Thomas Colineau – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Sat, 18 Dec 2010 03:48:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Thomas Colineau – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Les Campus en Région pour les Nuls https://www.lapeniche.net/les-campus-en-region-pour-les-nuls/ https://www.lapeniche.net/les-campus-en-region-pour-les-nuls/#comments Sat, 18 Dec 2010 03:48:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1122 Richard Descoings à NancyC'est une grande année que 2010-2011 pour les « campus en régions » de Sciences Po. Après l'ouverture du Campus euro-américain de Reims, le campus de Nancy vient de fêter son dixième anniversaire, et celui de Poitiers s'apprête à célébrer le sien. De plus, un programme euro-africain sera ouvert à Paris sur le même modèle que ceux des campus en régions l'année prochaine à Paris. Que savez-vous, vous parisiens, de vos camarades d'outre-périphérique, et que savez vous, vous poitevins, nancéens, havrais, mentonasques, dijonnais, rémois, ou même toi qui veux intégrer Sciences Po, des autres campus ? LaPéniche a décidé de faire le point sur la question, et sur les relations entre les différents campus, qui font aujourd'hui l'objet d'une attention toute particulière des BDE et des Associations sportives.

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Richard Descoings à NancyC’est une grande année que 2010-2011 pour les « campus en régions » de Sciences Po. Après l’ouverture du Campus euro-américain de Reims, le campus de Nancy vient de fêter son dixième anniversaire, et celui de Poitiers s’apprête à célébrer le sien. De plus, un programme euro-africain sera ouvert à Paris sur le même modèle que ceux des campus en régions l’année prochaine à Paris. Que savez-vous, vous parisiens, de vos camarades d’outre-périphérique, et que savez vous, vous poitevins, nancéens, havrais, mentonasques, dijonnais, rémois, ou même toi qui veux intégrer Sciences Po, des autres campus ? LaPéniche a décidé de faire le point sur la question, et sur les relations entre les différents campus, qui font aujourd’hui l’objet d’une attention toute particulière des BDE et des Associations sportives.

Les campus en régions de Sciences Po, c’est 6 villes de petite et moyenne taille, qui accueillent des promotions réduites de l’ordre de la centaine d’étudiants par année. Chacun de ces campus est spécialisé dans une région géographique du monde, c’est ce qui fait leur spécificité. Une autre particularité de ces campus est la population d’étudiants étrangers qu’on y trouve: la procédure internationale permet aux étudiants ayant passé leur bac dans un autre pays que la France d’intégrer l’IEP et de venir étudier avec des étudiants français sur un campus en région. Faire travailler des étudiants de différentes nationalités, dans le but de créer une éducation multiculturelle et plurilingue de ces étudiants, et pour qu’ils développent une intimité culturelle avec l’aire géographique qu’ils étudient, est l’objectif principal de ces campus. Le but est aussi de favoriser la visibilité de Sciences Po à l’international, en accueillant des étudiants internationaux pour l’intégralité de leurs études, et pas simplement pour leur semestre ou leur année de mobilité.

Lorsqu’on l’interroge sur le choix de ces régions du monde, Richard Descoings répond que Sciences Po a opté pour les zones de pouvoir de demain, qui feront perdre du poids sur la scène internationale à l’Europe ou aux Etats-Unis. Le couple franco-allemand de Nancy semble faire exception à cette logique. Comme c’est le « laboratoire » de l’enseignement dispensé sur les autres campus, il était en fait naturel de commencer pour ce premier campus par la proximité géographique, et en même temps par un des impératifs les plus cruciaux de la politique française actuelle – sans vouloir ressortir la tarte à la crème du « moteur franco-allemand » de la construction européenne que l’on nous assène depuis le lycée – celui de la nécessaire entente des « élites » françaises et allemandes.

