Rafaella Scheer – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Mon, 03 Dec 2012 15:15:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Rafaella Scheer – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Clelia Morali, la reine de la comm’ https://www.lapeniche.net/clelia-morali-la-reine-de-la-comm/ https://www.lapeniche.net/clelia-morali-la-reine-de-la-comm/#comments Mon, 03 Dec 2012 15:15:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1440 Ancienne élève de Sciences Po, de l’Ecole Normale Supérieure de Sèvres, de l’ENA, agrégée de philosophie, actuellement directrice de la communication au Ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement Supérieur, le parcours de Clélia Morali donne le vertige à plus d’un. Nous l’avons rencontrée, dans son bureau de la rue Bellechasse.

Capture_d_ecran_2012-12-03_a_14.44.51.pngC’est après ses études à Normal Sup que Clélia Morali entre à Sciences Po, où elle intègre la filière « Service Public ». Elle n’a alors pas d’objectif particulier, bien qu’elle doute déjà d’aller enseigner la philosophie, dont elle prépare en parallèle l’agrégation. Malgré sa formation juridique et son background d’humanités classiques, l’essentiel de son parcours est centré autour de la communication. Comment s’est opéré ce passage ?

C’est via son travail de fonctionnaire qu’elle a commencé à travailler dans le domaine de la communication. Grace à son premier poste au Ministère de l’Industrie, à sa sortie de l’ENA en 1987, elle se penche sur les questions d’énergie nucléaire qui, hier comme aujourd’hui, soulèvent des enjeux majeurs d’environnement, de tutelle économique ou encore techniques, et nécessitent donc une communication interne et externe riche. Elle se spécialise dans le domaine de l’énergie et de l’industrie, et apprend le métier de la communication via des formations professionnelles, mais aussi et surtout en étant confrontée au milieu et à de grands professionnels.

Clélia Morali a à son actif un nombre de postes impressionnant, souvent fruit d’opportunités et de hasards. Fortement imprégnée par les questions de l’industrie, elle exerce plusieurs postes en relation avec ce domaine, dont conseillère technique dans les cabinets de Roger Fauroux et de Dominique Strauss-Kahn. Là encore, 90% de son temps est consacré au travail de communication. Elle passe sans mal du secteur public au secteur privé, exerçant un poste successivement à Rhône- Poulenc -l’actuel groupe Sanofi- et à BioMérieux. Elle conserve de ces passages dans le privé un excellent souvenir : l’agenda y est plus structuré que dans le public, et les procédures sont toujours plus rapides. Entre 1999 et 2002, elle s’expatrie à Londres, où elle retrouve un emploi plus conforme de fonctionnaire. Elle est chargée de la veille économique des politiques publiques anglaises d’un gouvernement britannique très dynamique, qu’elle rapporte à Paris. Elle reprend ensuite sa carrière de communication dans le domaine public, et obtient en 2009 le poste de numéro deux de la communication de Bercy. Malgré son parcours, elle doit se battre pour obtenir ce poste : « quand on a fait l’ENA, on a un profil de généraliste, et les gens hésitent à nous donner des postes trop spécialisés ».

L’aboutissement logique, c’est le poste qu’elle obtient en 2012 : déléguée à la communication du ministère de l’Education nationale et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Son poste de communicante prend alors le dessus sur son intérêt sectoriel. En quoi consiste un tel poste ? 90% du travail consiste en prestations de communications pour les ministères et cabinet (campagnes publicitaires, internet, production de contenu écrit et graphique…), les relations avec la presse, l’animation des réseaux internes, notamment via les structures déconcentrées du Ministère), et en création de plan de communication pour différents publics (enseignants, parents d’élèves…). Le reste du travail est consacré à un travail de coordination et de pilotage interne. 70 personnes travaillent avec Clélia Morali, 20 pour l’Enseignement Supérieur et les autres pour l’Education.

Quand on évoque ses années passées rue Saint-Guillaume, la directrice de comm’ se souvient d’un réseau d’amis et de networking important. Elle y a passé d’excellents moments, bien qu’elle ait dû s’y reprendre à trois fois pour obtenir le diplôme de sortie! Et quel regard porte la communicante sur l’image que s’est créé Sciences Po ? Si Clélia Morali est peu au fait de l’évolution interne de l’école, elle avoue avoir « totalement marché » à la communication de l’ère Descoings, appréciant l’image donnée dans la presse de cette école d’excellence et d’ouverture. Stratégie efficace, donc.

