Claire Guillemin – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Wed, 24 Aug 2022 12:57:09 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Claire Guillemin – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Rentrée 2016: la « cafet’ du 27 » fait peau neuve https://www.lapeniche.net/cafetdu27/ Thu, 28 Apr 2016 18:00:48 +0000 http://lapeniche.net/?p=34400 Il y a 15 ans, le 15 novembre 2001, Richard Descoings inaugurait la désormais célébrissime « cafet’ du 27 ». Depuis plusieurs années déjà, l’idée remettre à neuf ce haut lieu de la vie sciencespiste trainait dans les tiroirs, sans pour autant voir le jour. 1001 sandwichs plus tard, le temps est enfin venu pour la cafet’ de faire peau neuve.

Une rénovation pour plusieurs objectifs

L’origine du projet relève d’une remise aux normes des bâtiments. En sous-sol et accessible uniquement par des escaliers, la cafeteria est en effet à l’heure actuelle encore difficile voire impossible d’accès pour les élèves et le personnel à mobilité réduite. Une part des travaux va donc consister à faire descendre directement en cafeteria l’ascenseur accessible depuis la Péniche.

En lieu et place de l’actuel local de Sciences Po Environnement va également être aménagé un espace réservé aux élèves rencontrant des difficultés dans leurs déplacements. Enfin, il s’agit également de supprimer le nivellement de l’espace et de rendre les mouvements plus fluides.

© Sciences Po

La rénovation s’explique dans un deuxième temps par la volonté de faire du sous-sol du 27 un espace plus accueillant, plus convivial et plus propice au travail qu’il ne l’est actuellement. Du sol au plafond, toute la déco a été repensée. Un véritable travail sur les couleurs a été réalisé en vue de gagner en luminosité. De grandes tables de travail devraient par ailleurs être installées dans le sens inverse du mobilier actuel. Si les sanitaires et la cafeteria de Barbara garderont leur emplacement, ceux-ci vont également être refaits à neuf.

Enfin, les travaux qui devraient être achevés pour la rentrée 2016, ambitionnent à créer un espace convivial commun aux associations permanentes de Sciences Po, à savoir l’AS, le BDE, Sciences Po Environnement et le BDA, l’association Junior Consulting conservant, elle, son incubateur rue de Grenelle. A cet effet, la cloison entre le local de l’AS et le local du BDE va être abattue. Afin d’éviter tout conflit territorial, chaque association prendra ses quartiers à l’intérieur d’une surface délimitée et conservera symboliquement ses couleurs au mur.

 

Un projet salué malgré des interrogations

Premières concernées par le projet, les associations ont été intégrées à la prise de décision avec l’administration au cours d’échanges de mails et de réunions. Si le fond du projet leur a été imposé, une relative liberté leur a été laissée quant à la forme des aménagements. Lors des discussions, il a notamment été question des changements relatifs à l’espace dédié à la gestion administrative. En effet, à partir de la rentrée prochaine, les quatre associations vont investir l’actuel local du BDA au 56 rue des Saint Pères, qui aura été transformé durant l’été en « open-space » de travail. Une véritable distinction sera ainsi faite entre espace de rencontre en cafeteria et espace de gestion dans les bureaux. Enfin, sur les plans, la décision a également été prise de mettre en avant le BDA et Sciences Po Environnement, l’AS et le BDE se partageant l’espace du fond.

Dans l’ensemble, les responsables associatifs saluent l’initiative de l’administration, qui vise à faire de la cafeteria un lieu où toutes ou tous trouveront désormais leur place. Tous admettent également que ce réaménagement de l’espace associatif permettra sans aucun doute à l’avenir une meilleure communication inter associative. Malgré cela, ceux-ci déplorent un manque d’information et un déménagement pour le moins précipité. Tenues de quitter les lieux ce jeudi, les associations présentes au 27 rencontrent encore quelques difficultés à concevoir la transition. Certaines craintes ont également été émises quant au respect des délais des travaux.

 

 Entre renouveau et nostalgie

Réticent au début, car comme l’explique sa présidente Charlotte Lang, « le local, c’est aussi notre histoire », le BDE voit finalement dans ce projet l’opportunité de créer une émulation interassociative mais également de rendre plus accessible et visible les offres et services proposés au quotidien par les associations aux étudiants. Le BDE a également exprimé sa volonté de laisser un maximum de liberté quant à l’aménagement de la surface au nouveau BDE très prochainement élu.

