Fondée il y a une trentaine d’années, l’association d’œnologie de Sciences Po organise des séances de dégustations, au sein desquelles le plaisir des sens rejoint la théorie (jusqu’à la lie). Loin de convier un cénacle de fins connaisseurs, elles rassemblent des passionnés comme des novices. La Péniche s’est glissée entre deux verres pour vous présenter les soirées qui transformeront votre vision de l’œnologie et vous permettront d’être plus aguerri devant un sommelier inquisiteur. Un seul prérequis : aimer le vin ; l’association se charge de vous faire apprécier son art.
C’est ainsi qu’un jeudi soir de printemps, je pris le bus 63 qui m’amena en une dizaine de minutes à l’habituelle dégustation hebdomadaire de l’association. Les thèmes innovent chaque semaine, si bien que la découverte est toujours conviée à table, même pour les plus expérimentés. Les vins sortent en effet de l’ordinaire, que ce soit dû à leurs origines lointaines ou en raison de leur prix. Les grands crus ne sont pas rares, chez In Vino Veritas. L’association a eu de nombreux partenariats de prestige.

Néanmoins, le prix est également un délice : j’eus accès à un tour du monde des saveurs présenté par la maison Louis Vuitton, me faisant voyager pour seulement 10 euros au cœur de 6 vignobles étrangers. Nous vous conseillons de bien suivre les actualités de l’association et d’être réactif, puisque le peu de places proposées – moindre tare d’IVV – part très rapidement. Si leur manque de visibilité est parfois à déplorer, leur fonctionnement via la plateforme Tickasso est efficace.
Songeant à ce qu’une néophyte pourrait bien en retirer, je descendais les escaliers de la cave Grains Nobles, située près d’Odéon. L’intimité offerte par la salle, entièrement pavée de pierres bien que très lumineuse, renforce la convivialité partagée par l’association. Rapidement, on vous invite à prendre place autour d’une des deux tables pouvant accueillir une vingtaine de participants. Devant moi, les deux verres, carafes d’eau et corbeilles à pain généreusement garnies donnent le ton d’une soirée que l’on jugerait presque toute en sobriété.

Une fois installés, le représentant de la Maison viticole nous présente les différents vins que nous allons déguster avec une grande proximité. Le nombre restreint de participants impose un contact aisé, si bien que chacun se sent libre de s’exprimer. Les idées ne tardent pas à fuser : je sens le parfum du feu de bois dans notre premier cru, tandis que mon voisin y goûte de la crème brûlée. Exit les vérités assénées en cours magistral ; nous sommes plutôt invités à écouter nos sensations, forcément synonymes de véracité. Chaque nez, chaque palais a ses propres sensibilités, que nous confions facilement à la ronde alors que les verres se succèdent. L’esprit de partage est si présent que le silence doit être demandé pour recevoir les explications du représentant, faisant défiler les terroirs avec des connaissances pointues. S’il nous offre une théorie solide, nous sommes maîtres de la pratique : que vous n’ayez jamais trempé vos lèvres dans un bordeaux ou que vous sachiez de quelle colline vient un Montrachet, vous pouvez exprimer joyeusement vos impressions sans jugement aucun.

En somme, l’association propose des dégustations alliant esprit de convivialité et excellence des crus proposés, le tout dans une atmosphère très accessible. Comme le déclare Jean-Quentin Prats, ancien dirigeant d’IVV, ils n’attendent pas « des fins connaisseurs » mais souhaitent plutôt que « tout le monde se sente libre de participer, ne serait-ce que pour l’envie passer une agréable soirée autour de bons verres ». Peu importe l’expérience selon lui, puisque « le maître-mot demeure le plaisir ». Alors si cette aventure d’un soir vous tente, n’hésitez plus : nos matelots en revinrent conquis !
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Cette année encore, La Péniche a accru sa portée de publication : avec 135 000 visiteurs uniques et plus de 250 000 pages vues, le journal des étudiants de Sciences Po demeure à la première place de l’information estudiantine. La barre symbolique des 8000 personnes suivant notre page Facebook a d’ailleurs été franchie, grande première pour une association non-permanente.