Quand on est dans les bureaux du Ministère de l’Education, on pense nécessairement à tous ces Sciences-pistes qui se pressent vers le master AP, espérant réussir l’ENA et obtenir un poste de haut fonctionnaire. Quel conseil Clélia Morali leur donne-t-elle ? Les carrières de la fonction publique ont changé, le panorama est large, et il faut cesser d’avoir l’esprit pré-formaté. Il n’y a pas que les Grands corps d’Etat, et ne viser que ceux-ci peut entraîner une frustration que les étudiants traîneront toute leur vie. Il est intéressant d’aller voir ailleurs, dans le secteur économique, par exemple. La fonction publique est considérablement enrichie par la « culture croisée » des fonctionnaires ordinaires et de ces gens au parcours différent, qui n’ont pas le même regard et les mêmes aspirations. Les métiers ont beaucoup évolué, et les problèmes d’innovation, de productivité sont communs aux secteurs privés et publics. Aussi, les étudiants ne peuvent que gagner à abandonner la sédentarité du fonctionnaire, qui pourrait être une de leur perspective.

Concernant les étudiants en communication, il s’agirait surtout pour eux de multiplier les expériences professionnelles, puisqu’on n’apprend jamais aussi bien qu’en pratiquant. Et un conseil acquis d’expérience : la qualité principale d’un communicant et de savoir se mettre à la place de l’autre, d’adopter son point de vue pour construire son action. A méditer.

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L’édito -presque éco- de Dominique Seux https://www.lapeniche.net/ledito-presque-eco-de-dominique-seux/ https://www.lapeniche.net/ledito-presque-eco-de-dominique-seux/#comments Thu, 18 Oct 2012 23:03:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1403 Les millions de lecteurs des Echos sont familiers de sa plume. Les 1,6 millions d’auditeurs matinaux de France Inter connaissent le son de sa voix. Dominique Seux, ancien élève de Sciences Po, est le rédacteur en chef de ce quotidien, où il coordonne le service « France au quotidien », et responsable chaque matin sur France Inter un « édito éco » très populaire. Et il a accepté de nous rencontrer.

Dominique Seux en 4 dates :

• 1984 : entrée à Sciences Po

• 1994 : début de carrières aux Echos

• 2005 : devient rédacteur en chef du service France au quotidien

• 2010 : début des « édito éco » sur France Inter

D_Seux.jpg Dominique Seux est entré en 1984 à Sciences, après un an de maîtrise de droit et de deug d’économie, où il choisit la filière « Service Public » (l’équivalent de notre actuel master Affaires Publiques). S’il n’a pas encore développé de passion particulière pour l’économie, il est en revanche très intéressé par toutes les questions « macros », comme celle des politiques publiques. Après ses études, il passe deux ans au Maroc en tant que responsable d’un bureau d’ingénierie, où il a l’occasion d’être en contact permanent avec la sphère publique marocaine et avec les entreprises. C’est à son retour du Maroc que sa passion de jeunesse lui revient. Dominique Seux est curieux, il veut « comprendre et faire comprendre, donner du sens au bruit ». Pour certains, ça passe par l’enseignement, pour d’autres, par le journalisme. C’est la voie qu’il choisit.

Il est donc aujourd’hui journaliste économique, rédacteur en chef du service France au quotidien du plus grand journal économique français, et éditorialiste économique sur la radio publique à la plus large écoute. Et peut-être que cette fonction n’a jamais eu autant d’intérêt que depuis 2008 et le début de la crise économique. Selon Dominique Seux, « Il s’agit d’expliquer la crise la plus brutale, la plus longue (puisqu’en six ans, on n’en est pas encore totalement sorti), la plus profonde de la zone euro, alors même que les experts ne s’entendent pas sur les ressorts de celle-ci. En un mot, il y a autant d’experts de la crise que de crise des experts’‘ ». Nous vivons une période de basculement économique majeur, où l’Occident perd le monopole de la puissance, et où, selon la phrase de Dominique Strauss-Kahn citée par notre interlocuteur, « la parenthèse ouverte à la fin du XIXème siècle où la puissance économique et financière n’était pas corrélée avec taille d’un pays en train de se refermer » ». Faire du journalisme économique n’a peut-être jamais été aussi passionnant.

