Emma Robin – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 20 Feb 2018 20:24:55 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Emma Robin – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Les Animaux fantastiques : magique ! https://www.lapeniche.net/les-animaux-fantastiques/ Thu, 17 Nov 2016 09:00:30 +0000 http://lapeniche.net/?p=36036  

Période chargée pour les fans d’Harry Potter : après la sortie de l’Enfant maudit, tome huit de la saga, place au nouveau film de l’univers de J.K Rowling. La Péniche vous dit tout sur les Animaux Fantastiques.

Un film innovant et trépidant

Dès les premières secondes du film réalisé par David Yates, les notes familières du générique nous rassurent : c’est bien d’Harry Potter dont il est question. Les connaisseurs ne seront pas dépaysés, le film reprend les codes de l’univers de J.K Rowling : duels de sorciers, transplanage et patronymes familiers. Mais que les néophytes se rassurent, ils apprécieront tout autant. Non content d’utiliser l’univers d’Harry Potter, le film parvient à l’enrichir, à le renouveler, et se tire bien de l’exercice périlleux qu’est la poursuite d’une saga culte. Là où Star Wars, en décembre 2015, plaçait son histoire dans le futur, les Animaux Fantastiques fait le choix du passé et prend pour point de départ un personnage à peine évoqué dans les sept tomes d’Harry Potter : Norbert Dragonneau – Newt Scamander en version originale.

Sorcier zoologiste, il débarque à New York, avec une mystérieuse valise remplie de créatures magiques. Ces animaux forment le coeur du film : ils sont des personnages à part entière avec leurs prénoms et caractères, et guident l’action, faisait du film une frénétique course-poursuite dans les rues new-yorkaises, époustouflante de créativité. Jacob Kowalski, homme ordinaire brusquement embarqué dans ce monde magique, résume bien le sentiment du spectateur lorsqu’il en conclut qu’il ne rêve pas, face à la féérie et à l’inventivité de cet univers: « je n’ai pas assez d’imagination », dit-il. Créativité qui fait des Animaux Fantastiques un film dont on ressort émerveillé.

Une histoire complexe et fascinante

La prouesse du film repose cependant dans son récit, plus complexe qu’il n’y paraît. Il ne s’agit pas ici d’un conte pour enfants, comme en témoigne la délocalisation de l’action outre-Atlantique. Adieu Ministère londonien et pensionnat écossais, place aux sorciers d’Amérique. A peine évoqués dans l’oeuvre originelle, ils sont ici au coeur du film, mais appréhendés par le regard du héros anglais, animé par la même curiosité que le spectateur jusqu’ici habité aux aventures britanniques d’Harry Potter.

C’est justement une vision originale de New York que le film propose : tout d’abord ancrée dans l’époque du film -la fin des années 1920- : les toutes premières scènes ont lieu à Ellis Island puis dans une immense banque. Mais très vite, New York devient une ville chaotique et étrange : créatures rampant sous la glace de Central Park, immeubles de brique qui s’effondrent sous l’action de mystérieux monstres… La ville devient un personnage à part entière, une créature fantastique qui échappe à ses habitants, suscite l’effroi et l’incompréhension, où la modernité et l’archaïsme se mêlent. Sentiment amplifié par l’usage de la 3D, plutôt bienvenu.

Car le sujet principal du film est ce monde sorcier qui semble s’effondrer. Comme dans l’Ordre du Phénix, tome cinq d’Harry Potter, les héros sont ceux qui osent désobéir et se dresser contre une administration qui refuse d’affronter la réalité. Le propos de Norbert Dragonneau, fervent défenseur des animaux magiques, est d’ailleurs frappant : il soutient que la créature la plus dangeureuse, c’est l’homme. Troublants aussi les « Madame la Présidente » qui ponctuent le film : chez les sorciers américains, le président est une femme.

Ce sous-texte politique se double du message qui parcourt les sept tomes d’Harry Potter : la promotion de la tolérance, comme en témoignent le motif de la chasse aux sorcières qui parcourt le film, mais aussi le personnage principal qui se définit comme marginal.

Un casting impeccable

Au-delà de cette interprétation politique et sombre, les Animaux Fantastiques est aussi un grand moment de rire : comique burlesque avec Kowalski, incarné à merveille par Dan Fogler, humour pince-sans-rire de Tina (Katherine Waterston)… et surtout les scènes hilarantes du Niffleur, qui vous feront regretter qu’il n’existe pas d’Oscar de la créature fantastique ! Enfin, Eddie Redmayne, dans le rôle principal, est parfait : mèche rousse, regard espiègle, tour à tour maternel avec les animaux et embarrassé avec les humains.

Au total, trois films sont prévus pour explorer l’univers de Norbert Dragonneau, personnage attachant qui renouvelle l’univers magique d’Harry Potter.

Affiche du film "les Animaux Fantastiques"
Affiche du film « les Animaux Fantastiques »
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Radio Elvis en concert : l’invitation au voyage https://www.lapeniche.net/radio_elvis_en_concert/ Tue, 27 Sep 2016 09:00:32 +0000 http://lapeniche.net/?p=35457  

A l’occasion des journées européennes du patrimoine, le groupe Radio Elvis s’est produit à la Maison de la Radio. La Péniche vous raconte ce beau moment.