Avec une publication quasi-quotidienne couvrant le spectre le plus large possible des intérêts sciencespistes, nous avons souhaité rester le media de référence pour tous. Nous avons ainsi gardé le cap d’une ligne éditoriale variée et non-partisane, repoussant toujours plus les frontières de notre quotidien germanopratin. C’est donc avec plaisir que nous avons rédigé des articles avec des internationaux et évoqué des thématiques peu abordées dans nos colonnes, comme le handicap ou le harcèlement sexuel à Sciences Po.
Les alizées de la nouveauté nous ont également poussés à faire un grand pas dans l’histoire de La Péniche, en créant un magazine papier de 104 pages pour souligner nos 10 ans d’existence. Fruit d’un fort travail d’équipe pendant plus de 7 mois, il témoigne de la volonté du journal de s’inscrire dans une pérennité toujours plus importante. Nous sommes très heureux d’avoir donné vie à ce projet novateur et de qualité, dont vous garderez le souvenir matérialisé. Ecoulé à plusieurs centaines d’exemplaires à Paris et dans les campus délocalisés, nous poursuivrons la diffusion de ce concentré d’informations inédites à la rentrée prochaine.
Les élections présidentielles nous permirent de voguer sur des flots plus politisés, comme en témoigne la création de notre émission Trajectoires Politiques, ayant vocation à se développer. Le succès remporté par Le Grand Oral que nous créons en étroite collaboration avec Sciences Po TV illustre également notre volonté de concrétiser et d’étoffer nos analyses de la vie politique par des rencontres avec ceux qui l’animent, tels qu’A. Finkielkraut, A. Montebourg, ou J-F. Copé. L’opportunité de créer des moments d’échanges entre nos lignes s’est aussi révélée fructueusement au sein de la conférence co-organisée avec le think tank Les Gracques, questionnant le rôle de l’Etat.
Si ces flots de l’actualité furent souvent agités, notre équipage a mis tout son enthousiasme à vous servir de boussole au sein des grands projets qui animent notre Ecole. Nous avons ainsi suivi avec attention la réforme du Collège Universitaire et l’évolution du Campus 2022, qui firent l’objet d’une enquête dévoilant leurs détails exclusifs tout au long de l’année.
C’est donc avec émotion que l’ensemble des rédacteurs de la Péniche vous remercie pour votre attention toujours plus importante et exigeante envers ce journal, qui se doit d’être le vôtre. Que la joie qui nous a animés durant cette année soit celle rythmant vos vacances !
Vous voulez rejoindre la future rédaction ? Envoyez-nous un message sur notre page Facebook, nous serons ravis de vous accueillir !
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A priori, le concept n’est pas novateur. Sciences Po aime les idées ; créer, faire bouillonner les cellules grises et vous faire brainstormer dans des carrels surchauffés (par vos lumière, pensez-vous). L’école aime aussi les boîtes, en plastique ou issues de l’incubateur, Sciences Po adore quand les choses sont à leur place – ou remettre les gens à la leur: deux parties, deux sous-parties, classement rigoureux des étudiants, des professeurs et des universités, chacun dans son IEP et l’amphore sera bien gardée. De ces deux passions, celle de la pensée « originale » et de la perpétuation du système, naquirent l’objet ô combien vide de la « boîte à idées ».
Elles trônent en bibliothèque, parfois dans le hall ou en péniche ; sans que quiconque leur prête attention. Un pauvre post-it esseulé les habille parfois, emplissant leur creux d’une idée à laquelle personne ne donnera vie.
Néanmoins, où s’en vont les idées griffonnées, et seules que vous n’écrivez pas ? Dans quel abysse finissent nos illuminations ? Le temps est venu de faire vivre les petites ambitions qui aspirent à devenir de grandes solutions.
