Près d’un mois après la rentrée universitaire, les associations europhiles commencent à faire entendre le son de leur voix : les Jeunes Européens organisent leur week end de rentrée début octobre, Europeans Now, après plusieurs mois d’absence, a repris les tables en péniche et une antenne d’EuropaNova s’installe sur le campus de Menton (cf. notre article “Qui parle des 28 au 27 ?”) . Si on l’ajoute à cette triade Le Parlement Européen des Jeunes, ce seront près de 4 associations pro-européennes qui essaimeront cette année dans la Rue St Guillaume et ses campus délocalisés.
La tâche qui attend ce large cortège est de taille : rivaliser sur le terrain des idées et de l’évènementiel avec la seule association eurosceptique du campus, Critique de la Raison Européenne, qui dans la catégorie des associations en pleine expansion animant l’année universitaire a tenu le haut du pavé au cours de l’année universitaire 2014-2015.
L’association qui s’auto-définit comme “euro-mécréante” est née dans les couloirs de Sciences Po lors de la rentrée universitaire de septembre 2013. Fondée par Alexandre Loubet, élu tout récemment président national de Debout Les Jeunes (NDLR : le mouvement jeune de Debout la France, le parti de Nicolas-Dupont Aignan), la section sciencepiste regroupait en septembre dernier une vingtaine de sciences pistes “radicalement opposés à l’Union européenne telle qu’elle existe actuellement”. Depuis, ils seraient plus d’une centaine sur le groupe Facebook de l’association.
Sans compter les autres antennes universitaires qui ont essaimé depuis la Rue Saint Guillaume avec des petites soeurs plus ou moins actives à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, à l’Institut Catholique de Paris et à l’Institut d’Études Politiques de Strasbourg.

Pendant qu’Alexandre Loubet assurait la présidence de l’association nationale depuis les officines bruxelloises de l’Alliance pour la démocratie directe en Europe -le parti européen de Nigel Farage-, c’est Nicolas Pouvreau, étudiant en Master, qui a repris les rennes de la section sciencepiste l’an passé. Lui aussi vient de la droite gaulliste : il figurait d’ailleurs sur la liste d’Alexandre Loubet candidate au renouvellement du bureau national de Debout les Jeunes.
Mais si les gaullistes trustaient la présidence jusqu’à présent, c’est Côme Delanery, un deuxième année issu de l’”aile gauche” de l’association qui vient d’en prendre les commandes tandis qu’Alexandre Loubet a passé le relais à Nicolas Pouvreau sur le plan national. Et l’association est très attachée à ce que l’on ne néglige pas son caractère “transpartisan” qu’elle aime revendiquer à coups de droits de réponses enflammés contre les prétendus “amalgames faciles, idées préconçues et terroristes intellectuels”.
“Nous sommes issus des horizons politiques les plus divers, du Front de gauche au gaullisme traditionnel, en passant par le chevènementisme et une masse de non-affiliés. Lassés des vieux clivages fossilisés que les organisations installées tentent de nous imposer, nous avons le sentiment de partager un grand nombre de convictions essentielles : l’attachement au principe de souveraineté nationale, le refus du libre-échangisme comme dogme suprême de notre temps, le rejet d’une Union européenne dont le caractère oligarchique ne fait plus l’ombre d’un doute…” écrivaient-ils ainsi dans nos colonnes l’an passé.
« La jeunesse anti-conformiste de CRE brasse donc large : à la gauche des souverainistes tendance Dupont-Aignan, on trouve en effet une vaste nébuleuse terranovaphobe »
La jeunesse anti-conformiste de CRE brasse donc large : à la gauche des souverainistes tendance Dupont-Aignan, on trouve en effet une vaste nébuleuse terranovaphobe composée de chevènementistes, de lecteurs de Jean-Claude Michéa et Christophe Guilluy et de communistes nostalgiques du PCF des années 80, celui d’un Georges Marchais qui appelait “ceux qui veulent préserver l’indépendance et la souveraineté française” à voter PCF aux européennes de 1979.
