Commentaires sur : Interview (I) : La loi sur la réforme des Universités vue par Maria Cotora, pour la section UNEF Sciences Po https://www.lapeniche.net/interview-i-la-loi-sur-la-reforme-des-universites-vue-par-maria-cotora-pour-la-section-unef-sciences-po/ Le Journal Étudiant de Sciences Po Sat, 24 Nov 2007 20:29:36 +0000 hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 Par : bill https://www.lapeniche.net/interview-i-la-loi-sur-la-reforme-des-universites-vue-par-maria-cotora-pour-la-section-unef-sciences-po/#comment-2555 Sat, 24 Nov 2007 20:29:36 +0000 http://lapeniche.net/?p=343#comment-2555 Le débat est peut être d’un niveau bas, il a au moins l’avantage d’exister, ce qui n’est peut être pas le cas dans toute les faces de France. Quand à son niveau, je le trouve d’ailleurs parfaitement convenable, la légitime question du financement privé des universités dépassant heureusement la dénonciation manichéenne de la "privatisation" des facs par le grand patronat.
– Sur l’injonction qui a été faite à certains de "s’assumer", je ne vois pas en quoi ce sujet mérite d’être politisé: tous les étudiants, de droite comme de gauche, sont concernés par la réforme de la fac. Tous les syndicats étudiants (reprenez moi si je me méprends) reconnaissent qu’il faut lutter contre l’échec en licence. Je me permet donc de participer au débat sans préalablement me classer dans une "case".
– Sur le financement privé: La part du budget de l’éducation dans le PIB est la même en France que dans les autres grands pays de l’OCDE. Par contre, la part dans le PIB est beaucoup plus faible. La différence vient donc du financement privé. J’avoue ne pas très bien comprendre les critiques de "privatisation". Peut on vraiment dire que les facs américaines ou anglaises sont privatisées? le fait est qu’elles sont bien mieux classées que les facs françaises, notamment au niveau de la recherche. L’accusation faite aux entreprises de vouloir la mort des filières "non professionalisantes" est un faux procès: il n’y a guère qu’en France que l’on considère qu’un étudiant en sciences humaines ou sociale est voué au chômage. Cette vision n’est pas relayée par les entreprises mais plutôt par une partie des étudiants qui voient dans le privé "’le grand satan". L’importance de financements privés n’empèche pas la grande bretagne (je prend ce pays comme exemple puisque j’y ai vécu et qu’il est souvent présenté de manière caricaturale en France: non, les facs anglaises ne sont pas privatisées…) de nous tailler des croupières sur les performances en humanités, notamment dans l’enseignement du grec et du latin, délaissés en France… Outre manche, on considère, à juse titre sans doute, qu’un litéraire est aussi employable qu’un scientifique. Ce qu’il faut changer en France, c’est donc plutôt la vision que nous avons de ces filières, plutôt que de leur interdire durablement l’accès à des financements conséquents.
– Je pense que cette revalorisation passe par une dose de sélection. J’en profite pour demander des éclaircissements à ceux qui prennet les ZEP de sciences po comme exemple vivant de la non nécessité d’une sélection: les conventions prioritaires ne sont absolument pas moins sélectionnés que d’autres, par exemple les MTB. Je pense que cette sélection au mérite est un des critères de la réussite de sciences po. La sélection ne doit évidemment pas être un processus excessivement sélectif, uniquement un moyen pour les étudiants d’envisager leur orientation de manière sérieuse, ce qui n’est pas toujours le cas en France. Je me permet de remarquer que si le taux d’échec est bien moins élevé à sciences po que dans d’autre filières, c’est sans doute que la majorité des étudiants (même les ZEP…) sont entrés parce que c’est ce qu’ils voulaient réellement faire, et ce pour quoi ils étaient réellement fait. Le taux abyssal d’abandon en cours de licence doit nous amener à réfléchir à la question de l’orientation de manière plus "sérieuse" que de simplement rejeter toute idée de sélection (faut il alors supprimer le bac???).
– Sur le caractère plus "démocratique" des AG par rapport au vote électronique pour décréter les blocages: tout d’abord, ce débat ne devrait théoriquement pas avoir lieu. En France, on reconnait (c’est constitutionnel!) le droit des minorités. Ce qui signifie que même une majorité ne pourrait pas priver la minorité de son droit à l’éducation et à la liberté de circulation: le blocage des facs est illégal, voté ou non, démocratiquement ou non… La situation est encore plus absurde si l’on considère que la majorité des étudiants sont contre le blocage, qu’il s’agisse du site ou de la fac entière. Quand à aller aux AG… je crois que les élèves de sciences po ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont. AG à Tolbiac: horaire modifié 3 fois, changement d’amphi dans le plus grand secret… il faut vraiment être motivé pour aller aux AG!!! Je ne vois donc pas pourquoi, sous prétexte que l’on n’a pas participé à une AG, on n’aurait pas le droit de participer au vote. D’autant plus si l’on considère la proportion curieusement élevée de non étudiants dans ces AG…
Enfin, j’avoue être un peu sceptique sur la position de l’UNEF, qui négocie en été une réforme en se gargarisant d’avoir obtenu des avancées majeures, pour se "greffer" 3 mois plus tard sur une grève à laquelle elle n’avait à aucun moment appellé…
J’espère avoir été objectif dans ce message, et avoir participé de manière constructive à cette discussion fort intéressante, qui j’espère se poursuivra.