Reims1.pngLes villes, quant à elles, sont sélectionnées d’abord parce qu’elles entretiennent avec la zone en question des relations privilégiées. Cela peut paraître évident pour des villes comme Menton ou Nancy, mais les raisons sont parfois moins connues pour d’autres zones géographiques : Dijon, par exemple, et la Bourgogne entretiennent depuis plus d’un siècle des relations étroites avec l’Europe de l’Est. Mais de l’aveu du directeur, c’est également une question de relation avec l’administration locale ou régionale qui est en jeu. Alors que certaines villes, comme Montpellier, ne sont pas envisageables à cause d’une municipalité ou une région trop réticente, d’autres partenariats et la motivation de certains élus tels qu’Adeline Hazan à Reims rendent l’installation possible. Le but est également de dynamiser ces villes à la démographie souvent en difficulté et à la vie étudiante peu développée : sur place, les étudiants parlent de leur promo comme d’une « coloc’ géante », un groupe soudé dans les études comme dans le divertissement. Le côté petite promo peut cependant avoir quelques inconvénients, de l’aveu de certains : « attention aux potins ! » ironise-t-ton. Mais ces groupes réduits d’étudiants n’en donnent pas moins une taille plus humaine à la promotion.

A Poitiers, les élèves sont amenés à se spécialiser sur le monde ibéro-américain. A Menton, c’est la zone méditerranéenne qui est privilégiée, l’Europe de l’Est à Dijon, l’Asie au Havre et enfin le monde nord-américain à Reims. Du point de vue de la maquette pédagogique, ces campus sont caractérisés par un enseignement intensif dans les langues concernées, auxquelles s’ajoute à chaque fois l’anglais. 4h de chaque langue, les étudiants étant dispensés de leur langue natale (un brésilien à Poitiers sera donc dispensé de portugais, mais suivra des cours de français). Chaque dispense amène à un cours électif supplémentaire. D’un point de vue professionnel, cette formation polyglotte représente indéniablement un atout majeur.

Reims2.pngAujourd’hui, ce modèle éducatif est au stade expérimental, dans ces campus en régions, dits « délocalisés » voire « de province » par les Parisiens. Le succès de ce système étant désormais avéré, alors que 40% des élèves du collège universitaire se trouvent sur ces campus de région, il n’est pas exclu de proposer dans un avenir plus ou moins proche d’étendre ce modèle aux Parisiens qui le souhaitent. Le directeur reste assez évasif sur la question. Nous avons tous eu vent de la rumeur qui court parmi les étudiants d’une éventuelle délocalisation de l’intégralité du Collège Universitaire sur le campus de Reims, mais rien ne permet de l’affirmer pour l’instant. Toujours est-il que l’intention immédiate pour ces campus est une meilleure information pour les candidats à l’entrée du collège universitaire. « Il reste un tropisme parisien incroyable ! » affirme M. Descoings. Sciences Po reste, il est vrai, extrêmement associé à son campus historique parisien de Saint-Germain, et l’information sur ces campus en régions pour un candidat ne faisant pas la démarche de chercher l’information est très limitée.

Ce « tropisme parisien » de Sciences Po se manifeste également par le manque de communication et de relations entre Paris et les autres campus. Le Minicrit’ reste pour beaucoup de parisiens un « parent pauvre » du Crit’, et la fréquentation des germanopratins à cet événement est assez faible. Pourtant, cet événement est une réelle innovation de l’Association Sportive pour favoriser l’échange entre les différents campus et créer une solidarité de promotion transcendant la distance géographique. Si il est de taille plus réduite que le Criterium, il se déroule dans une autre ambiance, plus « bon enfant« , et ce sont directement les campus en régions qui sont chargés de son organisation. Quand on demande aux Poitevins qui en ont la charge cette année quels sont leurs objectifs pour cette rencontre, ils répondent « Que les gens s’en souviennent, que Paris ramène ses fesses, que Reims lance la machine ! ». De l’ambition, donc, pour le premier Minicrit’ des Rémois, et une volonté de sortir les parisiens de leur septième arrondissement. Il y a là quelque chose d’essentiel de la vie de l’école, puisque tous les campus seront amenés à travailler ensemble dans les locaux parisiens à l’occasion de leur master.