“On a plein d’étudiants de la promo 2019 qui viennent de Contre Courant ou du Front de Gauche. Chez les 2A, il y a plus d’étudiants qui viennent de la gauche que d’étudiants de droite à CRE ! Il y a une vraie nouvelle gauche qui renaît à Sciences Po contre les libéraux libertaires” nous confie ainsi un des co-fondateurs issu de l’ “aile gauche” de l’asso.
“Honnêtement, il y a un vrai équilibre entre les deux pôles de gauche et de droite. La réussite de CRE, c’est qu’à gauche comme à droite, chacun se comptait un peu au début de l’année tandis que maintenant, plus personne n’est dans cet esprit. On a cessé de compter nos forces” assure également Nicolas Pouvreau.

Et après avoir cessé de compter ses forces, Nicolas Pouvreau doit sans doute aussi avoir arrêté de compter les réalisations à l’actif de CRE qui a enchaîné les évènements depuis un an : Jean-Pierre Chevènement en Chapsal, tribune publiée dans Le Figaro, café de lancement avec Nicolas Dupont-Aignan, conférence transpartisane sur le déficit démocratique de l’UE, Henri Guaino en Caquot, débat inter-parti avec les responsables nationaux des mouvements jeunes etc ..
Force d’admettre que l’an dernier, CRE n’a pas chômé malgré les nombreuses difficultés auxquelles l’association a du faire face, symbolisées par la venue avortée d’Eric Zemmour. Officiellement, l’administration a refusé que le polémiste vienne pour “des raisons de sécurité”. Un responsable haut placé nous avait à l’époque confirmé qu’il n’y avait pas eu d’interdiction tout en estimant qu’en raison des propos tenus par Eric Zemmour sur Richard Descoings dans le Suicide Français, qui étaient “absolument honteux”, il n’était “pas vital que nos associations étudiantes ouvrent des libres tribunes à des gens qui n’ont pas le minimum de décence nécessaire dans ce type de situation.”
« Un responsable haut placé nous avait à l’époque confirmé qu’il n’y avait pas eu d’interdiction tout en estimant qu’en raison des propos tenus par Eric Zemmour sur Richard Descoings dans le Suicide Français, qui étaient “absolument honteux”, il n’était “pas vital que nos associations étudiantes ouvrent des libres tribunes à des gens qui n’ont pas le minimum de décence nécessaire dans ce type de situation.”
Un des autres potentiels temps forts de l’année de CRE avait également été annulé : la venue de Cecilia Malmström, commissaire européenne chargée du Commerce, chargée de finaliser le traité transatlantique. Censée se tenir dans l’amphi Chapsal le 15 avril dernier, cette conférence sur le TAFTA devait également réunir le député UMP des Yvelines Jacques Myard et l’ancienne ministre UDI Chantal Jouanno.
Or, les responsables de CRE avaient appris sidéré dans la newsletter de Sciences Po que Mme Malmstrôm se rendait bien à Sciences Po le 15 avril … pour une conférence sans contradicteurs organisée par le Centre des études européennes. Encore manqué.
Mais au-delà des évènements organisés (ou avortés), l’association a aussi fait preuve d’une vraie ambition intellectuelle. Une dizaine de recensions d’ouvrages sont publiées sur le site, des articles, et même un « cahier de CRE », baptisé “Souveraineté”. “Intellectuellement, on a une équipe de machines de guerre qui ont ingurgité des bouquins entiers” assure un des membres de l’association.
Une machine de guerre, certes, mais pour faire quoi ? Car la question qui se pose, c’est de savoir si toute cette agitation eurosceptique symbolisée par le dynamisme de CRE peut déboucher sur un projet politique concret ou si elle se résumera à une petite poignée d’étudiants sautant sur leurs chaises comme des cabris en disant «Non à l’Europe ! », « Non à l’Europe ! », « Non à l’Europe ! » sans que cela n’aboutisse à rien.
Et si CRE était une avant-garde de l’alliance des républicains des deux rives tant souhaitée par Jean-Pierre Chevènement ? La question est brûlante depuis quelques mois suite au départ du “Che” du MRC après avoir exprimé son souhait d’opérer un rapprochement avec Debout la France. Invité d’honneur de l’université d’été de DLF fin août, il a tenté sans succès de rassembler Mélenchon, Montebourg et NDA pour un colloque fin septembre.
