Yann Schreiber – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Mon, 22 Aug 2022 12:35:41 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Yann Schreiber – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Olivier Duhamel élu nouveau président du conseil d’administration de la FNSP https://www.lapeniche.net/olivierduhamel_fnsp/ Tue, 10 May 2016 16:50:29 +0000 http://lapeniche.net/?p=34456 Olivier Duhamel, agrégé de droit public, chercheur et professeur émérite, a été élu mardi 10 mai 2016 nouveau président du Conseil d’administration de la Fondation Nationale des Sciences Politiques (FNSP), une des deux instances de gouvernance de Sciences Po. Il succède à Jean-Claude Casanova, professeur émérite, qui ne s’est pas représenté après neuf ans à ce poste, et qui a été nommé président d’honneur.

© Sandrine Roudeix/Le Figaro Magazine

Selon Frédéric Mion, qui est directeur de l’IEP de Paris et administrateur de la FNSP, l’élection de M. Duhamel est « une excellente nouvelle pour la FNSP comme pour Sciences Po dans son ensemble. »

« {La FNSP} a la responsabilité des grandes orientations stratégiques et de la gestion administrative et financière de Sciences Po », note le site de Sciences Po.

Depuis la réforme de statuts entrée en vigueur cette année, deux élus étudiants siègent parmi les 25 membres du Conseil d’administration, aux côtés du vice-président du Conseil d’Etat, de nombreux universitaires, et de représentants du personnel et des enseignants. Sont présent également deux représentants de l’Etat qui ne votent pas.

« Avant, on assistait seulement au Conseil d’administration de décembre. Aujourd’hui on a l’occasion de siéger à l’ensemble des Conseils et à tous les points à l’ordre du jour », souligne Josselin Marc, président de l’UNEF Sciences Po, dont sont issus les deux élus étudiants. Le Conseil a siégé de neuf heures du matin à midi mardi.

Les deux étudiants disent être intervenus notamment lors de l’approbation du budget 2015. « On est intervenus pour dire qu’il y avait une augmentation des frais et que le modèle économique [de Sciences Po] reposait de plus en plus sur les étudiants, mais que l’augmentation des fris d’augmentations n’est pas nécessaire »au regard du budget excédentaire pointe du doigt Josselin. « On a pu apporter la représentation des étudiants », affirme Laura Cazalot-Duquesne, trésorière de l’UNEF Sciences Po. Les deux élus se disent étonnés de l’écoute qui a été apporté à leurs positions.

« On n’a pas les mêmes intérêts [que d’autres membres du CA], on est minoritaires (…) mais globalement ça s’est globalement bien passé », juge Laura.

Josselin considère même “assez étonnant” que plusieurs membres du Conseil se sont montrés ouverts aux arguments des étudiants. Laura se rappelle avoir été avertie par plusieurs personnalités extérieures que la présence d’étudiants au Conseil d’administration ne serait pas la bienvenue. Au delà de la simple participation, il est « important qu’on ait accès à des documents, des statistiques, des comptes de la FNSP », juge Laura.

« Ca ne va pas révolutionner le monde, mais sur la forme il y a des avancées, le comportement était respectueux et on peut enfin travailler de façon sérieuse. »

Olivier Duhamel, figure emblématique à Sciences Po

Olivier Duhamel a enseigné pendant plus de 25 ans à Sciences Po, dont il est diplômé en 1972. Il y a notamment, de 1986 à 2010, animé le cours fondamental d’institutions politiques en première année. Il a publié en 2009 « Droit constitutionnel et institutions politiques », un des ouvrages de référence dans le domaine. Lors de son dernier cours, il avait été applaudi en Boutmy par Richard Descoigns.

Olivier Duhamel saura « défendre le socle sur lequel s’est bâti notre école – excellence, pluridisciplinarité et indépendance – et insuffler toute son énergie aux nombreuses réformes que nous conduisons actuellement pour accroître le rayonnement de Sciences Po dans le paysage de l’enseignement supérieur français, européen et mondial », a affirmé Frédéric Mion dans un communiqué.

Candidat unique, il a été élu à l’unanimité avec deux absentions. Pour accéder au poste de président du Conseil d’administration, le candidat doit être “membre fondateur” du Conseil d’administration. Il y en a dix, en plus de 15 élus ou membres de droit.

