Eliott Offenstadt – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Mon, 30 Mar 2026 17:37:21 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Eliott Offenstadt – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Smash ou pass ? Notre critique de L’amour c’est surcoté, de Mourad Winter https://www.lapeniche.net/smash-ou-pass-notre-critique-de-lamour-cest-surcote-de-mourad-winter/ Fri, 02 May 2025 17:12:01 +0000 https://www.lapeniche.net/?p=56911 L’amour c’est surcoté est un enfant d’Internet. Les deux protagonistes, Laura Felpin et Hakim Jemili ont fait leurs débuts sur Youtube et Instagram, avant de se faire connaître du grand public dans la série de Jonathan Cohen Le Flambeau pour la première et par le stand-up pour le second. Les deux sont réunis pour une histoire d’amour entre un enfant de quartiers populaires, Anis, et une bourgeoise, Madeleine, bien que la lutte des classes ne soit pas le cœur du film.

Auteur : Eliott Offenstadt


Reprenant les codes d’Internet jusqu’au titre — l’emploi du verbe surcoter, le film frappe par de prime abord par une réalisation « expressionniste » qui impose une vision au spectateur.

Le cinéma « expressionniste » (selon André Bazin dans L’évolution du langage cinématographique) est une manière de réaliser un film dans lequel le spectateur est entièrement guidé par l’image. C’est-à-dire que les effets de mise en scène vont avoir comme but d’indiquer au spectateur quelle direction suivre, comment comprendre l’action, comment analyser les personnages. La voix-off omniprésente, le grain de l’image très marqué et la concentration de plans très resserrés emmènent le spectateur dans une seule et unique direction : celle voulue par le réalisateur. En d’autres mots, le montage vampirise le jeu des acteurs. La couleur rose nous dit que c’est un film romantique, d’un romantisme nébuleux d’ailleurs nous rapporte le grain. La voix-off nous dit qui est gentil et qui est méchant. L’expressionnisme passe ainsi, pour reprendre les mots d’André Bazin, dans « l’ombre projetée, par le montage, sur le plan de conscience du spectateur ».

Au-delà du pont entre Griffith et Youtube, L’amour c’est surcoté est un film confondant de mièvrerie. Mièvrerie qui nait de cette réalisation spécifique.

En effet, dès lors que le film collectionne nombre de poncifs cinématographiques, le deuil de l’ami devenu-une-bonne-étoile-qui-veille-sur-ses-amis-depuis-là-haut, le raciste mais-pas-trop-quand-même-non-plus-il-est-gentil-il-n’-est-pas-si-méchant-que-ça et consorts, dont la mise en scène de l’authenticité est une tâche particulièrement relevée, le faire par un tel montage expressionniste qui invite les spectateurs à « boire » le film ne fait qu’augmenter, au fur et à mesure, une certaine dissonance cognitive. L’authenticité forcée entre en opposition avec notre esprit critique qui peut ne pas accepter que tout soit aussi simple.

Les lettres roses indiquent au spectateur que tout est bienveillance.

Cette mièvrerie n’est cependant pas inoffensive. Elle peut s’apparenter à une certaine duplicité du réalisateur. Deux aspects attirent notre attention : puritanisme et stigmatisation.

En premier lieu, le film cultive un rapport très distant avec le sexe. Le film met ainsi en avant un amour qui se passe de sexe, plaçant sur un piédestal celui qui aime « attendre » et qui porte en horreur la femme qui a plusieurs enfants de plusieurs hommes, de laquelle il ne pourrait évidemment pas s’éprendre. De même, la femme qui a une boîte de préservatifs chez elle est nécessairement une « prostituée ». Si le spectateur pourrait prendre avec distance de tels dires dans une mise en scène réaliste, le caractère expressionniste du film tend à imposer les blagues car le personnage n’est pas un mauvais bougre, c’est le héros du film. La pensée du héros est donc tout à fait acceptable, car c’est le héros, la voix-off nous le dit et le générique est écrit en lettres roses. 

