Autrice : Maëlle Pottecher
En partenariat avec l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), et avec l’appui de l’association Eloquentia, huit étudiants réfugiés en France ont eu l’opportunité de déclamer leur discours entre les murs du musée d’Orsay. Dans une langue encore nouvelle et intimidante pour certain.es, ils et elles ont su saisir et bouleverser l’auditorium rempli pour l’occasion. Car derrière leurs mots se cachait une mission : faire résonner la voix de tous ceux qu’on tait, qu’on ignore, qu’on oublie.
Du Burundi à l’Ukraine, en passant par l’Afghanistan, le Soudan, le Bangladesh, ou encore la Colombie, tous ces étudiants ont lancé leur appel à la solidarité devant un jury présidé par l’acteur, metteur en scène et réalisateur Alexis Michalik. A tous les lésés de l’histoire, et à tous ceux qui souhaitent l’améliorer, ces paroles leur étaient adressées. Ce fut donc avec espoir que Gabriel Karerangabo nous a invité à faire de notre époque celle de la « marche solidaire », avec conviction que Sebastian Hernandez Ramirez nous a rappelé que les liens se nouent au-delà des écrans, et avec émotion que Shema Mohammad Abdallah a affirmé : « la solidarité a sauvé ma vie ».
Les règles du concours étaient claires : énoncer un discours de cinq minutes sur le thème de la solidarité, en mentionnant une référence artistique présente au musée d’Orsay. Mais derrière ces consignes académiques, impossible de faire fi des trajectoires personnelles. Dures et sincères, elles ont alimenté les discours et ont autant ébranlé l’auditoire que les candidats. Un silence pesant, un raclement de gorge, des yeux brillants… l’émotion n’a pourtant pas déstabilisé les étudiants, mais a su porter leur prestation. L’une d’elle a unanimement séduit le jury : celle de l’Ukrainienne Myroslava Shenher, qui n’a « pas choisi de vivre en temps de guerre », mais a « décidé de ne pas (se) taire ». L’étudiante à Paris Dauphine a obtenu le premier prix.
Parmi les huit participants, deux d’entre eux étudient actuellement à Sciences Po : Gabriel Karerangabo, originaire du Burundi, et Sebastian Hernandez Ramirez, né en Colombie. Ce dernier s’est hissé à la deuxième place du classement. Pour les deux étudiants en master, ce concours de rhétorique fut un réel défi, et une source de fierté considérable. Informés par la direction de Sciences Po, et sur le site internet de UNHCR, ils ont d’abord dû envoyer une vidéo de deux minutes dans laquelle ils s’adressaient à l’enfant de douze ans qu’ils étaient. Après cette première sélection, ils ont ensuite été accompagnés par l’association Eloquentia et un bénévole de Sciences Polémiques pour préparer leur discours de finalistes.
Face au public, tous deux se sentaient fiers et confiants. Mais l’émotion était souvent palpable. Sebastian admet : « J’étais très stressé, surtout quand je parle de ma vie personnelle. (…) Ma voix s’est coupée, j’ai fait semblant de regarder mes feuilles mais j’essayais juste de maîtriser mes sentiments ». C’était la première fois que l’étudiant participait à un concours d’éloquence ; d’autant plus en français, une langue qu’il côtoie depuis près de trois ans seulement.
Après avoir vécu le harcèlement et l’intimidation en Colombie, puis les difficultés de l’exil vers la France, Sebastian suit aujourd’hui un double diplôme entre l’école des affaires internationales de Sciences Po (PSIA) et King’s College. Fier de son parcours, il affirme : « Je continuerai toujours à faire appel à la solidarité, à soutenir des causes qui me tiennent à cœur. Notamment la lutte contre l’homophobie, les LGBTphobies, pour que les enfants soient protégés et que personne ne souffre de faim. Une petite action, ça aide, ça change une vie ». Gabriel, de son côté, suit le master Human Rights and Humanitarian Aid de Sciences Po, et s’implique activement dans l’organisation Save the Refugee Youth dont il est le co-créateur. Celle-ci est destinée à accompagner les jeunes réfugiés au Rwanda et dans le monde vers un avenir meilleur, en leur assurant un accès à l’éducation, un système de mentorat, ou encore le respect de leurs droits fondamentaux. . related source
Leurs engagements respectifs démontrent une chose : au-delà de ce concours d’éloquence, ces huit étudiants souhaitent transformer leurs paroles en actes. Afin de ne pas seulement appeler à la solidarité, mais de l’incarner avec conviction. Pour que leurs mots ne brisent plus seulement le silence de cet auditorium, mais fissurent l’indifférence du monde à venir.