La boîte à idées 2.0 est avant tout une évolution. Dématérialisée, elle dépasse les frontières et fait germer des idées où que vous soyez. Plus important encore, son accessibilité. Internet révolutionne en effet l’accès et la diffusion des idées et fait du campus 2022 une véritable plateforme collaborative, via une interface colorée et intuitive. Hélène Kloeckner, responsable de la communication interne de Sciences Po, l’affirme : l’intérêt est que « tout le monde puisse participer » puisque la direction « a absolument besoin des retours de tous les publics ». La profusion d’idées et, par conséquent, les avancées envisageables, ne peuvent naître qu’à travers une mobilisation la plus large possible. Ainsi, chaque étudiant, exchange ou non, professeur ou salarié est invité à collaborer.
Si la boîte à idées révolutionne le genre, elle ne balayera pas les grandes lignes du Campus 2022. Dans une optique de cohérence avec les travaux menés précédemment, « le comité de pilotage a déjà un cadrage, les ambitions programmatiques, préalable indispensable à tout projet immobiler d’envergure, qui permet notamment de s’assurer que toutes les activités pourront être hébergées dans les lieux », souligne Hélène Kloeckner. Vos idées viendront donc en complément des travaux de quatre groupes-projets rassemblant étudiants, chercheurs, enseignants et salariés, sur les thématiques du « campus urbain », du « numérique et de l’innovation », sur le « parcours utilisateurs » ou encore sur « l’expérience étudiante ». A vous d’enrichir leurs réflexions et perspectives d’avenir en soumettant vos idées, qui aideront les concepteurs à « savoir comment se projettent les gens dans ce nouveau Campus, quels sont leurs besoins ». Le mot d’ordre ? « Allez-y, lâchez-vous vraiment ! » s’exclame Hélène Kloeckner, avant de renchérir : «on a envie d’avoir des idées folles ». L’intérêt est réel pour la direction, qui « se laisse la possibilité de sélectionner toutes les idées pertinentes ». Si la création de jardins potagers communautaires, des impressions via le Cloud, un espace sieste ou le développement d’une salle de marché vous intéressent, vous pouvez liker les idées soumises (plus de 80 aujourd’hui), ce qui permettra de mesurer leur intérêt collectif.
La boîte à idées n’est donc, modestement, qu’un simple recueil qui n’a pour seule originalité sa (jolie) dimension numérique. Rien de neuf sous le soleil dans son existence, mais ce n’est qu’en étant remplie qu’elle prendra toute son importance : vous êtes maître de son succès et de celui du projet Campus 2022. Laissez libre cours à vos inspirations actuelles et, qui sait, peut-être changeront-elles le quotidien de demain. Une chose est sûre : si la boîte fonctionne, elle sera amenée à être « réutilisée pour tout autre projet, puisqu’elle a été conçue pour être pérenne ». Alors, à vos idées !
]]>La Péniche remercie Hélène Kloeckner pour le temps accordé à nos questions.
Un soir, j’en ai eu assez. Soir de Grand Oral que je présentais et, une fois rentrée, un message d’un inconnu. Il a trouvé que j’étais une « belle plante ». La dernière fois que je montais sur scène pour le Grand Oral, c’était parce que j’étais « sexy », dixit un ami.
Je n’ai pas relevé.
Peut-être parce que je suis habituée, comme tant d’autres femmes, à ce que l’aspect physique ou sexuel soit la seule jauge de nos capacités, féminité et crédibilité auprès de certains. Il est également possible qu’après le harcèlement de rue ou de métro, nous n’ayons plus la force de répliquer à Sciences Po.
Je n’ai pas relevé ; mais d’autres l’ont fait à ma place. Ils m’ont fait réaliser l’énormité de ce que je cachais sous de la banalité, sous la relativisation. « Il y a pire ». Justement. Dans mon cas, ce message concrétisait la violence de la réification. Néanmoins, comment rendre compte des regard lubriques, des paroles sexistes prononcées et aussitôt envolées, de tout ce qui est insaisissable et qui, pourtant, nous saisit de colère ou de honte ?
A toutes celles et ceux qui en ont eu assez, La Péniche vous a donné la parole.
