et, d’autre part, aider à combler un sujet de curiosité et à stimuler votre réflexion. Il faut concevoir ces lectures de façon progressive, des plus généralistes aux plus précises et pointues, et choisir parmi ces lectures celles qui doivent vous permettre de compléter un cours déjà bien assimilé, afin d’enrichir votre réflexion. »
Mr Truong-Loï nous rassure malgré tout sur ces lectures en précisant : « Faites du CM votre point de repère. Les lectures complémentaires sont les bienvenues, mais si elles vous éloignent de la compréhension des faits et des idées du CM, gardez-les pour les vacances ou plus tard. »
Mme Dasque répond : « Il faut repérer les grandes articulations du cours et retenir les questions et les principaux enjeux qui se posent pour chaque période – séquence chronologique et cours thématiques mais aussi définir les problématiques et les concepts les plus pertinents propres à chaque période. Et à partir de là, on retiendra les exemples propres à illustrer ces notions et/ou problématiques et donc donner de la matière à la réflexion. »
Pour Mr Truong-Loï, il s’agit de se référer : « à la dernière slide de chaque cours. Nicolas Delalande y synthétise les choses à retenir. Pour prendre vraiment de la hauteur, vous pouvez essayer de dégager les deux, trois grandes idées fortes de chaque CM et de les inclure dans un récit qui reprend chacune des séances du cours ». Il propose également le travail en groupe, pour une meilleure efficacité : « Ensuite, pourquoi ne pas essayer de comparer entre étudiants les différents résultats auxquels vous parvenez ? »
Enfin, voici les derniers « tips » pour écrire votre meilleure copie 
Mme Dasque : « une pensée très clairement exprimée, fluide et nuancée, dans une langue soignée. »
Mr Truong-Loï : « Cette année, le mode d’évaluation change. On est passé d’une seule dissertation à deux essais. Les sujets seront plus précis et cela doit notamment vous permettre de réutiliser les textes du syllabus. Mobiliser ces textes sera un plus dans toutes les copies. »
Mme Dasque : « Plusieurs erreurs à éviter : une réflexion confuse et mal organisée … des informations peu pertinentes avec le sujet et donc récitées et plaquées vous assurent d’être hors-sujet. »
Pour Mr Truong-Loï, les conseils se rapprochent : « L’erreur à éviter sera, je pense, une simple récitation de cours. On vous demande de traiter une question précise, déjà assez problématisée. Efforcez-vous de bien expliciter les enjeux qu’elle soulève et répondez ensuite à cette question sans vous perdre dans le récit des événements que vous mobilisez. En d’autres termes, ne perdez jamais de vue le sujet et demandez-vous toujours si ce que vous écrivez répond à la question posée. »
En espérant que ces indications te permettront d’arriver « béton » (enfin du moins pas en « carton ») samedi, au galop d’histoire !
Pour ce qui est de l’économie, rien ne change, et même pas la charge de travail ! Prenez un peu de croissance à long terme, mettez-y des ressources et stratégies, sans oublier de saupoudrer d’interactions sociales et mélanger le tout avec les entreprises et marchés… Vous obtenez le programme de révisions pour le premier galop d’économie.
Mais alors, comment faire pour ne pas « rater son gâteau » justement ? Pour être sûr de n’oublier aucun ingrédient, nous avons demandé directement au cuisinier étoilé : Yann Algan.
“Chères étudiantes, chers étudiants, toutes mes pensées et tous mes encouragements vous sont adressés à la veille de vos premiers galops d’essai. Comment réussir son galop en économie ? Pas de recettes miracles, à part du travail, de la sérénité de la confiance en soi, et le partage avec les autres. “
“La clef est un travail régulier : réviser chaque semaine ses cours et ses dossiers de conférence de méthode, plutôt que la veille du galop ! Certains n’arrivent pas à se mettre au travail et repoussent sans cesse le moment d’attaquer. D’autres sont paniqués à l’idée des tonnes de cours qu’il faut revoir et ne savent pas par quoi commencer. D’autres encore se lancent sans méthode dans des révisions marathon et voient leur stress augmenter de jour en jour.