« Il faut s’arrêter avant de décliner », avait déclaré M. Duhamel à l’Etudiant en 2010. « Je pense avoir atteint ce que je pouvais faire de mieux comme enseignant. Et on a moins de force à 60 ans qu’à 20. D’autant que l’enseignement, c’est la seule de mes activités qui me donne un tel stress : j’arrive toujours à un cours avec le trac et j’en ressors la chemise trempée. »

De 1983 à 1995, il a été conseiller du président du Conseil constitutionnel, puis, en 1992 membre de la « Commission Vedel », un conseil consultatif pour la révision de la Constitution en 1992 et 1993. Il a ensuite été député européen entre 1997 et 2004, ainsi que membre du comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République, présidé par Édouard Balladur.

Il est membre du Conseil d’Administration de la FNSP depuis 1995.

Départ de Jean-Claude Casanova

« Premier économiste à accéder à la présidence de la FNSP » selon le site de Sciences Po, en 2007, Jean-Claude Casanova devient président d’honneur de la FNSP.

« {Il} a participé à tous les aspects de la vie de la Fondation et de l’IEP », avait déclaré en 2007 René Rémond, président de la FNSP de 1981 à 2007. En effet, M. Casanova était à la fois élève et enseignant rue Saint Guillaume: diplômé de Sciences Po en 1957, titulaire de trois DES (économie politique, sciences économiques, droit romain et histoire du droit), et docteur et agrégé de sciences économiques. Il a été nommé professeur à l’IEP de Paris en 1969 après y avoir enseigné depuis 1963.

Avec Richard Descoings, Jean-Claude Casanova, admirateur du modèle universtaire américain, était un des architectes principaux de l’ouverture à l’international et de l’autonomie politique et financière grandissante de Sciences Po.

« Il sera un fervent supporter des initiatives visant à accroître l’autonomie de Sciences Po, telles l’augmentation des droits de scolarité, les transformations du statut des enseignants-chercheurs ou la constitution d’un capital », relève Sciences Po dans un portrait qui lui est consacré.

Pour Frédéric Mion, le professeur émérite « a su, pendant neuf ans, préserver l’identité de Sciences Po et son originalité tout en appuyant le développement de nombreuses innovations : ouverture sociale, internationalisation du corps étudiant et enseignant, affirmation de l’autonomie financière, développement de la recherche. »

Jean-Claude Casanova a été condamné en décembre 2015 à 1 500€ d’amende par la Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF) de la Cour des Comptes dans « l’affaire Sciences Po«  des salaires Descoings. Malgré des circonstances atténuantes, la CDBF a considéré que le salaire de l’ancien directeur a été validé par une procédure irrégulière, dans laquelle le conseil d’administration n’exerçait pas son rôle. M. Casanova a depuis annoncé contester la décision. Le montant même de la rémunération, considéré par la Cour comme « particulièrement élevé », le dossier soumis à la CDBF ne permettait pas d’établir un avantage injustifié.

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Loi Travail : Des étudiants bloquent un amphi de Sciences Po https://www.lapeniche.net/loitravail_amphi/ https://www.lapeniche.net/loitravail_amphi/#comments Tue, 22 Mar 2016 08:30:52 +0000 http://lapeniche.net/?p=33728 Une centaine d’étudiants a bloqué et occupé, dans la nuit de lundi à mardi, l’amphithéâtre Caquot de Sciences Po au 28 rue des Saints-Pères pour la tenue d’une assemblée générale. Y étaient notamment demandés le retrait pur et simple du projet de loi El Khomri ainsi que des dispenses d’assiduité pour les étudiants s’étant mobilisés.

Un dessin d’Albane Miressou-Got

 

Retrait de la loi et dispense d’assiduité

« Puisque l’administration refuse de nous laisser nous mobiliser, nous manifesterons au sein de nos locaux jusqu’à nouvel ordre », ont affirmé les étudiants de l’assemblée générale dans un communiqué publié lundi. Ils accusent Sciences Po de « chercher à empêcher la mobilisation » en n’assouplissant pas les règles d’assiduité. « Contrairement à de nombreuses universités et IEP », peut-on d’ailleurs lire dans ce document.

« Il faut que l’administration comprenne que le milieu Science-Piste n’est pas hermétique au reste de la société », a déclaré Laura Cazalot-Duquesne, une responsable de l’UNEF. Elle dit ne pas vouloir prédire jusqu’à quand l’occupation de l’amphithéâtre continuera, et que « tout dépend de la direction. »

© Yann Schreiber

« Demain, à 12h30, une nouvelle Assemblée Générale se réunira pour décider de la suite immédiate de la mobilisation », a écrit le collectif « Sciences Po contre la Loi Travail » sur Facebook. « Des ateliers de lecture de la loi travail seront organisés dans la journée », a-t-il ajouté.