Anis (Hakim Jemili) est choqué du fait que sa conquête, Madeleine (Laura Felpin), dispose de préservatifs chez elle, la qualifiant de « prostituée ». Cette scène fait apparaître comme vaines les relations sexuelles jugées trop hâtives, car il ne se passe rien entre les deux personnages ce soir-là.

En second lieu, cette duplicité passe par les propos à caractère discriminatoire contre les transsexuels et les Juifs, entre autres. On peut très bien filmer des personnages qui méprisent les transsexuels et portent en horreur les Juifs… si on laisse le soin aux spectateurs de les mépriser eux aussi. Ici, le héros Anis ou le rigolo Paulo (Benjamin Tranié) en sont les auteurs. Cela omet de faire penser qu’inventer un ami transsexuel pour se justifier de ne pas discriminer un transsexuel, ce n’est pas la meilleure défense, et que vouloir aller à Munich pour venger un Juif qui n’a rien demandé, c’est stigmatisant. Pour ne pas dire plus, dans les deux cas. Sauf que le spectateur n’a pas le droit de se dire que Paulo est un salaud car Paulo est un bon gars. Les images nous le montrent, la voix-off nous le dit et le grain nous le susurre.

Paulo (Benjamin Tranié) masse Maëva (Marilou Aussiloux), après lui avoir offert des financiers parce qu’il est antisémite et qu’elle est juive, mais que son cœur fait flancher… Le tout avec une lumière rose, en témoignent les reflets sur les murs.

Ce qui résulte de l’expressionnisme du film, c’est ainsi une complicité de son réalisateur avec ses personnages prudes, racistes, antisémites et transphobes. Ce ne sont pas les propos des personnages qui le démontrent, mais la mise en scène qui en est l’aveu.

Lorsque des films se font les vecteurs d’idéologies néfastes ou critiquables, la mise en scène est souvent utilisée comme « aveu ». Celle-ci est étudiée par Marc Ferro dans Cinéma et histoire pour condamner Veit Harlan, passé entre les mailles du filet après la Seconde Guerre mondiale, et son Juif Süss. Au fond, l’antisémitisme d’Harlan ne réside pas plus dans l’histoire de ce Juif qui invente la privatisation des autoroutes avant l’heure mais dans le fondu enchaîné qui voit le Juif se raser et s’introduire dans la société pour la corrompre de l’intérieur, fidèlement aux théories antisémites nazies. 

Le fondu enchaîné du Juif Süss (Veit Harlan, 1940), dans lequel Joseph Süss Oppenheimer (Ferdinand Marian) quitte son village pour « corrompre » la ville. Le fondu enchaîné est fidèle aux théories nazies qui font des juifs des « caméléons ».

Pass.

]]>
Smash ou pass ? Notre critique de La Pie voleuse, de Robert Guédiguian https://www.lapeniche.net/smash-ou-pass-notre-critique-de-la-pie-voleuse-de-robert-guediguian/ Fri, 14 Feb 2025 11:34:00 +0000 https://www.lapeniche.net/?p=56769 Chaque semaine, en partenariat avec le ciné-club 27 Millimètres, La Péniche vous donne son avis sur les films à voir en salle. Cette semaine, on se penche sur La Pie voleuse de Robert Guédiguian. Alors, smash ou pass?


Robert Guédiguian a voulu rendre hommage aux « bons voleurs » car « le vol participe de la répartition des richesses » a-t-il dit sur France Inter. Le cinéaste aurait pu adapter la thèse qu’il avait préparé à l’EHESS sur la sociologie du mouvement ouvrier. Il a choisi de rester dans le classicisme. La pie voleuse est une fable avec l’Estaque en arrière-plan, quartier de Marseille cher au cœur et à l’œuvre de Robert Guédiguian.

La « bonne voleuse » se nomme donc Maria (Ariane Ascaride). Elle sillonne les rues vallonnées de Marseille avec son caddie et se rend chez des personnes âgées ou handicapées pour lesquelles elle fait le ménage et la cuisine. Mais sa vocation ne s’arrête pas là. Elle est pour eux une compagnie indispensable.

