Louis Moulin – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 24 Mar 2009 07:00:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Louis Moulin – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Pourquoi se mobilisent-ils ? https://www.lapeniche.net/pourquoi-se-mobilisent-ils/ https://www.lapeniche.net/pourquoi-se-mobilisent-ils/#comments Tue, 24 Mar 2009 07:00:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=737 -2.jpgSciences Po occupé quelques heures mardi dernier, évacué « préventivement » deux jours plus tard, qui annule tout événement extérieur aux cours normaux cette semaine pour des raisons de sécurité... Pendant ce temps là, les AG grossissent – tout est relatif – et les départs en manifestation se poursuivent. Quoiqu'on en pense, la mobilisation des enseignants et des étudiants se fait peu à peu plus visible sein de l'institut. Mais si tout le monde a un avis sur les actions tant des grévistes que de la direction, les revendications des mobilisés sont souvent mal connues. Petit tour d'horizon des raisins de la colère à Sciences Po.

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-2.jpgSciences Po occupé quelques heures mardi dernier, évacué « préventivement » deux jours plus tard, qui annule tout événement extérieur aux cours normaux cette semaine pour des raisons de sécurité… Pendant ce temps là, les AG grossissent – tout est relatif – et les départs en manifestation se poursuivent. Quoiqu’on en pense, la mobilisation des enseignants et des étudiants se fait peu à peu plus visible sein de l’institut. Mais si tout le monde a un avis sur les actions tant des grévistes que de la direction, les revendications des mobilisés sont souvent mal connues. Petit tour d’horizon des raisins de la colère à Sciences Po.

• Le contrat doctoral unique
Pour Valérie Pécresse, il s’agit d’un « contrat pour les doctorants, plus simple, avec plus de garanties » et qui apporte « toutes les garanties sociales d’un vrai contrat de travail, conforme au droit public » (7/10/08). Pour d’autres, qui reconnaissent par ailleurs la nécessité de mesures pour clarifier le statut des doctorants, le texte est très insuffisant et « ouvre à toutes les dérives ». La durée du contrat pose particulièrement problème : il est prévu pour une durée de trois ans alors que les thèses se font en moyenne en 6,8 ans. Pour Hugo (SUD), « donner une date limite pour un travail qui demande une documentation longue, un travail de terrain, des voyages, c’est absurde. Ce n’est pas dans des réformes gouvernementales qu’on peut dire quelle durée doit être dédiée à une thèse tout en souhaitant des travaux de qualité ».

A Sciences Po, cette crispation autour de la durée de la thèse a connu un exemple récent avec un courrier envoyé la semaine dernière par le directeur de l’école doctorale Philippe Weil aux directeurs de thèse. Dans ce courrier, il est question de réduire « le stock d’étudiants en difficulté » en obligeant les thésards arrivés au bout des trois ans à finir leurs travaux ou aller voir ailleurs. Les élus doctorants ont réagi à cette lettre par une pétition.

• La masterisation
Jusqu’à présent, la formation des futurs enseignants se faisait en quatre ans, à laquelle était adjointe une année de stage rémunéré en établissement scolaire. La masterisation des concours vise à allonger la durée d’études à 5 ans, la sanctionner d’un master, ce qui est censé garantir « une meilleure qualité de la formation des futurs enseignants, une meilleure qualité de l’enseignement délivré à nos élèves et la meilleure utilisation du potentiel de formation des universités » selon Valerie Pécresse et Xavier Darcos. L’année de stage serait supprimée, remplacée par un stage de fin d’année en dernière année de master, tout comme la formation en IUFM, les universités assurant à présent ce rôle.

Selon l’UNEF, « sous couvert d’un allongement d’un an de la durée de formation devant permettre une revalorisation des métiers, le gouvernement entend faire des économies sur le dos des étudiants. La disparition des IUFM couplée à la fin de la rémunération de l’année de fonctionnaire- stagiaire, permet au gouvernement de faire 480 millions d’euros d’économie sur le dos des étudiants. » Samuel (SUD) expliquait en AG la semaine dernière que « le gouvernement fait passer ça en disant qu’on ajoute un an d’études en plus pour mieux former les professeurs. Mais en fait, il faudrait dans la même année préparer le concours, faire un travail de mémoire pour des gens qui n’ont pas le concours et puis faire un stage en lycée ou en collège pour se préparer à enseigner plus tard. Trois tâches à faire en un an. Aujourd’hui, préparer l’Agreg ou le CAPES, c’est un an à temps plein voire deux si on ne l’a pas du premier coup ».

