Vie du campus

LaPéniche était à Rock en Seine !

festival-rock-en-seine-2010-76514.jpgPour sa 8ème édition, qui se déroulait du 27 au 29 août dernier, Rock en Seine avait mis le paquet. En têtes d’affiche, Massive Attack, Arcade Fire (des habitués du festival), Queens of the Stone Age (eux aussi souvent présents à Rock en Seine), The Kooks, Foals, les étranges Naïve New Beaters, LCD Soundsystem, et même les revenants de Blink 182 (mais oui, ce groupe américain qui avait rendu plus belles nos années collège), se bousculaient sur les trois scènes aménagées pour l’occasion sur le domaine national de Saint Cloud. En plus de ces grandes pontes du rock, on pouvait découvrir quelques groupes français dont le très bon Quadricolor et l’énigmatique I am un chien !!. Comme chaque année, la programmation était donc des plus alléchantes, allant jusqu’à concurrencer celle des festivals anglais comme celui de l’île de Wight. Mais si Rock en Seine est connu pour les artistes qui s’y présentent, il l’est d’autant plus pour les artistes qui ne s’y présentent pas. Ainsi chaque année apporte son lot de surprise. En 2007, Amy Winehouse avait posé un lapin aux fans de Saint Cloud. En 2008, rebelote. En 2009, la foule parquée en masse devant la Grande Scène avait pu assister en direct à la séparation du groupe Oasis (un grand moment). Cette année, ce fut le groupe Où est le Swimming Pool qui fut remplacé au dernier moment par Martina Topley Bird. N’empêche, certains festivaliers furent presque déçus par cette nouvelle édition qui manquait un peu d’imprévus et d’artistes mégalomanes. Autre petit souci de cette année : le concert d’Arcade Fire, interrompu par la pluie à 10 minutes de la fin. Bien maigre donc.

Au-delà de la musique, le festival Rock en Seine, c’est aussi une ambiance particulière. Tout d’abord, pour y accéder, il faut nager à travers une mer de flyers (c’est là que l’expérience d’une année à éviter les personnes distribuant des tracts en Péniche est importante), se jouer des hommes ou femmes sandwichs, et enfin traverser un passage sous-terrain glauque. Une fois à l’intérieur, on peut croiser, en vrac, des anciens punks, des jeunes gens arborant fièrement le président Mitterrand sur leur tee-shirt, des nouveaux punks, Jean Paul Huchon, des rigolos s’approchant de certaines personnes en leur demandant avec tendresse s’ils n’ont pas, par hasard, envie de les aider à « casser la gueule à des mecs, là-bas », des internationaux, comme des anglais alcoolisés et aux besoins pressants. Car en effet, le festival accueille de plus en plus de gens venus de toute l’Europe (anglais, espagnols, italiens, belges…), la plupart venue assister aux trois jours de concerts et logeant au camping situé sur le domaine de Saint Cloud même.

Rock en Seine a aussi la particularité d’être un festival écolo. Depuis 2007 sont distribués sur le site des verres consignés: sur plusieurs stands, on peut, contre un euro, recevoir un verre que l’on devra rendre après utilisation pour récupérer son argent. Autre idée : le festival échange des bouteilles en plastiques contre des petits cadeaux (par exemple, 10 bouteilles en plastiques contre 1 Tee Shirt). Toutes sortes d’initiatives « vertes » parmi lesquelles l’usage de toilettes sèches, le tri sélectif, la distribution de cendriers jetables, la présence stands d’information et de sensibilisation à l’écologie qui font de Rock en Seine un véritable « festival vert ». Mais parallèlement à tout cela, Rock en Seine est cher. 45 € pour une journée, 99€ pour les trois jours, sans compter les 45€ pour 3 nuits au camping (pour deux personnes)… Si ce prix peut se justifier en considération du programme proposé par le festival, on peut tout de même regretter les tarifs pratiqués à l’intérieur du festival. Celui-ci a l’originalité de proposer des petits plats venus de tous les pays du monde (Argentine, Japon, Sénégal, Oriental, et les classiques frites-kebab et hot dogs), mais il faut compter entre 6 et 12 euros pour des plats qui ne sont pas tous très copieux et entre 2 et 5 euros pour des boissons, alcoolisés ou non. La facture devient donc très vite salée. Et la musique alors ?