MinicritLe Minicrit’ n’est pas (plus) la seule initiative dans ce domaine. Depuis cette année, le BDE a mis en place ce qui était déjà imaginé depuis plusieurs années dans les campus en régions, dans ce qui est peut-être l’élément le plus innovant du programme du nouveau Bureau des Élèves: le BDE National Tour. Si certains critiquent le nom, et si certains étudiants des campus de régions trouvent que cela ressemble à une visite de l’équipe principale à ses remplaçants, c’est néanmoins quelque chose de nouveau qui se joue ici. Le but: une collaboration des différents BDE pour emmener des étudiants des différents campus voir leurs congénères dans une autre ville. Les Étudiants ainsi conviés sont logés chez des étudiants du campus local, et une sorte de « weekend de cointégration » est organisé, alliant visites culturelles et grosses soirées, pour favoriser le rapprochement entre les différents élèves. Le projet n’en est encore qu’à ses débuts (seuls Paris et Nancy étaient représentés à Reims fin novembre) mais de nombreuses dates sont prévues pendant le second semestre: Poitiers, le Havre et Nancy en février, Menton et Dijon en avril, Paris recevra, elle, en mars. Le but est aujourd’hui d’élargir le nombre d’Étudiants conviés (15 Parisiens et 40 Nancéens à Reims) et de faire de cet événement un rendez-vous annuel, afin de créer dans le Collège Universitaire un réel esprit de promotion fédérant tous les campus, ce qui semble manquer à l’école aujourd’hui.

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Série des dédicaces (4/4) : David Foenkinos https://www.lapeniche.net/serie-des-dedicaces-44-david-foenkinos/ Fri, 26 Nov 2010 22:41:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1106 JD.pngL’idée semble folle. Le principe est simple, pourtant : on prend une icône, et on l’écrit à la première personne. Mais David Foenkinos, dans cet exercice, ne choisit pas n’importe quelle icône, ni n’importe quel moment de sa vie, pour écrire ce que quelques uns ont appelé un « roman biographique » : l’auteur nous dépeint ici des séances de psychanalyse de… John Lennon ! Bien entendu, il ne s’agit pas de la retranscription d’enregistrements de réelles séances, mais tous les faits sont réels. « Je n’aurais pas trouvé ça intéressant d’écrire une fausse bio de Lennon » nous confie-t-il. Véritable bio, donc, mais faux roman ? Pas vraiment, l’auteur nous confie également lors de l’interview qu’il nous a accordé que les faits sont soumis à son interprétation, ce qui amène l’auteur à mettre un peu de lui dans ce Lennon, qu’il veut toutefois le plus proche possible de la réalité.

Lennon.jpgPersonnage hors-norme, pour un livre hors-norme qui se démarque de la bibliographie de l’auteur. David Foenkinos, qui nous avait habitué à des romans sur le thème de l’amour avec une narration moins surprenante (mais non moins prenante), change ici de stratégie et étonne. Un exercice de gymnastique littéraire qui pourrait faire mentir ceux qui lui reproche de ne parler que d’amour. En fait, Foenkinos avait déjà surpris avec son roman Qui se souvient de David Foenkinos, où il se mettait lui-même en scène, boudé par la critique après le succès d’un roman, face à l’angoisse de la page blanche. Pour les amateurs à qui on ne présente plus l’auteurs, rassurez-vous, s’il semble changer de thèmes, son univers est bien là : vous ne serez pas surpris de retrouver deux personnages polonais, sorte de tradition et de clin d’oeil à lui-même que l’on retrouve dans chacun des romans de David Foenkinos, depuis son premier livre (L’inversion de l’idiotie. De l’influence de deux polonais)

auteur_david-foenkinos_2008.jpgAssez parlé du roman. Le 4 décembre, David Foenkinos sera présent à la Journée Dédicaces de Sciences Po, dont il est un habitué. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore et qui aimeraient en savoir plus, « il faut regarder ma page facebook ! » suggère l’auteur. Diplomé de lettre de la Sorbonne, David Foenkinos s’est également formé à la guitare et en a fait son métier, même s’il ne joue plus que pour le plaisir et se concentre aujourd’hui sur l’écriture. Loin de se limiter aux romans il est également l’auteur d’une pièce de théâtre, et d’un court métrage réalisé avec son frère ([http://www.6nema.com/dharamsala/court-metrage/une_histoire_de_pieds-407]).