Dominique Seux consacre 80% de son temps de travail à son poste aux Echos, où sa mission consiste à raconter, décrypter, et « donner des éléments de décisions aux décideurs », à savoir les entreprises. Les 20% restant sont consacrées à un objectif bien différent, puisqu’il s’agit de condenser en 3min15, pour son « édito éco », un point de l’actualité pour un public de non-initiés, auquel il tente de faire comprendre le plus pédagogiquement possible des réalités qu’ils ignorent, comme l’émergence de l’Afrique du Sud ou de l’Indonésie. L’édito éco est engagé, et suit la ligne libérale du journal. Le journaliste précise que « c’est parfois bien plus difficile de faire simple que compliqué ».

Une belle réussite donc, pour cet ancien sciences-piste. Mais aujourd’hui, beaucoup d’étudiants s’interrogent sur leurs perspectives d’emploi à la sortie de l’école, tant le climat économique et entrepreneurial paraît dégradé. Quelles sont nos perspectives d’emploi ? « Excellentes ! », selon Dominique Seux, « pour des diplômés prêts à se remettre en cause ». Il souligne surtout la chance extraordinaire des carrières internationales, que 10% des salariées pourraient embrasser. Sur ce point-là, Sciences Po a vu juste. Le vrai problème, ce n’est pas pour l’emploi des diplômés, mais pour les gens sans qualifications ni mobilité géographique, pour lesquels le système fait face à un véritable enjeu d’adaptation et de rénovation du système social. Si nous sommes dans le « siècle de l’intelligence », Dominique Seux note deux problèmes principaux pour les futurs diplômés. Tout d’abord, la baisse du nombre de postes dans le secteur public, qui recrute moins à un niveau de moins en moins haut. Mais aussi et surtout, il critique le déséquilibre croissant de la vie au travail, où « On a tiré trop sur la corde dans les relations sociales. Il y a trop de stress, trop de pression, trop de réalités très violentes ». Ce sont ces problèmes auxquels nous auront à faire face.

Une question nous brûle, bien évidemment, les lèvres. Quel regard un économiste, ancien Sciences piste, porte-t-il sur «l’affaire des primes » de Sciences Po ? Dominique Seux sourit, la question était attendue. «’‘ Le procès fait à Sciences Po est excessif, tout comme les compliments dont l’institution avait été louée l’étaient » ». Les compliments adressés à l’IEP prêtaient d’ailleurs à sourire dans le milieu médiatique, puisque « beaucoup de journalistes étaient eux-mêmes issues de l’institution qu’ils louaient ». Si aujourd’hui les dérives sont réelles, méritent-elles pour autant la Une du Monde ? « Brûle ce que tu as adoré », en somme.

L’économiste revient sur son expérience à Sciences Po. Il note la richesse des liens qu’il a tissés là-bas, au moins une vingtaine de personnes qui sont aujourd’hui encore ses amis proches, et un vrai tissu relationnel. Mais il souligne surtout l’apport intellectuel de telles études : à Sciences Po, « On apprend à réfléchir, pas seulement à avaler ». De ces quelques années passées à Saint-Germain, il garde un excellent souvenir, de la Péniche notamment, dont il se souvient en souriant. Le plus beau souvenir qu’il ait, ce sont les conférences de Jean Pierre Landau du lundi soir, alors sous gouverneur de la Banque de France, durant lesquelles « Boutmy était plein, et toutes les filles étaient folles de lui. Il avait cette capacité incroyable de déplacer la ligne, de vous montrer brillamment que le vrai sujet était ailleurs ». Durant ces études, il a eu pour maître de conférence François Hollande, qui était « très bon et plein d’humour», et a croisé sur les bancs Jean-François Copé. Rien que ça. Mais il se souvient surtout d’un certain « snobisme des étudiants parisiens ». Certaines constantes demeurent-elles selon les époques ? Pour finir, quelques conseils aux étudiants qui voudraient s’engager sur la voie du journalisme : « C’est un métier passionnant, mais qui nécessite une organisation de vie particulière, tant il est prenant, et beaucoup de volonté. Rentrer dans le système n’est pas facile ». La diminution de la presse papier et les nouvelles voies de l’information font que le métier est en pleine évolution : « Il faudra de moins en moins donner de l’information, mais donner du sens à l’information. C’est peut-être ça, le vrai métier de journaliste « .

Merci à Dominique Seux d’avoir accepté de nous rencontrer. Retrouvez sa chronique tous les matins à 7h20 sur France Inter, et Les Echos en kiosque chaque jour !