Pour s’organiser, il faut s’organiser! Il faut faire un plan de révision. Réfléchir dans le temps à scander les révisions et les apprentissages. Pourquoi ne pas partager avec quelques camarades ce plan et se répartir le travail?”
“En évitant de boire des spritzs la veille du galop d’essai! Plus sérieusement, il faut garder le sens des grandes questions qui sont posées, s’assurer de comprendre les raisonnements.
J’écris, je pense, l’économie en me demandant si mes enfants comprendront ce que je dis. Je conseille aux étudiants d’adopter cette posture d’empathie avec celui qui les écoute. L’apprentissage par les paires est très efficace: essayer d’expliquer une notion d’économie à voix haute à vos amis ou votre famille. Si leur expression du visage reste dubitative, c’est certainement que vous ne maîtrisez pas encore parfaitement la notion, recommencez !
Enfin pour garder les idées claires, il faut aussi savoir prendre la force là où elle est: dans le repos, le sport, les arts, la culture, l’engagement dans la collectivité, l’amitié, l’amour… La veille du galop; lisez un bon roman plutôt que votre cours d’économie, vous le maîtrisez déjà.”
“La base : Une pensée construite, claire. Le plus : la preuve d’une maturation des connaissances et une capacité à les mettre en perspective. Nous privilégions l’esprit critique, les capacités de raisonnement, l’aptitude à embrasser des problèmes complexes de façon claire et nuancée, bien plus que la récitation.”
Voilà, les conseils de nos professeurs s’achèvent ici…
Alors pas d’inquiétude! Si en lisant ces conseils, tu penses être loin du compte pour samedi, rappelle toi que ce ne sont que les premiers examens, que tu es tout à fait capable d’y arriver et que tu connais déjà plein de choses!
La Péniche t’envoies tous ses meilleurs voeux de succès <3
« Vous êtes des extraterrestres car vous êtes des milléniaux ». L’étonnement et la surprise se lisent sur nos visages. Revenons au sens du mot « extraterrestre » selon M. Latour : qui n’a pas les pieds sur terre, qui n’y est pas attaché. Comment ne peut-on pas être attachés à la terre, nous qui subissons les effets du changement climatique ? C’est la technologie qui nous éloigne de cette terre, que l’on appréhende désormais à travers l’écran de notre téléphone. Ainsi, dans un ton qui se fait de plus en plus grave, il nous explique notre défi, en tant qu’élèves de Sciences Po : répondre au problème colossal du changement climatique planétaire. Colossal, on l’aura tous compris, est son mot préféré. « Ce n’est pas un exposé sympa » poursuit-il, contrastant ce commentaire ironique d’un regard paternel. La terre se meurt sous nos yeux, comment dévoiler cette vérité autrement ? Ses yeux à lui sont doux et calmes, il se doute que l’on ne peut résoudre ce problème seulement avec de la bonne volonté et de l’espoir. Il ne s’adresse pas à nous par hasard, au contraire, tout cela est réfléchi car la terre entre en politique. Et cela, pour la deuxième fois de notre histoire, après la révolution scientifique galiléenne du XVIIème siècle, ayant engendré un bouleversement religieux. Le titre de son exposé, « les politiques de la Terre », prend désormais tout son sens.
Le qualificatif « éclaireur » est bien choisi par M. Duhamel. En effet, sa pièce de théâtre Cosmocolosse, écrite en 2013 en collaboration avec Chloé Latour et Frédérique Ait-Touatti, se veut novatrice : le « cosmocolosse » est en réalité une entité vivante, d’origine humaine, conséquence de notre capacité à modifier en profondeur la terre. Pollution, déchets, réchauffement climatique constituent celui-ci. On peut ainsi parler d’allégorie de l’anthropocène, allégorie devenue réalité incontrôlable. Aujourd’hui, cette situation révolutionnaire, dont la cause est ce « cosmocolosse », se veut paradoxale : il s’agit d’une révolution que tout le monde subit et provoque. Silence dans l’amphithéâtre. On peut difficilement être insensible à cette réflexion poussée plus loin que l’antagonisme classique écologisme-capitalisme.
