Océane Lang – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Mon, 26 Jun 2023 11:27:55 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Océane Lang – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 PARIS SOLIDAIRE X ENTOURAGE : UNE CONFÉRENCE POUR CRÉER DU LIEN AVEC LES PERSONNES SANS-ABRI https://www.lapeniche.net/paris-solidaire-x-entourage-une-conference-pour-creer-du-lien-avec-les-personnes-sans-abri/ Thu, 18 Nov 2021 11:00:00 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=53784 Ce mardi 9 novembre, l’association Paris Solidaire organisait à Sciences Po une conférence pour déconstruire les préjugés autour du monde de la rue. Elle invitait à cette occasion l’association Entourage, qui effectue des ateliers de sensibilisation autour de la grande précarité. Dans un espace bienveillant, les participants ont pu échanger et poser leurs questions. 

Des personnes sans-abri, on en croise tous les jours. Dans le métro ou dans la rue, alors qu’on va en cours ou qu’on rentre chez soi, on se demande peut-être souvent : « J’aimerais pouvoir faire quelque chose, mais je ne sais pas comment agir », surtout quand on n’a pas d’argent à donner. C’était en tout cas mon expérience, et j’attendais avec impatience d’écouter les paroles de personnes concernées. 

Dans l’amphithéâtre Erignac, au 13U, les étudiants ont commencé à se rassembler à 19h15 et à écouter la présentation de l’association Entourage. Celle-ci œuvre pour créer du lien social avec les personnes sans-abri. Elle a pour particularité d’être dôtée d’un comité de personnes qui ont été sans-abri, ce qui leur permet de prendre des décisions adaptées à ce public. Un de leurs membres était présent et a pu nous parler de son vécu. Après un questionnement autour de ce dont une personne sans-abri a besoin dans son sac, un temps a été consacré à la discussion autour de préjugés fréquents. Chacun a pu s’exprimer dans la bienveillance et avoir un retour des membres de l’association. 

Une attention particulière a été portée sur la solitude des personnes sans-abri, leur invisibilisation, et sur l’impact que l’on pouvait avoir en changeant notre comportement à leur égard. Un simple « bonjour » poli peut leur permettre de se sentir mieux pris en compte dans l’espace public, et un échange selon le temps de chacun peut permettre de lutter contre leur solitude. L’important étant de respecter l’autre et de le traiter en égal en toutes circonstances.

Cette soirée s’est ainsi révélée réussie et très instructive. Romane Pottié, co-présidente de l’association Paris Solidaire, témoigne : « La conférence était à l’origine organisée pour former les étudiants qui souhaitaient participer aux maraudes, pour qu’ils sachent comment agir. Mais on a tenu à l’ouvrir à tous les étudiants intéressés, qui peuvent aussi aider au quotidien, et ça peut donner envie aux gens de commencer à participer aux maraudes. »

Paris Solidaire est une association étudiante du campus de Paris qui effectue des actions de solidarité auprès de divers publics : des maraudes auprès des sans-abris les lundi, mercredi et dimanche soirs, de l’aide aux réfugiés,  des collectes de dons à destination des publics précaires, ou encore des activités pour créer du lien avec des personnes âgées ou en situation de handicap. Romane insiste sur le fait que « participer à Paris Solidaire est sans engagement » : on peut venir une fois quand on le souhaite sans être obligé de s’investir toutes les semaines. Elle ajoute que, malgré tout, le plus souvent, les personnes qui viennent une fois apprécient ce moment et reviennent ensuite souvent par la suite !

Si vous êtes intéressés par les actions de cette association, n’hésitez pas à la suivre sur les réseaux sociaux et à venir aux prochains évènements :

Les 22 et 23 novembre : journées don du sang à Sciences Po.