« La question qui se pose, c’est de savoir si toute cette agitation eurosceptique symbolisée par le dynamisme de CRE peut déboucher sur un projet politique concret ou si elle se résumera à une petite poignée d’étudiants sautant sur leurs chaises comme des cabris en disant «Non à l’Europe ! », « Non à l’Europe ! », « Non à l’Europe ! » sans que cela n’aboutisse à rien. »
La question de réaliser l’alliance des multiples sensibilités de “la France du non” est au coeur des débats en interne à CRE : “j’ai longtemps été sceptique sur cette perspective, notamment sur l’économie : on a des gens au Front de Gauche ultra marxistes. Or, ce n’est pas tout à fait ma perspective, ni celle de l’UMP .. C’est une question qu’on se pose tous au sein de l’association. Personnellement, je n’ai pas de réponse” affirme Nicolas Pouvreau.

Ce flou autour du projet politique de CRE se double d’une faible appétence de l’association pour la communication : pendant qu’Europeans Now trustait le haut des timelines avec leurs campagnes coms, les cahiers et recensions de CRE sont restés confidentiels, téléchargeables par PDF ou consultables sur un WordPress à la mise à page somme toute sommaire.
“On ne veut pas non plus rester entre souverainistes purs et durs qui jouent aux fléchettes sur une pièce d’un euro chaque soir, mais c’est vrai que cette année, on n’a pas travaillé la com, on a privilégié le travail de fond. On veut structurer un réseau de gens cohérents avant tout. Et puis je n’ai pas de compétences ni d’appétences dans le domaine, c’est un peu la tare de notre époque la com” admet Nicolas Pouvreau.
« On ne veut pas non plus rester entre souverainistes purs et durs qui jouent aux fléchettes sur une pièce d’un euro chaque soir » Nicolas Pouvreau
A entendre le responsable CRE, on serait tenté de croire que l’association ne cherche pas à convaincre ou en tout cas, à ne pas entrer dans une logique de conquête des esprits. L’objectif serait ailleurs, comme si le plaisir de se retrouver entre eurosceptiques minoritaires dans les couloirs du 27 pour se prêter des bouquins de Michea entre deux amphis se suffisait à soi-même. Vu de l’extérieur, les réunions germanopratines de CRE doivent avoir le charme des rencontres des jeunes et brillants esprits amis de Jacques Bainville se réunissant au Café de Flore.
La comparaison n’a rien d’insultante et ne porte pas sur le corpus idéologique de l’association mais bien sur cette attitude bainvilienne de sage en surplomb. Elle a en effet toutes les caractéristiques de la splendide indifférence maurrassienne, qui pour reprendre les mots de François Huguenin “lutte à côté de l’arène politique, juge les faits sans les faire, et pour finir, constitue une bulle mentale où tout serait possible mais où rien n’est réalisé”.

Mais si les euromécréants de CRE n’ont pas encore atteint le stade où ils délaisseront Manent pour Gramsci afin de mener une vraie bataille culturelle, avec une vraie stratégie de conquête des esprits, leurs adversaires europhiles sont loin de former une opposition digne de ce nom. L’an passé, Europeans Now, Le Parlement européen des jeunes et Les Jeunes Européens (qui, certes, cible ses très nombreuses actions sur l’hors Sciences Po) ont eu du mal à rivaliser avec CRE sur le plan des évènements et des publications.
“Les europhiles, on ne les a pas beaucoup vus. On a été assez surpris. C’est paradoxal car les positions fédéralistes sont puissantes à Sciences Po : le fait de se morceler en trois assos n’est peut être pas très intelligent” affirme Nicolas Pouvreau.
Drôle de paradoxe que cette apathie fédéraliste dans un bastion europhile. Tout se passe comme si les idées pro-européennes faisaient tellement consensus, comme une sorte de méta-idéologie diffuse, qu’elles ne disposeraient plus de relais. Comme si le triomphe de cet état d’esprit le réduisait à n’être qu’une tendance plutôt qu’une organisation, comme si au fond, il s’était sublimé en passant directement d’un état solide à un état gazeux, présent partout et nulle part à la fois.
