Devant une salle déjà bien remplie s’avance le groupe chargé d’assurer la première partie, the Secret Sisters. Laura et Lydia Rogers sont deux sœurs au look délicieusement rétro, venues d’Alabama pour nous délivrer une country fortement influencée par celle des années 50 et 60, celle de Johnny Cash. La voix s’avère être la pierre angulaire de ce duo minimaliste, Lydia assurant l’accompagnement à la guitare électro-acoustique.
Bien qu’une partie du public soit peu réactive — comme c’est trop souvent le cas — le groupe reçoit un accueil chaleureux. On regrette cependant que cette première partie soit plutôt courte et surtout que les sœurs Rogers n’aient bénéficié d’aucun autre accompagnement. Alors qu’à d’autres concerts des musiciens rendaient leur musique certes moins intimiste mais beaucoup plus riche.
Après un entracte de vingt minutes, c’est sous un tonnerre d’applaudissements que débarquent Ray Lamontagne et ses musiciens. La setlist est vraiment nouvelle, puisque la moitié des chansons interprétées ce soir sont tirées du nouvel album « God willin’ and the creek don’t rise », sorti en août 2010. Sans pour autant négliger des classiques comme « Let it be me » ou « You are the best thing ». Renouvelée, la setlist alterne les chansons purement folks, celles orientées vers le blues ou la country, voire la pop. Néanmoins, Ray Lamontagne and the Pariah Dogs se concentrent — trop ? — sur les ballades et les mélopées, à tel point que les riffs ravageurs se font plutôt rares.
Loin d’être un guitar hero, et même s’il est doué à l’harmonica, c’est bien évidemment sa voix qui constitue LE talent de Ray Lamontagne. Une voix formidable, usée, brûlante, râpeuse et chargée d’émotions; celle d’un homme mélancolique qui semble avoir vécu une multitude de vies. Et à laquelle s’ajoute celle de Lydia Rogers lors de quelques chansons comme « You can bring me flowers » ou « Mama tried », pour notre plus grand plaisir.
Mais la collaboration avec les Pariah Dogs, artistes qui l’accompagnaient déjà lors de ses précédentes tournées, n’est pas uniquement portée par le timbre d’or du chanteur barbu. Les Pariah Dogs sont des musiciens très, très talentueux. Eric Heywood et Greg Leisz n’arrêtent pas de swinguer entre guitare électro-acoustique, électrique, lap steel et pedal steel, faisant de l’Olympia un véritable saloon ; Jay Bellerose déborde d’énergie derrière son kit, variant très souvent les styles de jeu ; enfin, Jennifer Condos mérite un nouvel Eloge des femmes mûres pour son sourire et son doigté irréprochable. Mais l’on sent comme une puissance retenue qui ne demande qu’à être libérée, surtout chez le batteur. A part lors de « Repo Man » et « Henry nearly killed me », le joyeux déluge de décibels n’est pas au rendez-vous.
Finalement, après cinq bonnes minutes d’applaudissements, de sifflements et de « I LOVE YOU !!! » scandés par des groupies enragées, le groupe revient sur scène le temps de « Hold you in my arms » et de l’excellentissime « Trouble ». Grand-public sans pour autant virer dans la facilité musicale, ce concert de folk fut un très bon moment. De temps en temps soporifique, mais quel bonheur d’être bercé par Ray Lamontagne ! Les puristes, quant à eux, se sont dépêchés de vendre leur place pour aller voir Samuel Beam (Iron and Wine) qui passait ce soir-là à l’Alhambra.
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Plus de dix ans après l’exposition 1 Monde Réel, la Fondation Cartier nous offre un large panorama de l’œuvre d’un des plus grands dessinateurs du XXe siècle, Moebius. Moebius, ou Gir, de son vrai nom Jean Giraud, est un artiste dont le génie n’a d’égal que son imagination débridée. C’est à lui que l’on doit, entre autres, Blueberry, L’Incal, Arzach mais aussi la revue Métal Hurlant ou encore l’éclectique collection des Humanoïdes Associés. C’est aussi le créateur de la Diva dans Le Cinquième Elément, et il a travaillé avec James Cameron pour Abyss et Ridley Scott pour Alien.]]>
Plus de dix ans après l’exposition 1 Monde Réel, la Fondation Cartier nous offre un large panorama de l’œuvre d’un des plus grands dessinateurs du XXe siècle, Moebius. Moebius, ou Gir, de son vrai nom Jean Giraud, est un artiste dont le génie n’a d’égal que son imagination débridée. C’est à lui que l’on doit, entre autres, Blueberry, L’Incal, Arzach mais aussi la revue Métal Hurlant ou encore l’éclectique collection des Humanoïdes Associés. C’est aussi le créateur de la Diva dans Le Cinquième Elément, et il a travaillé avec James Cameron pour Abyss et Ridley Scott pour Alien.
L’exposition toute entière est placée sous le signe de la métamorphose, un principe récurrent chez Moebius. Physique ou mentale, humaine, animale, végétale ou minérale, elle est au centre de ses univers et de ses personnages. Gracieuse ou obscène, tentaculaire, brutale, onirique, elle permet de briser les normes et de défier les lois, de partir en quête de spiritualité et des réponses à nos questions existentielles.
La première partie de l’exposition est une présentation de Jean Giraud à travers ses autoportraits et ses personnages. C’est donc l’occasion de découvrir ou redécouvrir Blueberry et Arzach, le Major Grubert et John Difool, Stel et Atan… Les extraits, planches originales, croquis, carnets et autres revues se succèdent alors que des haut-parleurs diffusent des commentaires de Moebius sur chaque univers, chaque personnage.
Mais c’est la deuxième partie de l’exposition qui s’avère la plus intéressante, car mêlant art et métaphysique. Outre de nouveaux croquis, carnets et dessins, on y trouve des reproductions géantes et le fruit de sa collaboration en matière de cinéma. Ici, tout est affaire de « formes métamorphiques », de « métaprocessus » et de métamorphoses.
Les « formes métamorphiques » sont autant de réalisations abstraites. A partir de plantes et de fleurs grossies au microscope, Moebius dessine des organes en mutation, des cellules qui s’entremêlent, fusionnent et se divisent. Les « métaprocessus » sont ce qui permet de se transformer. Ils sont la méditation, le rêve, les cristaux ou les champignons hallucinogènes. Le lieu par excellence de la métamorphose est pour Moebius le désert. Inspiré par ses voyages au Mexique et aux Etats-Unis, l’artiste conçoit le désert comme un endroit onirique, vivant et fertile, où chaque grain de sable peut exploser en une oasis luxuriante. Enfin, les métamorphoses exposées abordent des thèmes comme la renaissance, l’androgyne ou l’hermaphrodite.