Vendredi 26 novembre : journée banque alimentaire au Monoprix rue de Rennes

Samedi 4 décembre : sortie au bowling avec des personnes en situation de handicap

Crédit image : ©Paris Solidaire

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Top 5 des initiatives étudiantes les plus loufoques https://www.lapeniche.net/top-5-des-initiatives-etudiantes-les-plus-loufoques/ Wed, 29 Sep 2021 09:53:10 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=53562 Notre rédactrice revient sur les initiatives étudiantes proposées en cette rentrée 2021, qui, fidèles à leur réputation, ne manquent pas d’inventivité.

Du 29 septembre au 1er octobre se déroulera la sélection des projets d’initiatives étudiantes qui sont cette année au nombre de 115. Parmi elles, des pépites d’originalité qui reflètent bien la créativité des étudiants. Personnellement, elles me font toutes rêver.

5 – Le Donjon de l’Est 

 « Le Donjon de l’Est souhaite vous permettre une nouvelle expérience sensorielle, intellectuelle et amusante dans son univers magique et fantastique, à travers différents types de jeux. Oserez-vous franchir ses portes pour, l’espace de quelques instants, vous transformer en elfe, troll ou.. Qui sait ? »[1].

Sur le campus de Dijon, des étudiants téméraires se transforment en elfes, en trolls ou même d’autres créatures. La légende raconte que certains y restent pour toujours. Si vous n’avez pas peur, franchissez les portes de ce donjon !

4 – Bulle – Salle de sieste à Sciences Po 

« La Bulle est la future salle de repos au sein de Sciences Po. Notre objectif est de favoriser la sérénité et la santé mentale des étudiants au travers la mise à disposition d’un espace de détente et de calme dans lequel ils pourront se reposer, méditer, prendre du temps pour eux ».

Après Sciences Polochon en 2016, une proposition de salle de sieste à Sciences Po revient en force : c’est bien la preuve que le besoin est réel. Qui ne rêve pas d’un endroit pour piquer un somme entre deux cours intenses et fatigants ?

3 – Sciences Piew

« Comme nous l’avons dit précédemment nous ne voulons que faire du laser game et former nos collègues pour répondre au stress pour réussir dans la vie ».

Court mais efficace. J’ai mis du temps à comprendre le sens du nom de l’initiative : c’est bien l’imitation sonore d’un pistolet ?

2 – Sciences Poêlon 

« Rassembler les étudiants autour de l’échange culinaire et de la culture piémontaise. Comment ? En créant le premier système de prêt et d’échange d’appareil à raclette entre Sciencespistes ».

Attention, à ne pas confondre avec l’initiative « Sciences Poléon » : la place du e change tout. Je signe tout de suite: hâte de pouvoir partager mes petits poêlons tout en me gavant de fromage à raclette

1 – Sciences Roulades

« Sciences Roulades, c’est l’initiative qui cherche à promouvoir la roulade, le rond, les rouleaux et autres roulés boulés au sein des murs de Sciences Po. Ici, tous les talents sont acceptés, et surtout valorisés. Une seule condition : aimer rouler. Tu rêves de dévaler le jardin du 27, d’écouter “They see me rollin’  » en boucle, de devenir un as du volant sur tout véhicule (motorisé ou non) possédant des roues, de devenir la plus belle des quilles de notre bowling humain, ou de devenir un chef des rouleaux de printemps ? Nous aussi ! Nous souhaitons proposer tout au long du semestre des événements autour de la roulade, du rond, des rouleaux, et autres roulés boulés. Bref, Sciences Roulades, c’est la nouvelle initiative étudiante là pour faire de ta vie un tourbillon de bonheur ».

Même si je n’ai pas un très bon souvenir de mes roulades avant et arrière en cours de gym, cette présentation m’a fait tourner la tête. J’espère que vous m’apprendrez à rouler avec vous et j’ai juste envie de dire : je vous souhaite que votre projet avance « comme sur des roulettes ». 