L’action est connue sous « #OccupyScPo » sur Twitter, où le hashtag est entré aux Trending Topics lundi soir.

Les étudiants, réunis à partir de 19h, n’ont pas quitté les locaux à 21h15, heure de fermeture du bâtiment, ont indiqué des employés de l’IEP. L’assemblée générale a voté l’occupation de l’amphithéâtre pour toute la nuit, et la journée de mardi.

150 étudiants étaient présents en début de l’assemblée, selon les syndicats ; « une centaine » était encore dans l’amphithéâtre vers 1h du matin, selon plusieurs étudiants sortant du bâtiment. Une cinquantaine de personnes est restée toute la nuit, a affirmé mardi matin l’UNEF à La Péniche.

Dans un communiqué envoyé aux étudiants aujourd’hui mardi 22 mars vers midi, la direction des études et de la scolarité de Sciences Po a notamment considéré que « décréter la banalisation d’un créneau alors que le semestre est déjà entamé est inenvisageable » et a par ailleurs condamné « avec la plus grande fermeté l’occupation des lieux et la dégradation des équipements ».

 

De légers incidents

« Quand il n’y a plus personne à l’intérieur du bâtiment, normalement [les appariteurs] rentrent chez eux », a déclaré un employé de Sciences Po à La Péniche, ajoutant que lundi soir, le personnel était resté pour « assurer la sécurité des étudiants. » 

© Yann Schreiber

Vers 23h20, une quinzaine d’étudiants a forcé l’entrée dans l’amphithéâtre malgré l’interdiction, ont rapporté des étudiants présents. Après cette heure, seules les sorties étaient possibles, alors que quelques étudiants étaient encore devant la porte d’entrée. La police était brièvement sur place vers 23h45 et a relevé l’identité d’une étudiante ainsi que d’un journaliste sur place.

L’administration a refusé, lundi soir vers 23h45, l’accès au bâtiment à un photographe de La Péniche.

Un employé de Sciences Po a enlevé les autocollants sur la porte d’entrée du bâtiment vers 1h30 du matin mardi. « Je vous comprends, mais j’ai mes consignes », a lâché cet employé envers plusieurs étudiants.

En 2013, un an après la mort de Richard Descoings, des dizaines d’étudiants avaient passé deux nuit dans l’amphithéâtre Boutmy pour demander plus de transparence dans le processus de sélection du nouveau directeur de Sciences Po. Le mouvement était alors baptisé « #OccupyBoutmy ».

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À Sciences Po, le CEO de Google annonce l’accélération de l’internet mobile https://www.lapeniche.net/sundarpichai_sciencespo/ Thu, 25 Feb 2016 06:00:03 +0000 http://lapeniche.net/?p=33442 Lors de son premier événement public en Europe en tant que CEO de Google, Sundar Pichai a défendu Apple dans sa défense du chiffrage de mobiles, et annoncé une aide de 27 millions d’euros pour des projets média innovants en Europe.

Des cubes multicolores sur la scène de l’amphithéâtre Boutmy, un prompteur, un système vidéo spécial : pour la première visite en Europe et en France du nouveau CEO de Google, Sundar Pichai, Google et Sciences Po ont mis les gros moyens. Au bout des 40 minutes de conférence – dont 20 de discours et 20 de débat avec le public – trois annonces majeures sont faites. Google veut accélérer, crypter et innover.

© Yann Schreiber

Sundar Pichai a annoncé mercredi à Sciences Po le lancement mondial du format « AMP »(« Accelerated Mobile Pages »), qui devrait permettre en chargement d’articles sur mobile quatre fois plus rapide, en utilisant dix fois moins de données. Le format, lancé avec des éditeurs partenairs dans six pays européens, dont la France, l’Allemagne, le Royaume Uni, et la Russie, est une réponse aux « Instant Articles » de Facebook, qui permettent un chargement quasi-instantané de contenus depuis l’application.

« Je suis ravi que des partenaires français rejoignent AMP aujourd’hui – parmi eux TF1, Les Échos, Ouest France, 20 Minutes et des centaines de partenaires dans le monde. Il s’agit d’un projet prioritaire pour Google. »

Les contenus AMP seront aussi mis en avant dans la recherche Google via un « carrousel » de contenus – une innovation qui plaira forcément aux éditeurs associés au nouveau format.