Aussi dévouée soit-elle, Maria a sa face cachée. Elle chipe à ses clients des chèques et des billets pour acheter des huitres et louer un piano pour son petit-fils.

Ces quelques centaines d’euros subtilisés auront d’importantes implications sociales. Laurent (Grégoire Leprince-Ringuet), fils de Monsieur Moreau (l’éternel Jean-Pierre Darroussin) dont la mobilité est réduite en raison du fait qu’il doit se déplacer en fauteuil roulant, découvre que les chèques volés le sont au nom de la fille de Maria, Jennifer (Marilou Aussilloux). Menant l’enquête, il la prend d’abord pour une prostituée. Les prémices d’une histoire passionnée. Et Audrey (Laura Naymark) se venge de la relation extra-conjugale de son conjoint Laurent en dénonçant Maria à la police.

Pendant ce temps, le mari de Maria, Bruno (le tout autant éternel Gérard Meylan), dilapide les maigres ressources familiales en jouant aux cartes dans un troquet. Pour compléter la troupe, on croise aussi Robinson Stévenin en compagnon désabusé de Jennifer et le regretté Jacques Boudet en protégé de Maria.

Au-delà de ce nœud d’intrigues, c’est par la liberté du cinéma de Robert Guédiguian que La pie voleuse nous enchante.

Le cinéaste défend une société libre de toutes pressions administratives et sociales. Le vol n’est pas vu par le prisme du code pénal mais pesé par rapport à son influence sur la société. Les péripéties sont aussi limpides que l’eau de la mer Méditerranée. Laurent tombe amoureux de Jennifer. Et bien, ils s’embrassent. Monsieur Moreau ne veut pas que Maria perde son travail et soit condamnée par la justice. Et bien, il retire sa plainte. Les personnages n’ont pas peur de la bureaucratie et du jugement social. Ils vivent leur vie.

Et pendant ce temps, Robert Guédiguian met en scène ce qui le chante. Monsieur Moreau dévale une colline en fauteuil roulant, avec son chapeau. L’intensité de la scène suffit à nous faire oublier nos inquiétudes sur la manière par laquelle il retrouvera son domicile. Une fois au commissariat, pour retirer la plainte, il cite le poème Les pauvres gens de Hugo. Cela suffit au policier. Il n’a pas de procès-verbal à signer et tout cet affreux décorum, dont nous dispense Guédiguian.

Au fond, l’univers de ce dernier est un monde de personnes intelligentes. La raison est leur seule boussole. Pourquoi empêcher Maria de voler si cela ne pose de problème à personne.

Verdict ? SMASH, sans aucun doute.


Film français de Robert Guédiguian. Avec Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin, Grégoire Leprince-Ringuet, Robinson Stévenin, Lola Naymark, Marilou Aussilloux, Jacques Boudet (1 h 41). Sortie le 29 janvier 2025.

Crédit image : © Diaphana Distribution

]]>
Le premier prix Odette et Léon Chertok attribué à Chochana Boukhobza pour Les femmes d’Auschwitz-Birkenau https://www.lapeniche.net/le-premier-prix-odette-et-leon-chertok-attribue-a-chochana-boukhobza-pour-les-femmes-dauschwitz-birkenau/ Mon, 10 Feb 2025 09:45:00 +0000 https://www.lapeniche.net/?p=56740 Auteur : Eliott Offenstadt

L’ouvrage Les femmes d’Auschwitz-Birkenau (2024) de Chochana Boukhobza s’est vu décerner un prix littéraire destiné à récompenser les récits consacrés aux génocides, le prix Odette et Léon Chertok.


