Emilie Lenglart – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Thu, 30 Nov 2023 17:58:40 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Emilie Lenglart – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 L’A69, projet autoroutier absurde?  https://www.lapeniche.net/la69-projet-autoroutier-absurde/ Tue, 28 Nov 2023 12:17:19 +0000 https://www.lapeniche.net/?p=56091 Décrié pour son absurdité, son anachronisme et son inutilité, le projet autoroutier de l’A69 a fait couler beaucoup d’encre depuis octobre. Nous sommes allés à la rencontre d’étudiants engagés contre sa construction pour y voir plus clair.

Après les contestations autour des méga bassines de Sainte-Soline en mars, une nouvelle mobilisation contre un projet présentant des risques pour notre environnement a envahi les médias depuis le mois d’octobre. L’A69 est une autoroute en cours de construction devant relier Castres et Toulouse. Déclarée d’utilité publique en 2018, sa réalisation a débuté en mars dernier, avant d’être freinée par une forte mobilisation. Le projet est massivement rejeté par les acteurs engagés pour la protection de l’environnement et par la communauté scientifique, mais pas seulement. 

En effet, il s’agit d’une aberration sur plusieurs plans. D’abord sur le plan écologique, bien sûr, entraînant la coupe de nombreux arbres et la destruction de tout un écosystème. Mais aussi sur le plan social. L’argument principal pour appuyer le projet est son rôle de désenclavement de Castres, et ainsi de lutter contre la pauvreté dans la région. Pourtant, il s’agirait d’une des autoroutes les plus chères à utiliser sur le réseau autoroutier français: environ 20€ pour un aller-retour (un abonnement sera proposé, pour la modique somme de 150€ par mois). Elle ne serait donc pas là pour servir les plus démunis. Ceux-ci pourront continuer d’emprunter la nationale, parallèle à la future autoroute et totalement gratuite, reliant déjà Clastres et Toulouse. Donc, en plus d’aller à l’encontre de toutes les avancées qui ont pu être faites du point de vue environnemental, le projet de l’A69 est socialement aberrant et semble briller par son inutilité. Tous les arguments portés par les défenseurs de l’A69 sont aussi facilement réfutables, et il ne s’agit ici que des quelques exemples les plus évidents. Alors que le simple bon sens va contre ce projet, les autorités s’obstinent et les travaux continuent. 

Pour tenter de mieux comprendre cette situation, nous nous sommes rendus à la conférence organisée par la branche sciencespiste des Écologistes mercredi 15 novembre, en présence de la députée Écologiste de Haute-Garonne Christine Arrighi, de l’urbaniste et paysagiste Karim Lahiani, auteur du projet alternatif à l’A69, et d’Amine Messal de l’association La Voie Est Libre. Nous nous sommes ensuite entretenus avec deux étudiants engagés aux Écologistes, Julie en master de politique publique et habitant au bord de l’autoroute en construction, et Guillaume étudiant à l’école urbaine. 

« Nationaliser un débat, ça revient à l’emmener à Paris » – Guillaume, étudiant.

Tout d’abord, nous avons cherché à comprendre pourquoi, parmi les quelques 55 projets autoroutiers actuellement contestables, celui de l’A69 attire tous les regards. Selon Guillaume, il s’agit surtout d’une question de médiatisation. En effet, le projet est contesté depuis son lancement, et l’activiste Thomas Brail était déjà perché dans les arbres le long de l’autoroute en construction cet été. Pourtant personne n’en parlait alors. C’est seulement lorsque Thomas Brail a fait monter ses protestations à la capitale que le débat a été médiatisé. C’est donc encore et toujours la capitale qui détient le monopole de la mise à l’agenda dans le débat public. La mobilisation des Soulèvements de la Terre joue aussi un rôle majeur dans cette couverture médiatique, le mouvement étant déjà dans le collimateur de la presse. Dès lors, la mobilisation pour l’A69 est bien plus forte que pour les autres projets routiers, restés inaperçus et inconnus, cachés dans les provinces. A cela s’ajoute le fait que l’A69 est bien plus facile à condamner qu’à défendre, ce qui permet de convaincre et de mobiliser un plus grand nombre, selon Guillaume.

