Hadia Baïz – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 20 Feb 2018 20:24:55 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Hadia Baïz – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 2017 à Sciences Po : un an pour convaincre (2/2) https://www.lapeniche.net/2017-a-sciences-po-un-an-pour-convaincre-2/ Mon, 26 Sep 2016 09:00:19 +0000 http://lapeniche.net/?p=35446 Le programme pour vous convaincre cette année ? Des tracts, des débats, des conférences, …oui, mais pas seulement. En 2017, il en faudra bien plus aux partis et mouvements de Sciences Po pour se différencier les uns des autres et faire chavirer vos sensibilités politiques.

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Un dessin d’Amandine Le Bellec

 

Comment vont-ils tenter de vous convaincre ?

Au premier semestre, les deux principaux partis préparant les primaires à droite et à gauche devront respecter la neutralité de leur section, tout en préparant le terrain à la campagne de la seconde partie de l’année. Chez Les Républicains Sciences Po, un représentant d’institut de sondage sera à Sciences Po mardi pour discuter de la fiabilité des chiffres produits (évènement en partenariat avec la Péniche).

Ensuite, ils recevront juste après la constitution des listes, Thierry Solère, organisateur de la Primaire de la droite et du centre. Ils essayeront également d’inviter tous les candidats aux Primaires, et débattront autour des thèmes qui leur sont cher : « On aime bien parler de sécurité en ce moment », remarque Alexandre Hennion, mais « on verra après ce qui vient sur la table ». Autre initiative notable des Républicains Sciences Po, ils prévoient d’organiser des élections fictives du 20 au 27 novembre, ouvertes à leurs membres et aux étudiants de Sciences Po.

Au PS Section Jean Zay, d’ici la fin de l’année 2016, des visites d’institutions sont prévues (Assemblée Nationale en octobre, Sénat en novembre), mais également une grande conférence avec un ministre, dont le nom ne tardera pas être dévoilé. Au sein même de la section, l’axe thématique sera celui de l’éducation et de l’enseignement supérieure, « parce que c’est là où le bilan de la gauche est le meilleur actuellement », admet le secrétaire adjoint, avant d’ajouter : « C’est vrai qu’on est dans une période difficile pour le PS Sciences Po comme pour le PS national. Mais on espère qu’avec la présidentielle qui va se lancer, les gens vont prendre conscience qu’il y a une nécessité de rassembler la gauche, et que quel que soit le candidat qui gagnera à la Primaire, il faudra se mobiliser pour faire gagner nos valeurs, et ce en partenariat avec, j’espère, les autres partis de gauche de Sciences Po. » En effet, le PS Sciences Po se réclame « encore plus ouvert que le PS national » et en tant que section de jeunes, souhaite « dialoguer avec les autres forces de gauche ».

Au FN Section Jean Moulin, on compte « faire vivre le message du Front National à Sciences Po », autour d’« Apéros Républicains » ou encore de débats avec des partis, des associations ou penseurs. C’est lors de ces évènements que les membres du FN vous parleront du « projet politique comme les autres » que porte Marine Le Pen. « Le thème principal, c’est la souveraineté » : la sortie de l’Union Européenne, l’écologie-patriote, « la fraternité par la Nation », « la réduction de l’immigration », « l’opposition au néo-libéralisme », l’affirmation de l’autorité « dans le pays comme dans une salle de classe », et la réaffirmation de la laïcité dans l’espace public, « pour nous, tout découle de la souveraineté », explique une militante de la section.