800px-Rock_en_Seine_2007__The_Hives_1.jpgL’auteur de ces lignes ne fut présent à Rock en Seine que pour un jour, le samedi 28 août, et ne pourra donc témoigner que de la qualité des groupes présents ce jour (ben ouais). Arrivé un peu en retard pour Stereophonics, j’eus le plaisir de découvrir un groupe nommé Quadricolor et composé de 5 niçois dynamiques en live, qui nous ont gratifié d’une très belle reprise de Gorillaz (leur myspace : http://www.myspace.com/4quadricolor4). Puis, Martina Topley Bird est venue les remplacer, alors qu’elle-même avait été appelée d’urgence pour remplacer le groupe Où est le Swimming Pool. Un festivalier m’appris peu de temps après que ce dernier groupe n’avait pas pu être présent ce jour-là à cause de la mort du chanteur, survenue une ou deux semaines plus tôt, ajoutant que « dans ces conditions, c’était difficile de jouer en live ». J’approuvai.

Martina Topley Bird fut une autre découverte. Seule sur scène avec un ninja (un vrai ninja, avec le costume) qui faisait quelques apparitions à la batterie, Martina Topley a chanté quelques très belles chansons avant que je n’aille rejoindre la Grande Scène pour découvrir un autre groupe, plus connu, Queens of the Stone Age. Groupe que j’ai personnellement très peu apprécié. Peut-être trop « hard rock » pour moi. Du coup, je me suis dirigé vers les Naive New Beaters, dont le son ne fut pas aussi bon qu’on pouvait l’espérer, probablement par manque d’expérience, mais dont les membres sont assez délurés pour que le concert fut un bon moment. En effet, entre une chorégraphie incroyable et un chanteur heureux que son « papa soit dans l’assistance », gratifiant la foule de « Love », de « Oh Yeah », parlant dans un français volontairement approximatif, il n’y avait pas vraiment le temps de s’ennuyer.

Mais la véritable révélation de ce festival, ce fut LCD Soundsystem, dont le dernier album This is Happening est sorti pendant l’été. Débarquant sur scène avec une classe folle sur « All My Friends », les américains enchainèrent ensuite avec un mix des tubes de leurs premier et deuxième album : un « Drunk Girls » de folie, puis « I can Change », « Us v Them », tout cela chanté à la perfection par James Murphy. Dans ces moments-là, il ne faut pas avoir peur de prendre des coups et d’être un peu (gravement) secoué, car la foule enchaine les « pogos ». Quelques anciens punks se mêlent à la fête, poussant les gens devant eux comme si leur vie en dépendait. Néanmoins, pendant une trop petite heure, je fus embarqué dans l’univers de ce groupe incroyable qui dégage en live une chaleur et une énergie hors du commun. LCD Soundsystem conclut son live par la magnifique et très calme « New York I love You, but you’re Bringing me Down » entrecoupée d’une reprise improbable d’ « Empire State of Mind » d’Alicia Keys. Un concert impressionnant.

Enfin, je terminai avec Massive Attack qui parvint à distiller une ambiance quasi-mystique grâce à des morceaux comme « Safe from Harm » ou « Angel ». Le groupe jouait avec derrière eux un écran inspiré de ceux que l’on peut trouver dans les aéroports, et sur lequel défilaient des titres de journaux en français, en anglais, en arabe, ou des chiffres, ajoutant un caractère mystérieux, énigmatique qui s’harmonisait parfaitement avec la musique jouée par le groupe britannique.

Finalement, on peut regretter peut être que les nationalités des groupes programmés ne soient pas très diversifiées. Il faut également supporter la foule, les queues aux stands de restauration, les bousculades, les sonos assourdissantes (on appréciera d’ailleurs le fait que des boules-quiès soient distribuées gratuitement sur le festival), mais, pour ses groupes, pour son ambiance, Rock en Seine vaut son prix. D’ailleurs, si certains d’entre vous sont déjà intéressés par la prochaine édition, les pass 3 jours seront bientôt mis en vente.

Visuel Rock en Seine: © 2010 Festival Rock en Seine Photographie: Bertrand/Delgoff

One Comment

  • Chach

    « Tout d’abord, pour y accéder, il faut nager à travers une mer de flyers (c’est là que l’expérience d’une année à éviter les personnes distribuant des tracts en Péniche est importante) » ahah, tout à fait vrai !
    Article très sympa !!
    C’est très vrai pour les internationaux, il y en a de plus en plus chaque année. Un très grand nombre d’italiens d’après ce que j’ai pu voir aussi !
    J’ajouterai, concernant la journée de dimanche, que le concert d’Arcade Fire était, malgré l’interruption frustrante, inoubliable, et qu’en dépit de la pluie, des risques d’éléctrocution et des techniciens qui essayaient de les en empêcher, le groupe est revenu pour nous jouer une dernière chanson (Wake Up) à la guitare acoustique. Un grand moment qui a soudé tous les fans hurlant sous un océan de parapluies. Ocean of noise donc.
    PS : pour moi la grande révélation de ce festival a été Wayne Beckford. Et on a pu aussi re-découvrir Beirut, beaucoup plus écoutable, et tout simplement jouissif en live !

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