Malgré tout, allant à l’encontre de la raison et contre les avis de la communauté scientifique, les travaux continuent. Selon Julie, cette obstination pourrait être expliquée par un important lobbying des entreprises telles que Pierre Fabre. Car il ne faut pas oublier que la concession des terrains de construction à été signée entre les deux tours de la présidentielles. Il n’est donc pas aberrant de penser que des enjeux électoraux sont présents ici, avec des liens entre Pierre Fabre et les élus locaux de la région. Julie pense également que la volonté de cohérence des élus vient peser dans la balance. En effet, « c’est difficile en termes de légitimité de rétropédaler », dit-elle. Les élus se sont trop engagés pour l’autoroute, ils l’ont trop défendu pour pouvoir laisser tomber le projet sans que leur crédibilité n’en prenne un coup.

« Je crois que ça va être un combat sur le long terme » – Guillaume

Si l’Etat refuse d’entendre raison de cette manière, comment espérer pouvoir dialoguer et débattre avec lui ? Il semble difficile de garder espoir dans une telle situation. Pourtant pour Guillaume, il ne faut pas jeter l’éponge. Il s’appuie sur le cas de Notre-Dame des Landes comme précédent. Le combat ne serait donc pas perdu, car il est loin d’être fini. Le sujet pourrait d’ailleurs revenir lors de futures élections, et faire pencher la balance. Une nouvelle majorité pourrait alors revenir sur le projet. Il faut donc rester patient et déterminé. Toutefois, Julie rappelle que les travaux de l’A69 « avancent anormalement vite ». Atosca et les élus locaux semblent vouloir accélérer les travaux pour que les militants n’aient pas le temps, comme dans le cas de Notre-Dame des Landes, de gagner leur combat. Cette accélération viserait donc à devancer et ainsi éteindre l’opposition, ce qui pourrait aggraver la défiance de la population vis-à-vis des politiques.

« Il faudrait un vrai changement de paradigme » – Julie

Nous pouvons d’ailleurs nous poser plus largement la question de la démocratie dans le cadre de la crise écologique. En effet, comme l’explique Julie, la temporalité électorale n’est pas la même que la temporalité du changement climatique. La première se calcule sur le moyen terme : « les élus peuvent tendre à avoir plutôt des perspectives électorales que dans l’intérêt commun », explique-t-elle. A l’inverse, le changement climatique et les actions à entreprendre s’envisagent sur le long terme. Pourtant, pour Guillaume, « on ne peut pas se passer de démocratie. On peut la réinventer, on peut essayer de l’adapter au mur qu’il y a en face de nous, mais on ne peut pas passer outre ». Une démocratie plus directe serait une solution, et des outils seraient à notre disposition, tels que les référendums locaux ou l’autorité environnementale, il faudrait simplement que nous nous en saisissions. Le cas de l’autorité environnementale dépendante du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, est particulièrement intéressant. Elle s’est opposée au projet de l’A69, mais son avis n’étant que consultatif, l’Etat a pu passer outre son expertise. Une solution serait alors de donner plus de pouvoir à l’autorité environnementale, en rendant son avis prescriptif, et c’est d’ailleurs une idée soulevée par la députée  Christine Arrighi lors de la conférence des Écologistes. Pour Julie, il s’agit du « genre de changement qui serait nécessaire ».

Mais selon elle, se reposer sur la démocratie ne suffirait pas. « Si on se perd dans les affres du calendrier parlementaire, on en a pour des années », affirme-t-elle. Pour Julie, L’action contre la crise écologique étant chaque jour plus urgente, c’est d’un changement rapide dont nous avons besoin. Une seule solution s’offre à nous, et Julie l’affirme : « je pense que ce dont on a vraiment besoin, c’est d’une révolution ». Cette révolution ayant peu de chance d’advenir par une prise de conscience collective, les deux étudiants s’accordent pour dire que le plus probable est que le changement vienne d’une situation qui deviendrait insoutenable, comme c’est le cas dans la majorité des révolutions. Le changement se fera seulement « parce qu’on ne pourra plus faire autrement », dit-il. Une perspective assez pessimiste mais qui n’empêche pas nos étudiants de s’engager malgré tout.