Et voilà, vous savez tout. Manger, dormir, faire du laser game, se changer en troll ou tout simplement rouler : autant de possibilités que vous offrent les initiatives étudiantes cette année. Allez voter dès le 29 septembre et jusqu’au 1er octobre pour celles qui vous plaisent le plus, pour leur permettre de voir le jour ! En bonus, parce qu’à La Péniche on adore les traits d’esprit, voici une sélection non exhaustive des meilleurs noms d’initiatives étudiantes : Artsponts, Cinémentongraphe, SciencesPi, Haïkultur, Amic’Allemand, D’Ors et de Vents, Sciences Pion, Sciences Poelon, Sciences Poléon, Sciences Polyphonies, Societea, Sciences Portraits, et enfin Sciences Potaku.


[1] Citations issues du Catalogue de sélection des initiatives étudiantes, Les projets candidats semestre d’automne 2021-2022, Sciences Po

Crédit image : ©Paul Rentler/SciencesPo

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Yvette Lévy et Daniel Urbejtel : un précieux témoignage https://www.lapeniche.net/yvette-levy-et-daniel-urbejtel-un-precieux-temoignage/ Thu, 11 Apr 2019 09:00:58 +0000 http://lapeniche.net/?p=39382 Ce jeudi 4 avril, l’amphithéâtre Émile Boutmy s’est rempli à 17h pour un précieux témoignage, organisé par l’UEJF. Il s’agit de celui de Mme Yvette Lévy et M. Daniel Urbejtel, tous deux déportés à Auschwitz en 1944 à bord du même convoi. Leurs destins se croisent lors de cette terrible période : depuis, tous deux ont dédié leurs vies à témoigner.

La conférence est introduite par les étudiants de l’UEJF ainsi que par Mme Bénédicte Durand, Directrice des Etudes. Celle-ci explique : « À l’âge de l’enfance, [Mme Yvette Lévy M. Daniel Urbejtel] ont pris ce convoi qui les a emmenés jusqu’à l’horreur. Ils en sont revenus. Et depuis, ils témoignent ». Il s’agit donc de se « souvenir, pour le meilleur et pour le pire », de se plonger « au cœur de l’humanité dans ce qu’elle a d’inhumanité ». Enfin, ce témoignage vise à « faire œuvre de mémoire, pas seulement se souvenir mais aussi faire œuvre de transmission ». Tous s’accordent sur un point : le présent nous rappelle à tous que les enjeux de ces événements appellent à un combat de tous les jours, pour la tolérance et le vivre-ensemble.

Un récit de « l’innommable »

La conférence débute avec les récits respectifs d’Yvette Lévy et de Daniel Urbejtel sur leur « vie d’avant » et sur les événements qu’ils ont vécus.  Yvette Lévy est née en 1926 à Paris de parents juifs français : « ce n’est pas toujours facile quand on est toute petite. […] J’ai été déscolarisée par l’un des profs qui m’a rejetée ». Elle fait partie des Éclaireuses israélites de France très jeune, dès ses 6 ans. En 1942, elle y est monitrice et accueille des enfants de déportés. En même temps, elle subit interdictions et port de l’étoile jaune : « on ne nous a pas enlevé le souffle, c’est tout ». Lors du débarquement, tous se réjouissent : « c’est bientôt la fin du parcours ». Pourtant, en juillet 1944, alors que les Alliés sont à quelques dizaines kilomètres de Paris à peine, d’autres rafles ont lieu et les maisons d’enfants cachés sont toutes arrêtées en représailles. Elle est arrêtée avec 1300 autres personnes, et découvre l’enfer des camps. En octobre, elle est transférée dans une usine d’armement en Tchécoslovaquie, où elle travaille dans de terribles conditions. Le camp est finalement abandonné par les SS en avril 1945, et elle rentre en France avec d’autres survivants.