Depuis longtemps remarqué comme l’un des auteurs les plus prometteurs de sa génération, David Foenkinos a rencontré le grand succès avec son huitième roman, La Délicatesse (Gallimard, 2009), qu’il prévoit d’adapter au cinéma avec son frère. Traduit dans une quinzaine de langues, en Allemagne, en Corée, jusqu’en Bulgarie (jeux de mots/paillardises sciences pistes/AS s’abstenir…), il a remporté de nombreux prix au fil de son oeuvre, et loin de se targuer de ce succès, il nous confie : « J’espère juste avoir de l’inspiration pour le prochain livre. » Affaire à suivre, donc, mais profitez de cette occasion unique de rencontrer un auteur unique qui continuera de faire parler de lui.

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Brune/Blonde ou le fétichisme capillaire au cinéma https://www.lapeniche.net/bruneblonde-ou-le-fetichisme-capillaire-au-cinema/ https://www.lapeniche.net/bruneblonde-ou-le-fetichisme-capillaire-au-cinema/#comments Tue, 19 Oct 2010 09:33:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1073 Sans_titre1.pngDe la rivalité très médiatique entre Liz la brune et Marylin la blonde, au duo explosif Johansson/Cruz dans Vicky Cristina Barcelona, il n’est jamais bon de confronter une brune et une blonde au cinéma. Leur rivalité est à vrai dire un peu convenue, relevant presque du cliché, mais effective dans la représentation de la femme au cinéma. En fait, la chevelure féminine, de quelle couleur qu’elle soit, a toujours fasciné les réalisateurs, tout au long de l’histoire du cinéma, parfois jusqu’à l’obsession, certains diront jusqu’au fétichisme. A la cinémathèque, on aime bien les fétichismes, quand ce sont ceux des réalisateurs, et on les expose : l’exposition Brune/Blonde à la cinémathèque de Paris, du 6 octobre au 16 janvier 2010, met en scène l’obsession capillaire au cinéma et les femmes qui l’incarnent. Grâce à des places offertes par le BdA, LaPéniche a testé pour vous cette exposition dès son ouverture, mercredi 6 octobre dans la matinée.

Sans_titre2.pngRousses, chatains, grisonnantes, Auburn, pas de panique, vous avez toute votre place dans cette exposition. « Blonde, brune, rousse et châtain, ça sonnait trop long », nous explique le guide au début de l’exposition. C’est une exposition sur la femme et sa coiffure au cinéma, et les femmes tondues ou voilées ont aussi leur mot à dire, au fil des cinq séquences qui rythment l’exposition : « Le Mythe », « Histoire & géographie de la chevelure », « Les gestes de la chevelure », « la chevelure au cœur de la fiction » et « Vers l’abstraction (cheveu-matière) ». Les nombreux extraits, les photos grandeur nature et une sculpture surprenante (The Isolated Child, d’Alice Anderson, on ne vous en dit pas plus) rendent l’exposition très vivante et animée.

Sans_titre3.pngPour évoquer rapidement les séquences, leur enchainement est assez fluide, rythmé par la projection d’un extrait très esthétique et hypnotisant projeté sur un petit écran au dessus de chaque porte. La cohérence est assez claire : on part du mythe, la représentation brute perçue par le spectateur, on décortique ce mythe en passant en revue son histoire et ses différentes manifestations dans les différents cinéma du Monde. Puis on entre dans la tête du réalisateur, on voit comment un réalisateur met en scène cette chevelure qui le fascine, d’où vient cette obsession, comment se sont forgés les symboles, quels sont les moyens à sa disposition… Une grande cohérence, donc… jusqu’à la dernière séquence. Là, on ne comprend pas très bien ce que les exposants ont voulu montrer… Des œuvres assez étranges, presque toutes sans rapport direct avec le cinéma, assez « hors-propos », qui détonnent avec le reste de l’exposition.