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Après un long voyage qui a commencé le 24 août dernier, La Péniche rentre au port. L’heure du bilan est arrivée et force d’avouer que l’équipe 2014-2015 a mené cette barque avec une détermination et une énergie qui la rend plus solide que jamais. Depuis septembre 2006, depuis bientôt dix ans, La Péniche n’a cessé de grandir et cette année lui aura indéniablement permis de prendre une autre dimension.
Plus de 600 000 pages vues, plus de 200 000 visiteurs uniques, un rythme de publication quasi-quotidien, une visibilité sans précédent, voilà un bilan dont nous pouvons être fier. Et nous vous en remercions. Nos articles ont suscité de nombreuses réactions, souvent en notre faveur, parfois critiques, réactions que nous avons toujours prises en compte.
La Péniche a grandi en restant fidèle à l’héritage de cette association qui est bien plus qu’un journal étudiant. Lorsqu’elle a été créée, La Péniche était une plateforme web, une association au cœur de la vie étudiante et nous n’avons pas délaissé cette fonction fondamentale. Notre pôle photos de soirée a ainsi été plus qu’à la hauteur, et tout particulièrement au second semestre. Notre pôle communication, qui a organisé la Bleu Blanc Boat au Concorde-Atlantique, deux afterworks, la vente de roses de la Saint Valentin et a co-organisé la Médiatique au Wanderlust a encore une fois animé cette année universitaire avec brio.
Solidement appuyés sur cet héritage, nous avons fait profondément évoluer La Péniche. En refusant de se laisser enfermer dans des techniques obsolètes, en refusant de se borner à ne faire que de l’écrit, nous avons crée de toute pièce notre propre chaîne télé sur YouTube. Les barrières à l’entrée, bien réelles, rendent cette évolution tout à fait décisive et fondamentale pour le développement de notre association.
En l’espace d’un an, en grande partie grâce au dynamisme de notre responsable vidéo, nous sommes devenus bien plus qu’un journal étudiant : plus de 50 vidéos publiées, 30 000 vues sur YouTube, voilà ce qu’on peut appeler une entrée fracassante dans le multimédia. La chronique cinéma hebdomadaire a considérablement enrichi l’offre de notre Mag dont la gestion a été assurée avec beaucoup de sérieux par tous les responsables de rubrique et la rédactrice en chef.
Enfin, nous avons assumé jusqu’au bout une ligne éditoriale claire : assurer une vraie couverture de la vie politique étudiante à Sciences Po. Ce fut tout particulièrement le cas pendant la campagne des élections syndicales durant laquelle nous avons organisé pour la première fois le traditionnel débat des élections. Ce fut le cas tout au long de l’année où nous avons focalisé notre attention sur les sections politiques : débats Face à Face, tribunes, focus sur le fonctionnement interne des mouvements, couverture des conférences, analyses compol etc …
Nous avons même entamé un tournant décisif pour l’avenir de l’association en nous positionnant comme un organisateur de conférences politiques. En fin de second semestre, en invitant Alain Juppé et Noël Mamère à Sciences Po, nous avons clairement donné une nouvelle dimension et une nouvelle orientation à La Péniche.

Les statistiques montrent que cette priorité donnée à la vie politique a été plus que suivie par les lecteurs : les articles qui marchent, ce sont les articles qui parlent de politique. Lorsque nous parlons de l’UMP Sciences Po, de la conférence de Jean-Luc Mélenchon, du boycott d’Eric Zemmour, des élections syndicales, des Ecolos Sciences Po, nous avons été à chaque fois lus par a minima 2000 étudiants.
C’est une satisfaction d’autant plus grande dans un contexte où les orientations prises par la direction de l’école tendent à une aseptisation, à une dépolitisation et à une businessscholisation tout à fait regrettables. Notre bilan est la preuve que malgré ces grandes tendances de fond qui sont à l’oeuvre, la politique a et aura toujours une place à part à Sciences Po.
N’oublions pas que c’est ce qui fonde notre spécificité et ce qui fait de Sciences Po une école si singulière dans notre pays. Si la Rue Saint Guillaume perdait définitivement ce goût incomparable pour la vie politique, ce serait une école bien tiède, bien morne, et bien quelconque que nous observerions avec amertume et nostalgie dans les années à venir. Vous pouvez compter sur nous pour que cette perspective reste à l’état d’un songe dystopique.