]]>En compagnie du journaliste Alexandre Kouchner qui modère la conférence, Thomas Jolly nous partage les moments phares de sa carrière. Succès ou « gros bide », il nous dévoile tout, jusqu’à cette cérémonie historique des Jeux Olympiques qui a rassemblé plus de 24 millions de téléspectateurs français en direct. Un record d’audience pour la chaine de télévision France 2. Lui qui préfère le terme d’« entremetteur en scène » plutôt que celui de metteur en scène, Thomas Jolly a non seulement réussi à lier scène et texte, mais surtout un pays jusqu’ici désuni. Une tâche pourtant délicate, au vue du résultat contrasté des dernières législatives, ainsi qu’un gouvernement ayant plié bagage…
Autrice: Maëlle Pottecher
De Sganarelle à Directeur Artistique Renommé : le Récit du « Petit Prodige »
Pour autant, Alexandre Kouchner s’assure de ne brûler aucune étape, et débute l’échange par les premiers pas de Thomas Jolly dans le monde du théâtre. Cette révélation artistique survient à l’âge de onze ans, lorsque sa professeure de français lui demande de lire les répliques de Sganarelle dans Le médecin malgré lui de Molière. Soudain, le jeu apparaît comme un outil contre le harcèlement au collège. L’engrenage se met ensuite en marche ; les diplômes et les mises en scène s’enchaînent, jusqu’à ce premier grand défi lancé en 2010 : mettre en scène l’intégralité de la trilogie Henri VI, de Shakespeare. Dans cette pièce, le roi d’Angleterre, Henri VI, voit son royaume sombrer, avant d’être destitué par Richard III. En illustrant cette destitution, « l’entremetteur » ne livre donc pas seulement un théâtre esthétique, mais également politique.
La dimension politique est effectivement au cœur du travail de création de Thomas Jolly. Celui-ci souhaite que la « pensée reste en circulation » dans une société où les réseaux sociaux l’enrayent, sans pour autant imposer ses propres idées. Pour illustrer ses propos, le metteur en scène cite l’une des plus grandes stars contemporaines : Madonna. Il lui attribue ces paroles : « si ce soir il y a une personne dans le public qui rentre chez elle et qui a envie de changer le monde, on aura réussi notre soirée ».
C’est donc avec cette ambition en tête que l’intégralité de la trilogie Henri VI est jouée pour la première fois en 2014 à Avignon. La représentation s’étend sur pas moins de dix-huit heures. Pourtant, les dernières répliques sont jouées devant une salle comble, et une foule scandant « Richard III ! Richard III ! ». Face à cet engouement, Thomas Jolly offre en 2022 une représentation de vingt-quatre heures (entractes compris), qui comprend l’intégralité de Henri VI et Richard III. En parallèle, le metteur en scène cherche à intéresser un nouveau public. Ensemble avec sa compagnie La Piccola Familia, ils créent un jeu vidéo, Richard III attacks, et une version synthétique de Henri VI jouée dans les lieux publics, H6m2. Le journaliste Alexandre Kouchner qualifie ce spectacle de quarante-cinq minutes de « version pour les nuls ». Une expression qui fait immédiatement réagir Thomas Jolly : « pour ceux qui ne savent pas », nuance-t-il. Son envie est claire : « amener le théâtre aux gens plutôt que l’inverse », leur donner le goût de l’histoire et du théâtre grâce à une pièce bien moins intimidante que Henri VI et Richard III. Il souhaite avant tout éviter que les gens puissent « se sentir renvoyés à leur ignorance ».