De son côté Sciences Po Environnement, parfois éclipsé par les deux géants et nouveaux voisins de paliers que sont l’AS et le BDE, perçoit dans ce déménagement l’occasion de gagner en visibilité auprès des étudiants, malgré un personnel associatif en effectif réduit. Marie Le Goff, présidente de l’association, se réjouit par ailleurs de pouvoir peut être enfin imposer le tri sélectif des déchets à des associations qui semblent encore peu s’en préoccuper. Celle-ci souligne également que le partage d’un même représente l’opportunité d’une meilleure coordination dans l’organisation d’évènements communs et fédérateurs comme les Triplétades.

Du côté du BDA, l’inclusion des associations dans le processus de décision a été fort appréciée. Mona Oiry, présidente de l’association, souligne que cette nouvelle organisation permettra par ailleurs au BDA de bénéficier d’une bien meilleure visibilité auprès des étudiants, la localisation des locaux actuels demeurant encore obscure à bien des étudiants. Néanmoins, quelques réticences ont été formulées quant à l’impact sur la convivialité au sein du bureau.

 

Evènement Facebook organisé par l’AS ce jeudi 28 avril « La Chute du Mur »

Les plus déçus dans l’histoire sont peut être finalement les membres de l’AS, pour qui le local était à la fois symbole de l’ambiance bonne enfant de l’association, vitrine des exploits sportifs des équipes et point de rendez-vous des fans de babyfoot. C’est d’ailleurs symboliquement, et pour faire honneur une dernière fois à ce lieu chargé de souvenirs, que l’AS organise ce jeudi 28 mai, « la Chute du Mur » qui les sépare du BDE. Pour l’occasion, les présidents successif de l’association depuis 2001, année de construction de la cafet’, ont été conviés. Au programme, tag du mur, signature du livre d’or et derniers au revoir… !

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Make It Work : Did it Work ? https://www.lapeniche.net/makeitwork/ Fri, 11 Dec 2015 06:00:20 +0000 http://lapeniche.net/?p=32244 208 étudiants. 41 délégations. 3 jours. 3 nuits. Un compétition sportive inter-universitaire ? Loupé ! Un concours endiablé d’art oratoire ? Encore raté ! Et si on vous disait que ça a à voir avec la COP 21 ?

Sciences Po engagé pour la COP21

Make It Work, c’est le nom d’un ambitieux projet mené par Sciences Po depuis plus d’un an déjà, à l’occasion de la tenue ce mois-ci de la Conférence sur le climat à Paris. A l’initiative de ce projet se trouvent deux personnes: Bruno Latour, sociologue des sciences et professeur que l’on ne présente plus à Sciences Po, et Laurence Tubiana, ambassadrice française chargée des négociations de l’accord qui devrait être conclu ces jours-ci.

D’une rare ampleur, la COP21 a longtemps été annoncée comme l’occasion d’opérer un tournant historique, au regard de la coopération pour la préservation de notre environnement à une échelle internationale. Alors que la clôture de l’événement était encore loin, nombreux étaient déjà ceux à s’annoncer plutôt pessimistes quant à la signature d’un accord contraignant et unanime. A Sciences Po, universitaires et étudiants n’ont pourtant pas attendu que les dirigeants se rassemblent autour d’une table pour entamer une réflexion sur le déroulé des négociations et leurs éventuelles issues.

L’ambition de ce projet ? Fournir des outils d’analyse et de compréhension des enjeux environnementaux et géopolitiques actuels aux collectivités étudiantes, aux chercheurs et à la société dans son ensemble, mais également informer, sensibiliser.

Comment ? En mettant à disposition des négociateurs, de parties prenantes, des militants et des ONG des outils à destination du débat public et des ressources développées au sein des cycles de formation de Sciences Po et de ses centres de recherches (Ceri, Cevipof, Liepp, Medialab, Iddri). Dès novembre 2014, Sciences Po s’était engagé à renforcer la thématique Climat dans ses formations et à encourager les étudiants à la participation et à la réflexion par l’intermédiaire de cas d’étude, de cours, de rédaction d’articles, ainsi par l’organisation d’un cycle de débats et de conférences durant les mois précédant les négociations. Enfin, dans le cadre de ce projet, fut impulsé un exercice aussi ambitieux qu’intriguant: un jeu de rôle grandeur nature, une simulation des négociations officielles.