Dans le but d’évoquer toutes les violences liées au genre ou à la sexualité, nous avons lancé un appel aux témoignages concernant les attitudes sexistes, homophobes, le harcèlement sexuel ou autres, la liste n’étant pas exhaustive. Au-delà de l’honnêteté, nous avons demandé à ce qu’ils ne concernent que des faits ayant eu lieu au sein de l’Ecole, ou entre étudiants de Sciences Po. Les témoignages sont laissés bruts, tels que reçus, afin de relater au mieux les faits évoqués. Chaque intertitre laisse la parole à une personne, pour une ou plusieurs « anecdotes » . Nous ne pouvons cependant pas en certifier la véracité : toute atteinte à des personnes ne saurait être prise d’emblée comme véridique, ou issue de notre volonté. A la demande des concernés, tous les noms ont été modifiés.
Une amie à la Street a été embrassée par un 1A par la contrainte alors qu’elle l’avait refusé.
Trois garçons qui parlent d’une fille de 2A à Sciences Po et la traitent de salope parce qu’elle « couche avec plein de mecs » et « quand on couche avec tout Sciences Po, on est une salope ». Quand j’essaie de leur montrer la stupidité de leur propos en leur demandant en quoi coucher avec d’autres personnes c’est mal quand on est une femme, ils répliquent que c’est « parce que les gens pensent que c’est pas bien ».
Mon prof de théâtre qui nous raconte qu’il est gêné de nous demander de déplacer des tables parce qu’on est une classe de filles, et quand je lui dis que sa remarque est infondée, il se justifie en disant que c’est parce que les filles ont moins de muscles que les garçons.
Remarque ci-dessus provenant d’un professeur d’atelier artistique.
Souvenons-nous aussi du « No Means Yes », panneau tenu par les Fils d’Arcueil lors d’une Cash&Trash.
En Péniche, en pleine discussion, on m’a expliqué que j’étais, parce qu’homosexuel, victime d’une déviance de la société et que mon esprit avait été perverti par un phénomène non naturel. Je t’avoue m’être senti dans un environnement très safe et inclusif ! Mais bon, la personne a après expliqué n’avoir aucun problème avec les homos. Pour moi, c’était juste un petit pansement sur une blessure immense.
Au bar, dans une soirée, un membre de l’équipe de rugby me dit : « Si je te mets une main au cul, qu’est-ce que tu feras ? ». J’étais en 1A, c’était mon premier CRIT, je ne m’étais pas rendue compte que c’était sexiste. C’était rigolo, on se chambrait. Mais non.
Ayant obtenu la meilleure note au galop d’essai en Grandes Questions du Droit (corrigée par un prof masculin), un de mes camarades (masculin) est venu me voir pour me dire : « Je me demande quand même en quoi ta note est due au fait que tu aies une paire de seins et pas une paire de couilles » … Exemple typique du sexisme quotidien sciences-piste.
Dehors, devant le 27, une fille sort avec un groupe (garçons et filles) pour une pause-clope, mais demande aux appariteurs si c’est possible sachant qu’elle n’a pas sa carte. Un homme de l’administration ou de la sécurité sort à ce moment-là, et lui demande si elle sait ce que voulait dire être encartée dans les années 30. Comme il ne sait pas, il explique qu’« être encartée, c’était être une prostituée. Les hommes, à l’époque, demandaient aux filles vendant leurs charmes si elles étaient encartées ». Je m’immisce dans la discussion en disant que je ne pense pas que le parallèle avec l’étudiante est pertinent. Il ne répond pas.