Le journaliste aborde ensuite l’expérience de Thomas Jolly en tant que directeur du centre dramatique national d’Angers à partir de 2019, qui est quelque peu bousculée par la pandémie de Covid-19. À l’inverse des idées reçues, ce confinement représente justement l’occasion pour lui de réformer cette institution altérée. Les abonnements, la communication, le format, les lieux de représentation… tout est à refaire. Pour lui, le plus important est de revenir à l’essence-même du théâtre qui est l’art le plus simple qui soit. Il suffit d’une personne, et d’une histoire. Le metteur en scène le démontre grâce à une scène : celle de Roméo et Juliette sur son balcon en plein confinement. Il s’agit de son spectacle le plus court, le moins travaillé et le moins coûteux. Pourtant, il est massivement relayé et lui vaut même un appel de l’Opéra Bastille. Cette période de confinement lui donne l’occasion de « faire venir le théâtre au public », en représentant des pièces au pied des résidences universitaires, ou dans la cour du théâtre qu’il dirige. Cette parenthèse est cependant de courte durée, puisque le monde d’avant finit par réapparaître, et avec lui, les anciennes normes de l’institution.
Thomas Jolly rejoint alors le théâtre privé pour y représenter Starmania, sa première comédie musicale en 2022. A l’inverse du théâtre public qui « ne sait pas trop quoi faire de ses succès » et clôt rapidement les représentations d’une pièce, le théâtre privé permet de faire représenter une pièce aussi longtemps que celle-ci est rentable. De même, le théâtre privé se départit des abonnements. Thomas Jolly explique ainsi : « il y a aussi une question de théâtre populaire dans le théâtre privé. C’est vrai que ce ne sont pas les mêmes méthodes. Ce ne sont pas les mêmes enjeux. Ce ne sont pas non plus les mêmes façons de faire ». Au final, sa tournée pour Starmania comptabilise un million trois cent mille spectateurs et spectatrices.
Devant ces chiffres et les distinctions qui s’accumulent – avec notamment cinq Molières à son actif, Thomas Jolly semble enchaîner les succès. Alexandre Kouchner s’enquiert alors : « ça vous est déjà arrivé de faire un bide ? ». « Complètement ! », répond le metteur en scène, le sourire aux lèvres. C’est ensuite avec beaucoup d’humour et d’autodérision qu’il nous décrit son plus gros fiasco à l’opéra Garnier. En 2016, il met en scène son premier opéra : Eliogabalo de Cavali. Mais dans cette institution aux normes singulières, il enchaîne les erreurs méthodologiques et « ce qui doit arriver arrive, je fais une merde. Mais colossale ! », explique-t-il. « Je ne me suis pas fait huer, mais apparemment à l’opéra, ce n’est pas un bon signe », ajoute Thomas Jolly, ce qui provoque des éclats de rire dans l’amphithéâtre.
La Cérémonie d’Ouverture des Jeux Olympiques : entre Sentiment de Fierté et d’Abandon
Au bout d’une heure de discussion sans presque aucune mention des Jeux olympiques et paralympiques, arrive le moment tant attendu des questions. Les mains se lèvent, impatientes, mais Alexandre Kouchner impose une règle : aucune mention de la pluie qui a accompagné la cérémonie jusqu’à la dernière minute. Alors que l’heure de fin approche, Thomas Jolly finit par se lancer dans le récit qui est devenu celui d’une vie ; il relate alors les étapes qui ont mené à ce fameux 26 juillet 2024. Alors directeur du Quai à Angers, il reçoit en 2022 un appel du journal L’Equipe. Les journalistes lui demandent sa vision de la cérémonie des Jeux olympiques, et il évoque innocemment ses idées ambitieuses. Avec, en premier lieu, l’idée d’organiser cette cérémonie sur la Seine. Et en gardant en tête cette question : « qu’est-ce que Paris dit au monde ? ». Il est finalement recontacté, et ses échanges avec Tony Estanguet et Anne Hidalgo le mènent jusqu’au CIO, où il est désigné directeur artistique des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques d’été 2024. A cette évocation, les larmes lui montent encore aux yeux.