Sans_titre4.pngUne des grandes réussite de cette exposition est sans aucun doute d’avoir réussi à montrer les interactions entre les arts. Une place très importante est reservée à la peinture de tout temps, mais aussi à la sculpture et à la photo. Les passerelles sont très nombreuses entre les arts, on s’en rend rapidement compte, notamment avec le mythe d’Ophélie, qui nourrit depuis toujours la symbolique mortifère de la chevelure féminine. La mise en parallèle d’extraits cinématographiques avec des peintures ou des sculptures (notamment la Danaïde de Rodin) montre à quel point les codes de la chevelure féminine au cinéma sont profondément ancrés dans une longue tradition artistique.

Sans_titre5.pngIl faut quand même avouer la légèreté de certaines analyses, parfois évidentes. Il de faut pas avoir fait la Femis pour deviner l’opposition entre la blonde vénéneuse et inquiétante et la brune tantôt sauvage, tantôt sage et casanière. Pas nécessaire non plus pour deviner que François Ozon n’a pas choisi au hasard la très brune Fanny Ardant et la très blonde Catherine Deneuve pour la célèbre scène de lutte dans Huit Femmes. Comme nous le disions au début de cet article, l’opposition entre brune et blonde peut paraitre un peu convenue, et l’exposition évite parfois assez mal cet écueil.

Sans_titre6.pngAu fur et à mesure qu’on déambule dans les quatre premières salles, on rit, on est saisis voire dérangés par la force de certains extraits (en particulier un mettant en scène la calvitie d’une femme voilée), on est séduit par les têtes à coiffer afro, les photos grandeurs natures de Marylin, une Lana Turner par Warhol et les écrans projetant les plus grands cinéastes du XXe siècle. Esthétiquement, l’exposition est sans aucun doute une réussite. Malgré quelques faiblesses, et l’énigme qui me taraude toujours de la cinquième salle, OVNI, si j’ose dire « cheveu sur la soupe », l’objet reste bien traîté, et, il faut bien le reconnaître, très original.

Sans cinéma ce n’est plus la cinémathèque, l’exposition donne bien entendu lieu à une longue programmation en rapport avec l’exposition. En outre, à la fin de l’exposition sont projetés six courts-métrages réalisés spécialement pour l’exposition par 6 réalisateurs différents, pour tout dire plus ou moins réussis. Brune/Blonde, une exposition Arts et Cinéma

A la cinémathèque de Paris (51 rue de Bercy, métro Bercy)
Du 6 octobre au 16 janvier 2011, du mercredi au lundi (nocturne le jeudi)
8€ plein tarif, 6,5€ moins de 26 ans, 4€ moins de 18 ans

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Tour Eiffel, baguettes et exposés: le Buddy Programme https://www.lapeniche.net/tour-eiffel-baguettes-et-exposes-le-buddy-programme/ https://www.lapeniche.net/tour-eiffel-baguettes-et-exposes-le-buddy-programme/#comments Fri, 17 Sep 2010 00:30:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1035 buddy.jpg« Waw ! Wine is so cheap there ! » Tel était la rengaine qu’on entendait environ dix fois par minute lors du barathon organisé dimanche 5 septembre par les responsables du Buddy Programme.

Le Buddy Programme, c’est quoi ? C’est un programme de parrainage organisé par la DAIE (Direction des Affaires Internationales et des Echanges) pour favoriser l’intégration des étudiants internationaux en échange à Sciences Po pour un semestre ou un an. De façon plus triviale, il s’agit, pour les étudiants français de deuxième ou quatrième année volontaires, de familiariser ces chers internationaux au « French way of life », à la vie parisienne, à la langue française, aux arcanes de Sciences Po, aux méandres de l’administration, au vin, au fromage, à la « French Cuisine » et plus si affinité (qui a dit « French kiss » ?).

