Malte Penot-Lacassagne – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 20 Feb 2018 20:25:08 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Malte Penot-Lacassagne – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 L’Ecole républicaine, la jeunesse au chevet du débat politique https://www.lapeniche.net/ecole_republicaine/ https://www.lapeniche.net/ecole_republicaine/#comments Thu, 17 Mar 2016 06:00:35 +0000 http://lapeniche.net/?p=33634 Le 15 février dernier sortait en librairies L’Ecole au chevet de la République, un ouvrage collectif auquel 32 personnalités ont contribué, parmi lesquelles Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet ou encore Nicolas Sarkozy. Ce livre est le fruit d’un long travail de réflexion mené par l’association « L’Ecole républicaine », une association étudiante dans laquelle de nombreux élèves de Sciences Po se sont impliqués. À l’occasion d’une conférence de presse donnée au 27, La Péniche a tenté d’en savoir plus sur cette initiative de réflexion sur l’école menée par la jeunesse.

© L’Ecole Républicaine

Un projet ambitieux et de longue haleine

L’Ecole républicaine est un collectif étudiant fondé en février 2015, à la suite de la décision du Conseil d’Etat de rétablir les bourses au mérite. L’association s’inscrit en fait dans la continuité du mouvement « Touche pas à ma bourse je la mérite« , qui s’était alors battu pour ces bourses récompensant l’excellence académique. Les effectifs ont ensuite grossi jusqu’à atteindre aujourd’hui 31 étudiants, dont 12 master et 19 élèves de licence. En d’autres termes, 60% des membres de l’association ont moins de 20 ans.

C’est donc un projet qui est porté par la jeunesse, issue de tous les milieux socio-professionnels puisque près de la moitié des membres sont boursiers sur critères sociaux. « “certains des membres de l’association ont pu bénéficier de l’ascenseur social républicain, mais ce n’est pas le cas de tous les français. Donc au lieu de profiter du système en laissant les autres sur le banc de touche nous nous sommes mobilisés en menant un projet avec nos valeurs”, explique Anne-Laure Fabre, étudiante en deuxième année.

L’initiative est partie d’un constat simple et assez largement partagé par l’opinion publique : le système éducatif va mal, et il y a urgence à le réformer. Cependant, plutôt que de s’arrêter à de grandes envolées lyriques sur le sujet, l’association a voulu passer des paroles aux actes, ou du moins proposer quelques pistes pour améliorer concrètement la scolarité républicaine.

© L’Ecole Républicaine

C’est ainsi que, pendant près d’un an, l’association a travaillé à la rédaction d’un ouvrage collectif impliquant aussi bien des hommes politiques que des chercheurs. Le but était de poursuivre le combat mené pour les bourses au mérite, mais cette fois en allant plus loin. En effet, “il s’agissait de ne pas uniquement être contre la suppression [des bourses au mérite] et de s’arrêter à ce combat, mais aussi de porter un projet, de démocratiser le débat autour de l’école. Aider 8000 étudiants boursiers, c’est bien, mais qu’en est-il des autres ?” complète Anne-Laure Fabre.

Par ailleurs, comme en témoignent le prix (moins d’une dizaine d’euros) et le format (chacun peut participer à la réflexion en publiant une contribution sur le site de l’association), le projet est complètement pensé pour amorcer un mouvement de réflexion sur l’école plus large au sein de la société française.

 

Une ligne apartisane revendiquée

L’association revendique sa neutralité politique et son détachement vis-à-vis de tout parti politique, deux principes qui sont « l’essence même du livre » selon les mots d’Anne-Laure Fabre. Force est de constater une vraie parité dans la représentation des forces politiques au sein du collectif : « 40% des membres sont à droite et 40% revendiquent une sympathie politique de gauche », détaille-t-on. Et Anne-Laure Fabre d’ajouter : « l’unité républicaine est nécessaire pour un enjeu de cette taille. Cependant, l’ouvrage est comme nous, engagé politiquement – mais de façon transpartisane – et républicainement, puisqu’il mobilise la société civile. »

On retrouve également dans le livre cette volonté d’ouvrir le débat aux idées de droite comme de gauche. Si au niveau politique la majorité des contributeurs sont de droite (citons par exemple Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Luc Ferry ou encore Nicolas Sarkozy), certains apportent leurs réflexions de gauche ou du centre, puisque Jean-Luc Lagarde, président de l’UDI, ou encore le sénateur PS du Loiret Jean-Pierre Sueur ont également contribué. 

© L’Ecole Républicaine

La réflexion du livre porte sur l’égalité des chances, et se divise en cinq temps. D’abord, il est question de l’enracinement historique de l’égalité des chances. La partie suivante aborde la mise en oeuvre de cette idée à l’école. Puis le livre aborde sous un angle plus pratique les solutions qui ont déjà été proposées pour répondre à ce défi. La quatrième partie s’intéresse aux moyens de relancer cette égalité dans le futur. Enfin, la dernière partie dépasse le simple cadre de l’école et ouvre le débat autour de la poursuite de l’égalité des chances dans le monde extrascolaire. Tout au long de leurs différentes contributions, les auteurs développent donc leurs idées autour de cette problématique.

 

Après le succès du projet, quel avenir pour l’Ecole Républicaine ?

Le livre a connu un franc succès lors de son lancement, puisqu’il est en rupture de stock. Toutefois, même si la mission principale a été accomplie avec la publication de l’ouvrage,  l’association ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : il est en effet d’ores et déjà prévu qu’elle soit présente au Salon du Livre de Paris (qui a commence ce jeudi et qui se termine dimanche soir). L’Ecole Républicaine voit même plus loin. Comme le confie Anne-Laure, le collectif compte bien poursuivre son action. 