« J’ai peur et ma manière de répondre à la peur c’est de m’engager » – Julie

C’est justement la peur et le refus de cette perspective qui ont poussé Julie à s’engager pour l’environnement. Elle affirme : « j’ai peur de la catastrophe avec un grand C, et ma manière de répondre à la peur, c’est de m’engager ». Plutôt que de la paralyser, c’est donc la peur qui l’a poussé à agir : refuser d’attendre la catastrophe passivement, vouloir être utile et faire partie du changement motive leur engagement. Julie parle justement de « cette impression que la vague est en train d’arriver et qu’on ne fait rien pour l’arrêter ». Cependant, c’est cette vague qui peut dissuader certains de s’engager. Guillaume nous rappelle qu’il est difficile de savoir par où commencer, la crise provenant du système dans son entièreté, « on a un mur face à nous », affirme-t-il. Ce lourd sentiment d’impuissance véhiculé par un discours fataliste très répandu peut en décourager plus d’un. Pourtant, pour Julie c’est justement dans l’engagement collectif, dans le groupe, que l’on peut retrouver de l’espoir. D’ailleurs, Guillaume affirme que tandis que le relativement faible impact que peuvent avoir les actions écologistes peut en frustrer et décourager certains, d’autres y trouvent justement une nouvelle source d’énergie et de détermination.

Pour les deux étudiants, quelle que soit l’issue du combat contre l’A69, elle créera un précédent pour les luttes futures. Si les écologistes gagnent et que le projet est abandonné, le cas de l’A69 ira rejoindre Notre-Dame des Landes dans le panthéon des victoires écologistes. Même si elle ne « changera pas le monde », une victoire permettrait d’ouvrir le champ des possibles et les imaginaires et d’encourager à se mobiliser et s’engager. Guillaume affirme que « quand tu te dis que c’est possible, ça peut faire basculer beaucoup de choses ». Et même dans le cas d’une défaite, du fait de son absurdité, l’A69 aurait de forte chance de se solder par un fiasco et d’être déficitaire, ce qui créera également un précédent à opposer aux futurs projets autoroutiers du genre. Sur un ton plus personnel, Guillaume considère qu’une défaite ne ferait qu’alimenter sa détermination dans son engagement. Selon lui, « quand on est militant, là où on va puiser les forces c’est lorsqu’il y a des échecs ». 

Finalement, victoire ou défaite, le débat sur l’A69 aura permis d’éveiller les consciences et de sensibiliser toujours plus la population aux enjeux environnementaux. Après la médiatisation, la prochaine étape de ce débat se jouera à l’Assemblée avec une pétition lancée à la commission développement durable ayant déjà reçu près de 30 000 signatures.

Crédits photos : Léon Thébault

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Table ronde « (Re)voir les classiques » https://www.lapeniche.net/table-ronde-revoir-les-classiques/ Mon, 27 Feb 2023 18:00:00 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=55536 Mercredi 1er février, à l’occasion de la Semaine du Cinéma de Sciences Po, 5 intervenants prestigieux se sont réunis pour réfléchir à la question : qu’est ce qui fait un film classique ? 

Ce sont Judith-Lou Lévy (productrice et fondatrice de la maison de production Les films du bal), Simon Riaux (critique de cinéma et participant du podcast Réalisé sans trucage sur Spotify), Pierre François (Directeur de recherche au CNRS et professeur de sociologie à Sciences Po), Héloïse van Appelghem (professeure de cinématographie à la Sorbonne) et Elisha Karmitz (directeur de MK2) qui ont réfléchi à cette question à l’occasion de la table ronde « (Re)voir les classiques » organisée dans le cadre de la Semaine du Cinéma. 