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La campagne pour l’election du BDE 2012-2013 est lancee! https://www.lapeniche.net/la-campagne-pour-lelection-du-bde-2012-2013-est-lancee/ https://www.lapeniche.net/la-campagne-pour-lelection-du-bde-2012-2013-est-lancee/#comments Mon, 26 Mar 2012 23:34:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1325 Les Anciens s’en souviennent. Les petits Jeunots en ont entendu parler. Mystifiée ou décriée, la campagne BDE ne laisse personne indifférent. Cette année encore, les listes en compétition vont rivaliser en offrandes de nourritures, compétitions en tous genres, soirées, cadeaux, en excentricités diverses et variées. A partir de ce lundi sur internet et du mercredi au vendredi soir à Sciences Po, la guerre est déclarée.

BDE

Alors la campagne BDE, moment convivial et ponctuant la vie étudiante de Sciences Po à belle saison, ou aberration compétitive entre deux équipes qui se déchirent pour avoir le monopole des jeux vidéo l’année prochaine ? Qu’on l’attende ou qu’on la méprise, la campagne BDE est sans aucun doute un moment fort dans la vie étudiante et associative. Cette année, deux listes, composées d’une quinzaine d’élèves de première année et d’une dizaine d’élèves de troisième année sont en lice. Elles s’affronteront pendant près d’une semaine afin de constituer le Bureau des Elèves 2012-2013. Déjà, le début de la campagne virtuelle, avec plus de 800 amis sur les deux pages facebook, des sites internet lancés (et bien lancés), des vidéos et des évènements mis en ligne, donne le ton. La 3615 Scpo et la In Pipo Veritas promettent, comme de coutume à Sciences Po, trois jours de grand spectacle.

En quoi consiste une campagne BDE ? Bien évidemment à élire l’équipe qui sera l’année prochaine à la tête d’une des cinq associations permanentes de Sciences Po, en lien direct avec l’administration, et au service de tous les étudiants de Sciences Po, du Collège Universitaire au Master, français ou internationaux (c’est bien le BDE qui est en charge du Buddy Program.) Et pour être élu, pas de chômage. Entre la recherche de sponsors, l’organisation d’évènements, la communication, la gestion stricte du budget (puisque la Commission électorale vérifie avec un œil pour le moins attentif les comptes de campagne), les listes doivent se démener pour offrir aux étudiants la meilleure campagne possible, et prouver qu’elles méritent leur place au soleil. Et puisqu’il faut bien s’égayer un peu, le tout se fait dans une ambiance festive, où les cadeaux et la nourriture pleuvent. Profitez, c’est quand même pas tous les jours Noel.

BDE

Mais au final, quand tombe le verdict ? Après ces quelques jours de campagne enflammée, durant lesquels la Péniche, le hall du 13 U et les jardins seront pris d’assaut par les membres des deux listes, les votes auront lieu le samedi 31 mars et dimanche 1er avril via internet. Le verdict tombera lundi à 15h. Tous les étudiants de Sciences Po sont bien évidemment encouragés à voter, déjà pour remercier les listes de les avoir nourris et blanchis pendant trois jours, mais aussi et surtout pour choisir laquelle des deux leur semble la plus apte à être au BDE l’année prochaine. Et être au BDE, ce n’est pas juste avoir un foie en béton qui permet de se relever de toutes les soirées. Il faut savoir gérer un budget et assurer de lourdes responsabilités, puisque les étudiants ne sont pas les seuls à demander des comptes : en tant qu’association permanente, le BDE doit produire chaque année un bilan moral et financier présenté devant la commission paritaire. Pour organiser une soirée par mois, des week-ends, des voyages, des évènements Buddy Program, le Bal du Bachelor ou encore le Gala (dont le budget moyen est d’environ 250.000€), l’équipe du BDE se doit d’être prête à un très grand investissement, et être très, très motivée.

Alors profitez de cette semaine, gagnez des lots qui font plaisir, allez consulter les programmes des deux listes sur leur site internet respectif, et ce weekend, VOTEZ !

