Les faits : une scolarité complète dans le système des grandes écoles bénéficie d’un investissement public quatre fois plus important qu’une scolarité complète universitaire en droit ou en sciences économiques. Or, les grandes écoles sont presque exclusivement accaparées par les enfants des classes supérieures. Le taux d’enfants de cadres supérieurs ou professions libérales s’élève à 81,5% à l’IEP de Paris.
Quant au modèle : Sciences Po se présente très souvent comme un modèle, à la fois en terme d’efficacité (insertion professionnelle, « image »…), mais aussi de justice sociale (ouverture aux ZEP, suppléments bourses…). Ces « réussites » reposeraient sur son autonomie, sa capacité à s’adapter dans un univers de concurrence, la possibilité de moduler les droits d’inscription… En réalité, son financement privilégié, et la sélection sociale à l’entrée en sont les plus sûrs ingrédients.
Quand à l’ouverture sociale vers les ZEP, elle est évidemment appréciable, mais marginale ; surtout elle ne doit pas être confondue avec de la redistribution ou de la justice sociale : il s’agit d’une politique d’investissement dans le potentiel des élèves les plus talentueux. L’IEP a la clairvoyance de reconnaître l’intelligence dans les quartiers populaires, cela ne veut pas dire qu’il s’inscrit dans une logique de service public pour tous. Ce genre de politiques est pratiqué par de nombreuses facs américaines, et les études montrent que cela ne permet pas de compenser la privatisation des financements, de plus en plus orientés vers les classes supérieures (plus « rentables »).
Cf. Annie Vinokur, Pouvoir de décision et financement en éducation
]]>Ca sent la photocopie identique à Nanterres/Sorbonne/Bordeaux/Lyon…etc…
]]>