« Le classique existe dans l’œil de celui qui regarde »

Quand on affirme qu’un film est un classique, on pense qu’il s’agit d’un fait commun : ce film est un classique et tout le monde le sait. Pourtant je n’ai pas vu le film que mon ami qualifie de classique, et il n’a jamais entendu parler de ce film incontournable pour moi. 

Nous en avons convenu lors de la table ronde : la notion de « classique » est difficile à définir. « Le classique existe dans l’œil de celui qui regarde » pour Pierre François. Un film devient donc un classique grâce à celui qui le regarde et aux professionnels qui s’y réfèrent. Il n’existe pas de critères ou de caractéristiques objectives qui font d’un film un classique.

Simon Riaux, le dit aussi : la définition d’un film classique est mouvante car elle dépend de l’avis du public. Nous pouvons alors seulement nous accorder sur une définition vague : un film classique est un film qui marque l’histoire du cinéma.

Ainsi, chacun a une liste de « films classiques à voir absolument » relativement différente. D’ailleurs notre liste de classiques ne serait-elle pas plutôt une liste des films que nous avons aimé ou qui nous ont marqués ? Personne ne qualifierait de « classique » un film qu’il a détesté, et ce peu importe son importance dans l’histoire du cinéma. Qui peut alors objectivement déclarer quel film est un classique et quel film ne l’est pas ? La dessus, Simon Riaux nous met en garde : le cinéma, en plus d’être un art, est une industrie. La qualification de « classique » peut alors être utilisée comme argument marketing.

Un “classique” peut-il être oublié ? 

Ces dernières années, certains films pourtant considérés comme classiques par le plus grand nombre ont pu faire débat. Autant en emporte le vent de Victor Fleming (1939), adapté du roman de Margaret Mitchell, avait notamment été retiré de certaines plateformes de streaming en 2020 du fait d’une vision raciste qui y est dépeinte. Nous pouvons alors nous demander : puisqu’un film est classique selon l’avis du public, et que les coutumes et manières de penser de ce public changent avec le temps, est ce qu’un film classique peut un jour perdre son statut, être oublié ? 

Pour Simon Riaux, un classique pourrait bien finir par être oublié. C’est d’ailleurs déjà arrivé dans le monde de la littérature : un art premier au cinéma, et qui nous apporte donc plus de recul sur cette question. M. Riaux nous donne alors l’exemple de Chapelain. Ce célèbre écrivain du XVIIe siècle fut cité et pris pour référence par de nombreux intellectuels de l’époque, mais est pourtant peu cité comme référence aujourd’hui. C’est probablement le passage du temps qui a fini par jeter Chapelain aux oubliettes : ce qui pourrait finir par arriver à certains de nos films classiques. 

Mais alors quid des films, tels que Autant en emporte le vent, qui font débat pour des questions d’éthique ? Un film peut-il être disqualifié pour des raisons morales ? Malgré le débat, le film Victor Fleming est resté un classique pour un grand nombre de personnes. D’ailleurs, même s’il venait à être définitivement banni des plateformes de streaming, il faudrait attendre encore des décennies pour savoir s’il sera finalement oublié. La question reste donc sans réponse. 

Une nouvelle crise du cinéma

Enfin, durant la table ronde, le sujet de la crise que rencontre actuellement le cinéma a été abordé. Pour Elisha Karmitz, le cinéma fait face à une crise similaire à celle dépeinte dans certains films, notamment Singing in the rain (Stanley Donen, Gene Kelly, 1952), The Artist (Michel Hazanavicius, 2011), et plus récemment Babylon (Damien Chazelle, 2023). Le secteur du cinéma serait en train de se réinventer en utilisant les nouvelles technologies, tout comme il s’est réinventé dans les années 1930 avec l’arrivée des films parlants. Cette idée paraît plutôt optimiste : le cinéma ne serait donc pas en train de mourir mais en train d’évoluer vers quelque chose de nouveau. Malheureusement, comme dans les années 1930, certains ont beaucoup à perdre dans cette transformation. 

