Lilou Federici – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Thu, 07 May 2026 11:50:34 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Lilou Federici – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Tu te projettes à Sciences Po ? Découvre les cours préférés d’étudiantes en première année ! https://www.lapeniche.net/tu-te-projettes-a-sciences-po-decouvre-les-cours-preferes-detudiantes-en-premiere-annee/ Thu, 07 May 2026 11:49:07 +0000 https://www.lapeniche.net/?p=57280 Alors que les oraux d’admission pour l’année 2026-2027 en bachelor ont d’ores et déjà commencé, il peut être difficile de se projeter dans les cours proposés. En quoi consistent-ils ? Vont-ils plaire ? Des étudiantes t’éclairent.

Quatre étudiantes en première année sur le campus de Paris nous parlent de leurs cours préférés, afin de donner matière à réflexion à ceux qui ont eu la chance d’accéder à l’épreuve orale, voire de guider les nouveaux arrivants dans leurs inscriptions administratives.

Viviane :

Enseignement de langue – Italien – Atelier thématique C1/C2 – « Italiano avanzato : Approfondimento di un linguaggio specifico e di una terminologia utili a presentare le peculiarità storiche, politiche e culturali dell’Italia » – Alessandra Spagnolo :

L’atelier thématique d’italien d’Alessandra Spagnolo permet d’étudier en profondeur le système politique italien, les partis et leur histoire, ou encore la mafia et ses dérivés. L’accent est mis sur la construction du système politique italien, à travers, par exemple, l’histoire de la Lega. Il s’agit d’un enseignement extrêmement enrichissant pour des étudiants en science politique, qui permet de lier l’apprentissage des langues à l’exploration d’évènements concrets, historiques et d’ordre culturels. Ce cours est très intéressant et conviendra parfaitement à un étudiant intéressé par l’Italie ! Il est réservé aux personnes ayant au moins déjà acquis un niveau B2 et visant les niveaux C1 ou C2.

Thaïs :

Séminaire d’exploration – « Comprendre l’Union européenne : des fondements historiques aux enjeux actuels » – Marion Gaillard :

J’aime énormément mon séminaire « Comprendre l’Union européenne » ! C’est un cours historique sur les enjeux de sa construction et sur les enjeux actuels et la professeure rend ça vraiment super intéressant. Elle est super dynamique, on est vraiment captivé par ce qu’elle raconte et c’est sympa de vraiment rentrer dans le détail à propos de l’UE. Mais voilà, c’est surtout la professeure qui rend ce cours vraiment cool à suivre.

Atelier artistique – « L’architecture de la ville. Utopies et réalités au 20e siècle » – Lionel Engrand :

J’adore aussi mon atelier artistique d’architecture ! Le prof est passionnant, il s’y connaît super bien. Ça permet vraiment de s’intéresser aux dynamiques des constructions des villes depuis la Seconde Guerre mondiale. Il y a une partie plus générale et une partie sur l’analyse d’un quartier de Paris (le Front de Seine dans le 15e, qu’on visité avec le groupe) et on a au choix soit un projet d’analyse soit une nouvelle à écrire à son sujet. C’est vraiment hyper intéressant, assez accessible et ça change des cours ordinaires. Je trouve ça cool qu’on ait ce genre d’opportunités.

Joséphine :

Atelier artistique – « Écrire en s’inspirant de Victor Hugo » – Sébastien Spitzer :

C’est un cours qui stimule notre créativité de manière vraiment unique. Je me rends compte que j’apprends énormément de choses, et que les connaissances que j’acquiers me servent par la suite à la création. J’adore l’écriture, j’adore l’art, et en plus de cela le professeur est excellent. Je dirais qu’il est unique, particulier, et je trouve que c’est une chance de l’avoir.

Cours fondamental – « Institutions politiques » – Guillaume Tusseau :

C’est une matière que j’ai adoré travailler, à tel point que ma note à l’examen m’importait finalement peu. J’ai appris tellement de choses sur le monde, sur les différentes manières de penser et de concevoir le droit, que ce soit en Équateur, en Bolivie, en Suisse… Ce sont des connaissances qui me serviront toujours. Ça m’a vraiment fait ouvrir les yeux, ça m’a bouleversée. Même si le droit peut initialement paraître rebutant, j’ai adoré cette matière.

Anna :

Enseignement de langue – Anglais – C1 – Braz Fernandes :

J’ai beaucoup aimé ce cours d’anglais – honnêtement je dirais que c’est le meilleur que j’ai eu. Le professeur nous a fait aborder des sujets qui peuvent paraître polémiques, comme la chasse par exemple, et nous a posé des dilemmes moraux pour nous inciter au débat. De temps en temps on devait rendre des travaux écrits et il nous faisait des retours mais c’était toujours super pertinent. On avait un oral dans le semestre, avec des sujets libres (j’ai fait le mien sur les bénéfices du sommeil). Il y avait une grande place laissée au dialogue avec nos camarades, ce qui m’a vraiment plu. Je trouve que cet entraînement axé l’oral m’a permis de beaucoup progresser.

Séminaire d’exploration – « Comprendre l’Union européenne : des fondements historiques aux enjeux actuels » – Marion Gaillard :

C’est également un de mes cours préférés. La professeure est vraiment passionnante. Ça se voit qu’elle est passionnée par ce qu’elle fait, donc c’est communicatif. On a abordé le sujet de la construction européenne qu’on a relié à des enjeux actuels. Quant à la notation : on a eu un QCM de fin de semestre, un test de connaissances à la mi-semestre et un paper à rendre. On était environ 90 en amphi, et ce n’était jamais ennuyant, le cours était très vivant et donc très enrichissant.