scpolutte.jpg• L’allocation des moyens
Point relativement peu abordé, l’allocation des moyens fait aussi débat. Pour fonctionner, les universités reçoivent de l’Etat une dotation globale de financement. Jusqu’à présent cette dotation globale était calculée selon le nombre d’étudiants inscrits, selon les besoins de la filière et selon le nombre de mètres-carrés à entretenir. Désormais 20% de la dotation est calculé selon des critères de performance (taux insertion professionnelle, taux de réussite, nombre de chercheurs publiant), et 80% selon le nombre d’étudiants présents aux examens. Pour Manon (UNEF), « au lieu de financer les universités en fonction de leurs besoins, on va les financer en fonction du nombre d’étudiants présents aux examens. Or on sait bien que toutes les universités où il y a des publics sociaux, des étudiants en difficulté, c’est là où il y a le plus d’abandons alors que c’est aussi là qu’il y a le plus de besoins. Dans les critères de performance, il y a aussi le taux d’insertion professionnelle, qui diffère lui aussi énormément selon les facs ».

• La LRU et le reste
Derrière les diverses revendications, la contestation loi relative aux « libertés et responsabilités des universités » (LRU) a refait jour. Pour beaucoup, c’est cette loi qui oriente les différents décrets pris par Valérie Pécresse. Pour Nathanel (SUD), « avant tout le monde, nous avons connu la LMD et la LRU, qui ont eu pour conséquence l’augmentation des frais de scolarité et l’introduction des entreprises dans Sciences Po. Nouvelle étape, « Sciences Po 2013 » réaffirme ces méthodes de management de l’Université, avec son directeur tout puissant et la hausse des frais de scolarité. Se mobiliser, c’est aussi dénoncer le « modèle Sciences Po », et affirmer notre solidarité avec les étudiants des autres Universités. » Sciences Po, le fameux « laboratoire de l’université », deviendrait alors le terrain privilégié pour contester les réformes en cours.

Par ailleurs, parmi les mots d’ordre de la mobilisation étudiante, on trouve la dénonciation des réductions d’effectifs, la contestation du désengagement financier de l’Etat de l’université, la volonté de voir chaque carte d’étudiant équivaloir à un titre de séjour pour les étudiants sans-papiers, etc. Une agrégation des revendications qui suivent toutes la même volonté d’une université gratuite et ouverte.

Tout le monde n’est pas de cet avis. Un des rares enseignants mobilisés à Sciences Po témoigne ainsi :« pour ma part, le décret reste le principal objet de désaccord. Si cette hypothèque est levée, je crois que le mouvement perdra une bonne partie de sa raison d’être – et de ses troupes. En tout cas, je ne suis personnellement pas disposé à emboîter le pas à ceux qui veulent faire de ces revendications le tremplin d’autres luttes de nature plus politique ». Il continue d’ailleurs à faire cours « par plaisir et intérêt » et trouve même « des aspects positifs dans les projets de « réforme » » mais n’en conteste pas moins « la philosophie générale de la réforme » qu’il faut « remettre à plat ».

Photos: Samuel Andre-Bercovici sur Facebook

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Sciences Po en état de siège… enfin bon… https://www.lapeniche.net/sciences-po-en-etat-de-siege-enfin-bon/ https://www.lapeniche.net/sciences-po-en-etat-de-siege-enfin-bon/#comments Tue, 17 Mar 2009 23:15:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=725 p1070850.jpg
Photo: http://bigbazar.wordpress.com

Fin d'après-midi surréaliste à Sciences Po ce mardi 17 mars. Quelque 150 étudiants de différentes universités d'Ile-de-France, majoritairement de Paris VIII, ont occupé l'école pendant plusieurs heures, où s'est tenue une assemblée générale sauvage. Les grévistes ont évacué les lieux peu après 20 heures, après avoir rédigé et voté un appel. Ils protestent contre les inégalités dans l'enseignement supérieur en France sur fond de mouvement des enseignants-chercheurs.

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Photo: http://bigbazar.wordpress.com

Fin d’après-midi surréaliste à Sciences Po ce mardi 17 mars. Quelque 150 étudiants de différentes universités d’Ile-de-France, majoritairement de Paris VIII, ont occupé l’école pendant plusieurs heures, où s’est tenue une assemblée générale sauvage. Les grévistes ont évacué les lieux peu après 20 heures, après avoir rédigé et voté un appel. Ils protestent contre les inégalités dans l’enseignement supérieur en France sur fond de mouvement des enseignants-chercheurs.