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Réforme du concours https://www.lapeniche.net/reforme-du-concours/ https://www.lapeniche.net/reforme-du-concours/#comments Sun, 20 Nov 2011 21:41:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1266 Arcueil
A peine deux ans après la modification du concours d’entrée en 1ère année de Collège universitaire à Sciences Po, qui avait eu pour objet de déplacer la date du concours de fin août à la semaine suivant le bac et la révision de son format, une nouvelle réforme actuellement en discussion prévoit que le celui-ci fasse à nouveau peau neuve. Si la réforme n’est pas encore votée et que de plusieurs groupes de travail doivent encore se réunir, on voit néanmoins dès à présent se dessiner quelques grandes lignes de ce que sera ce concours nouvelle génération.

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Arcueil
A peine deux ans après la modification du concours d’entrée en 1ère année de Collège universitaire à Sciences Po, qui avait eu pour objet de déplacer la date du concours de fin août à la semaine suivant le bac et la révision de son format, une nouvelle réforme actuellement en discussion prévoit que le celui-ci fasse à nouveau peau neuve. Si la réforme n’est pas encore votée et que de plusieurs groupes de travail doivent encore se réunir, on voit néanmoins dès à présent se dessiner quelques grandes lignes de ce que sera ce concours nouvelle génération.

Une réforme, pourquoi ?

Tous les étudiants de Sciences Po l’ont vécu : les inscriptions dans une école, faculté, prépa… via le système Admission Post Bac (APB), les résultats d’admission, l’envoi de dossier et l’inscription, puis finalement les résultats du concours, notre nom qui apparaît sur la liste des inscrits (hallélouya), et la désinscription nécessaire dans l’établissement attribué par APB. Si le déplacement de la date du concours juste après le bac a permis aux étudiants de ne plus s’engager dans un autre cursus en attendant les résultats, ceux-ci n’arrivant que fin juin alors qu’APB est définitivement fermé, les places laissées vacantes par les étudiants admis ne peuvent être réattribuées. C’est donc près de 1000 places dans les universités, prépas ou écoles qui sont chaque année laissées non-attribuées, alors que d’autres étudiants auraient pu en profiter. En bout de chaîne, on considère qu’environ 6000 étudiants chaque année n’intègrent pas l’établissement qu’ils auraient espéré, car les quelques mille nouveaux Sciences Pistes se désinscrivent trop tardivement.

Pour contrer ce phénomène, le Ministère de l’éducation a donc demandé à Sciences Po de présenter une nouvelle réforme du concours, afin d’adapter le calendrier à celui des autres formations. De juin, le concours d’entrée se déplacerait en février. Sur le principe, l’administration de Sciences Po ainsi que trois des quatre syndicats étudiants sont d’accord sur ce changement de date – le MET y étant fondamentalement réfractaire. Ce changement de date aurait lieu le plus rapidement possible, c’est-à-dire pour le concours 2013 (déplacer le concours de 2012 serait une « rupture de contrat » avec les lycéens actuellement en Première qui envisagent de s’y présenter en 2012). Cependant, si le changement de date fait quasiment l’unanimité, beaucoup de questions sont encore en suspens et doivent être discutées.

Une réforme, comment ?

Petit rappel : depuis les concours 2010 et 2011 étaient composés de 4 épreuves :

– Culture générale, qui nécessitait donc la connaissance du programme de philosophie de Terminale – Histoire, de 1914 à nos jours, avec obligatoirement un sujet portant sur le programme de Terminale – Epreuve de langue, avec une barrière éliminatoire à 7/20 (plus ou moins prise en compte) – Epreuve à option, en fonction de la section au lycée : mathématiques, littérature ou économie.

L’impossibilité de maintenir un tel format est évidente au vue de l’avancée de la date du concours : comment demander par exemple à des élèves initiés à la philosophie depuis cinq mois de composer en culture générale ? L’épreuve de culture générale, qui est considérée comme la plus socialement discriminante, serait supprimée.

Reste encore à adapter le format des autres épreuves. En ce qui concerne le programme de celles-ci, Sciences Po se plie aux indications du Ministère de l’Education. Une modification du programme d’Histoire et de l’épreuve à option apparaît donc comme nécessaire, puisque les lycéens n’auront pas alors étudié toutes les notions de Terminale. Des réflexions sont également engagées afin que le futur concours ne dure qu’une journée. Les élèves de Province verront ainsi leur charge financière diminuer, puisqu’ils n’auraient plus à payer en plus de leur transport leur hébergement. Une nécessaire révision de la durée et du format des épreuves est donc indispensable. Des questions se posent également au sujet du maintien ou non de l’épreuve de langue, et si celle-ci est maintenue, une révision profonde paraît indispensable.