C’était mon prof de conf en deuxième année, un énarque, qui m’envoie un mail. A partir de ce mail-là, il a débuté une correspondance d’une centaine de mails avec moi. Il utilisait trois adresses mails différentes, m’envoyait également des messages sur Facebook, voire des live-tweets. Il m’envoyait des mails au milieu de la nuit. Ils étaient assez intrusifs, non seulement sur ma vie privée, mais aussi sur le cours, proposant son aide à maintes reprises. Au début j’ai répondu, avec la naïveté de croire qu’il me pensait intelligente, que mon avis comptait pour lui. Mais au bout de quelques mails, j’ai réalisé son côté pervers, et ai cessé de lui répondre, ou de manière laconique, parce que je me sentais souvent obligée de le faire. Ça ne l’empêchait pas de vouloir m’inviter au restaurant (ce que j’ai toujours refusé), de me dire qu’il « avait hâte » que je ne sois plus son élève. Dès que le cours s’est terminé, j’ai arrêté de lui répondre. Puis j’en ai parlé à une copine dans la classe, qui m’a dit qu’elle avait été approchée aussi. On s’est rendu compte qu’il avait tenté avec plusieurs filles, en leur proposant des verres par exemple, mais jamais de l’ampleur de ce que j’ai vécu.
J’avais peur d’en parler, et encore maintenant .En tant que femme qui a envie d’avoir une carrière professionnelle, tu te flingues en en parlant. Tu es dans cette position hyper hiérarchisée où tu es une très jeune femme qui a une correspondance avec son professeur, tu penses que si tu en parles les gens vont croire que c’est toi qui l’a aguiché, que tu as profité de cette relation pour avoir des avantages.
Il y a un prof de droit qui a dit en cours que « même pour un petit viol, c’est deux jours », sous-entendu de procès, d’audience.
Une fois, on m’a dit que « ce qui est cool à Sciences Po, c’est qu’il y a plein de belles filles, en plus vous êtes intelligentes, mais bon ça, c’est secondaire ».
Entendu : « De toute façon les homos tout le monde trouve ça bizarre, après c’est peut-être pas de leur faute s’ils ont cette anomalie, mais quand même si on commence à les autoriser à se marier ils vont finir par se croire tout permis ».
Venant d’un camarade de triplette qui montait les escaliers derrière moi, sans que je ne lui ai rien dit. Je me serais bien abstenue de recevoir ce commentaire.
A propos d’une colocataire sciencepiste devenue violente : « D’abord, des coups de serviette portés au visage pendant qu’on faisait la cuisine, « pour rire ». Des coups de torchons sur les fesses quand je passais à côté d’elle. Et puis un dimanche matin, elle a fait une crise d’hystérie à cause d’une discussion sur l’appartement, m’a porté un coup au visage, avec son poing fermé. Je lui ai signalé (…) que son comportement était choquant, sur ce elle répondit « je vais te faire saigner jusqu’à ce que tu comprennes », à deux reprises. Après cet événement, j’ai commencé à vraiment avoir peur d’elle, à ne jamais être dans la même pièce qu’elle, à placer un carton derrière ma porte la nuit (…). Voilà, c’est pas tant une histoire de sexisme. Mais c’est peut-être l’inverse de ce à quoi on peut s’attendre dans une histoire de sexisme femme-homme. Il ya beaucoup d’idées reçues, et je pense aussi, beaucoup d’hommes qui par fierté et pour d’autres raisons sociales passent sous silence des harcèlements dont ils sont victimes ».
J’étais fière parce que j’organisais ma première conférence en tant que présidente d’asso, et il y avait beaucoup d’intervenants autour d’une table ronde. Discutant avec des potes, un me dit : « C’est bon, on sait que tu es passée sous le bureau pour le ramener ». Ils ont tous acquiescé, et ont renchérit : « Tu peux nous le dire, tu l’as sucé pour le faire venir ». Ils trouvent ça super drôle, mais j’ai trouvé ça vraiment blessant, on remettait en cause le travail que j’avais accompli.
Dans la Chope Cup, il n’y a pas que la mocheté de la fille chopée qui fait perdre des points, mais aussi si la personne est considérée comme une fille facile. Après avoir chopé un mec de cette asso, on est venu me voir en me disant : « On t’a mentionnée pour l’AS, mais je crois pas que ça le fasse gagner beaucoup de points ».