Des idées qu’ils espèrent pouvoir défendre à Sciences Po dans un cadre plus serein que celui de leur première année d’existence : « L’année dernière c’était plus compliqué pour nous car on était moins nombreux, les médias tournaient beaucoup autour de nous, dès qu’on faisait la moindre action, les caméras accouraient », ajoute-t-elle.

les membres du FN vous parleront du « projet politique comme les autres » de Marine Le Pen

A l’UDI Sciences Po, quatre grands thèmes seront défendus : le libéralisme économique, une intégration européenne plus poussée, une action écologique « pragmatique et efficace qui puisse intéresser n’importe quel étudiant dans cette école », et une vision progressiste et humaniste pour la société. Une première conférence avec Louis Giscard d’Estaing se tiendra début octobre, et une autre avec Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, plus tard dans l’année. Des débats également sont à prévoir, avec des associations aux idées proches (Think Libéral avec qui ils partagent « une affection pour le libéralisme »), mais aussi aux positions différentes (comme avec le FN l’an dernier sur la question européenne). En effet, comme l’affirme Benjamin Gilet, « L’UDI peut débattre avec tout le monde, et a son mot à dire sur beaucoup de choses ». Le parti aimerait de ce fait tenir « un rôle de précurseur » d’idées au sein du débat politique à Sciences Po.

« L’UDI peut débattre avec tout le monde, et a son mot à dire sur beaucoup de choses », Benjamin Gillet, président de l’UDI Sciences Po

Sciences Po En Marche, qui vient d’arriver, attend que le bilan de la « Grande Marche » d’Emmanuel Macron soit effectué pour ensuite formuler des propositions plus précises « d’ici un mois et demi » : « beaucoup de gens ont posé la question du programme quand on a fait la réunion de rentrée » relate Paul Fleurance. « Mais je pense que la première chose, c’est la démarche, et c’est ça qui convainc actuellement les français. » C’est donc une fois les équipes de Sciences Po constituées que la réflexion sur les thèmes et activités à mener au sein de l’école se lanceront : « ce sera sans doute lié soit aux domaines de compétences des étudiants à Sciences Po, soit à la vie étudiante, en tout cas aux thématiques universitaires. »

« Mais je pense que la première chose, c’est la démarche, et c’est ça qui convainc actuellement les français. », Paul Fleurance, président de Sciences Po en Marche

De son côté, La France Insoumise Sciences Po annonce d’ores et déjà qu’elle ne se cantonnera pas aux moyens classiques de faire de la politique à Sciences Po : « A Sciences Po, oui on va faire des conférences, comme tous les partis, oui on va inviter tel ou tel membre [du mouvement national] plus ou moins éminent, mais notre but c’est de rendre la politique sympathique ». Cela passera par la diffusions des éditions programmatiques et des universités populaires de La France Insoumise, par l’organisation de soirées étudiantes, et surtout, parce que le « but est vraiment de travailler sur le terrain », par la mise en place de nouvelles Caravanes Insoumises (« Caravanes pour l’égalité des droits ») en Île de France.

« Notre but c’est de rendre la politique sympathique », La France Insoumise Sciences Po

De manière générale, leurs actions tourneront autour des sept grands points qui guideront les conventions programmatiques de Jean-Luc Mélenchon : le partage des richesses, la planification écologique, la convocation d’une assemblée constituante et le passage à une VIème République, la sortie des traités européens, la restauration de l’indépendance de la France pour la paix, une réflexion sur le progrès humain et sur les frontières de l’humanité. De plus, ils tiennent à rappeler que « La France Insoumise n’est pas une affaire de parti mais d’individus » et que « tout parti, toute association, tout syndicat ou tout citoyen, qui souhaite soutenir la campagne de Jean-Luc Mélenchon, et surtout son projet, est le bienvenu ».

« Faire de la politique autrement », c’est également le but des Ecolos Sciences Po qui souhaitent poursuivre leurs actions sur le modèle des techniques d’éducation populaire. « A Sciences Po, on a organisé ce qu’on appelle des auto-formations » : « ce sont vingt personnes qui échangent ensemble leurs idées, leurs solutions, et une personne spécialiste apporte des outils pour la réflexion » explique Lucas Rochette-Berlon. Cela s’est fait l’année dernière sur des sujets comme la légalisation du cannabis, le fonctionnement du revenu de base, ou encore sur la désobéissance civile. « La Semaine des Alternatives » est également un projet qu’ils aimeraient reprendre cette année, en collaboration avec les autres partis et mouvements de gauche.