Enfin, Judith-Lou Lévy, nous explique que le grand enjeu du cinéma est finalement une lutte perpétuelle contre l’oubli. Enjeu magnifiquement exprimé dans un monologue du personnage Elinor St. John dans le film Babylon : “[…] dans 100 ans, quand toi et moi serons morts depuis longtemps, à chaque fois que quelqu’un lancera un de tes films, tu vivras à nouveau”. 

Les films « classiques » seraient alors les films qui seraient parvenu à gagner ce combat pour s’ancrer dans le débat public, les mémoires, et la culture. 

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L’art oratoire fait sa rentrée à Sciences Po https://www.lapeniche.net/%ef%bf%bclart-oratoire-fait-sa-rentree-a-sciences-po/ Tue, 18 Oct 2022 17:30:00 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=55125 Sciences polémique (SPK) a fait sa rentrée avec deux évènements majeurs, le Choc des 1A et les Triplétades, qui ont fait découvrir l’art oratoire aux étudiants de première année.  

SPK est l’une des six associations permanentes de Sciences Po, et un protagoniste majeur de la vie associative de l’école. Depuis plus de dix ans, elle accompagne les étudiants de tous niveaux dans leur parcours d’orateur, en proposant des formations à la prise de parole en public, et en encourageant toutes et tous à s’y confronter. 

La rentrée oratoire de SPK s’ouvre chaque année sur deux événements destinés aux «1A » : le Choc des 1A (face au campus de Reims) en septembre, et les Triplétades au mois d’octobre. Ces deux événements répondent à plusieurs objectifs : ils permettent d’abord à ceux qui découvrent encore Sciences Po et son univers, d’être imprégnés dans cette culture de l’art oratoire. Il s’agit pour eux de découvrir cet art, et de s’affirmer. SPK veille pour cela à mettre en place « un espace bienveillant », favorable à ces premiers pas en tant qu’orateurs. En plus de ça, les Triplétades permettent aux triplettes de développer un esprit de groupe et des amitiés durables.

Le choc des 1A : Quand Reims et Paris se rencontrent… 
Victoria, Choc des 1A

Le coup d’envoi de cette année pour SPK avait lieu vendredi 9 septembre avec le Choc des 1A. Quatre valeureux candidats, sélectionnés parmi les étudiants de première année, se sont donc rendu à Reims pour défendre l’honneur du campus de Paris. 

Là-bas, Victoria, Elise, Mattias et Victor, nos candidats, ont dû se préparer à un “débat parlementaire”, sur le sujet « ce gouvernement veut interdire le mensonge ». Tandis que les Rémois ont endossé le rôle des membres du gouvernement défendant l’interdiction du mensonge, nos candidats parisiens ont joué le rôle de l’opposition. 

« Pourquoi priver l’humanité de son enfance ? » (Victor)
Mattias, prix du meilleur orateur.

Victor a ainsi soutenu qu’interdire le mensonge reviendrait à interdire le rêve. En effet, tous les mythes d’enfance comme le Père Noël ou la petite souris, « tous ces symboles auxquels nous avons eu le droit de croire, qui ont rythmé une partie de notre vie » reposent sur des mensonges. De même « l’interdiction du mensonge, c’est l’interdiction de la fiction ». Interdire le mensonge reviendrait donc à interdire d’imaginer un monde utopique, de croire en quelque chose de plus beau. Il a également soulevé la question du mensonge pour apaiser ou pour éviter de blesser quelqu’un. Il s’interroge :  « pensez-vous vraiment que nous serions autant épanouis dans nos relations ? Que nous serions même capables d’en tenir une ? » 

Le jury, a finalement tranché en faveur de nos voisins rémois. Mais nous n’avons pas été en reste puisque Mattias a remporté le prix du meilleur orateur.