Nouveauté également du concours révisé : les étudiants ne seront plus directement admis, mais tous devront passer un oral, qui aurait probablement lieu durant les vacances de Pâques. Cette nouvelle procédure semble un point d’accord. Elle permettrait en effet d’établir une plus grande diversité sociale au sein de l’Institut, un oral étant beaucoup moins discriminant qu’un écrit. De plus, « l’esprit Sciences Po » semble mieux être respecté, puisque les candidats ainsi admis devraient à la fois être doués à l’écrit et à l’oral, et non pas uniquement des « bachotteurs ».

Les résultats étant publiés avant le bac, la procédure d’admission après une mention Très Bien au bac serait sans doute remplacée par une sélection sur dossier, qui prendrait en compte les résultats de Première et du premier trimestre de Terminale, voire peut être même de Seconde. La procédure CEP, mise en place depuis 2005, elle, resterait inchangée.

Si des idées permettent dès à présent de deviner vers quoi s’oriente la réforme, beaucoup d’imprécisions subsistent à cette date. Néanmoins, on a vu – ne serait-ce qu’avec l’animation en Péniche – combien cette modification en discussion du concours d’entrée déclenche d’élans. Alors, cette future réforme, risque ou chance ?

villepinte

Une réforme, risque ou chance ?

Ce changement de date comporte plusieurs risques, notamment celui de radicaliser encore un peu plus la sélection prématurée. Certains, comme le directeur de la prépa mi-privée, mi-publique Lakanal, Bernard Clerté, le soulignent : « C’est là une spécificité franco-française, déjà critiquable à Bac +2 pour les Grandes Ecoles et qui le sera encore plus à Bac 0 (- 4 mois) ». Le choix de préparer ou non le concours devra être fait très rapidement par les lycéens, ce qui pourrait décourager ceux qui préfèrent en premier lieu assurer leurs arrières en privilégiant leurs résultats au lycée et leur dossier scolaire, ou tous ceux qui hésitent sur leur choix d’étude.

Une large diffusion des informations concernant le nouveau format du concours sera nécessaire, notamment dans les milieux où peu d’étudiants préparent Sciences Po. Cependant, on a vu notamment en 2009 que ces informations se diffusaient assez rapidement et efficacement. Le problème de l’information n’est donc pas le principal, mais des mesures de communication efficaces pourront servir à désamorcer certains doutes concernant le nouveau concours, et à encourager des lycéens qui pourraient être un peu perdus au milieu de tous ces changements.

Par ailleurs, le risque majeur d’un changement de date est de renforcer la place des prépas privées. Si la réforme de 2009 avait permis la fin des préparations intensives pendant l’été après la terminale, de nouveaux stages seront mis en place pendant l’été de la Première à la Terminale. Le monopole des prépas privées risque encore de se renforcer, car les lycéens seront moins préparés en février qu’ils auraient pu l’être en juin. Ceux-ci devront jongler avec leurs cours, leurs contrôles, leurs bac blancs et le concours de Sciences Po durant un laps de temps réduit, et seront donc d’autant plus tentés d’avoir recours à une prépa privée annuelle. Conséquence de ce renforcement des prépas privées, Sciences Po pourrait perdre l’avantage qu’il a acquis ces dernières années en termes de diversité sociale.

C’est bien là un des enjeux clés de la réforme du concours. Si aujourd’hui 78% des étudiants viennent de milieux aisés, le chiffre dépassait les 90% il y a encore quelques années. Il ne s’agirait pas d’y revenir du fait d’un concours mal agencé. Afin d’éviter cela, et de favoriser encore plus la diversité sociale au sein de l’établissement, plusieurs lignes directrices sont en discussion. La procédure généralisée d’oral, par exemple, compense le biais social important d’un écrit. Des nouvelles formes d’épreuves faisant plus appel à l’intelligence et moins au bachotage, désamorçant ainsi en partie la sélection par l’argent des prépas privées, sont également au programme des discussions.

Face à ces projets de modifications, certains s’inquiètent déjà de la « perte du mérite » de Sciences Po. Mais les concours d’entrée, en Master ou au Collège Universitaire, ont déjà subi de nombreuses modifications. Un concours en février ne serait pas nécessairement un concours au rabais, pour peu que les épreuves soient bien pensées et puissent être représentatives du potentiel de l’étudiant, de son projet, de ces capacités, tout en étant compatible avec son niveau d’élève de milieu de Terminale, apte à progresser.