S’ensuit le témoignage de Daniel Urbejtel, qui insiste : « Oubliez que la personne qui vous parle est la personne âgée que je suis devenue. A l’époque, j’étais un enfant de 12 ans, immature, qui ne comprenait pas tout ce qui lui arrivait ». Le jour de son anniversaire, ses parents juifs non-pratiquants et non recensés par Vichy sont arrêtés par la Gestapo. Il découvre ce jour-là son identité juive : « En quelques heures, une famille unie est complètement éparpillée ». Alors qu’il rend visite à son frère au centre de l’Union Générale des Israélites de France du 11ème arrondissement, ils sont arrêtés et internés au camp de Drancy. Il vit ensuite ce qu’il appelle « l’innommable ». Il survit à l’horreur du camp, au travail forcé et aux Marches de la mort, d’où il ressort terriblement affaibli. Accablé par les maladies, la faim et la fatigue, il tombe dans le coma pendant un mois. De retour à Paris en octobre 1945, il retrouve son frère et sa sœur, et se convertit au catholicisme lors de sa convalescence. Daniel témoigne dans les écoles depuis plusieurs décennies.

A la suite de ces récits, un silence presque religieux. « J’espère qu’on ne vous pas accablé.e.s avec nos récits », conclut Daniel Urbejtel. 

Témoigner : entre épreuve et soulagement

Ces événements traumatisants vécus à l’adolescence sont très difficiles à relater. Daniel raconte : « Pendant 35 ans je n’en ai pas parlé. J’en parle aujourd’hui parce que j’ai le triste privilège d’être le plus jeune Français revenu d’Auschwitz. ». Il ajoute « Je suis devenu acteur de mon histoire, je me la réapproprie au lieu de la subir. On ne peut pas les oublier, mais en les assumant on peut s’en libérer, en guérir. » Une femme dans le public, qui se présente comme juge à la Cour de Cassation, renchérit plus tard : « Dépasser le silence, je l’ai souvent entendu dans les paroles des victimes, il faut être fort pour parler mais c’est une force qui permet de se libérer ». Elle demande alors : « En tant que juge, je vous demande : comment jugez-vous le fait qu’on poursuive encore aujourd’hui des responsables qu’on retrouve ? Pour vous, est-ce important ou préféreriez-vous qu’on oublie ? ». Yvette affirme : « A la Libération, certains responsables sont sortis très vite de prison et ont continué en politique, je le déplore. La cruauté avec laquelle ils ont traité des êtres humains n’est pas pardonnable ». Daniel, quand à lui, est plus mitigé : « Il faut distinguer le crime de celui qui l’a commis. Je me méfie beaucoup des gens qui n’ont pas de pitié, on tombe facilement du mauvais côté. Il n’y a pas les bons d’un côté et de l’autre les mauvais. On a tous du mauvais en nous, même les bons ».

Les sentiments qu’il éprouve vis-à-vis des responsables sont emprunts d’un recul admirable : « J’ai eu la chance de ne pas être tenté par la haine. Je crois profondément qu’elle n’est pas dans mes gènes, mais j’ai surtout dû diriger mes énergies vers mes projets, je n’avais pas suffisamment d’énergie pour me lamenter, en même temps. C’est pour cela que la plupart des survivants n’ont pas l’esprit de revanche. Il faut peu de chose pour qu’un homme bien aimé passe du mauvais côté. Dès qu’on a un petit pouvoir, on a tendance à en abuser ». Il insiste sur le fait que, pour lui, la haine de l’autre est susceptible de prendre le dessus en chacun de nous. Il déplore ainsi l’antisémitisme qui persiste : « C’est notre grande déception à nous tous, nous n’avons pas réussi à ne plus jamais céder à cette tentation que nous avons tous d’écarter ceux qui ne nous ressemblent pas ». Il fait alors une déclaration percutante : « Il y a un peu de nazi dans chacun d’entre nous. Le nazi ce n’est pas toujours l’autre ». Il conclut : « C’est à vous de prendre la relève et de vous battre, c’est presque un hymne à la démocratie ». C’est en cela que consiste le devoir de mémoire, se souvenir pour prévenir.