Quant à l’enjeu de cette cérémonie, il rappelle celui de ses mises en scène précédentes : il ne veut laisser personne en dehors de la fête. Pour Thomas Jolly, cette recherche de mixité s’illustre parfaitement à travers l’exemple d’Aya Nakamura et de la Garde républicaine. Il explique : « ils se regardaient comme des enfants à un anniversaire qui n’a pas encore commencé. C’était tellement mignon, mais tellement porteur aussi du respect mutuel ». Finalement, le directeur artistique rattache cet exemple à l’importance plus générale de la représentation. Dès que l’on représente chacune et chacun, cela crée du commun. Et dès que l’on voit quelque chose, cela devient réalité. Ainsi, à travers la représentation des singularités, nous sommes parvenus « à l’unité et même à la fierté ». En effet, « 86% des Français jugent la Cérémonie d’ouverture réussie » selon l’Enquête Harris interactive post-cérémonie d’ouverture Paris 2024. Pour Thomas Jolly, cette cérémonie et cette dynamique propres aux Jeux n’ont pas été une parenthèse, mais une « brèche ». Celle-ci a su montrer « un peuple uni, un peuple divers, un peuple qui se considère, un peuple qui se sent représenté, un peuple qui fait la fête, aussi ».
Or, si cette cérémonie d’ouverture a fait rêver, elle a également généré un flot d’insultes qui ont conduit Thomas Jolly à porter plainte pour cyberharcèlement. À la question « vous êtes-vous senti soutenu face aux critiques ? », le directeur artistique nuance alors ses propos. Certes, une agence de communication de crise a pris en charge ses réseaux-sociaux. Cependant, l’attitude de l’institution a laissé à désirer. « Une institution à qui on donne tout, à un moment, c’est à elle de le rendre. » Et à ce moment-là, « il n’y a plus grand monde », explique Thomas Jolly. Le metteur en scène est encore heurté par les excuses « scandaleuses » du CIO. « Parce que d’abord, il n’y a pas à s’excuser. Moi, je ne me suis pas excusé et je ne m’excuserai jamais. Et en faisant ce mot d’excuse, ils me jettent en pâture », précise-t-il.
Alors que le directeur artistique tente de répondre encore aux dernières questions – entre crise de l’institution culturelle, futurs projets et Beyoncé -, le temps vient finalement à manquer. Alexandre Kouchner faisait miroiter depuis quelques minutes la possibilité d’être « dirigé par Thomas Jolly » dans l’amphithéâtre Boutmy, mais ce dernier préfère décliner la demande par manque de temps. Pour autant, le metteur en scène clôture cette conférence par une simple proposition : « Vous savez quoi… Et si on se revoyait ? ». Dans le public, les applaudissements et l’agitation dévoilent l’enthousiasme des étudiants. De quoi rassurer les plus curieux qui n’ont pas pu poser leurs questions. Quant aux absents, voyez cela comme une seconde chance pour profiter, vous aussi, d’une conférence exaltante avec Thomas Jolly !
]]>Ce 25 novembre signe le début d’un chemin du combattant. Les portes de l’arène s’ouvrent, la compétition pour la destination de troisième année est déclarée. Jusqu’au 3 décembre, quatorze heures, les deuxièmes années doivent saisir leurs six vœux d’université à l’étranger par ordre de préférence.
Pour certains, ce classement est déjà inscrit comme une liste de course dans les esprits, aucun retour en arrière possible. Pour d’autres, les doutes subsistent. Parce qu’après tout, comment reconnaître un sciences piste sans sa fabuleuse incapacité à faire des choix ?