Le résistant et psychanalyste Léon Chertok est né en Biélorussie en 1911. Odette Chertok est née en Belgique en 1923. Tous deux ont survécu à la Seconde Guerre mondiale et terminé leurs jours en France, mais le monde dans lequel ils sont nés, celui du judaïsme européen, a en grande partie été emporté par le nazisme. Pour rendre hommage à ses parents et à leurs racines juives, Grégoire Chertok, banquier mais aussi amateur de littérature, a créé un prix, le prix Odette et Léon Chertok. Celui-ci est décerné à un ouvrage littéraire portant sur un génocide, tel que défini par l’Organisation des Nations Unies. Le lundi 13 janvier 2025, au mémorial de la Shoah, le prix a été remis pour la première fois.

Pour entrer à l’intérieur du Mémorial de la Shoah, il faut passer par le « Mur des Noms » où figurent les noms des juifs français déportés sous le régime de Vichy. On y trouve, sous son nom de jeune fille, Simone Veil et tant d’autres qui, eux, ne sont pas revenus. C’est l’occasion, pour certains, de chercher de vieilles connaissances qu’ils n’ont jamais connues, leurs homonymes, une grande tante. Ils photographient alors la ligne qui les intéresse, avec dans l’idée, sans doute, de faire des recherches plus approfondies.

Le visiteur entre ensuite dans l’enceinte du Mémorial puis, après avoir été salué par Grégoire Chertok, maître des lieux le temps d’une soirée, se rend dans l’auditorium Edmond J. Safra en passant par la crypte.

La crypte du mémorial de la Shoah peut être caractérisée par sa froideur, tant par les frissons que procure la solennité du lieu — « tombeau du martyr juif inconnu » — que par le mélange de pierre, de marbre et de béton. L’auditorium, revêtu de bois et plein à craquer, est quant à lui d’une chaleur qui nous fait oublier un instant la pesanteur du lieu et des sujets qui y seront évoqués.

Après un discours du président du mémorial de la Shoah Éric de Rotschild, remerciant Brigitte Macron de sa venue, la place a été laissée à Grégoire Chertok qui a expliqué la genèse de ce projet.

Ce dernier inscrit ce prix dans un moment historique : la Shoah est en passe de perdre sa place dans la mémoire contemporaine de l’Europe de l’Ouest, tant à cause de l’augmentation des actes antisémites en France depuis le 7 octobre 2023 que de la disparition des survivants de la Shoah. Grégoire Chertok explique qu’« alors que nous célébrons le 80ème anniversaire de la Shoah, les témoins se font de plus en plus rares. S’ouvre alors le temps de la fiction ». Et c’est alors que l’ancienne ministre de la culture Rima Abdul Malak donne le nom de la lauréate : Chochana Boukhobza pour Les femmes d’Auschwitz-Birkenau (Flammarion).

Chochana Boukhobza a été l’auteure d’un discours particulièrement émouvant, ayant une pensée pour « toutes les victimes de la guerre » et les « quatre-vingt-dix-huit otages du Hamas ». Des applaudissements ont suivi. Elle a, en outre, dédié ce prix à tous les Juifs qui ont combattu contre l’extermination de leur peuple, des FTP-MOI Marcel Rajman, Olga Bancic et Joseph Epstein aux insurgés des ghettos de Varsovie et de Białystok.

Mais la lauréate n’a pas été la seule à présenter son ouvrage. Une table ronde a en effet été organisée avec deux autres auteurs dont les ouvrages ont été sélectionnés, Beata Umubyeyi Mairesse pour Le convoi et Tamás Gyurkovics, auteur de Migraine, une histoire de culpabilité, traduit du hongrois pour l’ouvrage et la conférence par Charles Zaremba. Le journaliste du Point François-Guillaume Lorrain, modérateur de la discussion, s’est adressé aux auteurs les uns après les autres, leurs interventions étant des formes de petites « capsules » pour présenter leur livre.

L’auteure franco-rwandaise Beata Umubyeyi Mairesse a livré un récit autobiographique de sa survie lors du génocide du Rwanda. Elle a été sauvée par des convois humanitaires. Son livre se veut perpétuellement ouvert, appelant de ses vœux au témoignage d’autres survivants dont les circonstances de la survie sont similaires aux siennes.