Alors, prêt(e) pour 2017 ?

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2017 à Sciences Po : un an pour convaincre (1/2) https://www.lapeniche.net/35418-2-2017_a_sciences_po_un_an_pour_convaincre_1/ Thu, 22 Sep 2016 09:00:50 +0000 http://lapeniche.net/?p=35418 2017 à Sciences Po, tu y es. Que tu sois fervent sceptique ou partisan-militant-distributeur de tracts en Péniche, tu n’en sortiras pas indemne. Tu ne pourras échapper ni aux mini-débats aléatoirement lancés dans le petit Hall, ni aux anecdotes mi-enjouées mi-fatalistes de tes professeurs de droit. Mais surtout, tu auras du mal à leur échapper à eux, les partis et mouvements politiques de Sciences Po. Cette année tout particulièrement, ils comptent bien affirmer leur présence et faire vivre le débat d’idées en vue des présidentielles de 2017. Décryptage en deux épisodes des sept candidats sur la ligne de départ.

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Logos des partis et mouvements politiques à Sciences Po

 

Quels sont les partis et mouvements politiques à Sciences Po ?

Les Républicains Sciences Po, le PS Section Jean Zay, l’UDI Sciences Po, le FN Section Jean Moulin, et les Ecolos Sciences Po…ils étaient déjà là l’an dernier, ils reviennent cette année. Ce ne sera pas le cas du Front de Gauche ni de Nouvelle Donne qui se sont récemment dissous. Dans le même temps, deux nouveaux mouvements politiques font leur entrée à Sciences Po en tant qu’« initiative étudiante » (http://lapeniche.net/reforme_reconnaissance_associations/) Il s’agit de Sciences Po En Marche, lancé à la fin de l’été, et de La France Insoumise, groupe d’appui à la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Quels grands objectifs poursuivent-ils cette année ?

Du côté des Républicains Sciences Po et du PS Section Jean Zay, leur calendrier politique est déjà rythmé par les primaires, la présidentielle puis les législatives. Une véritable année de campagne donc, qui à Sciences Po, sera divisée en deux temps majeurs : jusqu’à fin décembre, les deux partis devront respecter « l’obligation de neutralité » vis-à-vis des candidats à leur primaire, et c’est ensuite « en bloc » qu’ils soutiendront la candidature du candidat désigné.

Au FN Section Jean Moulin, une militante déclare que le parti sera « à 100% derrière Marine ». Il s’attachera également à « déconstruire les clichés sur les militants du Front National”, et à cultiver un « impact national » en se déplaçant à travers la France et en encourageant la création d’antenne FN dans les autres écoles, ce qui n’est pas forcément aisé « lorsqu’on est parfois seuls contre tous », souligne une militante.

A l’UDI Sciences Po, l’objectif sera naturellement de diffuser les idées du parti national, mais aussi, avance son président Benjamin Gilet, d’être un véritable « émulateur d’idées, une force de proposition et un acteur de débat » au sein de l’école. Quant à Sciences Po En Marche, le président Paul Fleurance souhaiterait que le mouvement de Macron à Sciences Po amène avant tout «de nouvelles manières de débattre de la politique ».

L’UDI Sciences Po veut être « un émulateur d’idées, une force de proposition et un acteur de débat. » 

A La France Insoumise Sciences Po, les quatre membres du bureau, J., Clément, Victor et Cassandre, voudraient plutôt défendre un projet de société plus large, hors parti et au-delà des programmes, c’est à dire également « ré-humaniser la politique » dans une école où « elle reste quand même assez froide ».

« ré-humaniser la politique », l’objectif de la France insoumise.

Quant aux Écolos Sciences Po, association qui attire principalement des sympathisants des Jeunes Ecologistes et d’EELV, ils poursuivront leur travail de sensibilisation et de formation aux questions de justice sociale et climatique : « Notre génération est à la fois celle qui va vivre le réchauffement climatique, et la dernière à pouvoir l’empêcher » rappelle Lucas Rochette-Berlon, co-président des Écolos l’an dernier.