C’est vrai, qu’est-ce qui change vraiment entre la Thaïlande, le Canada et l’Autriche ?
Alors pour les plus assurés comme pour les plus indécis, ce deuxième article dédié aux échanges de troisième année est pour vous. Et pour ce faire, rien de mieux que de nouveaux retours de nos 3A préférés, qui se demandaient eux aussi où ils atterriraient il y a seulement quelques mois.
Autrice: Maëlle Pottecher
Après les paysages idylliques du Kirghizstan, le soleil de Brisbane, la féérie de la Finlande et la nature éclatante de Sao Paulo, nous volons à présent vers de nouveaux horizons…
Première escale à Édimbourg, où Andréa s’extasie devant la beauté architecturale, historique et naturelle de la capitale écossaise. Tout est « simplement magnifique » dans cette ville aux allures médiévales, et les grands espaces verts sont particulièrement appréciables pour une activité sportive en extérieur. Une pratique d’autant plus facilitée par les équipes de sport, très nombreuses au sein de l’université, et accessibles à tous grâce aux différents niveaux proposés (compétitif, loisir, voire débutant). Au-delà de la vie associative très riche au sein du campus, les cours dispensés à la prestigieuse université d’Édimbourg et l’ambiance moins stressante qu’à Sciences Po ont su combler Andréa. La disponibilité des professeurs et leur proximité avec les élèves sont de réels atouts. Autre grand avantage : l’accès gratuit au bus pour les moins de vingt-deux ans, qui ne vous donnera plus aucune excuse pour explorer les quatre coins du pays !
Quant à ceux pour qui le TOEFL fut peut-être une épreuve des moins appréciables, pas de panique ! Les Écossais sont très compréhensibles et ne rechignent pas à répéter ou à attendre que vous reformuliez vos propos. Malgré cette sympathie, Andréa avoue cependant avoir eu du mal à se faire de « vrais amis » dans le cadre universitaire. Les quelques heures de cours et les rares discussions en classe peuvent rendre l’intégration difficile. La vie associative s’avère donc être la meilleure occasion pour faire des rencontres lors des événements organisés.
En attendant l’hiver humide indispensable au charme écossais, Andréa nous résume donc son échange universitaire par ce simple adjectif : « lovely ! ». Elle qui n’aurait « jamais, au grand jamais » pensé voir son premier vœu accepté à Édimbourg….
Son conseil à l’intention des 2A est donc le suivant : « écoutez votre cœur et choisissez tout de même des destinations qui vous font vibrer, vous avez toutes vos chances ! ».
Suivre son cœur, c’est justement ce qu’a fait Charles en se tournant vers Boston après un « coup de cœur absolu » lors d’un précédent voyage. Celui-ci est très satisfait de l’université, qui l’a « pris par la main » lors de son installation, mais lui permet également une réelle indépendance dans l’agencement de son emploi du temps et l’organisation de sa vie en tant qu’étudiant. Si la charge de travail est importante et nécessite une réelle discipline, les cours sont néanmoins passionnants. Charles apprécie particulièrement le fait de vivre en dorm, qui permet de concilier intimité et vie commune dans la journée. Grâce à cela, il a pu rapidement rencontrer des amis avec lesquels il est devenu proche. Il soulève cependant le risque de se sentir facilement enfermé sur le campus, et donc de choisir la proximité plutôt que la découverte de la ville en elle-même. Ce qui serait dommage, pour une ville « extrêmement agréable à vivre », aux nombreux espaces verts, et qu’il considère être « la moins américaine des Etats-Unis » avec la présence d’une grande communauté lusophone.
Si Charles est très heureux de son choix, il rappelle cependant que l’important n’est pas la destination, mais « ce qu’on en fait » ; l’essentiel est de s’adapter, d’accepter les moments de « down » ainsi que de choc culturel qui seront inévitables, et de « kiffer » malgré tout.