 

 

Le livre L’École au chevet de la République, Éd. Connaissances et savoirs, 9,95 € est disponible à la librairie de Sciences Po, en face du 27.

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Sciences Pause : l’art de la sieste made in Sciences Po https://www.lapeniche.net/pause/ Fri, 01 May 2015 08:00:56 +0000 http://lapeniche.net/?p=28689 ga11118109_968055013227345_1054900209_n

« Faire du sport c’est très important, faire la sieste l’est tout autant » se plait à répéter Adrian Dambrine, l’un des fondateurs de Sciences Pause.

En étant sur le pont dès 8h et parfois jusqu’à 21h15, le sciencepiste doit faire face à un environnement hostile au sein duquel il s’efforce tant bien que mal de survivre. Luttant pour rendre le paper d’économie qu’il aurait dû envoyer la veille, s’arrachant les cheveux pour finir son exposé de science politique à présenter dans la demi-heure qui suit, résistant pour ne pas s’endormir en amphi le lundi matin, il repousse sans cesse la frontière du repos. Et finit bien souvent la journée avec une demi-douzaine de cafés consommée.

Ce bref portrait du sciencepiste – il est vrai un poil exagéré – dissimule une sombre vérité : à Sciences Po, les étudiants ont souvent sommeil. Les nuits sont parfois courtes, et il n’est pas rare que la bibliothèque prenne des allures de dortoirs. Qui ne rêverait de pouvoir s’offrir quelques minutes de sommeil réparateur dans une journée bien (trop) remplie ?

 

La « start-up » du sommeil

Quatre étudiants de master, Adrian (5A en affaires publiques), Héloïse (4A en master Economics and Business), Martin (4A en master Urban policy) et Clément (4A en master Finance et stratégie) ont peut-être eu l’idée qui révolutionnera le rapport des élèves de Sciences Po au repos : Sciences Pause. Derrière cet habile jeu de mot se cache un ambitieux projet : offrir la possibilité au sciencepiste éprouvé par sa dure vie de labeur de fermer les yeux quelques minutes.

Parti de ce cours dans lequel se sont retrouvés les quatre membres de l’équipe, ce projet est l’idée de Martin. Il est ensuite rejoint par Héloïse, Adrian et Clément. Sciences Pause se distingue des autres projets par son aspect plus altruiste : l’équipe ne souhaitait pas créer une start-up comme la plupart des élèves le font, mais cherchait plutôt à répondre à un besoin. Et pour cela elle est partie d’un constat très simple : « Le besoin premier des étudiants à Sciences Po, c’est la sieste. Et nous, nous voulions faire quelque chose qui soit utile aux étudiants, c’est ce qui nous motive », explique Héloïse. Le projet a un but bénéfique : « il ne s’agit pas de dormir deux heures », mais d’offrir à chacun(e) une vingtaine de minutes de repos.

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© Page Facebook de Sciences Pause

Il ne fut cependant pas simple de mettre en place ce projet. L’équipe aura dû faire face à des obstacles administratifs pour obtenir une salle. Aujourd’hui, elle procède encore à des essais de lieux, d’organisation et de communication. S’il fallait donc qualifier le projet à l’heure actuelle, le terme « artisanal » serait tout à fait approprié. C’est l’aveu même d’Héloïse. « On amène notre propre matériel pour faire la sieste » confie Adrian. Par exemple, pour la première session, le projet a reçu « une petite aide du BDA : des fatboys ». In fine, tout en étant encore en phase de test, les salles sont accueillantes et les conditions de repos excellentes.

Le projet entrepreneurial est informel et sans budget pour l’instant. Mais les quatre amis entendent bien le développer pour qu’il soit prolongé et amélioré l’an prochain. En outre, l’idéal à terme serait de «  développer ce concept pour les facs, pour les entreprises, de montrer que la sieste est bénéfique et qu’il faudrait l’installer partout ». Et pourquoi pas faire reconnaître l’initiative l’an prochain par l’administration, comme l’évoquent Héloïse et Adrian.

 

Les sciences ou la pause ?

Les premiers retours sont positifs, que ce soit sur les réseaux sociaux ou du côté des personnes interrogées. Par exemple, Gautier (5A) était tout à fait conquis par le projet. Il déclarait d’ailleurs à la fin de sa sieste que Sciences Pause « tient toutes ses promesses d’une sieste réparatrice », montrant fièrement une joue où l’on distinguait encore la trace de l’oreiller.

Il reste toutefois un obstacle à surmonter : la culpabilité des élèves. Nombreux sont ceux qui n’osent pas franchir le pas. « La sieste n’est pas forcément bien vue, donc les étudiants n’osent pas venir «  siester », mais c’est quelque chose qui devrait être bien vu parce que ça fait partie de leur bien-être » commente Héloïse, ajoutant : « Parfois les étudiants décident de ne pas venir au dernier moment, mais peut-être qu’ils auraient été beaucoup plus productifs en dormant un peu au lieu de continuer à travailler coûte que coûte ».

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© Page Facebook de Sciences Pause

Sciences Po est connu pour ses horaires décousus et sa vie associative très riche et trépidante. Alors, se demande Adrian, parmi toutes les associations proposées aux étudiants, « pourquoi y aurait-il une association sportive et pas une association de sieste ? ». Ainsi, « (la sieste) pourrait devenir à terme un service essentiel à Sciences Po, comme le sont le BDA, le BDE ou l’AS », conclut-il.

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