Réformer l’exposé, pourquoi pas. S’assurer que ses règles soient respectées, OK. Le supprimer est en revanche une idée grotesque.
Comme cela a déjà été dit, la qualité et l’intérêt de cet exercice dépendent énormément de la bonne volonté du professeur. Par exemple, en 1A, j’avais comme prof d’IP un type très droit dans ses bottes, haut-fonctionnaire (aujourd’hui n°2 de Bercy, autant vous dire pas un rigolo) : les exposés étaient limités à 8 minutes, avec +/- 30 secondes de marge. A 10 minutes, la note tombait en dessous de la moyenne. Je peux vous garantir que les temps étaient respectés dans 90% des cas sans que cela aboutisse à un exposé forcément décharné. En plus, on se coltinait chaque semaine un plan détaillé à rendre (noté et intégré dans la moyenne), pour apprendre à hiérarchiser les informations.
Un temps aussi court oblige à être dynamique, précis, clair. En un mot, cela oblige à réellement travailler sur l’exposé, i.e. faire des recherches, se plonger dans la littérature, bref maîtriser le sujet (c’est le coeur du travail universitaire, quand même, la 1A ce n’est plus le lycée ! Ca me fait bien rire toutes ces personnes qui se plaignent de ne pas avoir de cours ex-cathedra en conf’).
Quant à la question méthodologique (conférence de METHODE), elle m’a semblé centrale au cours du premier cycle (je suis en 3A). En conf’ de droit, on expose selon une méthodologie juridique (2 parties, deux sous-parties obligatoire) ; en conf’ de socio, on essaie d’avoir une approche sociologique et ainsi de suite. C’est parfois compliqué vu le nombre de matières, certes, mais c’est là un des intérêts des trois premières années à Sciences Po. Après, il y a des profs mauvais, soporifiques ou à la limite qui s’en foutent. C’est partout pareil : tu tombes sur un méchant ? tu serres les fesses, et si tu as envie de bosser, tu bosses. Amen si ce n’est pas toujours « ludique ».
]]>Bref, c’est le règne de l’exposé à rallonge, l’officialisation de la présentation soporifique, l’institutionnalisation du prof inutile, relégué au rang de simple GO du semestre ! Il fait le programme, donne les readings, ensuite à nous de jouer.
Cette expérience m’a donc appris que notre système à Sciences Po est enviable. Les Allemands, en effet, se caractérisent il faut le dire par leur grande aisance à l’oral – même pour ceux qui maîtrisent mal la langue du cours, en Anglais notamment – et leur autonomie au travail, et c’est bien les seuls avantages de leur système. Le résultat, en revanche, c’est des cours interminables et inintéressant, car professés par des individus qui n’ont encore que la vingtaine. En somme, l’université allemande est autodidacte.
Or, à Sciences Po, le système est intermédiaire : le prof demeure le plus souvent dans son rôle traditionnel. Il guide véritablement le cours, reprend presque systématiquement les exposés, borne la discussion. Les règles en elles-même sont bonnes : 10 minutes d’exposé, c’est la bonne durée pour avoir le temps d’en dire sans pour autant rentrer dans des détails que la lecture des readings fournit amplement.
Il suffit simplement que les règles soient respectées : oui aux profs plus sévères qui arrêtent les élèves une fois la dizaine de minute écoulée, qui obligent à n’avoir pas plus qu’une feuille de notes, bref qui sanctionnent véritablement la qualité de l’exposé, qui est censé être un travail différent de la dissertation.
Enfin, ne pas oublier que le système Sciences Po, s’il est biaisé, n’en est pas moins efficace : je trouve personnellement que la qualité des exposés s’en trouve notablement améliorée entre la 1ere et la 2e année…
]]>Pour répondre à « Bonne Volonté », il me parait justement prétentieux d’utiliser des cours, qui ne sont pas des cours d’art oratoire, avec des professeurs très compétents, pour s’entrainer à « parler en public » : alors les élèves de Sciences Po n’ont rien à apprendre, en termes de connaissances, des cours et des enseignants?
Pour ma part, les études étaient l’occasion de réfléchir en profondeur et saisir les « fondements de la connaissance » en quelque sorte ; avec la suppression du concours pour certains, les admissions parallèles, on n’a pas forcément étudier des choses profondément avant (je parle pour moi notamment).
Or avec les conférences actuelles, on perd du temps précieux qui est le temps d' »apprendre » (les études, c’est aussi fait pour ça!) un savoir, et méthode pour réfléchir SUR ces savoirs.
A côté de ça, je suis complètement pour l’instauration de vraies heures d’expression orale, de prise de parole, avec des professeurs qui s’y connaissent. Je pense qu’à la fois les élèves et les professeurs y gagneraient.
Bref, cher auteur, j’adhère !
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