Lorsque vous usez du terme de condescendance, permettez moi de m’élever. En quoi proposer un texte « difficile » (ou que vous même jugez « abscon ») est il condescendant ?
Au delà de sa prétendue difficulté, c’est l’œuvre d’un artiste et auteur contemporain que nous avons voulu travailler et représenter, c’est son texte que nous voulu porter, dans la perspective d’une découverte théâtrale partagée à la fois entre la troupe et le spectateur. Et nous n’avons jamais menti sur cette ambition. Blessures au Visage fut un projet ambitieux car la pensée de l’auteur propose un véritable reconsidération des moeurs occidentales par le biais de la tragédie comme cri de la modernité, par ce qu’il appelle le « théâtre de la catastrophe ». Il faut saisir – aussi bien le spectateur que le comédien – à la fois la violence et la poésie, la douleur et la beauté. Mais vous ne m’avez pas demandé d’exprimer mon propre sentiment envers la pièce et l’auteur. Ainsi, notre « intention » n’était pas de « choquer », de « provoquer » le spectateur, ou de le faire lever, outré, de son siège durant les 1h10 de spectacle. Et quand bien même cela serait ce le cas, devons nous l’interpeller et le supplier de rester assis depuis la scène ?
Devrais je ajouter aussi que nous proposions, après la pièce, toujours dans cette même optique de découverte et de recherche mutuelle, que les spectateurs et la troupe partagent un moment de dialogue autour de celle ci ?
Et ce n’est pas de la condescendance que de demander comment la pièce a été reçue.
Et ce n’est pas être condescendant que de proposer sa vision et sa compréhension de la pièce et de la confronter aux spectateurs.
Et ce n’est pas faire preuve d’une humilité affectée et factice que de s’enquérir, pour acquérir une vraie justesse d’interprétation, des propositions et des critiques des spectateurs.
Quant au manque de professionnalisme, quant à notre prétendue volonté de plagier le IN, quant au soit disant fossé d’intentions et de qualité entre le IN et le OFF, quant aux critiques factuelles de mise en scène, je préfère laisser le dernier mot aux spectateurs, qui ont rempli sur 14 jours une salle de 40 personnes. Et ce n’est pas de la fatuité, c’est un fait.
J’espère aussi que nous avons appris de cette première expérience avignonnaise, et j’espère que vous profiterez de manière plus agréable et plus complète d’Othello.
]]>Si vous avez vu « Blessures au visage », alors vous vous accorderez plutôt sur cette phrase : « Le constat fait par les fondateurs, est certes insolent, mais pas totalement injustifié : toutes les pièces proposées au festival ne sont pas HEUREUSEMENT aussi RIDICULES que celle proposée par la troupe »
]]>