Thibaud Marec – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 16 Jun 2009 09:57:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Thibaud Marec – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 M. Hervé Borensztejn, Head of Competency Development chez EADS https://www.lapeniche.net/m-herve-borensztejn-head-of-competency-development-chez-eads/ Tue, 16 Jun 2009 09:57:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=808 M. Hervé Borensztejn, Head of Competency Development au département des ressources humaines chez EADS, a accepté de s’entretenir avec nous afin de nous donner son opinion sur la formation offerte à SciencesPo et l’insertion professionnelle de ses diplômés. Ancien ingénieur des Mines, il nous donne un point de vue tout à fait intéressant sur les atouts que peut faire valoir un SciencesPo, et aussi un constat lucide sur les faiblesses qu’il peut falloir combler, et ce dans une entreprise où les profils d’ingénieurs sont généralement appréciés.

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M. Hervé Borensztejn, Head of Competency Development au département des ressources humaines chez EADS, a accepté de s’entretenir avec nous afin de nous donner son opinion sur la formation offerte à SciencesPo et l’insertion professionnelle de ses diplômés. Ancien ingénieur des Mines, il nous donne un point de vue tout à fait intéressant sur les atouts que peut faire valoir un SciencesPo, et aussi un constat lucide sur les faiblesses qu’il peut falloir combler, et ce dans une entreprise où les profils d’ingénieurs sont généralement appréciés.

L’image de l’étudiant de SciencesPo

D’après M. Borensztejn, il n’y a pas de stéréotype de l’étudiant de SciencesPo. Les étudiants de l’institut offrent une bonne diversité de profils et de personnalités qu’on ne peut généraliser. Néanmoins, certains traits communs peuvent être décelés : les étudiants de sciencesPo sont généralement « smart », font preuve d’une certaine aisance relationnelle, d’une bonne assurance – attention à ce que cela ne se transforme pas en arrogance ! – qui sont autant de qualités pour réussir en entreprise. La formation est généraliste, ce qui en est la force et la faiblesse. En effet, les SciencesPo peuvent manquer de compétence et de savoir technique, ce qui peut s’avérer problématique. Malgré cela, ils peuvent avoir leur place dans plusieurs fonctions (RH, finance…), ce qui démontre la qualité de leur formation. De plus, ils sont souvent très travailleurs et investis dans leur travail.

Les masters de SciencesPo

Les masters de SciencesPo ont une très bonne réputation, mais gagnent encore à se faire connaître. Ils ont une bonne interconnexion avec le monde de l’entreprise mais ce n’est pas forcément connu, notamment par les entreprises qui ont tendance à favoriser les profils issus d’écoles d’ingénieur ou de commerce.

Par rapport à des étudiants diplômés d’écoles de commerce, les SciencesPo doivent insister sur leur compétence technique, et prouver qu’ils sont au niveau, notamment pour les financiers. Tout l’enjeu pour un étudiant de SciencesPo est de réussir à combler ses lacunes techniques – s’il y en a – tout en réussissant à vendre sa capacité à s’adapter à l’entreprise à long terme. Le SciencesPo a généralement moins l’esprit « entrepreneur » que l’étudiant d’école de commerce.

Les conseils en entretien

Pour réussir en entretien, et cela est certainement plus vrai pour les profils généralistes que l’on peut trouver dans l’institut, il faut montrer de la constance et de la cohérence dans le parcours de formation. Il faut montrer le fil directeur entre les matières choisies, les stages effectués et le projet présenté. Surtout, il ne faut pas donner l’impression de la superficialité et de la dispersion dans le parcours. Les responsabilités associatives sont aussi très appréciées, ainsi que la pratique sportive lorsqu’elle peut être valorisée (sports d’équipe notamment).

L’expérience internationale est aussi naturellement une dimension à faire valoir, car c’est souvent une preuve d’ouverture d’esprit et de bonne gestion des problématiques interculturelles propres à toute entreprise internationale. La maîtrise de l’anglais est nécessaire, et la maîtrise d’autres langues est aussi très valorisée. Cultiver la dimension internationale de son profil est toujours un plus, et les stages et séjours longs à l’étranger, de type année de césure par exemple, sont toujours de très bonnes expériences à faire valoir.

Les profils favorisés chez EADS

EADS est une entreprise qui prend rarement des stagiaires sans avoir l’idée de pouvoir éventuellement les recruter ensuite. Il est possible que des gens passent plus de 30 ans de leur carrière dans l’entreprise, il faut donc prendre en compte toutes les caractéristiques de leur profil, aussi bien leur savoir-faire technique que leur personnalité. Ce qui est attendu avant tout, c’est la passion des métiers de l’entreprise. Les SciencesPo, et notamment ceux qui viennent de finance, peuvent trouver leur place en direction financière ou en direction stratégique (moins pour les débutants). Des passerelles existent naturellement entre les fonctions.

Quelques conseils pour les étudiants de SciencesPo

Trouver le point d’équilibre entre l’optimisation du profil généraliste assez unique et le comblement des déficits, notamment techniques. Il faut cultiver la dimension internationale, et aussi, bien choisir ses stages.