Quels sont leurs liens avec les partis nationaux et les candidats à la présidentielle ?

Si certains déclarent leur indépendance vis-à-vis du parti national, le PS Section Jean Zay, lui, entretient des liens directs avec le PS national et doit respecter ses règles de militantisme. « La section du PS Sciences Po a les mêmes pouvoirs et le même fonctionnement qu’une section territoriale du PS», note le secrétaire adjoint du PS Sciences Po. Également affiliée à la Fédération de Paris du Parti Socialiste, la section de Sciences Po dispose de trois groupes de travail organisés autour des priorités de la Fédération (éducation et enseignement supérieure, questions de société, écologie), et peut de ce fait contribuer à leur développement : « Certaines de nos propositions pourront peut-être remonter au niveau national et devenir des thèmes de campagne pour la présidentielle. »

« La section du PS Sciences Po a les mêmes pouvoirs et le même fonctionnement qu’une section territoriale du PS.»

Du côté de l’UDI et des Républicains Sciences Po, les associations politiques en elles-mêmes ne reçoivent cette année « ni financement, ni pilotage, ni instruction » de la part du siège. Cependant, cela n’exclut pas des liens forts entre leurs membres et les partis nationaux. En effet, nombre des membres de l’UDI Sciences Po, ont « leur carte à l’UDI, au Bureau Jeunes, des rôles de campagne, ou auprès d’élus », nous dit Benjamin Gilet. Chez les Républicains, répartis au sein de groupes de travail en fonction de leurs affinités personnelles, « des étudiants travaillent directement avec des élus, des anciens ministres, des députés, des sénateurs ou avec même avec des candidats à la Primaire pour les aider à monter leur programme », explique le secrétaire général, Alexandre Hennion. Des liens personnels également présents chez le FN Section Jean Moulin dans lequel « la plupart des élèves de l’association ont déjà des postes au sein du parti, notamment des élèves en master de Politiques Publiques », rapporte une militante de la section.

A Écolos Sciences Po, le rapport au parti et surtout à la présidentielle est moins évident. Il est encore question de savoir s’ils participeront ou non à la campagne des élections présidentielles, dans la mesure où les Écolos Sciences Po tiennent à ne pas être confondus avec une antenne politique d’EELV ou des Jeunes Écologistes. «Même si depuis plusieurs années les jeunes écologistes sont enfin acceptés parmi les mouvements associatifs, l’écologie politique repousse un peu », confie Lucas Rochette-Berlon.

Quant à Sciences Po En Marche et La France Insoumise – Sciences Po, ils sont avant tout en des émanations de leur mouvement national. La France Insoumise Sciences Po s’est créée suite à la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon en février 2016, et s’est structurée en juin dernier à partir de l’élection d’un bureau de quatre étudiants de Master et du Collège Universitaire, dont ils soulignent le caractère paritaire : « Pour être reconnu par l’administration de Sciences Po, on a décidé d’élire un bureau, même si au niveau national il n’y a pas cela », reconnaissent-ils. Ce mouvement consiste surtout en un groupe d’appui à la candidature hors parti de Jean Luc Mélenchon qui n’adhère pas à la structure hiérarchique des partis politiques. De plus, s’il reste dépendant sur le plan matériel du mouvement national, ce groupe d’appui sciencespiste se déclare « complètement libre de ses actions, du moment qu’il respecte la Charte des groupes d’appui ».

Vous l’avez compris, ils sont déjà installés, et fougueusement prêts à agir. Comment vont-ils vous convaincre ? Ils vous le confient dans notre second volet du décryptage, à paraître dans quelques jours !

Tu peux également suivre les associations politiques de Sciences Po sur leur compte Facebook et Twitter: @UDIscpo / @PSSciencesPo / @FNSciencesPo / @EcolosSciencesP / @Fr_In_ScPoParis /@scpoenmarche /@LesRep_ScPo

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