Zoom sur « Le Théâtre des négociations »

Il y a maintenant 5 ans, en juin 2011, Sciences Po avait monté, en partenariat avec l’Iddri (Institut du Développement durable et des relations internationales), la COP Rowing (COP RW), une simulation étudiante autour de la question « Copenhague, et si ça s’était passé autrement ? ». Fort de son succès, Sciences Po avait rapidement fait part de sa volonté de renouveler l’expérience, avec cette fois, une ambition élargie.

Ainsi, les 28, 29, 30 et 31 juin derniers ont vu, pour près de 200 étudiants français et internationaux, la concrétisation de plusieurs mois de recherches et d’organisation. C’est au Théâtre Nanterre-Amandiers que s’est déroulée la simulation, durant 3 jours (et 3 nuits), alternant entre groupes de travail, sessions informelles et sessions plénières.

L’originalité du projet réside essentiellement dans le fait que contrairement aux négociations officielles, les chefs d’Etat et leurs représentants n’ont pas été les seuls intervenants invités à se réunir. Se sont également assis à la table de négociations des puissances habituellement silencieuses, pourtant les premières touchés par la dégradation de notre environnement: l’Amazonie, les Espèces Menacées, les Peuples Indigènes, les Hydrocarbures Enfouis dans le Sol, la délégation Océan et bien d’autres encore. L’ambition de l’initiative se trouve donc pour partie dans la mise lumière et l’expérimentation de règles du jeu « non conventionnelles ». Pour la plupart ouvertes au public, les discussions ont suivis 2 fils directeurs: les visions pour le futur tout d’abord, puis les moyens à mobiliser en vue de la trajectoire à suivre. Rien de moins ambitieux.

Entre autre, le « théâtre des négociations » s’est appuyé sur Forccast, un projet pédagogique de cartographie des controverses scientifiques porté par Sciences Po et réunissant 14 établissements partenaires. Inscrit dans une perspective de long terme, ce programme vise à apporter aux étudiants, cible privilégiée, des outils d’exploration et de représentation des discours médiatiques et scientifiques portés sur les grandes controverses touchant aux questions scientifiques, environnementales, technologiques et numériques actuelles.

Gratuit et libre d’accès, cet évènement a été l’occasion pour les plus curieux de rencontrer les quelques 40 délégations qui ont pris part à la simulation. Il a également été offert au public la possibilité de visiter les différents espaces aménagés dans le théâtre intérieur et le théâtre de verdure extérieur. Enfin, c’est par Twitter que les différentes délégations ont permis à certains de suivre à distance et en direct l’avancée des discussions. Ici encore, un même objectif: informer, participer, dialoguer.

Changer les règles du jeu, un gage d’efficacité

« Si vous parvenez à un accord, je pourrai l’amener et m’en servir comme exemple lors de la « vraie » conférence climat en décembre prochain. » avait déclaré Laurence Tubiana lors du coup d’envoi de la simulation.

Pari relevé ! Après d’âpres discussions et d’innombrables rebondissements, c’est in extremis que les étudiants réunis autour de la table des négociations sont parvenus à un accord « ambitieux et innovant », autour de 4 thématiques: « terre », « air et eau », « gouvernance » et « territoires menacés ». La difficulté du projet résidait principalement dans le fait d’intégrer aux côtés des entités du systèmes onusiens des acteurs non étatiques, tout en respectant une contrainte temporelle pesante. Alors que la nécessité de s’accorder sur la préservation de notre environnement se fait chaque jour un peu plus pressante, il ne fait aucun doute que les négociateurs rencontrent aujourd’hui des obstacles similaires, l’intégration d’« acteurs » non conventionnels aux discussions supposant de la part des Etats un douloureux renoncement à une part de leurs prérogatives. Si l’issue de cette simulation fut victorieuse, elle souligne néanmoins avec justesse que si l’on ne change pas les règles du jeu, aucun accord n’est possible.

L’expérience est à retrouver dans les médias et sur les réseaux sociaux:

  • « La Suite dans les idées » sur France Culture, émission du 31 mai 2015 consacrée à « La grande simulation »
  • Les témoignages d’étudiants de Sciences Po dans l’émission « La tête au carré » (France Inter ) du 25/05/2015 consacrée aux enjeux de la COP 21
  • « Quand les guerres climatiques se retrouvent sur les planches », Interview de Bruno Latour, Libération du 27/05/2015
  • Et jusqu’au 22 janvier la Bibliothèque de Sciences Po consacre une exposition aux négociations (Sciences Po, 27 rue Saint Guillaume, 75007 Paris).
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Henri Guaino : le Grand Oral d’un convaincu peu convaincant ? https://www.lapeniche.net/go_guaino/ https://www.lapeniche.net/go_guaino/#comments Tue, 03 Nov 2015 06:00:24 +0000 http://lapeniche.net/?p=31593 C’est Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et actuellement député des Yvelines, qui a emboîté le pas à Benoit Hamon et s’est prêté, jeudi 28 octobre, au jeu du Grand Oral. Conjointement organisé par La Péniche et Sciences Po TV, avec la participation de Sciences Polémiques, ce second épisode a de nouveaux suscité commentaires et réactions sur les réseaux sociaux et dans l’amphithéâtre Boutmy. Vous n’y étiez pas ? La Péniche fait le point sur les dix phrases qu’il ne fallait pas manquer.