Une fille qui fait partie de la promo a été filmée pendant qu’elle chopait un mec. Tout le monde l’insultait, soi-disant parce qu’elle était facile. Le mec, personne ne sait qui c’est.
Aux soirées de l’AS, où on te donne des tickets de chope, on t’incite à le faire, mais derrière on vient t’insulter si tu le fais. C’est comme au CRIT, le défi du grand Chelem (choper une personne par IEP). Un mec qui fait ça, c’est un ouf, une fille qui fait ça, c’est une traînée.
Après un concours d’une association d’art oratoire, le niveau n’était pas très élevé. Dans les délibérations, un des membres du jury a dit « on devrait prendre Eva, ça fera quelqu’un à choper dans le bus »
J’étais en pause clope avec des gens de mon cours de droit constit, donc en 2A, et on parlait des masters. Au détour de la conversation, je mentionne vouloir faire AP et on m’a répondu que « pour un master aussi sérieux, il faudra songer à changer de couleur de cheveux ». Je ne suis pas la plus féministe, mais bon ce moment m’avait choquée ainsi que ceux à qui je l’avais raconté.
1er jour à Sciences Po : « C’est pas parce que vous avez le physique, que vous n’êtes pas grosse, que c’est bien ».
Entendu : « Moi je pense que le féminisme, c’est que des nanas hystériques qui pensent que le sexisme c’est que quand (sic) c’est les mecs qui le font. Franchement, aujourd’hui, la société est parfaitement égalitaire, on a plus besoin de féminisme ! »
Entendu : « Un quart des femmes se font violer ? Faut arrêter avec ça, c’est du mytho, c’est les nanas qui exagèrent parce qu’elles adorent ça ».
Mots anonymes recueillis sur le campus de Dijon, au sein d’une boîte permettant de s’exprimer anonymement sur le sujet.
Nous tenons à souligner l’important travail de la Direction de Sciences Po concernant le harcèlement sexuel, tant dans le domaine préventif qu’a posteriori. Bien que ne pouvant totalement résoudre le problème, elle a mis en place des moyens limitatifs qui prouve son engagement en faveur de l’égalité des sexes et de la lutte contre le sexisme, via le respect de la Charte de l’égalité femmes-hommes et la sensibilisation des associations. Hélène Kloeckner, responsable de l’égalité femme-homme et coordinatrice de la cellule de veille sur le harcèlement sexuel nous disait le 5 mai dernier que les étudiants « prennent l’habitude, souvent en groupe, de nous signaler des cas précis et datés de propos sexistes dans les cours, qui vont souvent de pair avec des propos racistes et homophobes. Cela nous permet d’alerter l’administration qui reçoit les enseignants concernés, et d’expérience, ils arrêtent directement ».
Ainsi, si vous avez été victime ou témoin de harcèlement ou d’agression à teneur sexuelle, « il faut contacter la cellule de veille, en envoyant un mail à harcèlement.sexuel@sciencespo.fr, ou en en téléphonant au 01 45 49 54 00. On peut aussi me joindre directement, pour les personnes qui le préfèrent (helene.kloeckner@sciencespo.fr, 0145495986). On propose un entretien et on prend ensuite une décision ensemble sur la suite à donner au dossier».
Voir aussi: http://lapeniche.net/harcelementsexuel/
]]>Pendant presque deux heures, l’union savamment sauvage des deux associations a rempli son pari: enflammer l’amphi. Ce vendredi 3 février à 19h, il était comble, à 21h, comblé. Les énergies communicatives des participants, costumés et bariolés d’un jaune rieur ou d’un noir élégant, firent s’agiter les esprits et les corps; les frissons face aux danseurs laissant la place au souffle de chaleur de la Batuka.
Comment retranscrire la joyeuse transgression qu’est la danse sur les tables studieuses ? Comment faire sentir l’atmosphère électrique, traversée de cris au nom de « Sciences Po Paris » ? Mieux que les mots, les photos: retour en images sur un amphithéâtre où il se passe toujours quelque chose de magistral.










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Un grand merci à Christina Delannoy pour ses photos.