 

Google se range du côté d’Apple contre le FBI

Le chef de Google a aussi défendu son concurrent Apple dans une bataille juridique outre-Atlantique. Un juge fédéral a demandé à Apple d’aider le FBI à accéder le téléphone portable d’un des tireurs des attentats de San Bernardino. Apple a refusé de se plier à cette demande.

« La confidentialité des données est au coeur de ce que nous faisons »

© Yann Schreiber

Même si Google a collaboré et continuera de collaborer avec les autorités pour des « demandes valides légalement », Pichai s’est opposé à la création de « portes dérobées » dans les produits de Google, dont Android.

La création d’accès spécifiques inclus dans les systèmes d’exploitation faciliterait, selon certains experts, les activités des hackers ou des services de renseignement, sans que ceci soit nécessairement contrôlé par un juge. D’autres argumentent que de telles « portes dérobées » seraient nécessaires dans la lutte contre le terrorisme. Dans la soirée, le New York Times a d’ailleurs révélé qu’Apple travaillerait déjà sur un système de cryptage encore plus performant.

 

27 millions d’euros pour l’innovation journalistique européenne

La première visite en Europe de Sundar Pichai s’accompagne aussi d’investissements pour l’innovation dans les médias, via la « Digital News Initiative », un nouveau fond Google présenté en octobre dernier. Doté de 150 millions d’euros, il vise à financer des projets numériques innovants dans le journalisme. 128 idées innovantes dans 23 pays en Europe recevront au total 27 millions d’euros.

Google essaye ainsi de se positionner comme collaborateur par rapport aux éditeurs, pour changer son image de géant arrogant, puissant et imposant. Le nouveau format pourra par exemple s’adapter à certaines demandes spécifiques d’un média, notamment autour d’une « paywall » (contenus réservés aux abonnés).

Pichai a aussi annoncé la mise à disposition gratuite par Google d’un système de protection contre les cyber-attaques à « tous les éditeurs indépendants du monde ». L’outil, appelé « Project Shield », permettra à des sites de se protéger contre les attaques par déni de service (DDoS) en ayant recours à la technologie Google. « Google est ciblé tous les jours », indique Pichai. L’entreprise a donc développé des capacités uniques pour se protéger contre de telles attaques, explique son PDG.

Sundar, qui doit se rendre à Bruxelles aujourd’hui, est par contre resté flou sur la situation fiscale de Google, affirmant que Google respectait les lois dans tous les pays dans lesquels l’entreprise opère. Sundar a cependant plaidé pour une simplification du système fiscal mondial. Peu après la conférence, l’AFP a cependant révélé que la France réclamait à Google une somme 1,6 milliards d’euros d’arriérés d’impôts.

© Yann Schreiber

Dans le cadre de sa tournée européenne, Sundar sera jeudi à la Commission Européenne à Bruxelles pour une réunion avec la commissaire de la concurrence, Margrethe Vestager. Les services européens enquêtent depuis plusieurs années contre Google pour abus de position dominante sur le marché de la recherche en ligne.

Le jeune Sundar, qui était à la tête du développement de Google Chrome et d’Android avant de devenir PDG de Google en août lors de la restructuration de l’entreprise, devra donc lutter contre amendes, sanctions, et enquêtes européennes, qui pourraient bien mettre à mal le géant d’internet dans sa course au marché mobile.

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Jean-Claude Casanova condamné à 1 500€ d’amende dans « l’affaire Sciences Po » des salaires Descoings https://www.lapeniche.net/jean-claude-casanova-condamne-a-1-500e-damende-dans-laffaire-sciences-po-des-salaires-descoings/ Fri, 04 Dec 2015 12:00:11 +0000 http://lapeniche.net/?p=32167 Jean-Claude Casanova, président du conseil d’administration de la Fondation Nationale des Sciences Politiques a été condamné à 1 500€ d’amende par la Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF) de la Cour des Comptes.

[Article mis à jour le 4 décembre 2015, à 14h41, pour inclure la réaction de Sciences Po.]

La condamnation fait suite à un rapport de la Cour des Comptes de 2012, dans lequel étaient dénoncés salaires et bonus excessifs, accordés à Richard Descoings notamment, directeur de Sciences Po jusqu’à son décès à New York en 2012. La CDBF considère que le salaire de l’ancien directeur a été validé par une procédure irrégulière, dans laquelle le conseil d’administration n’exerçait pas son rôle.