© Yann Schreiber pour Le Grand Oral

« Vous aimez autant les sorties verbales que les sorties de plateau. »

C’est un homme du sud au sang chaud, plus connu pour ses emportements sur les plateaux de télévision que sa longue carrière administrative, dont Pierre Chellet dresse, en guise d’introduction, le portait au pupitre de l’amphithéâtre Boutmy. Invité à réagir sur son comportement, Henri Guaino se justifie tant bien que mal et c’est sur un air d’Edith Piaf qu’il ne cessera alors de répéter tout au long des deux heures qui suivront, ne rien regretter. Décrit comme un homme de lettres par Pierre Chellet, Henri Guaino, ancienne plume de Nicolas Sarkozy, en a profité pour réciter quelques célèbres vers de Paul Valéry, tirés du Cimetière marin.

Pierre Chellet, président de Sciences Polémiques © Capucine Personnic pour Le Grand Oral

« Il y a des voyous aussi dans la magistrature. »

Dans la deuxième séquence de ce Grand Oral, L’interview politique menée par Benjamin Duhamel, Henri Guaino a été invité à commenter sa désaffection affichée pour la magistrature. Le 28 octobre dernier, lors des questions au gouvernement, le député des Yvelines n’avait pas hésité à taxer les magistrats de « pervers », « psychopathes » ou encore de « militants aveuglés par leur idéologie ». Henri Guaino explique que le problème n’est pas tant qu’il y ait effectivement de tels individus parmi les magistrats. Ce serait, d’après lui, leur responsabilité au regard de « pouvoirs exorbitants » qui ferait défaut.

« Je la respecte, cela n’a rien à voir avec un rapprochement avec le FN. »

Quelques heures à peine avant son Grand Oral, Henri Guaino avait déclaré sur BFM-TV ne pas être opposé à une éventuelle collaboration avec la benjamine de l’Assemblée, Marion Maréchal-Le Pen, sur un rapport ou une mission. Invité par Benjamin Duhamel à réagir sur ces propos qui ont fait le bonheur de frontistes comme Robert Ménard, Henri Guaino se défend pourtant de tout rapprochement avec le FN. Interdire le FN serait d’après lui faire du parti de Marine le Pen un parti différent, or « le FN est un parti comme les autres », assène-t-il.

« Je pense que Twitter rend fou les hommes publics, ca n’a jamais permis à personne de se faire élire. »

Henri Guaino et Twitter, c’est toute une histoire. Ceux qui étaient présents jeudi l’auront bien compris. Interrogé sur son absence du réseau social pourtant chéri des politiques par Siane de Camas, Henri Guaino explique ne pas ressentir le besoin de s’exprimer en 140 caractères. C’est, pour lui, le « niveau zéro de la pensée ». Regards dans l’assistance, alors même qu’une partie du public était en train de commenter ses paroles sur ledit réseau social à l’aide du hashtag créé pour l’occasion (#LGOGuaino). Accusé de ringardise lors des Questions du public, Henri Guaino lance alors vivement au public : « C’est ringard d’être gaulliste en 2015, mais j’assume, et je l’assume très bien ».

« L’euro est un mal avec lequel il faut composer. »

Invité à réagir à la victoire de la droite conservatrice aux élections législatives du 25 octobre dernier en Pologne, Henri Guaino s’est dit en faveur d’une Europe gouvernementale. « Essayez de construire l’Europe, le monde contre les nations. Vous aurez le monde des tribus ou le pire nationalisme », justifie-t-il. En faveur de la suppression de la Commission Européenne, c’est selon lui au Conseil Européen d’assumer aujourd’hui ses responsabilités. Sur le plan plus économique, si l’euro a été selon Henri Guaino une « erreur grave aux conséquences lourdes », tout n’est pas réversible facilement et il s’agit aujourd’hui de composer avec.