Compétition au sommet de l’Olympe : les Triplétades
Élise, Triplétades

En tant qu’association permanente, Sciences Polémique doit chaque année organiser l’une des six épreuves des Triplétades. Le légendaire concours d’éloquence lors duquel s’affrontent les 22 triplettes de 1A a ainsi pris fin mardi 11 octobre. La finale s’est déroulée en Boutmy et a opposé les triplettes 3, 9, 18 et 19.

À travers des discours passionnés, les candidats se sont confrontés à des sujets inspirés des plus grands écrivains antiques, à partir de citations d’Homère, Virgile ou encore Sophocle. Camille et Joachim de la triplette 9, nous ont donc parlé de la « folie d’entreprendre plus qu’on ne peut » (Sophocle), Elise et Jean, de la triplette 3, ont débattu de la valeur de la vie, et Clara et Crislène, de la triplette 18, nous ont parlé du lien entre la mort et le sommeil, et de la fine frontière qui les sépare.

Gauvain et Nino, pendant les délibérations du jury

Après les discours, deux autres candidats de chaque triplette ont dû répondre aux questions déstabilisantes d’un jury prestigieux composé de Pierre François (Doyen de l’école de la recherche de Sciences Po), Léa Gobbi (présidente de Sciences Polémique), Cécile Kao (co-présidente du BDE), Sébastien Thubert (Responsable de la vie étudiante et associative), Noémie Delattre (Actrice, dramaturge et metteuse en scène), Sébastien Pouderoux (Acteur et pensionnaire de la comédie Française), Paloma Moritz(Journaliste et réalisatrice), Julia Layani et Elise Goldfarb (entrepreneuses associées). 

Pendant les délibérations du jury, le public a choisi un vainqueur à l’applaudimètre. Les candidats de la triplette 18, dont les camarades étaient venus en masse, ont obtenu l’ovation la plus bruyante.

Le verdict est finalement tombé : la triplette 18 a remporté la compétition, devant la triplette 3 et la triplette 9, qui est montée sur la dernière marche du podium.

Les retours des candidats…

Au cours de ces deux épreuves, les candidats ont dû surmonter le stress de prendre la parole en public.

Victor, qui a participé au choc des 1A, nous a donc parlé de la difficulté de se lancer dans son discours. Selon lui, les premières secondes sont les plus difficiles : il faut faire face à la pression, réussir à attirer l’attention du public, et espérer que les quelques blagues passent bien. Mais une fois que le public est acquis, et que le candidat est lancé, le discours se fait tout seul et il ne reste plus qu’à profiter. 

Victor, choc des 1A

Camille, candidate de la triplette 9 pour le deuxième événement SPK, semble être du même avis. Elle qui a dû prendre la parole devant tout un amphithéâtre, a dit que c’était « très impressionnant au début, jusqu’à ce qu’on reconnaisse des visages familiers qui aident à se sentir à sa place ». Il faut donc beaucoup de courage pour se lancer dans l’aventure de l’art oratoire. Camille, qui a fait treize ans de théâtre et qui est très à l’aise à l’oral, nous a dit avoir décidé de se porter candidate parce que c’était la meilleure façon pour elle de participer aux Triplétades et de contribuer à la victoire de sa triplette. 

Pour Élise, qui a participé aux deux évènements, le but des Triplétades  « était véritablement de former une cohésion de groupe ». Par exemple, la triplette 3 avait établi un dress code pour la finale. La compétition met aussi en place une rivalité inter-triplette, « on se lance des piques, des vannes etc… », bien que les 1A restent « là les uns pour les autres quand c’est dur ». En ce sens, le Choc des 1A était très différent « parce que ceux qui ont été sélectionnés se sont motivés “tout seul”, dans le sens où il y avait moins cet esprit classe ». D’ailleurs, le Choc des 1A « motive énormément pour la suite de SPK, parce qu’on voit de quoi les autres sont capables, et à quel point on va être aidé, soutenu et encouragé ». Élise souligne aussi l’investissement des membres de SPK, qui ont coaché les candidats lors des deux épreuves, les ont aidé à maîtriser leur stress et les ont conseillés.  Elle a tout particulièrement aimé participer aux Triplétades  car elle a pu affronter les orateurs avec lesquels elle avait fait le Choc des 1A. En effet selon elle, « la rivalité avec des gens qu’on connait, qu’on apprécie, ça pousse à donner le meilleur ».