Tamás Gyurkovics raconte l’histoire de Zvi Spiegel, — transformé pour les besoins du littérateur en Zvi Spielmann —, déporté qui a dû assister Josef Mengele à Auschwitz dans ses expériences sur des jumeaux et dont le sentiment de culpabilité qui l’a assailli s’est transformé en céphalées. Il a pourtant cherché à porter assistance à ces jumeaux, n’étant pas le pourri qu’il croyait être. Tamás Gyurkovics a dénoncé les non-dits de la société hongroise sur la Shoah mais aussi le mandat de Viktor Orban regrettant que « ce n[e soit] pas par la littérature que nous autres Hongrois attirons l’attention des Européens en ce moment ».

Enfin, Chochana Boukhobza, la lauréate, explique que ses travaux se sont étalés sur 7 années pour tenter de saisir l’histoire propre des femmes dans les camps d’Auschwitz-Birkenau. Son travail de recherche a commencé par l’étude de la figure de Roza Robota, déportée qui a participé à un trafic de poudre, contribuant à faire sauter un four crématoire le 7 octobre 1944 avant d’être assassinée par les nazis. Ses recherches l’ont mené à se rendre compte qu’elle « ne savait rien » sur le sujet des femmes dans les camps de concentration. Chochana Boukhobza a alors décidé de raconter les histoires des femmes d’Auschwitz, y compris les surveillantes des camps. « Arbeit Macht Frei » marquait seulement, nous dit-elle dans l’ouvrage, l’entrée du camp des hommes. 

Et après le temps de la réflexion, un verre a été organisé, où se sont notamment retrouvés les membres du jury. 

Parmi eux, le cinéma était représenté par Rebecca Marder, interprète de la jeune Simone Veil dans Simone Veil, le voyage du siècle (2021). Sa présence résonnait avec la place particulière qu’occupe l’auteure d’Une vie au Mémorial de la Shoah comme en témoigne la présence d’une boîte aux lettres à son effigie, graffée par C215. 

Rebecca Marder a aussi joué dans Une jeune fille qui va bien (2021, Sandrine Kiberlain), long-métrage racontant l’histoire d’une jeune fille juive dont l’amour du théâtre est supérieur à sa crainte de la persécution des juifs, à l’été 1942. Pour elle, Grégoire Chertok a « eu l’idée de [la] faire participer parce qu’[elle a] tourné dans des films en lien avec la Shoah ».

L’actrice nous raconte notamment que lorsqu’elle a joué Simone Veil dans une reconstitution du camp d’Auschwitz en Hongrie, elle était « en prière, avec toute l’équipe, pour ne pas que cela se reproduise », évoquant l’éternelle question cinématographique de la représentation des camps de concentration au cinéma. Rebecca Marder considère que montrer les camps est un « bon choix » car c’est une manière de « ne jamais arrêter de raconter » la Shoah. Il existe en effet plusieurs écoles en matière de représentation des camps de concentration au cinéma. Spielberg défend la reconstitution (Olivier Dahan y adhère) quand Godard dit que cela est impossible et Lanzmann, au milieu, montre les lieux tels qu’ils sont devenus. 

Quant à la cérémonie, Rebecca Marder l’a jugée « très émouvante » : « c’était trop beau ». Et, au passage, celle que l’on a vu récemment dans Mon Crime (François Ozon, 2023) nous donne prochainement rendez-vous dans la série Netflix Les Lionnes mais aussi dans le prochain film de François Ozon, une adaptation de L’Étranger de Camus, dans laquelle elle prend la suite d’Anna Karina en interprétant Marie Cardona, l’amante de Meursault.

Autre membre du jury, Emmanuel Carrère nous confie que c’est « par amitié avec Grégoire [Chertok] » qu’il a endossé ce rôle et qu’il a été très marqué par l’œuvre de la récipiendaire Chochana Boukhobza dont l’œuvre s’est imposée pour lui « avec une autorité écrasante ». Le jury, dans lequel on trouvait aussi le Grand-rabbin de France Haïm Korsia, était ainsi unanime.

]]>