La transmission

Lorsqu’on leur demande ce qui les a poussés à se dédier au témoignage, Daniel se souvient : « J’étais un gamin, j’ai dû reprendre le collège, j’étais déphasé. En réalité ce n’était pas deux ans d’écart avec les autres que j’avais, c’était une génération. Même vis-à-vis des professeurs, j’avais une expérience qu’eux-mêmes ne mesuraient pas. J’enviais à mes camarades leur insouciance. Je tenais pas à raconter, raconter c’était relire. La première fois que j’ai essayé de me confier à la mère d’un ami, elle ne réalisait pas la gravité de ce que j’avais vécu. Ou je n’ai pas su lui expliquer, ou ce n’était pas croyable, on ne se rend pas compte ».

Pour expliquer ce qu’ils ont vécu à un enfant, ils rappellent le besoin de prendre « beaucoup de précautions, car ce n’est plus la même éducation, plus la même vie ». Yvette Lévy développe : « à l’époque on crevait de faim sous l’Occupation, à l’école on nous distribuait des pastilles vitaminées. Les enfants demandent ce que c’est, je réponds des Choco BN sans chocolat et avec de la sciure de bois, mais quand on a faim c’est très bon ». Daniel Urbejtel affirme quant à lui : « je ne m’en sens pas du tout capable, je ne suis même pas sûr qu’ils en aient besoin, j’ai peur qu’ils lisent dans mon regard ». Tous deux rajoutent : « C’est à vous, historiens, de creuser cette histoire. Vous êtes le nouveau relais auprès des générations futures ». « C’est un travail sur l’humanité profonde plus que sur le discours. On est plus sensible à l’exemple que l’on donne dans la vie courante. Il ne faut pas dissocier le message dans un micro avec celui que nous donnons le jour ». Ainsi Yvette Lévy et Daniel Urbejtel nous invitent à prendre acte de leur témoignage, et d’agir en conséquence en « développant la bienveillance » tout au long de notre vie.

Océane Lang

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ADMIS AU COLLÈGE U, EPISODE 3 : REGARDS SUR OXFORD, UNE AUTRE UNIVERSITÉ https://www.lapeniche.net/admis-au-college-u-episode-3-regards-sur-oxford-une-autre-universite/ Mon, 04 Feb 2019 09:00:14 +0000 http://lapeniche.net/?p=39069 Après un semestre passé à Sciences Po, les spécificités et rouages de l’école commencent à être appréhendés par les 1A. Mais comment s’organise l’université ailleurs, par exemple… de l’autre côté de la Manche ? Des étudiants de l’université d’Oxford ont accepté de témoigner, et ainsi de mettre en lumièrepoints communs et spécificités entre les deux institutions. 

Les collèges, c’est quoi ?

Une des principales spécificités d’Oxford consiste en ses fameux collèges. Il ne s’agit pas, comme en France, d’établissements scolaires secondaires, mais du lieu de vie des étudiants de l’université. Ils y sont logés, nourris et ils y étudient principalement. Tous acceptent les hommes et les femmes – les étudiants ajoutent : « au moins à Oxford, pas à Cambridge », signe de la rivalité historique entre les deux universités. L’université d’Oxford compte ainsi trente-huit collèges, de taille et de confort variable, auxquels s’ajoutent six « permanent private halls ». Leur fonctionnement est similaire à celui d’un collège, mais ils sont plus restreints, privés et souvent religieux. Ils sont considérés comme « centraux à la vie universitaire » par les étudiants. En effet, chacun d’entre eux vit dans un collège, au moins pour la première année, a un tuteur attitré, et assiste également des cours en petits groupes dispensés au sein du collège. Mais la vie du collège ne se limite pas à la vie quotidienne et aux études. Ceux-ci accueillent aussi des événements comme les « formal dinners », les bals ou encore des soirées étudiantes. Enfin, chaque collège est unique, chacun possède ses propres spécificités. Sainte Catherine est célèbre pour son architecture « très moderne » – « laide » selon certains – tandis que Magdalen est réputé pour ses anciens élèves célèbres, comme Oscar Wilde, ainsi que son parc où vivent des biches. Les motifs de fierté sont parfois plus atypiques… comme à Sainte Anne où l’une des tortues a remporté deux ans d’affilée la course des tortues d’Oxford !