© Capucine Personnic pour Le Grand Oral

« Chacun ses dérapages, je préfère les miens. »

Henri Guaino n’était décidemment par bavard jeudi dernier. Toujours dans la séquence Le point de vue, il a été demandé à Henri Guaino de commenter un dérapage du candidat aux primaires des Républicains, François Fillon. Invité sur RMC le 12 octobre dernier, François Fillon avait explicitement dit « le sentiment que la France c’est un pays à prendre, c’est comme une femme au fond, et faut vraiment en avoir envie ». A ce propos, Henri Guaino n’a pas hésité à répéter son agacement non dissimulé pour une certaine tendance du journalisme « à la déformation et à la sélection… » C’est noté Monsieur Guaino !

« Nadine Morano n’est pas raciste. »

Le Grand Oral de Henri Guaino a également été l’occasion d’une confrontation entre le député et l’imam Abdelali Mamoun.  M. Mamoun lance le débat. Pour lui, jamais en France il n’a été observée une telle recrudescence d’actes islamophobes et de propos à caractère raciste, y compris de la part de membres de la même famille politique que M. Guaino. Vaste sujet, quelques semaines seulement après le tollé de Nadine Morano chez Laurent Ruquier. Si Henri Guaino ne soutient pas les propos de la député européenne, les propos qu’elle a tenus et le racisme restent deux choses différentes, affirme-t-il. Sur le sujet du voile, Henri Guaino déclare que « c’est une erreur de tout placer sur la question de la laïcité. ». A le croire, la casquette ou le voile, comme la kippa, sont des sujets à classer dans le chapitre du savoir vivre, et non du religieux.

© Yann Schreiber pour Le Grand Oral

« Vous ne transformerez pas la France en pays multiculturel et communautaire. »

Face aux interrogations de l’imam Abdelali Mamoun, Henri Guaino a rappelé avec ferveur son attachement au principe d’assimilation. Transformer la France en pays multiculturel, c’est, selon lui, aller à la catastrophe. Il s’agit au contraire de faire progresser notre capacité d’assimilation. Et à ce titre, il se déclare favorable à un rétablissement du service militaire pour les filles et les garçons, pour une durée de 6 mois ou 1 an. Henri Guaino clame haut et fort qu’« Il y a une forme de civilisation française en mutation permanente, mais la faire exploser, non ! »

 

A l’aise dans une maison qu’il ne connaissait déjà que trop bien, c’est donc un Henri Guaino serein, « blasé », diront certains, qui a répondu aux questions des étudiants. Ringard peut être, mais fier, Henri Guaino n’a cessé de le répéter : non, rien de rien, il ne regrette rien !

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Les Mooc, gadget numérique ou université du futur ? https://www.lapeniche.net/mooc/ Wed, 02 Sep 2015 05:00:21 +0000 http://lapeniche.net/?p=30283 MOOC, CLOM, FUN, edX, autant d’acronymes dont la sonorité vous rappelle bien quelque chose mais dont la signification vous échappe tout de même un peu. En cette semaine de rentrée, laissez-nous vous éclairer sur ce qui remplacera peut-être un jour, et à notre grand désespoir, les séances de microéconomie en Boutmy tant appréciées !

Parlez-vous MOOC ?

Avant de renvoyer à des plateformes numériques de diffusion, l’expression MOOC (Massive Open Online Courses), ou CLOM (Cours en Ligne Offerts aux Masses) dans sa version française, désigne un ensemble de cours, gratuits, pour la plupart publiés par de grandes écoles et universités internationales.

L’innovation n’est pas uniquement technologique, elle est aussi pédagogique.

On distingue généralement deux types de MOOC. D’une part les xMOOC, tirés de cours traditionnels et qui permettent de délivrer un certificat de validation de compétences. Et d’autre part les cMOOC, conçus sur la base d’objectifs ouverts et d’une approche connectiviste grâce à laquelle les participants aux cours élaborent eux-mêmes une grande partie des contenus et peuvent interagir entre eux.

Il est toutefois évident que les compétences dont souhaitent se pourvoir les usagers varient du tout au tout d’un bout à l’autre de la planète. Et c’est justement à ce constat que répondent l’adaptabilité et la diversité, en temps, en thématiques, en langues, des MOOC.

Bien qu’ambitieux, l’objectif final des MOOC apparaît comme étant de pallier les inégalités mondiales d’accès au savoir et à l’enseignement.