Pour Clément, le choc culturel fut effectivement une réalité en atterrissant à Bangkok, capitale thaïlandaise. Pourtant, cet écart culturel parfois redouté « ne doit pas être un frein, à partir du moment où l’on accepte que la Thaïlande n’est pas la France ». Une fois la chaleur et les habitudes thaïlandaises intériorisées (comme l’absence de code de la route…), on ne peut que s’extasier devant cette ville au patrimoine culturel et naturel extrêmement riche. De ses temples centenaires à ses cinémas ultra-modernes, Bangkok et sa superficie qui fait dix fois celle de Paris sauront vous ravir. Un grand atout de cette ville ? L’immense liberté qu’elle confère aux internationaux, qui peuvent choisir de vivre à l’occidentale, ou bien à l’image des Thaïlandais. « A vous de décider qui vous souhaitez être le temps d’une année ! ». Et si la capitale ne suffit pas à nourrir votre désir d’évasion, Bangkok est également une plaque tournante du trafic aérien dans la région. Ceci vous ouvre donc à une multitude de vols à prix raisonnable.
Enfin, Clément relève également l’attitude toujours positive et accueillante des Thaïlandais, qui contraste parfois avec la conduite distanciée des étudiants face à leurs analogues internationaux. La raison ? Simplement une « grosse flemme de parler anglais », quand bien même leur niveau de langue est excellent.
Un constat également relevé par Amélie, partie découvrir la culture allemande à Cologne. Les Allemands restent difficiles à aborder, ce qui amène inévitablement à se rapprocher avant tout des étudiants internationaux. Et concernant les cours, la qualité n’est « pas toujours au rendez-vous », avec une ambiance « très chill » qui peut entraîner une moindre implication des étudiants. Néanmoins, l’université propose un large panel de cours, et Amélie s’est dirigée vers ceux dispensés en anglais, à l’exception d’un gros cours en allemand. Il est donc possible de progresser dans la langue de son choix. Attendez-vous cependant à rentrer épuisé les premières semaines, comme l’a vécu Amélie alors même que sa langue de confort était l’anglais ! Pour contrecarrer l’ennui des cours, elle conseille elle aussi de s’impliquer autant que possible dans les activités extrascolaires et principalement le sport, autour duquel la ville est axée. Les cours de sport sont d’ailleurs gratuits ou peu chers à l’université. Un détail non négligeable, alors que la charge de travail largement supportable permet de s’y consacrer librement.
Et si le campus est agréable, il est avant tout à l’image de la ville. Celle-ci est « globalement assez sage », surtout si vous logez dans le quartier belge dans la partie ouest de l’Innenstadt, qui reste sûr même en pleine nuit pour les passants. Attention cependant à s’y prendre à l’avance pour trouver le logement parfait ! C’est également une ville LGBTQ friendly, un détail qui importait beaucoup à Amélie. Et les transports gratuits contribuent eux aussi à ce sentiment de sûreté, plus marqué qu’en France. En parlant de transports, Cologne est d’ailleurs la seule ville allemande reliée par le Thalys, le service de trains à grande vitesse entre la France et l’Allemagne notamment. Tous ces détails auront fini par convaincre Amélie, qui vit à présent une année « intense » et profite pleinement de son séjour !
Ainsi, alors que près de dix mille kilomètres séparent Bangkok d’Édimbourg, et que seize mille kilomètres séparent Cologne de Brisbane, on retrouve une même similitude : un énorme sentiment de satisfaction et de gratitude chez les étudiants.
Andréa nous a appris que le culot peut être notre meilleur allié, Charles nous a rappelé que les mauvais moments du séjour sont tout aussi précieux que les plus beaux, Clément nous a indiqué que nous pouvons choisir qui devenir le temps d’une année, et Amélie nous a démontré que quelques heures de train peuvent suffire à nous dépayser.
Et alors que votre petit cœur palpite peut-être encore en imaginant tous les changements qu’implique cette troisième année, appliquez ce dernier conseil de Charles : faites en sorte « que vos choix reflètent vos espoirs, et non vos peurs ! ».
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