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Nathalie Pasutto, Directrice du Développement économique et de l’emploi à la Mairie de Chatou https://www.lapeniche.net/nathalie-pasutto-directrice-du-developpement-economique-et-de-l%e2%80%99emploi-a-la-mairie-de-chatou/ Thu, 11 Jun 2009 11:29:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=803 3ff99791-a808-4e30-a0d8-a354cb1b6724.jpgNathalie Pasutto, promotion 2006 de Sciences Po, a été recrutée en mai 2008 à la Mairie de Chatou, à l’issue du concours d’attaché territorial, et a accepté de répondre à nos questions.

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3ff99791-a808-4e30-a0d8-a354cb1b6724.jpgNathalie Pasutto, promotion 2006 de Sciences Po, a été recrutée en mai 2008 à la Mairie de Chatou, à l’issue du concours d’attaché territorial, et a accepté de répondre à nos questions.

Parcours depuis Sciences Po

Avez-vous suivi des formations complémentaires de votre diplôme à Sciences Po ? Si oui, lesquelles ?

J’ai intégré Sciences Po en Master (Affaires publiques), après une prépa littéraire Hypokhâgne/Khâgne et une licence de Lettres Modernes à la Sorbonne. Je n’ai pas suivi de formation en parallèle de ma scolarité à Sciences Po. Par contre, j’ai pour ainsi dire « complété » mon parcours à Sciences Po par un CDD de 6 mois (au Conseil régional d’Ile-de-France) à l’issue de mon diplôme. Puis, j’ai préparé le concours d’attaché territorial en combinant préparation personnelle et quelques cours de la Prép’Ena.

Que vous ont-elle apporté par rapport à la formation reçue à Sciences Po ?

Ma formation initiale, en classes préparatoires littéraires et à la fac en licence de Lettres, a été tout a fait formatrice et complémentaire de l’enseignement que j’ai reçu ensuite à Sciences Po : elle m’a appris toute une méthode de travail (analyse, rigueur, construction des dissertations…) que l’on ne réapprend pas en arrivant en Master à Sciences Po. Par ailleurs, j’y ai acquis une culture générale (historique, littéraire, philosophique), complémentaire à celle de Sciences Po, plus tournée vers les sciences humaines et le monde professionnel (en tout cas au niveau Master). Enfin, j’ai appris durant ces premières années d’études à faire face à une charge de travail très importante, mais ce dernier point se retrouve aussi à Sciences Po !

Pour ce qui est de ma formation post-Sciences Po, le CDD au Conseil régional a été un complément indispensable au stage court que j’avais effectué durant mon Master (5 mois au Conseil général 75). Il m’a tout d’abord permis de confirmer mes intentions de travailler dans les collectivités locales. Mais il a aussi constitué une véritable expérience professionnelle comme chargée de mission, et non comme stagiaire, particulièrement valorisée par mon futur employeur. Dans un CV déjà très « académique » cette expérience professionnelle supplémentaire a été un vrai plus pour trouver un poste.

Avez-vous rencontré des difficultés à trouver un premier emploi ?

J’ai eu beaucoup de chance car j’ai trouvé un emploi dans le mois qui a suivi la parution des résultats du concours. Dans la fonction publique territoriale, les admis aux concours sont inscrits sur une liste d’aptitude mais c’est à eux de rechercher leur poste, comme dans le privé, en répondant aux annonces des collectivités, en envoyant des candidatures, et en passant des entretiens. Pour ma part, j’ai candidaté spontanément à Chatou. L’association du départ en retraite de l’ancien directeur et de l’arrivée d’une nouvelle équipe municipale a favorisé mon recrutement au mois de mai 2008.

Quels sont les éléments de votre formation à Sciences Po qui vont ont particulièrement aidé lors de vos entretiens pour un premier travail, juste après l’obtention de votre diplôme?

La question peut être comprise de deux façons : il peut s’agir des éléments de la formation à Sciences Po considérés comme des atouts par le recruteur ou de ceux qui m’ont personnellement aidés dans le cadre de ces entretiens.

Durant mon entretien de recrutement au Conseil régional, juste après l’obtention de mon diplôme, il m’a semblé que la responsable était particulièrement sensible à la garantie que constituait « l’étiquette » Sciences Po : garantie d’avoir affaire à quelqu’un qui avait une capacité à comprendre rapidement, à travailler vite et bien, à s’adapter facilement à différentes missions. Je pense que cela comptait plus que le contenu des enseignements reçus à Sciences Po à proprement parler (je n’ai jamais eu de questions à ce sujet…). Sinon, je pense que le fait d’avoir déjà accompli un stage dans le cadre du Master (et également d’avoir fait un projet collectif directement lié aux collectivités) ont montré que je n’étais pas « déconnectée » du monde professionnel …et que j’étais réellement motivée par le poste auquel je candidatais !