Dans une seconde partie, basée sur les solutions possibles face à ces nouveaux défis politiques, M. Latour renfile son costume d’humoriste. « On ne va pas tous mourir, c’est une bonne nouvelle » lâche-t-il au milieu de rires étouffés. Plus sérieusement, il fait le constat alarmant d’un désaccord planétaire : on n’est pas d’accord sur le monde dans lequel l’on vit. Reprenant les parallèles historiques, il compare cela à la guerre de ‘40, « curieux mélange de mobilisation totale et de calme total ». Mobilisation totale sur les réseaux sociaux, avec l’exemple récent de l’Amazonie, et calme total dans la mesure où les actions politiques et publiques sont lentes et peu efficaces, à l’image de Donald Trump. Cela est lié, selon lui, à la corruption de l’espace public et plus particulièrement à la désinformation sur la situation climatique. En effet, à l’ère des fake news et du brainwashing politique en vue des réélections, il est difficile d’accéder à de réelles informations fournies par des spécialistes et journalistes compétents. Pour y remédier, il faut « mettre en bulle les énoncés flottants », un de ses concepts célèbres. Cela signifie qu’il faut attribuer aux énoncés simplificateurs et mensongers un locuteur, un interlocuteur et une situation cohérente d’interlocution : il faut situer dans le temps et l’espace les énoncés médiatiques tout en leur donnant un caractère neutre, scientifique, et non catégorique. Cela favorise une pensée construite et réfléchie et plus généralement permet de ne pas céder au climatosepticisme. La mise en bulle des énoncés flottants est une des solutions, selon M. Latour, pour s’accorder sur la vérité à laquelle l’on est confronté.
Connaître la terre sur laquelle on marche, vit et respire n’est qu’une première étape dans la résolution de cette urgence climatique. Contempler silencieusement nos pas sur cette terre, qu’il faut désormais protéger, est simple, mais essentiel pour renouer le lien a cette terre que l’on a perdu au profit de la technologie. Se plonger dans la littératerre de M. Latour permet de se confronter différemment au « cosmocolosse » que l’on a créé.
]]>Bien sûr, la découverte fait partie des choses qui rendent les années Sciences Po si particulières et inoubliables. Tout — ou presque — ce que vous allez apprendre cette année sera nouveau, vos voisins de classe, inconnus, deviendront vos amis, etc.
Alors cet article n’a pas pour but de vous divulgâcher toutes les saisons de « Games of Péniche » mais plutôt de vous donner quelques conseils pour profiter au mieux de cette merveilleuse aventure !
La semaine de prérentrée
La fameuse semaine de pré-rentrée, entre nouvel établissement, nouveaux visages, nouvelles attentes et souvent nouvelle ville, est propice au stress inutile.
Si vous êtes d’un naturel angoissé, gardez à l’esprit que l’exposé sur site n’est pas une raison valable pour se mettre la rate au court bouillon. Profitez de cet exposé pour vous remettre dans le bain du travail, pour commencer à prendre l’habitude des exposés traditionnels de Sciences Po et pour en apprendre le plus possible sur le sujet choisi mais ne vous en faites pas s’il n’est pas parfait. Il n’est pas noté, vous ne reverrez probablement jamais le prof en question et parfois les élèves non plus !
Vous aurez le temps de tout faire !
Cheer Up, La Péniche, Révolte-toi, Solidaires, Melting Potes… Chacune des tables des centaines d’associations vous donne envie et vous hésitez maintenant à vous y inscrire. N’hésitez pas trop longtemps : la vie associative de Sciences Po est particulièrement enrichissante et la charge de travail suffisamment légère pour vous permettre de vous y impliquer à fond !