L’arrêt considère que il incombait à « (Jean-Claude Casanova), en sa qualité de président du conseil d’administration de la FNSP, de mettre un terme à cette irrégularité et de veiller à ce que le conseil d’administration soit mis à même d’exercer ses compétences. »

La Cour remarque dans son arrêt que « le conseil d’administration de la FNSP n’était pas saisi des rémunérations individuelles des cadres dirigeants de Sciences Po et ne délibérait jamais explicitement à leur sujet. »

La CDBF a aussi relevé une procédure irrégulière lors de la mission de concertation sur la réforme du Lycée, que l’ancien Président Nicolas Sarkozy avait confiée à M. Descoings. M. Casanova aurait du saisir sans délai le conseil d’administration, ce qu’il a omis de faire, juge la Cour.

En effet, même si la FNSP a été remboursée par l’Etat, les frais pour cette « mission extérieure à l’objet de la fondation » ont été inscrits au budget de la fondation sans en informer son conseil d’administration, remarque la Cour.

Monsieur Casanova a cependant bénéficié de deux circonstances atténuantes. La mise en place d’une « commission des rémunérations » a donné un « caractère collégial à la détermination » des rémunérations qui « relevaient jusqu’alors exclusivement du président du conseil d’administration [M. Casanova] et de l’administrateur de la FNSP et directeur de l’IEP de Paris. »

Quand au montant même de la rémunération, considéré par la Cour comme « particulièrement élevé », le dossier soumis à la CDBF ne permettait pas d’établir un avantage injustifié, et donc une infraction relative à l’article L. 313-6 du Code des juridictions financières.

Dans un email à La Péniche, « la FNSP prend acte de la décision de la Cour de discipline budgétaire et financière. Elle se réjouit de la mise hors de cause de M. Aurélien Krejbich. Elle regrette que la CDBF ait prononcé une sanction à l’égard de M. Casanova, en dépit des circonstances atténuantes qu’elle avait elle-même reconnues. La FNSP note que cette sanction n’est motivée que par un défaut de consultation de son conseil d’administration. »

Dans son rapport, la cour des Comptes avait écrit que « l’indemnité mensuelle de Richard Descoings ne repose sur aucun contrat formel et n’a pas été votée en conseil d’administration. » L’ancien directeur avait perçu 537 247€ en 2010. À l’issu du rapport, M. Casanova et le directeur en charge des ressources humaines, Aurélien Krejbich, ont été renvoyés devant la CDBF.

Aurélien Krejbich, poursuivi pour diverses irrégularités dans la gestion des enseignants-chercheurs (primes, service, heures complémentaires), a été relaxé.

La cour considère en effet qu’il « ne contribuait pas à la définition du service des enseignants et enseignants-chercheurs affectés à l’IEP de Paris » et n’avait donc « ni compétence ni moyens pour contrôler a postériori » la régularité des décisions.

La décision de la CDBF a été publiée aujourd’hui au journal officiel. Le procureur avait initialement demandé une amende de 3 000€ pour Jean-Claude Casanova. L’audience, pendant laquelle étaient entendus, en plus de M. Casanova, Michel Pébeareau, Louis Schweitzer et Frédéric Mion, s’est tenue vendredi 6 novembre 2015.

Jean-Claude Casanova s’y est défendu : « Je n’ai jamais trahi ni l’idée que je me fais de l’université ni les statuts de Sciences Po. L’université française, pour qu’elle monte dans les classements internationaux, doit avoir une liberté de gestion. »

Le procureur général a cependant soulevé des questions quant aux procédures de validation des salaires. Une commission financière prenait les décisions, que le conseil d’administration ne venait que valider.

« Nous n’étions jamais informés de la rémunération individuelle de tel ou tel dirigeant ou directeur, et personne en cherchait à l’être », a commenté Olivier Duhamel, membre du conseil d’administration, cité comme témoin devant la CDBF.

La CDBF ne prononce que des amendes de cinq chiffres maximum. La décision peut être contestée devant le conseil d’État, selon le site de la Cour des comptes.

[Correction, 4 décembre 2015, 15h05: la décision de la CDBF peut être contestée et non pas attaquée devant le conseil d’État. Le procureur général, et non pas le procureur, avait demandé l’amende de 3.000€.]