Un outil d’enseignement ayant le vent en poupe

Dès ses premières heures, le modèle innovant des MOOC suscite l’enthousiasme. A l’automne 2011, lorsque l’américain Sebastian Thrun diffuse un cours sur l’intelligence artificielle sur le site de l’Université de Stanford, 10 000 étudiants sont attendus. Ce sont près de 160 000 qui s’y inscriront.

Désignée comme « l’année du MOOC » par le New York Times, 2012 voit émerger les premières vraies plateformes de production et de diffusion de MOOCS : Coursera, lancée par l’Université de Stanford, edX initiée par le MIT et Udacity pour Harvard, dont le fondateur n’est autre que Sebastian Thrun.

A ces première tentatives américaines suivront plusieurs initiatives européennes et asiatiques : XuetangX en Chine, Futurlearn aux Grande Bretagne, Miriadax en Espagne, FUN en France ou encore Open2Study en Australie. Presque 5 ans après leur apparition, on dénombre aujourd’hui plus de 3000 MOOC à travers le monde.

Nés parallèlement au contexte de crise financière et économique aux Etats-Unis, les premiers MOOC déstabilisent d’autant plus le système universitaire traditionnel américain, que les coûts de l’enseignement et l’endettement des étudiants sont en passe de devenir une préoccupation économique et politique majeure aux Etats Unis.

De l’autre côté de la planète, en Afrique, l’Université 2.0 sonne, elle, comme une promesse face au manque d’infrastructures et à une population croissante. En donnant accès à des formations universitaires élitistes à des populations isolées et en manque de moyens, les MOOC abattent la frontière entre formations prestigieuses et éducation de masse.

En France, il faut attendre la loi du 28 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieure et à la recherche pour voir se dessiner les premières initiatives en matière de MOOC et le lancement de la 1ère plateforme numérique française, FUN (France Université Numérique). Aujourd’hui, la plateforme participe au développement de plus de 60 MOOC en partenariat avec de nombreuses universités et écoles françaises de renom telles que le CNAM, le groupe INSA ou encore l’UMPC.

Et Sciences Po, dans tout ça ?

Moodle, eCours, projet Forccast, cartothèque numérique : nombreuses étaient et sont toujours les interfaces numériques que Sciences Po s’efforce de développer au quotidien en parallèle de ses enseignements traditionnels.

C’est seulement en 2014 que Sciences Po fait son entrée dans l’ère des MOOC, avec le cours transdisciplinaire de Bertrand Badie, « Espace mondial », suivi de peu par le cours Humanités Scientifiques de Bruno Latour.

Cette démarche s’inscrit de toute évidence dans l’effort constant d’ouverture et d’internationalisation que mène notre école depuis quelques années. De plus, de par sa position de centre de recherche majeur, il paraissait essentiel que l’établissement participe à l’ouverture du débat public en prenant part aux innovations en marche.

Comme précise Dominique Boullier, professeur à Sciences Po, dans une vidéo, un MOOC se distingue d’un eCours classique, comme ceux auxquels les étudiants de Sciences Po ont déjà quotidiennement accès. En effet, le caractère « massif » des MOOC pose la contrainte de l’adaptabilité, de la compréhension, de l’accessibilité à un public large et hétéroclite. La diffusion d’un cours nécessite donc un profond travail de mise en forme et la mobilisation d’un grand nombre de ressources.

Dernière nouvelle en date, Coursera, le géant américain du marché des MOOC aux 10,5 millions d’inscrits, a annoncé en décembre dernier son partenariat avec Sciences Po.

La plateforme de diffusion proposera trois des cours dispensés à Paris, dont deux en anglais, entre mars et septembre 2015 : « Humanités scientifiques« , « Espace mondial » et « Les villes font leur retour en ville », ce dernier enseignement étant dispensé par le sociologue Patrick Le Galès. Sciences Po, en même temps que l’ESSEC, rejoint les quelques rares universités françaises déjà présentes sur Coursera : Polythechnique, HEC et l’ENS.

Gadget numérique ou réelle innovation pédagogique ?

Quelques années après la naissance des MOOC, l’enthousiasme des premières heures a perdu de sa ferveur et la mise en perspective des premiers retours sur expérience invite à relativiser le succès de cette forme « révolutionnaire » d’enseignement. Bien qu’ambitieux par les objectifs auxquels il répond, il est clair que ce modèle d’enseignement ne fait pas l’unanimité.