Et par là, nous, petits Français, avons pour mission d’abolir les barrières de la langue et de la culture pour rendre le semestre ou l’année passée dans notre pays par ces étudiants la plus agréable et la plus profitable possible. C’est donc tout naturellement qu’a été organisé le dimanche 5 septembre un pique-nique géant sur les pelouses du Bois de Vincennes. Les étudiants étaient regroupés par groupes de 10 français (ce qui fait 20 internationaux, puisque chaque Français est en charge de deux étudiants internationaux) dirigé par deux « super-buddies », eux-mêmes buddies, chargés de l’ambiance et de l’animation du groupe.

buddy15.jpgPour donner un aperçu le moins cliché possible de la France, les noms des groupes allaient de « Macaron » à « Boudin » en passant par « Chardonnay » et « Roquefort ». Petit clin d’œil culinaire qui annonce la couleur de l’ambiance bonne enfant de ce programme d’échange: le Buddy Programme ne se veut rien d’autre qu’un moyen pour les étudiants en échanges de se faire des « potes » (buddies) français dans la jungle parisienne.

L’après-midi fut rythmée par diverses activités, organisée par les super-buddies pour favoriser le rapprochement. Petit bémol quant au manque d’animation dans certains groupes qui souffrirent d’un manque d’organisation – d’imagination peut-être – pour les activités. La soirée s’est poursuivie par un barathon à Bastille, qui fut l’occasion pour les groupes de se mélanger, donnant ainsi lieu à de nouvelles rencontres. Ce fut également l’occasion pour les internationaux de découvrir que, oui, la boisson nationale est bien le vin, et que pour 3 euros on peut avoir un bon verre de rouge.

Mais si tout a l’air parfait d’un premier abord, plusieurs petits détails vinrent nuancer ce tableau. Cela semblait inévitable, le courant n’est parfois pas passé entre les buddies et leurs internationaux. Soit par aléas d’agendas (affaire à suivre, dans ce cas) soit par mauvaise volonté, de très nombreux internationaux n’ont même pas rencontré leur buddy. Certains ont échangé deux ou trois mails pendant le mois qui précédaient la rencontre, d’autres se sont aperçus au pique-nique pour ensuite se perdre de vue et ne pas chercher à se retrouver… Quoi qu’il en soit, le barathon a permis à ces internationaux « orphelins » de rencontrer d’autres Français autour d’un verre et de s’intégrer dans le cercle étudiant de Sciences Po.

buddy39.jpgRestent évidemment les étudiants internationaux qui n’ont pu se rendre au pique-nique et qui n’ont pas rencontré leur buddy par ailleurs. De fait, la Welcome Week se faisant exclusivement entre étudiants internationaux, de nombreux étudiants étrangers ne se fréquentent qu’entre eux. Si la mixité de mise dans les cours de deuxième année et de master favorise l’échange entre les nationalités – en particulier à travers les exposés, ces conférences restent limitées à deux heures par semaine et permettent trop rarement un réel et durable rapprochement avec nos camarades.

Il faut rappeler que les étudiants internationaux représentaient l’année dernière plus de 40% des effectifs de notre école (il n’étaient que 20% au début des années 2000). L’acquisition par l’école d’une réputation internationale était un des principaux objectifs de Richard Descoings et de son équipe à son arrivée à Sciences Po, et l’IEP est une des rares écoles où c’est l’administration même qui organise le programme de parrainage. À Assas ou à l’ESSEC, par exemple, les parrainages sont organisés par des associations étudiantes, et d’autres écoles n’en proposent pas du tout.

Les retombées de cette volonté d’intégration sont manifestement positives, et Sciences Po pallie ainsi à ses faiblesses: sa situation en plein cœur de Paris présente, outre les nombreux avantages évidents, l’inconvénient de marquer une fracture entre le lieu d’étude et le lieu de divertissement. Le Buddy Programme réponds très bien à ce problème en faisant les étudiants passer leurs journées ensemble, au moins un temps, comme sur un campus.

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Les photos de cette journée sont disponibles sur LaPéniche.net, dans la section Photos

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