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L’Allemagne : géant économique, endormi politique https://www.lapeniche.net/lallemagne-geant-economique-endormi-politique-2/ https://www.lapeniche.net/lallemagne-geant-economique-endormi-politique-2/#comments Sun, 22 Sep 2013 09:19:57 +0000 http://lapeniche.net/?p=10740  

Ce dimanche 22 septembre, c’est toute l’Europe qui est suspendue au résultat du vote allemand. Angela Merkel semble emporter avec aisance cette campagne peu mouvementée. La première puissance économique sombre dans un état politique comateux. Une réélection de l’Union CDU/CSU ne fera, néanmoins, pas l’affaire. La Chancelière devra composer avec des partenaires de coalition plus ou moins prêts à faire des sacrifices.

Par Yann Schreiber et Benoît Rinnert

 

crédit photo : Yann Schreiber
Angela Merkel au sommet de l’EPP à Vienne, le 20 juin 2013 / crédit photo : Yann Schreiber

Selon le mot de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, aucun dirigeant de pays industrialisé n’a été réélu depuis le début de la crise – à l’exception notable de Barack Obama aux États-Unis. Il y a de grandes chances pour qu’Angela Merkel fasse mentir cette affirmation une deuxième fois. Les élections allemandes ont lieu selon un mode de scrutin mixte proportionnel et personnalisé assez complexe. Fédérale et parlementaire, la démocratie du « pays des penseurs et des poètes » est organisée autour du principe du consensus. Trois des principaux mouvements politiques, les libéraux-démocrates (FDP), les chrétiens-démocrates et chrétiens-sociaux (CDU/CSU) et enfin les sociaux-démocrates (SPD), présentent des programmes partageant de fortes similarités. Alors qu’une réélection d’Angela Merkel semble sûre, ce sera donc le rapport de force entre les partis, exprimé par le contrat de coalition, qui définira la politique des années à venir. Ainsi, plusieurs scénarii sont possibles.

 

La Bavière, premier test pseudoréconfortant

Dimanche 15 septembre dernier avaient lieu les élections en Bavière, où la CDU (le parti d’Angela Merkel) est représentée par son alliée, la CSU, dirigée par Horst Seehofer. Avec 47,7% des voix, 101 sièges sur 180 à l’assemblée, la CSU peut, à nouveau, depuis les dernières élections qui avaient conduit à une défaite historique du parti, gouverner seule. La FDP, actuellement en coalition avec la CDU au niveau fédéral, n’obtient pas les votes nécessaires à une entrée au Landtag, l’assemblée bavaroise. Le SPD, principal adversaire d’Angela Merkel pour les élections du 22 septembre, arrive en deuxième position, et gagne légèrement par rapport aux dernières élections en obtenant 20,6%. Le parti des « Electeurs Libres » (FreieWähler) capte 9% des voix, les Verts 8,6%. Le parti de gauche ainsi que le parti Pirate n’entrent pas à l’assemblée.Cette victoire est particulièrement due au personnage de Horst Seehofer qui a su rassembler les électeurs autour d’un programme très classique et peu novateur, s’alignant la plupart du temps sur les thèmes favorisés lors des sondages.

Certes, c’est le courant politique d’Angela Merkel qui a remporté les élections, ce qui devrait réconforter les dirigeants CDU fédéraux qui profitaient déjà d’une avance considérable par rapport au SPD. Or, les pertes majeures du FPD sont alarmantes : un tel résultat au niveau national rendrait impossible la coalition actuelle, coalition préférée par la CDU et Angela Merkel. Seule une grande coalition serait alors possible, alliant CDU/CSU et le SPD. De plus, quasiment tous les éditorialistes allemands s’accordent sur le fait que Horst Seehofer deviendra pénible pour Angela Merkel : l’Allemagne, tel l’unisson, sera fortement gouvernée depuis Munich, et Angela Merkel devra composer non seulement avec un partenaire d’une quelconque coalition, mais aussi avec le leader bavarois, tout en sachant que le FDP et le SPD essayeront avec force de faire valoir leurs programmes dans une possible coalition et de ne pas se soumettre trop facilement à une domination merkelienne.