Affaire à suivre.

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Rendez vous au Forum des Entreprises https://www.lapeniche.net/rendez-vous-au-forum-des-entreprises/ https://www.lapeniche.net/rendez-vous-au-forum-des-entreprises/#comments Mon, 24 Oct 2011 21:03:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1255 Stakhanov
Ce jeudi 27, on le sait, c’est jour de vacances à Sciences Po. Mais plutôt que de profiter de cette journée sans cours pour dormir jusqu’à 14h et retourner faire la sieste à 17 histoire d’être en forme le soir, profitez-en plutôt pour montrer que vous êtes un étudiant sérieux et aller faire un tour au forum des entreprises. 300 opportunités d’emplois ou de stages, ce serait dommage de manquer ça.

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Stakhanov
Ce jeudi 27, on le sait, c’est jour de vacances à Sciences Po. Mais plutôt que de profiter de cette journée sans cours pour dormir jusqu’à 14h et retourner faire la sieste à 17 histoire d’être en forme le soir, profitez-en plutôt pour montrer que vous êtes un étudiant sérieux et aller faire un tour au forum des entreprises. 300 opportunités d’emplois ou de stages, ce serait dommage de manquer ça.

Le forum s’adresse à tous les étudiants ou jeunes diplômés de Sciences Po. C’est une occasion unique de rencontrer des employeurs des domaines qui vous intéressent et, qui sait, de décrocher le job de vos rêves. Au programme, des rencontres avec des professionnels de quatre secteurs d’activité :

–Audit et conseil: AT Kearney, Olivier Wyman, Ernst & Young, Eurogroupe Consulting…

–Banques, assurances et établissements financiers: Allianz, Axa, BNB Paribas, Morgan Stanley, Rothschild & cie, Société générale…

–Industries et services: Abercrombie & Fitch, Auchan, Carrefour, Coca cola entreprise, IBM, L’Oréal, SNCF…

–Médias et communication: Canal +, Google, groupe M6, Prima press…

Au total, c’est 70 entreprises que vous pourrez rencontrer, le long d’une journée rythmée par des présentations et des tables rondes. Idéal pour les indécis, ce forum permettra de vous renseigner sur les perspectives de carrière en France et à l’étranger, sur le mode de fonctionnement des entreprises (leurs activités, leurs besoins, leurs attentes en termes de recrutement…), et d’étoffer un peu votre réseau professionnel (ndlr: bande de petits rapaces).

Wall StreetMais le forum s’adresse aussi et surtout aux jeunes en quête d’un stage ou d’un premier emploi, et il est pour cela une occasion unique d’entrer directement en contact avec des professionnels. Mais pas de place pour le hasard dans le jeu du recrutement. Pour trouver le job en or au forum, il faut être préparé. Pour cela, plusieurs solutions : si vous avez raté les conférences de préparation organisées par Sciences Po Avenir, vous pouvez toujours vous inscrire rapidement sur votre espace étudiant aux ateliers « Se présenter en 2 minutes » ou « CV et lettres de motivation » qui ont lieu plusieurs fois par semaine dans les locaux de Sciences Po avenir. De plus, si vous êtes à la recherche d’un emploi ou d’un stage, il faut que vous sachiez ce pour quoi vous venez, et que cela se voit. Avec en main votre super CV et en tête une manière de vous présenter à la fois efficace et synthétique, allez à la rencontre des entreprises que vous avez préalablement ciblées, et qui n’ont aucun secret pour vous, puisque vous en avez visité les sites institutionnels et que vous connaissez leur actualité, ainsi que celle du secteur concerné. Sachez présenter votre projet professionnel, réaliste et cohérent, tout en vantant vos atouts, votre parcours international, votre adaptabilité, votre ouverture d’esprit (on garde quand même les chevilles dégonflées, s’il-vous-plaît). Souriez, présentez-vous sous votre meilleur jour en adaptant votre discours à votre interlocuteur : vous êtes l’homme de la situation.

A noter, le forum a pour partenaire cette année l’association Aditus, qui s’occupe des questions d’accessibilité pour les handicapés. Aussi tous les évènements de la journée seront parfaitement accessibles aux personnes en situation de handicap. Alors ce jeudi, rendez-vous à la Maison de la Chimie, 28 rue Saint-Dominique, dans le 7ème arrondissement.

Toutes les informations sont sur le site de Sciences Po avenir !

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