Un cadre particulier : le studio 104

Auditeur ou auditrice de France Inter, sûrement as-tu l’habitude des soirées musicales de la station qui commencent invariablement par Didier Varrod, Valli ou Rebecca Manzoni annonçant:  « nous sommes en direct du studio 104 de la Maison de la Radio ». Peut-être t’es-tu demandé à quoi ressemblait ce fameux studio, institution de la Maison Ronde qui cette année a accueilli aussi bien Juliette Gréco que Superpoze.

Apprends donc que les journées du patrimoine ont permis de résoudre l’énigme. La Maison de la Radio ouvrait ses portes les 17 et 18 septembre pour des visites guidées, des émissions en public… et des concerts au studio 104, dont celui du jeune groupe Radio Elvis.

Lorsqu’il arrive pour la première fois à la Maison de la Radio, l’auditeur de France Inter espère croiser Charline Vanhoenacker ou Colin et Mauduit. Hélas, il ne verra que les vigiles, le public sexagénaire et l’original projet d’art urbain  »Radiografik », qui recouvre les parois vitrées du bâtiment jusqu’au 31 octobre.

Et surtout, le studio 104. Murs rouges, ornés de métal, et des rangées de sièges orangés – car particularité de la salle: on assiste au concert assis, comme au cinéma. Sur la vaste scène -presque plus grande que l’espace réservé au public-, deux guitares, une batterie et un clavier. Enfin, à 19h, trois jeunes hommes minces en pantalon noir: Pierre, Manu et Colin, alias Radio Elvis.

Image à visée promotionnelle
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Un voyage poétique

Leur pop-rock se marie à merveille avec le studio 104 dont l’accoustique est impeccable. La petite salle s’emplit des mélodies du groupe, tour à tour dansantes ou mélancoliques. Car Radio Elvis maîtrise l’art des chansons qui s’étirent, imprévisibles, comme  »la Route », ballade élégiaque ponctuée d’un sublime motif de guitare qui évoque The Smiths.

Chez Radio Elvis, on retrouve la même intensité, la même poésie. C’est d’ailleurs ce qui frappe dès les premières chansons: la singulière beauté des paroles. Il y a chez ces trois jeunes hommes un puissant romantisme, à entendre comme du lyrisme mêlé de fureur et d’invitation au voyage;  les titres de leurs chansons le montrent bien : la traversée, la route, au loin les pyramides… Tout autant dans leurs chansons les plus lumineuses -la bien nommée Solarium– que dans les ballades mélancoliques -comme juste avant la ruée-, les mots frappent par leur simplicité et leur mystère.

C’est un véritable univers que construit Radio Elvis, avec des paroles qui inlassablement évoquent l’ailleurs, le voyage. Mais un voyage en forme de fuite vers la nature, qui teinte les chansons d’une certaine urgence, magnifiée par la voix grave et pressée de Pierre:  »la force est à ceux qui savent rester maîtres d’eux et loin des autres », chante-t-il dans la force.  C’est ce qui fait de ce concert une véritable expérience poétique : ces paroles brèves, directes, qui éveillent l’imaginaire. Le lien avec la poésie est d’ailleurs souligné par la chanson bleu nuit-synesthésie, évident clin d’oeil à Baudelaire.

C’est finalement comme un dialogue qui se crée avec le public, dans les refrains scandés par le chanteur. Cette alliance de poésie et de mélodie fait de leur concert dans ce lieu intime un moment captivant, et surtout émouvant.

 

Une nouvelle scène française

Bouleversant aussi pour le groupe. Radio Elvis a en effet joué dans le studio 104 pour la première fois il y a deux ans: ils le rappellent et soulignent leur émotion en introduction de la traversée,  première chanson jouée à l’époque. C’était à l’occasion du radio crochet de France Inter, intitulé  »on a les moyens de vous faire chanter ». Audacieux projet que celui de la station : créer un concours entre musiciens, mais réservés aux auteurs-compositeurs-interprètes, avec une volonté de se démarquer du modèle The Voice. Radio Elvis n’a pas gagné le concours, mais leur passage sur France Inter fut tout de même un pas vers le succès, puisqu’ils sont ensuite allés jusqu’en finale du concours les Inrocks Lab, pour finalement sortir leur premier album au printemps 2016 intitulé Les conquêtes.

Aujourd’hui Radio Elvis, comme La Femme -dont le second album vient de sortir-, Feu! Chatterton, ou encore Christine and the Queens, chanteuse  »made in France Inter », fait partie de cette nouvelle génération de musiciens français, familiers à l’auditeur.  Cette nouvelle vague musicale qui n’hésite pas à s’emparer de l’héritage des années 80, à mêler le français et l’anglais, est soutenue par Radio France, et plus particulièrement France Inter, station généraliste, qui perpétue son rôle de dénicheur de talents : retransmission de festivals, soirées concerts au studio 104, Victoires de la Musique…

On espère d’ailleurs retrouver Radio Elvis à la prochaine édition, en février 2017. En attendant l’hiver, ils seront en tournée et à Paris le 8 novembre à la Cigale.

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