Les 20 articles les plus lus de l’année
1 – Zemmour et Mélenchon : des invités jugés indésirables à Sciences Po ? 9200 visiteurs uniques
2- L’UNI dépose une main courante contre l’UNEF 6400 visiteurs uniques
3 – Comment l’administration de Sciences Po s’oppose aux besoins naturels des étudiants 5100 visiteurs uniques
4 – Portrait de Paul Antoine de Carville, vainqueur flamboyant du Prix Philippe Seguin 4900 visiteurs uniques
5 – Les vrais emplois du temps à Sciences Po en 13 graphiques 4400 visiteurs uniques
6 – Droite de la droite à Sciences Po : qui sont-ils ? 4389 visiteurs uniques
7 – Qui dirige les sections des partis politiques à Sciences Po 4378 visiteurs uniques
8 – La campagne BDE va coûter 25 000€ : concrètement, ça représente quoi ? 3900 visiteurs uniques
9 – Mais qui sont les jeunes pousses de la politique sciencepiste ? 3645 visiteurs uniques
10 – Le nouveau logo de Sciences Po fait peau neuve 3623 visiteurs uniques
L’article raconté par son auteur. Je m’assois dans le bureau de Jérôme Guilbert, le directeur de la communication, au fond d’un des nombreux discrets couloirs du 27. L’enquête sur un des principaux sujets d’anxiété du moment est ouverte. Le nouveau logo, en entier, est là, sur une planche en carton carrée, posée sur la table. Il me fait, au premier coup d’oeil, penser à une cible de tir. Je le trouve plus « tape à l’oeil », plus light que l’ancien. On me demande mon avis. Je ne fais qu’approuver le choix. On sent la fierté d’un travail de longue haleine dans la pièce. Il est convenu que La Péniche ait l’exclusivité du sujet à deux conditions : celle que l’article soit entièrement relu et qu’il sorte à une date fixée. C’est vendu. Tout le processus de lancement de la nouvelle identité visuelle est réglée au millimètre, pas question d’avoir le moindre grain de sable. Très vite mes questions s’enchaînent et je comprends qu’on ne s’improvise pas communiquant. Il y a eu une vraie comparaison du logo de Sciences Po avec ceux d’autres universités prestigieuses, une recherche de hiérarchie et d’homogénéité au sein des différentes entités de la maison, un effort de cohérence historique (le blason n’avait pas lieu d’être étant donné que Sciences Po n’est pas une université médiévale) et j’en passe… On m’explique que des groupes de travail ont été constitués, avec des alumni, des maitres de conférence, des élèves. Je suis soulagé que tout le monde ait contribué. On me montre ensuite les logos avec lesquels ils ont réfléchi. Je me dis alors qu’on a échappé au pire… Ce qui m’a finalement le plus surpris dans l’affaire, ce sont les nombreuses réactions conservatistes, qui ont fait suite à la publication, de la part de certains se découvrant une soudaine passion pour la contestation, voulant faire signer des pétitions à tout va, criant au scandale pour dépenses inconsidérées. Alors peut-être n’ai pas été assez clair en écrivant : « Les informaticiens se sont occupés du site, les nouvelles brochures ne seront imprimées que quand les anciennes auront été écoulées… Seules les pancartes font également l’objet d’une dépense, mais il est prévu « d’en décrocher plus que d’en remettre
11 – Le top 5 des bibliothèques alternatives à Sciences Po 3500 visiteurs uniques
12 – 10 définitions pour survivre à Sciences Po 3432 visiteurs uniques
13- Prix Philippe Séguin : mais qui sont les finalistes ? 3100 visiteurs uniques
14 – Raphaëlle Bacqué : ‘il faut voir Descoings comme un déviant créatif » 3000 visiteurs uniques
15 – 10 graphiques pour faire le bilan de la procédure de reconnaissance 2900 visiteurs uniques
16 – Fox/Sciences Poules : les listes BDE en 20 questions 2775 visiteurs uniques
17 – Sciences Po en 2022 vu par Frédéric Mion 2723 visiteurs uniques
18- Apparu, BLM, Copé, Letta : les profs connus sont-ils de bons profs ? 2577 visiteurs uniques
19- L’admissibilité sur dossier, une procédure qui fait débat 2577 visiteurs uniques
20- Le top 7 des pires stages de terrain 2359 visiteurs uniques

Anciens collaborateurs parlementaires, férus de marketing, de numérique et de nouvelles technologies, Cyril Courson et Julien Peres ont co-fondé l’Agence Wefluence à la rentrée 2014. Ils accompagnent aujourd’hui élus, collectivités, institutions publiques et entreprises dans la définition et mise en oeuvre de leur stratégie de communication digitale.