Qu’étudie-t-on ?

Contrairement à Sciences Po, où la formation est orientée vers les disciplines des sciences sociales, Oxford est une université où toutes les disciplines peuvent être étudiées, de la médecine à la musique en passant par les « études du monde oriental ». Les cours se divisent entre les « lectures », équivalent des cours magistraux en France et les « classes », équivalent des travaux dirigés, en effectif plus réduit, entre dix et vingt personnes. Les séminaires consistent quant à eux en des groupes de discussion dirigés par un professeur. Enfin, les « tutorials » sont des cours presque particuliers, composés d’un à trois étudiants et d’un professeur. Ce dernier type de cours est un atout majeur à Oxford, étant donné que Cambridge est la seule autre université à en dispenser. La quantité d’heure de cours et de travail personnel par semaine dépend grandement du cursus suivi : 3 heures de cours mais 20 heures de lecture en droit, 22 heures de cours en médecine, 10 heures de cours et 23 heures de répétitions en musique ou encore 19 heures de cours en double cursus français – arabe. Selon les étudiants, la quantité de travail et sa difficulté sont importantes, mais la sélection à l’entrée pour Oxford permet d’accueillir des étudiants « réellement passionnés par leur matière ». De plus, la vie au sein du collège permet de ne pas « se sentir seul face au travail ».

Petit dictionnaire d’Oxford

Battels : Les frais du collège, à savoir le logement, la nourriture… Normalement appelés « bills », Oxford utilise toujours des mots différents, vous êtes prévenus !

Societies : En comparaison des nombreuses associations de Sciences Po, les « societies » rythment égalent la vie étudiante, dans le domaine du sport, de la culture, du bénévolat ou encore du « networking ». « Je ne suis membre d’aucune des societies mais j’assiste souvent à leurs événements », explique Catriona, une étudiante de première année.

Vac : Diminutif de « vacances », lorsque les étudiants quittent Oxford et rentrent chez eux entre chaque trimestre. Un demi-mot pour des demi-vacances, les étudiants étant toujours surchargés de travail, même en vacances !

Sub Fusc : L’uniforme des étudiants, composé d’une robe, d’un t-shirt et d’une cravate. Ils doivent le porter pour les examens et les formal dinners.

Matriculation : Le jour où tu es officiellement inscrit comme membre de l’université. Les étudiants portent tous le subfusc, paradent en ville et vont au théâtre Shublonian.

Trashing : Après tes examens finaux, tu es « trashed », c’est-à-dire que tes amis te couvrent de paillettes, de farine et toutes sortes de choses dégoûtantes. Félicitations.

Carnation : Les étudiants portent traditionnellement cette fleur pendant les examens. Elles sont offertes par les parents de collège et leur portent chance. Blanches pour les premiers, roses pour les suivants, rouges pour les finaux.

College families : Tous les premières années sont assignés à un deuxième année de leur collège, comme un binôme, appelé « parent de collège ». Les élèves peuvent ensuite se mettre par paire dans les « mariages de collège » pour créer des familles.

Au-delà du « mythe oxfordien » dont Sciences Po projette de s’inspirer pour la mise en place du « Campus 2022 », cette université n’en demeure pas moins humaine et dynamique. Un constat demeure : les étudiants sont tous passionnés et épanouis dans leur discipline. N’est-ce pas là le premier objectif de l’université ?