Que va t-il advenir au cours des prochaines décennies du système d’enseignement traditionnel ? La qualité des apprentissages ne pâtit-elle pas de la déshumanisation croissante des cours et de leur caractère « non présentiel », résultat parfois d’une volonté unique de réduction des coûts ? Une grande partie des détracteurs de ce nouveau modèle d’enseignement soulignent la nécessité de ne pas perdre de vue le rôle non négligeable, si ce n’est majeur, de la relation pédagogique entre élèves et enseignants.

Pour le sociologue Jérôme Valluy, professeur de sociologie politique à l’Université Panthéon Sorbonne, les MOOC sont proches d’un simple produit marketing et leurs abonnés « n’accèdent qu’à un ersatz de prestation pédagogiques de ces universités et les certifications qu’elles délivrent ne valent pas, au regard des employeurs, les diplômes délivrés sur la base de formations initiales. »

Des résultats jusqu’à présents décevants

Les taux de réussite à ces formations en ligne s’avèrent pour le moment bas.

Dès décembre 2013, une étude publiée par l’Université de Pennsylvanie avait pointé du doigt des taux d’abandon excessivement élevés : sur le million d’usagers étudiés, seuls 4% venaient à bout de la formation. C’est peu, d’autant plus que près de 80% d’entre eux possédaient déjà un diplôme de l’enseignement supérieur.

Manque d’accessibilité, mauvais choix de thématique, contenu inadapté ? Dans son essai Moocs et vaches à lait, Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, se penche sur ce dernier chiffre : « Sous leur forme actuelle, les Moocs sont peu performants en matière de formation initiale, notamment auprès des publics défavorisés, alors que leur utilité semble confirmée pour la formation continue des élites déjà diplômées des pays dits émergents, Brésil, Inde, Chine, Russie et Afrique du Sud, où 80 % des inscrits proviennent des 6 % les plus riches de la population. Bref, au lieu de réduire la fracture sociale entre pays riches et pays défavorisés, ou entre élites et masses dans les pays émergents, les Mooc, qui exigent des ordinateurs et l’accès rapide à l’Internet, ainsi qu’une discipline de travail acquise préalablement, renforcent cette fracture. »

Attentes surdimensionnées ou échec de pédagogie, on semble quoi qu’il en soit aujourd’hui bien loin des premières intentions, pourtant bienveillantes, de massification et de démocratisation du savoir…

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Les amphis de Sciences Po, c’est toute une histoire https://www.lapeniche.net/amphis/ https://www.lapeniche.net/amphis/#comments Sat, 25 Apr 2015 07:31:32 +0000 http://lapeniche.net/?p=28486 Façades d’époque (avant 1948) des 25, 27 et 29 rue Saint Guillaume
Façades d’époque (avant 1948) des 25, 27 et 29 rue Saint Guillaume

Vous avez essayé et d’autres avant vous ont tenté, mais en vain. Non, il n’est pas possible de croiser les jambes en Boutmy et ce depuis 1933, date à laquelle fut édifié l’actuel bâtiment du 27, sur la cour de l’ancien Hôtel du Lau d’Allemans.

A sa création en 1872, l’Ecole libre des Sciences Politiques s’installe à l’Hôtel de la Société d’encouragement, rue de l’Abbaye, la voie longeant l’église Saint-Germain-des-Prés par le Nord. A l’époque, l’école ne compte encore que des effectifs réduits, à peine une centaine d’élèves, et est accueillie par ses bienfaiteurs du faubourg Saint Germain. Mais le vif succès que rencontre l’initiative d’Emile Boutmy exige rapidement des commodités essentielles à un établissement universitaire, telle qu’une bibliothèque.

En 1882, après d’importants travaux, les étudiants s’installent au 27, rue Saint Guillaume dans l’Hôtel de la famille de Mortemart. Cette toute première acquisition est permise à l’époque par un généreux don de Maria de Brignole-Sale, duchesse de Galliera, qui dédia une partie de sa vie à des œuvres philanthropiques. C’était également l’ancienne propriétaire de l’hôtel de Matignon, résidence actuelle du Premier Ministre.

L’amphithéâtre Jacques Chapsal, avant rénovation
L’amphithéâtre Jacques Chapsal, avant rénovation

En 1886, l’ancien Hôtel d’Eaubonne, au 25 de la même rue, est détruit puis remplacé par une salle de lecture en verrière et un amphithéâtre de 200 places qui subsisteront jusqu’en 1948. C’est cette aile qui, après avoir été agrandie, abrite aujourd’hui la bibliothèque René Rémond. Enfin en 1912, lorsque Eugène d’Eichtal succède à Anatole Leroy Beaulieu à la tête de l’institution, celle-ci compte déjà plus de 800 élèves et s’agrandit au 29 de la rue Guillaume, jusqu’alors Hôtel du Lau d’Allemans.