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Par : bof https://www.lapeniche.net/interview-i-la-loi-sur-la-reforme-des-universites-vue-par-maria-cotora-pour-la-section-unef-sciences-po/#comment-2554 Sat, 24 Nov 2007 00:08:22 +0000 http://lapeniche.net/?p=343#comment-2554 en même temps, sélectionner dans les filières générales en sciences humaines à l’université ca ne veut pas dire faire sortir les plus mauvais du syst educatif. Les IUT, les BTS, tt ca existe. Des H4, des llg etc y en a quelques petits milliers (et encore) tu vas me dire que ca va remplir les facs au détriment des autres? Non (déja parce qu’ils vont ts en prépa….)

par ailleurs, l’université sélectionne. C’est un fait: 72% des mecs de tolbiac dégagent à la fin de la première année. On ne peut pas le nier, il y a un problème de ce côté là, et ça coute à la collectivité comme à ceux qui se retrouvent dans des formations inadaptées..

sélectionner est une question de principe et un critère d’efficacité dans l’orientation. Pourquoi les étudiants en ont-ils peur? Remettre un peu de competition dans les formations peut etre bénéfique à ts, et au moins ce serait officiel, donc plus encadré que la sélection par l’échec. Tu parles bcp louisa, mais tu es à scpo, tu t’assures une bonne formation, et c’est aussi parce que tu as travaillé, pas uniquement parce que tu es avantagée de quelque façon que ce soit…

par ailleurs, la sélection n’est pas incompatible avec l’augmentation des moyens et la diversité des formations. Vous êtes anti-élitistes à l’UNEF alors que la plupart des grands esprits de ce pays furent formés en partie par le contexte de sélection et la dureté des formations qu’ils ont suivies (Sorbonne d’avant, ENS, X, ENA et en général tout ce qui demande une prépa). Pourquoi dire aux faqueux qu’ils n’ont pas droit d’être sélectionnés comme les autres? Quand ils auront des contraintes fortes de résultats notés, dans les premières années bien sûr, pas en doctorat…alors ils auront gagné, en plus de leur légitimité académique certaine, le respect dont jouissent les grandes écoles et la crédibilité sur le marché du travail

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Par : Louisa https://www.lapeniche.net/interview-i-la-loi-sur-la-reforme-des-universites-vue-par-maria-cotora-pour-la-section-unef-sciences-po/#comment-2553 Thu, 22 Nov 2007 22:17:14 +0000 http://lapeniche.net/?p=343#comment-2553 Je n’ai toujours pas compris en quoi la sélection serait bénéfique aux universités, mystérieux N. Tu crois peut-être qu’à sciences po on est meilleurs que les autres parce qu’on a passé un concours? Si c’est le cas, je t’invite à regarder de plus près ce qui s’appelle la sélection sociale. (dont l’étude de V. Tiberj, chercheur au CEVIFOP)

On est effectivement meilleurs en sortant car on a reçu une formation de qualité, mais pas en entrant à cause d’un concours. Et une formation de qualité grâce à la pluridisciplinarité, au taux d’encadrement, aux cours de langues, aux moyens matériels, etc… bref, des choses qu’on peut apporter aux facs par un vrai financement. On ne vaut pas mieux que les autres, on ne mérite pas plus d’argent qu’eux. Le jour où il n’y aura plus aucun biais social, alors là, j’accèpterai volontier de parler de sélection. Ce serait bien que les Facs puissent choisir sur dossier, ok, si t’es président de fac du préfère un mec d’H4 ou un mec de Bobigny? Pourquoi? Parce que les lycées ne sont pas tous aussi bons… ah merde! comment on fait alors pour assurer l’égalité du droit d’étudier?