Passionnés aussi bien par la communication de campagne que par la communication publique, ils scrutent en permanence les dernières innovations en la matière des start-up, en France comme à l’étranger.
Chaque mois, ils décryptent l’actualité de la communication politique pour La Peniche.
Le tchat en direct proposé par Nicolas Sarkozy sur Twitter avec le hashtag #NSDIRECT a poussé de nombreux internautes à inonder le hashtag en quelques heures avec des questions pas toujours bienveillantes à l’égard de l’ancien président. Du bad buzz pour Nicolas Sarkozy ou est-ce que l’opération #NSDIRECT a été un succès?
Cyril Courson: Il était prévisible que ce hashtag servirait de déversoir pour tous ses détracteurs qui ne se sont pas privés de lui envoyer des tweets souvent humoristiques, notamment sur ses affaires judiciaires et parfois même insultants. Il a eu une réaction intelligente en sortant à son tour la carte de l’humour et en écrivant sur son compte: « Votre créativité est sans limites. L’esprit du débat est bien présent sur Twitter ! A demain matin ». Il a bien compris que cela fait partie du jeu sur ce type de support numérique sans filtre.
La presse a été assez sévère avec cette opération en parlant de fiasco et d’échec. Certes Nicolas Sarkozy se serait bien passé des nombreux tweets négatifs mais cet évènement a été le sujet le plus discuté sur Twitter pendant plusieurs jours, des milliers de personnes y ont participé et la presse lui a réservé une part importante dans son traitement de l’actualité. Le bilan est donc relativement positif même si l’exercice est perfectible.

Julien Peres : L’opération #NSDIRECT fut une première pour un homme politique de premier plan. Elle convient parfaitement à une personnalité comme Nicolas Sarkozy qui aime les vrais duels et a tendance et éviter les confrontations à fleurets mouchetés. On a souvent pu le constater lors de ces interventions médiatiques, où il a toujours cherché des journalistes pugnaces.
C’est ce qui est recherché dans ce type d’exercice, où il ne faut absolument pas répondre à une succession de questions trop bienveillantes, ce qui seraient analysé comme une simple opération de communication ultra filtrée. Sur les réseaux sociaux il n’y a pas de filets, l’internaute s’attend donc à voir des commentaires acerbes, des questions directes et des interpellations d’opposants. Il faut se plier au jeu, et cela sied plus à certains hommes politiques qu’à d’autres !
L’UMP a arboré un nouveau logo et adopté un nouveau nom lors de son Congrès fondateur de samedi à la Villette: à quoi devra veiller l’UMP pour bien assurer la transition avec les Républicains sur les réseaux sociaux ?
Cyril Courson : Faire accepter un nouveau nom n’est jamais aisé, tout particulièrement dans le cas présent où les autres partis politiques s’immiscent dans le processus de transition et où chacun y va de son commentaire. le Parti Socialiste ne veut pas abandonner à Nicolas Sarkozy le terme « républicain» et le fait savoir en proposant d’appeler le nouveau parti le LR ou le Parti Républicain.
Quant au Front national, il a déjà trouvé le digne successeur de son expression favorite l’UMPS avec l’RPS (herpès). Pour Nicolas Sarkozy qui ne voulait plus entendre parler des sigles et néologismes, c’est raté, l’imagination de ses opposants est bien trop fertile!
Pour que la transition se fasse en douceur, il faut que les militants s’approprient le nouveau logo et en deviennent les ambassadeurs sur les réseaux sociaux. Il est indispensable que les cadres du parti montrent l’exemple sur leurs propres comptes. Avec le temps les critiques cesseront et la nouvelle marque des « Républicains » fera partie intégrante du paysage politique.