Si vous aimez le sport, que vous voulez en continuer un ou en découvrir un autre, passez aussi par la case AS, parfaite pour compléter son cercle d’amis et participer au légendaire Crit !
Saisissez aussi toutes les opportunités d’aller aux différents événements associatifs ; loin d’être du temps perdu, ce sont les meilleurs moments passés sur les bancs de Boutmy !
L’année commence
Maintenant que vous êtes inscrits dans 12 associations — et que vous avez participé à tous leurs afterworks —, que vous avez fait connaissance avec votre triplette et que vous vous êtes connectés à Moodle, l’année universitaire peut véritablement commencer !
Vous entendrez (assez vite) parler du NNB : le November Nervous Breakdown, ou période de stress de mi-semestre. En dépit d’une exagération toute sciencespiste, cette période — où galops et papers à rendre se chevauchent — est, il est vrai, propice au léger coup de blues. Pour y remédier : rien de tel que les événements de vos assos préférées, les pauses entre amis ou les sessions de sport ! Vous verrez, tout est bien qui finit bien et on finit par rire (au moins sourire) de cette semaine 8 qui nous a un temps stressés.
(F)Utile
Vous découvrirez bien assez tôt tous vos coins préférés de Sciences Po et de son quartier ; vous aurez votre place attitrée en Boutmy, votre go-to sandwich de la cafet’, pas de doute là-dessus. Mais voici quelques conseils pour vous éviter d’inutiles déconvenues.
Parlons d’abord des choses capitales : le chocolat. Après une consciencieuse comparaison je peux affirmer que le meilleur chocolat chaud est, sans l’ombre d’un doute, celui de la cafétéria du 56. Pour peu que vous ajoutiez de la chantilly, votre après-midi de révision est instantanément illuminé. Si la cafet’ est fermée, la machine du 9 rue de la Chaise pallie fort plaisamment aux urgences sucrées.
Entre deux chocolats, si vous avez cours au 28 rue des Saints Pères : bonne chance. Le bâtiment ressemble de près ou de loin à la maison des fous dans Astérix et Obélix : pour atteindre les salles H prenez l’escalier D, longez huit couloirs, évitez les bureaux du laboratoire d’économie, descendez une volée de marches et vous trouverez peut-être votre cours… Donc prévoyez le coup et soyez un peu en avance !
Si vous n’avez pas un sens de l’orientation aiguisé, vous pourriez passer à côté de la station de métro Rue du Bac (ligne 12), située bien plus près des bâtiments du 13 rue de l’Université et du 28 rue des Saints Pères que Sèvres-Babylone. Lorsque vous prenez la ligne 4 (depuis le Sud), s’il vous arrive d’être en retard, arrêtez-vous à Saint Sulpice plutôt qu’à Saint Germain : vous gagnerez de précieuses minutes !
Enfin, pour ne rien rater de l’expérience Sciences Po : caressez Marcel lorsqu’il vient faire sa sieste sur votre ordinateur en conférence d’Institutions politiques, finissez vos exposés de groupe dans le jardin de la bibliothèque, apprenez à vous servir du jargon de la maison, buvez une (des) pinte(s) au Basile et organisez des pique-niques de conf au jardin du Luxembourg, bref, amusez-vous !