 

Un jeu de coalitions complexe

Le FDP s’embourbe actuellement autour des 5%, la limite même d’une entrée au Bundestag, chambre basse du parlement allemand. Souhaitant profiter du système électoral allemand, le FDP vise actuellement à remporter un maximum de « secondes voix » des électeurs CDU/CSU. En effet, une partie des députés est élue sur des listes fédérales et l’autre partie sur des listes propres aux Länder. Chaque citoyen a donc deux voix : l’une permettant l’élection directe d’un parti et de son candidat fédéral ; l’autre, l’élection d’un parti au niveau des Länder. Si le FDP obtient moins de 5% des seconds votes, il n’entre pas au Bundestag. Or, ce splitting des voix a perdu une influence majeure depuis la réforme électorale du début de cette année 2013 : avant, une grande différence entre le nombre de premiers et de secondes voix permettait de renforcer les deux partis entre lesquels la plupart des voix étaient splittées ; l’un, en lui permettant d’accéder au Bundestag ; l’autre, en lui donnant des mandats supplémentaires, appelés « Überhangmandate. » Ces mandats supplémentaires sont, depuis la réforme de la loi électorale, compensés par des sièges supplémentaires pour les autres partis. Trop de secondes voix pour le FDP auraient donc tendance à punir le CDU/CSU. Si le FDP, grâce aux secondes voix, n’obtient finalement pas assez de sièges pour une coalition, la CDU/CSU sera affaiblie pour d’éventuelles négociations avec le SPD.

C’est en effet une grande coalition, rassemblant SPD et CDU/CSU, qui semble être la plus probable alternative à une coalition entre conservateurs CDU/CSU et libéraux FDP. Dans ce cas, Angela Merkel devra composer avec un partenaire socialiste, notamment en ce qui concerne les politiques européennes d’austérité. Il est à noter que, jusqu’à présent, le SPD a, la plupart du temps, participé à un gouvernement dit « d’unité nationale » sur les questions européennes. Une fois dans une coalition, la SPD voudra se faire entendre. Une telle coalition aurait d’autant plus tendance à freiner la politique européenne, déjà en suspens jusqu’à dimanche prochain ; néanmoins, les thèmes des deux partis restent proches : ils pourraient s’entendre rapidement autour d’un grand nombre de politiques domestiques, tels que salaires ou retraites minimas.

D’autres coalitions sans une Chancelière Merkel restent peu probables : une coalition entre le SPD, les Verts et le parti de gauche Die Linke aurait, en plus d’une majorité au Bundestag, la majorité à la chambre haute, le Bundesrat, mais les thèmes communs restent rares. Reste une coalition SPD-Verts qui semble à ce jour impossible.

Angela Merkel au Bundestag / crédit photo : Yann Schreiber
Angela Merkel au Bundestag / crédit photo : Yann Schreiber

 

Le grand endormi politique

L’Allemagne est la première puissance économique européenne. Le chômage atteint des minima historiques, l’économie fonctionne bien. La campagne d’Angela Merkel s’est beaucoup orientée vers sa personne. Son principal message : « vous me connaissez. » La politique allemande n’aime pas les changements – Angela Merkel n’aime pas les campagnes électorales. Ne rien dire signifie ne pas faire d’erreurs. S’aligner avec la majorité de l’opinion publique revient à décélérer toute campagne rivale. L’Allemagne se trouve dans un somnambulisme électoral sous le contrôle d’une chancelière caractérisée de « post-politique » par certains critiques. L’Europe aura, avec Angela Merkel, encore un mandat allemand monotone, sauvegardant à tout prix la cohésion européenne, mais refusant avec la même ardeur tout changement de traités qui exposerait la politique européenne à une approbation populaire. Notamment avec la Grande-Bretagne, ou même la France, ceci est un pari trop risqué.Dans ce contexte, le score du parti eurosceptique « Alternative für Deutschland » (AfD) sera un indicateur fort de l’euroscepticisme dans un pays où ce thème reste tabou. Le statu quo est apprécié – et Angela Merkel semble ne pas vouloir trop y toucher. En temps de crise européenne et d’affolement général dans les pays voisins, une telle figure allemande calmera clairement le jeu. Jusqu’à quand tiendra donc ce somme allemand ? Jusqu’au référendum britannique si David Cameron est réélu ?

Angela Merkel devra, à un moment de sa carrière politique, réellement prendre des risques. Mais le fera-t-elle ? Certaines voix rappellent aussi la possibilité, pour elle, de se retirer de la politique en milieu de mandat. Ceci aurait au moins le mérite de réveiller l’Allemagne de son coma politique, bercé par une Chancelière tout aussi sommeilleuse et idéologiquement peu déterminée.

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