]]>
« Que nous apprend la littérature ? » : Jérôme Ferrari devient titulaire de la Chaire d’Écriture de Sciences Po https://www.lapeniche.net/que-nous-apprend-la-litterature-jerome-ferrari-devient-titulaire-de-la-chaire-decriture-de-sciences-po/ Thu, 26 Feb 2026 22:06:47 +0000 https://www.lapeniche.net/?p=57183 Le 12 février dernier, Carole Martinez a passé le relais à Jérôme Ferrari, qui est ainsi devenu le 15e titulaire de la Chaire d’Écriture de Sciences Po. Il est le 5e à avoir reçu le prix Goncourt, et le premier à être corse, comme l’a souligné Luis Vassy lors de son discours d’introduction. Retour sur un événement de la Maison des Arts et de la Création (MAC). 

Photo : Jérôme Ferrari à Sciences Po.


Après une première rencontre et un échange avec les étudiants sur le campus de Menton le 5 février, Jérôme Ferrari s’est rendu au 27 rue Saint-Guillaume. Il devient ce semestre le nouveau titulaire de la Chaire d’écriture de Sciences Po.

Jérôme Ferrari est auteur, traducteur, et également professeur. Né à Paris en 1968 de parents corses, il grandit en région parisienne mais revient dans son village d’origine à chaque occasion. Ce lieu sera une inspiration tout au long de son œuvre. Au lycée de Porto-Vecchio, il commence à enseigner la philosophie. Il enseigne par la suite à Alger, à Ajaccio, à Abou Dabi et à Bastia. En 2012, il obtient le prix Goncourt pour son livre Le sermon sur la chute de Rome. Il est aujourd’hui de retour à Paris, et anime ce semestre deux ateliers d’écriture au sein de la Maison des Arts et de la Création.

L’événement est introduit par Luis Vassy, louant « le rapport à la littérature qui irrigue notre institution », valorisant la sensibilité, le sens de la nuance et de la créativité « à l’heure de l’IA ». 

Delphine Grouès, directrice de la MAC, revient ensuite sur les oeuvres de Ferrari ainsi que sur les prix qu’il a obtenus, avant de laisser la place à deux étudiantes : Louise Pochat et Sasha Villemin livrent au public une lecture d’extraits du Sermon sur la chute de Rome, d’À son Image ou encore de Nord Sentinelle, dernier roman de Ferrari et premier livre d’une trilogie dont le deuxième volume paraîtra le 4 mars. Certains de ses thèmes de prédilection transparaissent clairement : la photographie, le rapport à l’autre, la violence évidemment, mais aussi une réflexion sur le tourisme qui corrompt les Hommes. 

L’intérêt fondamental de la littérature selon Ferrari 

« Que nous apprend la littérature ? » : c’est autour de cette question fondamentale que notre nouveau titulaire articule son propos inaugural. 

Pour lui, la littérature n’a rien à voir avec le divertissement. Elle nous offre une vérité cachée, elle nous apprend des choses que nous ne savons pas. Mais alors, que peut-elle apporter de plus que des disciplines telles que l’histoire et la physique ? La réponse n’est pas claire, mais une chose est sûre : elle peut. 

Il semble que l’auteur voue une certaine admiration à Vassili Grossman, qu’il cite à plusieurs reprises comme un auteur qui l’a grandement marqué, et qui lui a justement permis cet accès à une autre réalité. La vérité cachée se trouve bien souvent dans l’altérité à laquelle la littérature permet d’accéder. Se reconnaître soi-même dans un texte est alors selon lui une préoccupation futile. 

À ce sujet, il animera tout au long du semestre de printemps deux ateliers d’écriture optionnels : « La fiction comme expérience de l’altérité » et « La représentation de la violence dans la fiction littéraire ».

Dialoguer, relayer 

L’évènement se poursuit par un échange. Jérôme Ferrari est rejoint par Carole Martinez, venue lui passer le relai, Esther Rogan, responsable académique de la MAC, ainsi que deux étudiantes en deuxième année de master, Mélia Blanchard et Mathilde Spriet, animant la discussion en adressant leurs questions aux deux écrivains. 

Deux conceptions de l’écriture s’entremêlent à travers les réponses. Des similitudes apparaissent parfois. 

« Est-ce un des rôles de la littérature de dire la violence de façon sublimée ? » : Ferrari et Martinez tombent d’accord : les deux s’associent toujours. Le premier ne conçoit pas une séparation entre le fond et la forme. « Un conte, explique-t-il, c’est très cruel ». 

Concernant leur rapport aux mots, malgré un style littéraire bien différent, tous deux mettent en avant des considérations purement rythmiques et une attention particulière à la déclamation orale tout au long de l’écriture. Ferrari évoque avec humour la longueur de ses phrases, reconnaissant que l’on peut parfois remplacer les virgules par des points. Martinez décrit une relation physique, un rapport organique à l’écriture, parlant du style comme une chair du texte. 

Sur la question d’un lieu « à soi » qui permet d’écrire, elle répond qu’à ses yeux ce lieu n’existe pas, qu’elle préfère inventer ses lieux. Son successeur, lui, mentionne sans surprise la Corse, les thématiques qu’elle offre à la littérature, sa diversité sociologique, sa violence parfois… Tant de sujets qui font son œuvre, et qu’il retranscrit si justement. Peut-être Jérôme Ferrari est-il « bien né ».

La soirée s’achève après quelques questions du public, beaucoup d’applaudissements et des dédicaces, dans un certain optimisme à l’idée de suivre ce nouveau parcours à Sciences Po. 

]]>