Julien Peres : Le nouveau parti “Les républicains” est déjà tourné en dérision sur les réseaux sociaux, voir même sur le web puisque Libération est allé jusqu’à faire une fausse « recommandation client », comme une agence de communication peut en faire.
Royaume de l’instantané, les réseaux sociaux vont focaliser dessus quelques semaines, mais d’ici la rentrée tout le monde parlera des Républicains normalement. Le LR doit juste prendre de la hauteur et laisser passer le débat du mois de juin. La République c’est aussi la liberté d’expression, donc le nouveau parti de droite n’a qu’une chose à faire dans cet espace de liberté qu’est le web : laisser le débat évoluer, tout en défendant son point du vue.

Pendant ce temps, du côté des partisans d’Alain Juppé, on s’active également puisque le mouvement national jeune de soutien à Alain Juppé vient d’être lancé en parallèle du Congrès : les Jeunes avec Juppé s’activent sur les réseaux sociaux. Que penser de leur communication visuelle et numérique, notamment face à la concurrence des jeunes sarkozystes et lemairistes ?
Cyril Courson : Le lancement officiel des Jeunes avec Juppé s’est tenu le 2 juin à Saint-Denis dans le département de la Seine-Saint-Denis. Le choix du lieu n’est pas anecdotique et découle d’une réelle volonté de la part d’Alain Juppé de se montrer accessible, simple, populaire et de se défaire de l’image du vieux technocrate rigide.
Le visuel de l’invitation est moderne et épuré, tout comme le compte Facebook et Twitter des Jeunes avec Juppé où on y voit la photo d’un Juppé très en forme qui fait des pompes. Sauf que la photo date de 1990…
La communication autour d’Alain Juppé est centrée sur l’apaisement, le rassemblement de la droite et du centre, avec l’idée de se démarquer du style sarkozien réputé volcanique et clivant. Juppé se rend régulièrement dans les universités et écoles françaises pour des conférences-débats et s’affiche avec la jeunesse du pays. Cette stratégie vise a démontrer qu’il n’est pas l’homme du passé mais bien celui de l’avenir.

Julien Peres: Cela est dans les codes de ce qui se fait aujourd’hui dans le domaine du graphisme, c’est flat design, épuré et cela va à l’essentiel.
Alain Juppé n’a toutefois pas d’affinités naturelles avec les réseaux sociaux, la difficulté pour le mouvement jeune va être d’être cohérent avec le message de l’ancien premier ministre qui souffre d’une image trop rigide.
Il ne va donc pas falloir trop en faire pour les jeunes, au risque d’être en total décalage. Adoucir et moderniser l’image d’Alain Juppé sera bénéfique, tenter de la changer non.
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A rebours des festivités de la campagne BDE, une pétition pour réclamer « plus de décence à Sciences Po » a circulé la semaine dernière à l’initiative d’Antoine Vermorel, Marine Denis et Davy Rodriguez de Oliveira. Signée par près de 250 étudiants, les trois co-premiers signataires répondent à nos questions pour mieux comprendre leur démarche.
La pétition pour plus de décence à Sciences Po a fait grand bruit cette semaine : quel est l’objectif de cette démarche ?
Nous avons été nombreux à nous émouvoir de la campagne qui avait cours à SciencesPo . Les dépenses considérables ont interrogé et la question de la transparence abordée sur votre site en parallèle ont été vecteurs de mobilisation. Nous sommes des étudiants actifs et membres de diverses associations. Nous avons estimé qu’il était utile de faire entendre notre voix. La pétition en ligne est le moyen le plus démocratique pour donner la parole à ceux qui votent mais ne se reconnaissent pas dans la campagne.
Vous avez été reçu par la direction de la vie universitaire. L’administration s’est elle dite favorable à votre initiative ?
Soyons clairs : nous ne sommes pas dans une démarche dogmatique, de type « anti-BDE ». Nous pouvons être fiers du dynamisme de notre BDE et les évènements qu’il organise chaque année fédèrent nos différentes promotions. A ce titre, nous tenons à souligner le travail accompli par Pierre Louis Lagnau et le bureau actuel.
