Vie du campus

J’aime beaucoup ce que vous faites…et nous aussi !

Le téléphone portable, objet devenu de nos jours quasiment indispensable, créateur de liens sociaux… Mais qui peut en devenir également le pire ennemi, surtout quand il nous révèle nos amis sous leur aspect le plus franc !
A la comédie Caumartin, une pièce pétillante à ne pas forcément aller voir entre amis…

Les hôtes, c’est Jérôme et Carole, qui, naïfs et empreints de confiance dans la relation qu’ils entretiennent avec leurs meilleurs amis, les invitent à passer le week-end dans leur maison à la campagne. Lui écrit des scénarios, des romans dont le dernier est intitulé « Goncourt », car « c’est déjà ça de prix ». Elle, s’attache à recevoir au mieux ses invités, soignant une décoration fouillis rangé et cuisine décidément infecte. Les invités, c’est Pierre et Marie, plus hypocrites que jamais. Lui tourne des téléfilms publicitaires, elle est le parfait cliché de l’huitre blonde siliconée, portant deux paires de lunettes sur la tête car « à paris la mode ça change vite ».

Un week-end finalement bien ordinaire aurait pu alors se dérouler, rythmé par les compliments faussés portant sur de sempiternels toasts de foie gras immangeables, sur des scénarios ratés ou encore des seins hypertrophiés, un week-end banal noyé par de fausses manifestations d’intérêt à l’encontre d’amis qui finalement n’ont rien en commun, si la conversation privée et cette fois-ci bien franche des invités n’avait pas été retransmise en direct au couple d’hôtes à la suite d’une mauvaise manipulation de téléphone, avant bien sûr l’arrivée des premiers.

Au travers d’un scénario pétillant, ponctué par des dialogues hilarants et un jeu d’acteurs remarquable (hommage particulièrement à Gaëlle Lebert, pour sa performance remarquable, sa voie stridente et son amour de la langue française), Xavier Letourneur nous livre une satyre des relations « amicales » hypocrites, mettant en scène la pièce de Carole Greep, critique acide des rapports humains.

Finalement on rit, on s’y reconnaît, et on quitte le sourire aux lèvres la chaleur du petit théâtre Caumartin, pour retrouver avec un certain soulagement peut-être l’air frais de la rue, qui avec mauvaise foi nous ramène à « notre propre réalité »…qui en toute honnêteté y ressemble beaucoup. Et on rallume son téléphone portable…avec appréhension.

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