Image : « La maison qui rend fou », Les Douze Travaux d’Astérix
]]>Après ces considérations bercées sur un fond d’ACDC quelque peu mal calibré – mais somme toute à la limite du «clin d’œil nostalgique » pour le jury – la première triplette monta sur scène. Si6 l’impératrice, représentée par Tristan, Noé, Emma, et Alexandre, était prête à briller. Entre « références grivoises », jeux de mots littéraires (n’oublions pas la référence de Noé à Dino Buzzati et son « désert des tartares ») et phrases accrocheuses telles que « la vie n’est qu’un Tinder match raté », Tristan et Noé s’employèrent fidèlement à l’exercice du discours. Emma et Alexandre préférèrent successivement reformuler plusieurs fois de suite le sujet (« Tout est perdu fors l’honneur ») en « il y a des hauts et des bas », ou se comparer à un flacon de parfum Chanel, référence au fameux clash Booba-Kaaris à l’aéroport d’Orly. Leur succéda la triplette Al Cap’1 qui, malgré son nom des plus chaotiques, nous délivra en les personnes d’Hicham et Aïda de beaux discours. A la fois taquins et sérieux, ils surent mener une réflexion joueuse et profonde sur le sujet : « soyons terribles, pour dispenser le peuple de l’être ». Les questions furent appréhendées, que disons-nous, attaquées, déchirées, dévorées, par Marguerite et Lucas. Non contents de s’être fait un nom dans le milieu de la « réponse-du-tac-au-tac », ils surent nous étonner en mobilisant des notions de géographie qui nous permirent de nous rappeler qu’un IEP de province n’est pas Sciences Po. Nous ne citerons pas ici ce qui fut dit.
Puis vint le tour de Madame de Pompa12 : si Aurore mania la blague politique avec brio, Tim n’hésita pas à nous confier ses penchants sadomasochistes, à travers cris et coups sur le pupitre. Océane et Thomas, eux, ne se départirent pas de leur calme, et malgré un écart de voix de Thomas (écho d’une mue vocale pas si lointaine) au moment de saluer le jury, ils lui présentèrent des réponses bien largement à la hauteur de nos attentes, sur le sujet « il ne suffit pas d’être des héros, nous voulons être des vainqueurs ». En ce qui concerne les ambassadeurs du 13or de Toutankhamion, les deux discoureurs nous offrir de quoi rivaliser avec le reste des triplettes concurrentes : Apolline et son débit de parole plus rapide que l’éclair su rendre enfantin son timbre de voix, tentant ainsi de nous amadouer, mais n’étant clairement pas nés de la dernière pluie, ce n’est que grâce à ses superbes jeux de mots et autres calembours qu’elle et Dimitri nous séduisirent. Edgar et Aurélien nous servirent des réponses de qualité, convoquant avec humour (trop ?) des sujets comme la pédophilie ou la guerre en Syrie, d’aussi loin que le sujet « condamnez moi, peu importe, l’Histoire m’absoudra » puisse être concerné.
C’est après une longue délibération, et face à un public trépignant d’impatience, que le jury revint en Boutmy pour annoncer les prix. Le verdict tombe : la première place revint à Al Cap’1, la seconde à Si6, la troisième au 13or, et la quatrième à Madame de Pompa12. Mais qu’importe le classement, chacune des quatre triplettes a pu, à sa manière, éblouir le public et surtout, a su oser. Pour tout cela, pour leur audace, leur talent, et pour leur don de faire rire la salle, on ne peut que féliciter les dix-huit talents de la soirée. En définitive, la soirée fut à l’image de l’atmosphère de la salle : rouge, chaude, effervescente (et même incandescente ?). On ne répétera jamais assez que l’éloquence est l’art de l’insolence, merci à vous de nous l’avoir démontré.
Sabine Audelin et Etienne de Metz
]]>En septembre dernier, l’annonce de la réforme du collège universitaire a provoqué remous et excitation au sein du campus franco-allemand de Sciences Po. Un an et de nombreux changements plus tard, les premiers avis objectifs émergent de la masse éclectique de notre Kampus. Bilan.
La réforme vue à travers… les cours
S’il peut se targuer d’apporter aux étudiants germanophones nancéiens un semblant d’aptitudes linguistiques anglophones, l’Acte II n’a pas fait que des heureux. De nombreux étudiants déplorent, en effet, le peu de cours dispensés dans la langue de Goethe, fruit d’une nouvelle politique des langues. Quelle déception pour beaucoup de voir ainsi disparaître toute trace de cours d’allemand sur leur emploi du temps, une fois le niveau C2 atteint (les cours de substitution ayant malheureusement été supprimés) ! Déception à laquelle l’administration réplique cordialement que Sciences Po demeure une université de sciences sociales avant tout et non une université de langues. Paradoxe, lorsque la possibilité de pratiquer à un bon niveau plusieurs langues est souvent mise en avant comme un critère de sélection de notre école et intrinsèquement du campus de Nancy.