Néanmoins, nous pensons qu’une concertation doit avoir lieu entre la Commission paritaire, l’actuel BDE, le prochain bureau, et tous les étudiants qui souhaitent s’investir pour une campagne démocratique et responsable. Nous avons expliqué cette démarche d’ouverture et de propositions à l’administration. Cette dernière apprécie la méthode.
Votre initiative a été critiqué par de nombreux étudiants sur Facebook qui se demandent au fond sur quel fondement on irait se mêler de la manière dont les listes emploient leur argent. Que répondre à ceux qui considèrent que les listes se sont démenées pour gagner cet argent et qu’il ne serait légitime de les en priver ?
Notre émoi a été instrumentalisé à des fins pernicieuses. Certes, nous nous interrogeons quant au montant des dépenses, mais surtout quant à son utilisation. Nous ne revendiquons évidemment aucun droit d’ingérence et nous appuyons le travail formidable réalisé par les deux listes.
Lever 25 000€ auprès de sponsors privés nécessite beaucoup d’efforts – et nous sommes suffisamment impliqués dans des associations pour le savoir. Nous voulons simplement interpeller quant à la bonne utilisation de cet argent : avec 25 000€, le BDE ne pourrait-il pas faire mieux que d’acheter les votes étudiants avec un taureau mécanique ?
Si la campagne BDE est véritablement démocratique, nous pourrions aborder avec le nouveau bureau la question du plafond des fonds accordés, la transparence du fundraising et la tenue des événements organisés.
« On pourrait envisager que l’argent donné par les sponsors serve à remplir un pot commun électoral. Les candidats élus pourraient disposer de cette somme pour allouer des subventions aux associations ». Cette proposition concrète ne risque-t-elle pas d’amener à des dérives clientélistes ?
Vous le soulignez, nous proposons. Nous ne sommes pas dans une opposition réactionnaire, c’est la raison pour laquelle nous avons échangé avec différents interlocuteurs, y compris syndicaux, et nous sommes arrivés à un constat : une concertation quant au mode d’élections du BDE doit être engagée.
A titre d’exemple, nous avons pensé qu’un pot commun permettrait d’ajouter un argument supplémentaire à la campagne. In fine, c’est une logique d’output legitimacy : au delà de l’élection les membres du BDE ont une mission de fundraising fondamentale et il est important de la valoriser. Quel nouvel élu refuserait de disposer d’un pot commun de 25 000 € ? Nous pourrions très bien envisager un plafond de dépenses pour les goodies et les tartines au nutella (franchement, nous aussi, nous n’y résistons pas, conservons les). Mais 25 00€ pour la location d’attractions, c’est non.
Supprimer l’élection BDE et établir un renouvellement par cooptation comme à l’AS ne serait-il pas une bonne alternative ?
Nous devons être cohérents. Nous critiquons le manque de démocratie et de transparence. A nos yeux, seul le dialogue entre les différents acteurs mettra en avant des solutions viables. Les réponses qui seront alors apportées devront répondre à ces exigences.
Mais en tout état de cause, il nous faut d’abord se mettre autour de la table, discuter, concerter et faire changer les choses. Au fond, cette pétition aura eu le mérite d’ouvrir un débat afin d’améliorer la vie associative de notre école.
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C’est donc Charlotte Lang qui succèdera à Pierre-Louis Lagnau à la tête du BDE. Brendon Novel, incarnation star de la Minute Yep devient vice-président : c’est la deuxième année consécutive que Sciences Po TV voit un de ses membres arriver à la présidence ou à la vice-présidence du BDE.
A noter que contrairement à l’an passé, il n’était pas possible de voter blanc (par oubli de la direction de la vie universitaire), une option pour laquelle plus de 6,65% des étudiants avaient opté l’année dernière.
A noter aussi que l’écart entre les deux listes est moins important qu’en 2014 où la liste Van 7 du BDE actuel avait réuni 1114 voix contre 949 pour Air 27, soit 53,99% contre 46,01%.
Pour Lina Alaeddine, l’actuelle secrétaire générale du BDE, 27th Century Fox, « il n’est pas étonnant que les résultats soient vraiment très serrés. La campagne reste un moment très enrichissant, surement l’un des meilleurs moments du mandat avec le gala de fin d’année« .
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