LANG Océane

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5 choses à savoir sur… Frédérique Vidal – Le Grand O https://www.lapeniche.net/5-choses-a-savoir-sur-frederique-vidal-le-grand-o/ Tue, 02 Oct 2018 09:00:39 +0000 http://lapeniche.net/?p=38774 Ce mardi 02 octobre 2018 à 19h15, Frédérique Vidal, est l’invitée du premier Grand Oral de l’année, organisé par Sciences Po TV, La Péniche et Sciences Polémiques. Retour en quelques points sur la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

 1 – Un parcours universitaire

Frédérique Vidal, avant d’exercer les fonctions de ministre, est biochimiste de profession. Après un échec en première année de médecine, elle réussit le concours d’infirmière mais décide de se réorienter en biochimie, dont elle est titulaire d’une maîtrise et d’un DEA. Elle débute sa vie professionnelle dans le privé, mais occupe plus tard les fonctions de professeure à l’université. En 2013, elle est nommée Chevalier de la Légion d’honneur par François Hollande. Depuis 2012 et jusqu’à sa nomination au gouvernement, elle est présidente de l’université Nice-Sophia-Antipolis, où elle a précédemment étudié.

2 – Récemment au ministère

Depuis le 17 mai 2017, Frédérique Vidal est entrée en fonction au gouvernement d’Edouard Philippe, sous la présidence d’Emmanuel Macron, en tant que Ministre de l’Enseignement supérieur. Son rôle ? Préparer et mettre en œuvre la politique du Gouvernement concernant l’accès de chacun et chacune au savoir, ainsi que le développement de l’enseignement supérieur. En octobre dernier, elle a porté le projet de loi controversé « Orientation et réussite des étudiants » (ORE) et la nouvelle plateforme Parcoursup, qui permet aux lycéens de choisir leur orientation dans l’enseignement supérieur, (un système que les nouveaux 1A connaissent bien !). Mais en quoi consiste la loi ORE dans les grandes lignes ?

3 – La loi ORE : objectifs et mise en place

En 2017, plusieurs constats ont pu être formulés à propos de l’enseignement supérieur français. Tout d’abord, les lycéens se tournent de plus en plus vers des formations privées, parfois très onéreuses. La raison ? Le manque de places dans certaines filières en tension, comme le droit, où le taux de réussite en L1 est de seulement 40%. Pour y remédier, Frédérique Vidal porte le projet de loi « Orientation et réussite des étudiants » (ORE), afin de concrétiser le Plan Étudiants présenté le 30 octobre 2017.  Cette nouvelle loi a pour objectif affiché de mettre fin au tirage au sort pour l’accès à l’enseignement supérieur, de réduire le taux d’échec en licence, et d’améliorer les conditions de vie des étudiants. 950 millions d’euros sont dédiés à cette réforme entre 2018 et 2022 afin d’ouvrir des places, de créer des postes dans les filières en tension et de moderniser les licences.

4 – La réforme en débat

L’opposition à la réforme finit cependant par mener au blocage de plusieurs universités par des étudiants, comme l’université Toulouse-Jean-Jaurès, le centre Pierre-Mendès-France ou l’université Paris-VIII. En effet, il est reproché à la nouvelle loi d’accentuer les processus de sélection à l’université, en mettant en concurrence les dossiers des élèves sur Parcoursup, notamment au niveau des « attendus » requis pour chaque filière. Cet été, entre le 26 mai et la mi-septembre, plusieurs milliers de candidats ont dû attendre plusieurs mois de recevoir une affectation. Tous voyaient leurs vœux maintenus en attente, en attente de désistements de la part des plus chanceux, ce qui a constitué pour eux une inquiétude ajoutée à celle des épreuves du baccalauréat de juin. Une mise en place perfectible donc, que la Ministre de l’Enseignement Supérieur pourra évoquer.

5 – Frédérique Vidal sera donc ce soir mardi 2 octobre à 19h15 à Sciences Po en amphithéâtre Boutmy, pour une conférence à ne pas manquer, et au cours de laquelle vous pourrez vous-même lui poser vos questions !

Océane Lang

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