Bien heureusement, notre Kampus préserve globalement ce pourquoi nous l’avons tous choisi : son ouverture sur l’Europe, son intérêt persistant pour l’espace germanophone, (ses victoires aux Collégiades) et son niveau académique excellent. La création de majeures semble être intéressante, puisqu’elles permettent à chaque étudiant de se spécialiser dans les domaines qui lui plaisent. Notons tout de même que la possibilité de rester généraliste grâce au tronc commun demeure envisageable. Toutefois, il est encore impossible de dresser un bilan fidèle et précis de ces majeures, puisque leur mise en place ne sera effective qu’à partir de la rentrée.
Parlons enfin de la troisième année à l’étranger. A nouveau, l’Acte II s’impose de manière contrastée sur le campus de Nancy. Tout d’abord heureux de la disparition des dérogations, qui rend l’ouverture à l’internationale plus vaste encore, les étudiants ont eu la stupéfaction de découvrir la nouvelle carte des universités. Beaucoup d’entre elles sont désormais inaccessibles à certaines majeures… certaines de ces dernières étant plus pénalisées que d’autres. L’Allemagne bénéficie tout de même d’un choix assez large et égalitaire d’universités dispensant des cours dans les trois majeures. Le campus de Nancy semble donc ici moins pénalisé que d’autres campus, bien que tous ses étudiants n’envisagent pas une troisième année dans un pays germanophone.
La réforme vue à travers… le parcours civique
Grande nouveauté de la réforme, le parcours civique se déploie depuis l’année dernière sur notre Kampus et s’impose petit à petit à la masse étudiante nancéienne prise de court. Les étudiants déplorent la lenteur avec laquelle chaque étape est mise en place, négligeant un temps d’organisation nécessaire pour chacun. Ainsi, les informations concernant le stage civique ne leur sont parvenues qu’en janvier, et celles sur le projet civique fin août, pour une rentrée prévue le 3 septembre.
En dépit de cela, le parcours civique possède tout de même plusieurs atouts. L’opportunité donnée aux étudiants de s’engager pour une cause qui leur est chère semble être une bonne idée. En outre, l’éclectisme des associations et projets proposés permet à chacun de s’adresser à un public précis et ciblé. Le cadre institutionnel et universitaire qui lui est conféré peut également être perçu comme une bonne chose puisqu’il motive plus qu’il ne dissuade. Les étudiants nancéiens issus des systèmes scolaires allemands et autrichiens sont d’ailleurs familiers avec ce type d’engagement civique. En effet, leur système éducatif promeut en effet le volontariat face à la question de la précarité ou de l’immigration, par exemple. Le parcours civique s’avère donc être non seulement une opportunité pour certains de se dédier à une cause nouvelle, mais également, pour d’autres, la possibilité de continuer à s’investir dans une cause qui leur est chère.
Néanmoins, il convient de préciser que certaines conditions de validation demeurent problématiques pour certains étudiants : travailler bénévolement de quatre à six semaines pendant les vacances d’été ou encore trouver un stage de 35h par semaine dans une association s’avère parfois plus compliqué que ne l’envisage l’administration parisienne.
En conclusion, l’Acte II du Collège Universitaire s’impose de manière contrastée sur le campus de Nancy. Apportant de nombreuses améliorations dans plusieurs domaines, il possède également ses limites. La promotion 2022 étant la première génération à expérimenter ce nouveau processus d’enseignement, il semble naturel et légitime que des doutes et des problèmes émergent.
La réforme ne pourra être jugée par les étudiants nancéiens à son juste titre qu’à l’issue des trois années de licence. Toutefois, nous pouvons d’ores et déjà formuler le vœu d’une communication apaisée et favorisée entre étudiants et administration, afin de soulager les promotions suivantes des angoisses et frustrations, qu’une telle réforme peut -légitimement – engendrer.
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