Malgré la difficulté de se lancer et de faire face à la pression, les candidats du Choc des 1A et des Triplétades ont donc eu l’occasion de donner le meilleur d’eux-même et de découvrir l’art oratoire. Un art plus puissant qu’il n’y parait, et un outil profondément démocratique d’après Sciences polémique.

Crédit Image : Sciences Polémiques, Clément DEVILLIERS.

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Un moment hors du temps : quand l’art s’invite à St Thomas https://www.lapeniche.net/un-moment-hors-du-temps-quand-lart-sinvite-a-st-thomas/ Fri, 30 Sep 2022 17:15:00 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=54939 Vendredi 16 septembre, à l’occasion des 150 ans de Sciences Po, nous avons pu profiter de l’installation du projet d’art numérique « La Voix des Airs » qui visait à laisser un message aux générations futures.

Vous l’avez peut-être remarqué, la question de l’avenir et des générations futures est revenue à plusieurs reprises lors du festival ; qu’il s’agisse du Tribunal des Générations Futures ou du projet d’art numérique « La Voix des Airs ». Il y avait d’ailleurs un paradoxe dans cette ouverture vers le futur puisque nous fêtions les 150 ans de notre école. On aurait donc pu s’attendre à une rétrospective, à un rappel de l’histoire de Sciences Po.

Un paradoxe entre passé et futur

Nous pouvions retrouver ce paradoxe dans le projet d’art numérique « La Voix des Airs ». Il s’agissait d’une œuvre d’art numérique interactive : les visiteurs choisissaient une carte postale et inscrivaient dessus un message à la machine à écrire. Le message apparaissait ensuite, comme porté par des oiseaux, sur la façade du bâtiment grâce à un projecteur. Enfin, les cartes postales étaient accrochées à un fil dans le jardin du nouveau campus.

La consigne était simple : laisser un message aux futures générations de Sciences Po. En effet, les cartes étaient ensuite récupérées et stockées, afin d’être réexpédiées au site de Saint Thomas d’Aquin dans 30 ans (en 2052). Nous pouvions donc littéralement laisser un message aux futurs étudiants de Sciences Po, comme pour montrer que notre école, qui existe déjà depuis 150 ans, sera encore là dans 30 ans.

Donner du sens à l’Art numérique…

« La Voix des Airs » (La Voix des Airs | Un Des Sens (assoundessens.fr)) a été créé en 2019 par Aurélien Conil (Folio – Personal Portfolio Template (aurelienconil.github.io)) et son équipe, composée de Priscilla Vilela Mandes, Florian Dadouchi, Arturo Mondragon. D’après Aurélien Conil, l’idée était alors de donner du sens au côté interactif de l’art numérique en permettant aux gens de s’exprimer librement. Tout le matériel, de la machine à écrire connectée au logiciel affichant les messages, a été bricolé par ce-dernier. Depuis, l’installation est notamment passée à Saint-Etienne et Bonifacio, avant de se retrouver sur notre campus.

Finalement, le contraste entre l’idée de laisser un message aux génération futures et le fait de le taper à la machine à écrire permet aux visiteurs de s’exprimer et d’être inspiré par un cadre poétique et hors du temps. D’ailleurs, nous retrouvons l’idée d’un voyage dans le temps du point de vue technique au travers de cette machine à écrire connectée, qui nous rappelle que la machine à écrire est l’ancêtre des technologies et logiciels actuels ; mais aussi l’incroyable progrès qui les sépare et qui a permis la naissance de l’art numérique. Il peut également nous rappeler que c’est en reconnaissant notre passé que nous pouvons nous tourner vers l’avenir.

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