Dernier point, on manque, selon l’organisme Trostykiste qu’est l’OCDE, de diplomés du supérieur en France… face à ça, faut-il vraiment réduire le nombre d’étudiants par une sélection? Non, il faut permettre à tous ceux qui entrent à l’université d’en sortir avec un diplôme…

L’éducation ça coûte cher, ba oui, mais c’est comme ça qu’on permet à un pays de se développer, d’avoir des gens compétents et qualifiés, voire intelligents, de créer des richesses. Je pense ne rien t’apprendre en te disant que les étudiants d’aujourd’hui sont les travailleurs de demain…

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Par : Eve https://www.lapeniche.net/interview-i-la-loi-sur-la-reforme-des-universites-vue-par-maria-cotora-pour-la-section-unef-sciences-po/#comment-2552 Thu, 22 Nov 2007 10:37:49 +0000 http://lapeniche.net/?p=343#comment-2552 Sur la question de comment financer un réengagement de l’Etat, je voudrais apporter plusieurs éléments:
-c’est une question de choix budgétaires et fiscaux.
-c’est aussi une question de choix au sein même du budget 2008: 450 millions d’euros sont destinés aux crédits d’impôt-recherche. Si ce type de dispositif est nécessaire, je ne vois pas ce qui justifie qu’on y consacre 10 fois plus d’argent qu’à la réussite en licence (40 millions)!
-enfin, nous essayons de prendre en compte les difficultés du contexte budgétaire: tu remarqueras qu’en matière d’aides sociales, nous ne réclamons plus une allocation d’autonomie comme il y a quelques mois, mais un 10e mois de bourse, une augmentation du nombre de boursiers et des APL, ce qui est beaucoup moins coûteux.

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Par : N https://www.lapeniche.net/interview-i-la-loi-sur-la-reforme-des-universites-vue-par-maria-cotora-pour-la-section-unef-sciences-po/#comment-2551 Thu, 22 Nov 2007 10:37:13 +0000 http://lapeniche.net/?p=343#comment-2551 Je vois pas en quoi l’exemple des convention ZEP prouve que ce n’est pas la sélection qui donne de la valeur au diplôme de Sciences Po…

1/ Ils sont selectionnés (et surselectionnés, puisqu’ils le sont une fois par leurs profs pour suivre le programme, ils passent un premier exam devant leur lycée, et un exam devant pipo enfin)
2/ Peut-être que ce mode de recrutement va faire baisser ce que les recruteurs pensent du diplôme de Scpo ? Qui sait ? il faudra des années pour s’en rendre compte, donc c’est inutil de lancer le débat

Deuxiemement, oui Scpo a une bien plus grande autonomie que les autres universités ! Pipo fixe tout ! De leur maquette pédagogique aux programmes, au parcours de leurs élèves, les selectionnent s’ils veulent, créent leur propre barême de droits d’inscription et leur propre système de bourse qui compense celle de l’éducation nationale et créent les diplômes etc. Ils ont une totale liberté d’organisation de la scolarité, ce qui, il me semble n’est pas du tout le cas des autres universités.

Et je ne sais pas, mais pour moi c’est le meilleur modèle ! En France on raisonne beaucoup trop encore sur le modèle jacobins ultra centralisé (toutes les universités doivent être les mêmes de Lille à Marseille) et en même temps comme on se sent coupables de cette centralisation, on essaye d’amener le bien "université" comme si c’était un service public de transport. On crée des antennes d’antennes à n’en plus finir dans le moindre village pour être sûr que les étudiants auront pas trop à se déplacer. Et au même moment, bah on les prive de bibliothèques solides, de vie étudiante valable, de toute habitudeà la mobilité, et de tout besoin de motivation (du coup les gens s’inscrivent au petit bonheur la chance). Et ça, je le tiens d’un professeur d’université, c’est pas moi qui l’invente.

Dans tous les autres pays, il y a les bonnes universités prestigieuses, et puis les autres. Et il n’yen a pas 200 000 non plus. Et ça paraît normal à tout le monde. En France, il y a les Grandes Ecoles chouchoutées par l’Etat qui disposent d’énormement de droits puisqu’elles bénéficient d’un statut différent. Quant au reste, ils sont soumis à 2 000 régulations, et ne sont maîtres de rien, même pas de sélectionner leurs étudiants ! On croit rêver. On les condammne à la médocrité. Et pas la peine de me dire qu’il y a déjà une selection : le bac. Tout le mode sait bien que le bac n’est plus un challenge pour personne, et n’est une garantie de rien. Les universités n’ont même pas le droit de recruter sur dossier (ce qui n’ajouterait pas de concours ni rien, ni de dérives de "prépas" possibles que l’unef dénonce). Enfin bref, ça paraît dément.

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