En 1933, l’Ecole libre fait appel à l’architecte Henri Martin, également à l’origine des usines Blériot de Suresnes,en vue de se doter d’amphithéâtres et de structures capables d’accueillir un nombre grandissant d’étudiants. Trois ans vont être nécessaires à la construction de ce qui est encore à l’époque la cour du 29 rue Saint Guillaume. Deux amphithéâtres, du nom des pères de l’école Emile Boutmy et Anatole Leroy Beaulieu, sont édifiés ainsi que deux vastes salles à l’étage et une voûte pavée de verre abritant des vestiaires et la banquette de notre tendre et bien aimée Péniche. Les bancs encore d’origine de l’amphithéâtre Emile Boutmy sont l’œuvre de Jean Prouvé dont le credo, « ergonomie, économie, solidité », s’applique à merveille aux pupitres biplaces faits de chêne.

Entre 1948 et 1952, sous le directorat de Jacques Chapsal, a lieu la dernière étape des travaux qui donne notamment naissance aux emblématiques trois portes en plein centre par lesquelles nous passons aujourd’hui chaque jour. Notez qu’entre temps, un habile tour de passe-passe cadastral a fait de l’historique 29 notre actuel 27, les bibliothèques du 25 sont devenues 23 et ainsi de suite, jusqu’à ce que finalement le bâtiment dans son ensemble soit absorbé par le prestigieux numéro 27.

Enfin, en 1994, peu après la mort de son directeur Jacques Chapsal, Sciences Po lui a rendu hommage en attribuant son nom à l’initiale salle Anatole Leroy Beaulieu. Ce dernier n’en demeurant pas moins une figure emblématique de la maison, l’amphithéâtre du dernier étage, mitoyen de la salle Albert Sorel, fut baptisé d’après son nom.

Plan de restructuration de l’amphithéâtre Jacques Chapsal
Plan de restructuration de l’amphithéâtre Jacques Chapsal

Bien que l’on puisse parfois en douter, en témoignent les dessins gravés dans le bois des bancs de Boutmy, les amphithéâtres érigés dans la cour de l’Hôtel du Lau d’Allemans, précédemment acquis en 1912, ne ressemblent plus tout à fait à ceux sur lesquels nous prenons place aujourd’hui.

En effet, à la rentrée 2005 et sous la direction de Richard Descoings, Sciences Po s’est lancé dans un ambitieux projet. Durant six mois, les étudiants ont été témoins de la rénovation des salles des deux étages supérieurs du 27.

En lieu et place de l’amphithéâtre Anatole Leroy Beaulieu et de la salle Albert Sorel a été aménagé un unique amphithéâtre d’une capacité de 170 places qu’il est aujourd’hui possible de diviser en deux grâce à des cloisons amovibles.

L’amphithéâtre Jacques Chapsal s’est également vu lui offrir une nouvelle jeunesse : désamiantage, bancs, sols, baies vitrées, celui-ci a été refait à neuf ! Cette année-là a été l’occasion d’une rentrée un peu tardive pour les étudiants qui ont du s’adapter pendant le temps d’un semestre aux imposantes installations. Pour des questions pratiques et de sécurité, la Péniche avait été déplacée dans le petit hall et la cafet’ était devenue le passage obligé pour rejoindre le jardin et le 56 rue des Saint Pères.

A ce propos, il ne faut pas oublier que la cafétéria n’a pas toujours fait partie intégrante de la vie étudiante sciencespiste ! Pendant longtemps et jusqu’en 2001, la partie inférieure du bâtiment du 27 a abrité une salle de sport dont on peut encore observer les vestiges en levant les yeux au plafond et dont M. Mion parle d’ailleurs avec regret dans une interview qu’il avait accordée à Sciences Polémiques l’année dernière.

Au delà du confort et de l’esthétique de ses locaux, c’est désormais au défi de l’immobilier que Sciences Po doit faire face. Au cours de ses trois mandats, Richard Descoings a largement conforté la position centrale et germanopratine de Sciences Po par l’achat et la location d’un nombre conséquent de bâtiments, à quelques pas seulement du cœur historique de la rue Saint Guillaume. Mais alors que M. Mion a pris sa succession à la tête de l’école, la politique foncière et immobilière de Sciences Po reste plus que jamais d’actualité, comme l’atteste le projet Sciences Po 2022.

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