Sinon, de mon point de vue, l’élément issu de Sciences Po qui m’a le plus aidée à passer ces entretiens est sans conteste l’entraînement régulier à s’exprimer en public en temps limité (les exposés de 10 minutes…). Il s’agit d’un exercice difficile, exigeant esprit de synthèse, clarté et maîtrise de soi auquel j’ai apprécié d’avoir été autant entraînée durant mes deux années à Sciences Po. J’ai également bénéficié d’un atelier utile dans le cadre Sciences Po Avenir (sur le CV, la lettre de motivation et l’entretien de recrutement). L’association des Anciens m’a également été d’une très bonne aide (précision de mon projet professionnel, ateliers de qualité…).

Inversement, des points spécifiques relatifs à la formation que vous avez reçue à Sciences Po, vous ont-ils été reprochés au cours des différents entretiens que vous avez passés?

Non, pas de reproches à ce sujet.

Présentation du métier

Que jugez-vous être les atouts de votre formation à Sciences Po dans le cadre du métier que vous exercez actuellement?

Je pense qu’en tant que cadre territorial, ce qui me sert le plus dans mon métier est, d’une part, la capacité à analyser et synthétiser rapidement des situations (ou des problèmes) afin de proposer, de façon structurée, différentes solutions/ ou décisions possibles (sous forme de note notamment). D’autre part, je vérifie encore aujourd’hui l’utilité de savoir m’exprimer à l’oral devant un public et d’organiser mon discours pour qu’il soit clair et synthétique.

J’ajouterai aussi que les enseignements que j’ai reçus en droit public et dans les cours spécifiquement dédiés aux collectivités locales (cours donnés par des enseignants eux-mêmes cadres en collectivités) m’ont été très utiles dès ma prise poste : j’ai compris très vite le fonctionnement de la collectivité et de ses partenaires, publics et privés. Ces enseignements continuent d’ailleurs à m’être utiles dans la mesure où ils me donnent des clés pour comprendre les évolutions politiques et réglementaires dans un contexte plus global.

Quels sont les éventuels manques de cette formation en ce qui concerne votre métier ?

J’aurais peut-être aimé approfondir certains sujets évoqués très vite durant le master (par exemple le droit des collectivités, les partenariats Etat/collectivités sur certaines compétences partagées, ou sur le fonctionnement des chambres consulaires…) Mais était-ce possible en 3 semestres de cours, et n’y a-t-il pas, de toute façon, un apprentissage « sur le tas » à acquérir une fois en poste, en fonction des spécificités du secteur où l’on travaille ??

Perspectives

Quels sont les éléments de la formation qui, selon vous, pourraient être améliorés afin de mieux correspondre aux attentes des recruteurs sur le marché actuel?

Je pense que la formation offerte par Sciences Po correspond déjà très bien aux exigences des recruteurs actuels. S’il y avait une amélioration à faire : accentuer l’aspect « pré-professionnalisation », par le biais de stages bien entendu, mais aussi de contacts nombreux avec les professionnels du secteur (profs mais aussi intervenants extérieurs, anciens venant témoigner lors de rencontres etc…). Les recruteurs actuels ne cherchent pas des étudiants bardés de connaissances mais de jeunes professionnels, déjà en prise avec le monde du travail et motivés par un métier.

Jugez-vous qu’une formation complémentaire soit nécessaire après ou en parallèle de Sciences Po?

Tout dépend de ce que l’on souhaite faire ! Je pense qu’une spécialisation par la voie universitaire, une autre école ou une expérience professionnelle spécifique peut être un atout non négligeable car elle atténue l’aspect relativement généraliste et pluridisciplinaire de Sciences Po, démontre une réelle motivation pour un métier, et l’existence d’un projet professionnel précis. Après, il ne faut pas non plus tomber dans la surenchère : être surdiplômé n’est pas forcément un atout pour rentrer sur le marché du travail. Mieux vaut dans ce cas miser sur une expérience professionnelle supplémentaire (stage ou CDD), qui sera à coup sûr valorisée par le recruteur.

Réseau Sciences Po

Vous est-il déjà arrivé de faire jouer le réseau Sciences Po pour obtenir un poste ?

Pas pour obtenir un poste mais pour obtenir des informations sur des métiers, des collectivités, l’existence ou non de postes vacants. La démarche n’allait pas de soi pour moi, mais après avoir suivi l’atelier « Réseau » de l’association des anciens de Sciences Po, j’ai compris comment m’y prendre et la légitimité de la démarche de renseignement auprès des anciens, ce qui est très différent du « piston » ! Cela dit, il n’y avait aucun Sciences Po là où j’ai été recrutée !

Seriez-vous prêt(e) à le faire jouer ?

Pas pour obtenir un poste. Je pense que l’on doit être recruté pour ses compétences, sa valeur, sa motivation, pas parce qu’on a des relations.

Pensez-vous que l’on puisse parler de solidarité entre les anciens Sciences Po ?

Oui, réellement. J’ai toujours été très bien reçue par les anciens que j’ai contactés pour les interroger sur leur métier, leur parcours, leur collectivité… On sent qu’une culture commune existe, une proximité, qui facilite les échanges et l’entraide des anciens vis-à-vis des novices. Au-delà des conseils qu’ils ont pu me donner, certains ont été très amicaux et nous sommes restés en contact.

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