Vie du campus

Interview : Dr. Didier Destal, psychiatre à Sciences Po

Depuis la rentrée, les élèves de Sciences Po ont accès à un psy… Le saviez-vous ? Et pas n’importe lequel en plus, vu que c’est celui qui officiait sur le plateau de Loft Story sur M6…

Depuis octobre, les étudiants de Sciences Po ont la possibilité de consulter gratuitement et anonymement un psychiatre. C’est Didier Destal, professeur à Sciences Po depuis trois ans, qui a été choisi pour occuper cette fonction. C’est dans une salle de réunion de la rue de l’Université, qui lui fait office de cabinet (on aurait pu trouver plus chaleureux), qu’il nous a reçues pour nous parler un peu de son nouveau rôle.

Comme Didier Destal le souligne lui-même, la décision prise par Richard Descoings et Nadia Marick n’a pas été des plus simples. En effet , « L’école n’a pas pour but d’être paternaliste, elle doit plutôt viser à rendre les les élèves autonomes ». L’école doit-elle avoir pour rôle de soigner ses élèves ? Certes non, mais il appartient tout de même à toute institution de fournir à ses étudiants les meilleures conditions d’études possibles. Son rôle au sein de Sciences Po a donc du être défini le plus précisément possible. Ainsi, il a été décidé qu’il aurait vocation à être un accompagnateur sur une courte période plutôt que le psychothérapeute attitré de chacun. En effet, si les problèmes rencontrés par l’étudiant demandaient un traitement plus sérieux, il serait préférable de lui indiquer un psychothérapeute extérieur à Sciences-Po pour un suivi plus poussé et plus régulier.

Selon Didier Destal, le mal-être étudiant constitue un passage normal, même s’il n’est pas systématique. Tout le monde (ou presque) est passé ou passe par là à un moment de ses études. Néanmoins, les filles représentent les ¾ de ses consultations : « Quand elles ont un souci, les filles décident plus facilement de mettre en oeuvre des solutions pour aller mieux, alors que pour les garçons il s’agit plutôt de s’en sortir seul. » Il remarque et regrette aussi que la consultation d’un psychologue soit encore taboue, quel que soit le milieu socio-culturel considéré. Pourtant, chacun rencontre les mêmes problèmes, évoqués par le docteur: incertitudes quant à l’orientation, difficultés de ne se retrouver entre excellents élèves alors qu’on avait pris l’habitude d’être le meilleur, impression de passer inaperçu au milieu du grand nombre d’élèves…

Ce genre de problème n’est pas spécifique à notre bonne vieille institution mais se retrouve dans les autres grandes écoles ainsi qu’au sein des classes préparatoires, ou la compétition est de mise. Pour y faire face, Didier Destal peut constituer un repère temporaire. Il envisage par ailleurs de créer des groupes de discussion, qui permettraient aux étudiants de s’entraider de se rendre compte qu’ils ne sont pas les seuls à rencontrer des difficultés.

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