C’est vers 17 heures que les étudiants infiltrés, dont un certain nombre d’autonomes, ont réussi à s’introduire dans l’établissement, malgré les contrôles de cartes à l’entrée mis en place depuis la semaine dernière. Les manifestants seraient passés par une sortie de secours ouverte de l’intérieur. Les étudiants se sont alors dirigés vers l’amphithéâtre Emile Boutmy où se déroulait le cours d’Institutions Politiques d’Olivier Duhamel. Ce dernier leur a proposé l’organisation d’un débat dans un laps de temps de 20 minutes, ce qu’ont refusé les étudiants. Dans le même temps, certains d’entre eux sont allés installer une banderole sur la façade de l’institut rue Saint-Guillaume. Sur un grand drap orange, on pouvait lire « Gouverner, exploiter, privatiser, c’est ici que ça s’apprend, là où le savoir est au service du pouvoir ».

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Photo: LB

S’est alors organisé un débat spontané entre étudiants des autres facultés et ceux de Sciences Po sur les différentes réformes en cours à l’université. Parmi les étudiants de l’institut, il y avait encore à ce moment des étudiants solidaires de l’action et d’autres qui rejetaient le fond et la forme de cette occupation sauvage, qui se sont opposés au moins une heure. Au fil du temps, les étudiants favorables aux réformes ont quitté les lieux peu à peu. Vers 19 heures, il n’y avait plus que des étudiants mobilisés dans l’amphi Boutmy : pour un tiers de l’institut et deux tiers de l’extérieur.

Pour autant, des dissensions sont apparues au sein des étudiants de Sciences Po. Gwénolé Buck a notamment pris la parole pour l’UNEF dénonçant le caractère illégitime de l’assemblée générale formée dans ces conditions dont n’ont pas été informés tous les étudiants mobilisés. Du côté de Sud Sciences Po, même si on se déclare solidaire de l’action, la section affirme avoir été prise par surprise. On était même franchement loin de l’entente cordiale entre étudiants sudistes de l’extérieur et de l’IEP. Deux membres de Sud Sciences Po et un membre de Sud Paris VIII ont finalement pris place à la tribune. S’en sont suivi des débats confus et peu audibles, débouchant sur la rédaction d’un appel.

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Photo: LB

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Photo: LB

Cordons de gendarmes mobiles devant Sciences Po

A l’extérieur, une foule a vite grossi dans la rue Saint-Guillaume alors qu’il a très vite été impossible de pénétrer dans l’IEP. Une trentaine de gendarmes mobiles, boucliers et matraques au poing, prêtaient main forte aux appariteurs et aux vigiles. De chaque côté de la rue, au moins le même nombre de troupiers s’était mis en faction.

Jusqu’à 19 heures certains ont cru pouvoir rentrer en cours, et la majorité des étudiants a fait part de sa frustration. Quand certains étudiants mobilisés, encagoulés, apparaissent aux fenêtres, des huées montent, des « Dehors dehors » ou « Libérez l’IEP » se font entendre. Un étudiant plus en colère que les autres prend l’initiative de gravir la façade de l’établissement pour aller décrocher la banderole, en étant quitte pour une bonne chute.

Vidéo: http://bigbazar.wordpress.com

Peu après 19 heures, trois étudiants, dont Marco Poletti, se montrent à une autre fenêtre. Ils brandissent des écriteaux improvisés : « De Gaulle où es tu ? », « Vive le Roy » ou encore « RIP Alain » (allez comprendre pourquoi). Deux d’entre eux finiront par montrer leur cul à la foule. Puis, trois étudiants encagoulés sortent pour remettre en place la banderole, qui sera de nouveau enlevée une heure plus tard.

Finalement, c’est vers 20h15 que les occupants ont évacué les lieux sous une protection policière plutôt réduite. Etudiants de droite et de gauche massés devant l’IEP s’invectivent une dernière fois à cette occasion. C’est au cri de « Grève générale » que les étudiants mobilisés finissent par quitter Sciences Po avant de pouvoir sortir de la rue Saint-Guillaume un quart d’heure plus tard.

Quelques dégradations sont à signaler au sein de l’établissement dont un graffiti « Fafland » sur un mur de l’amphi Boutmy. Globalement l’occupation s’est déroulée plutôt dans le calme à l’intérieur, des membres de la direction (Nadia Marik, Cédric Prunier, David Colon) discutant même avec certains étudiants mobilisés. A l’extérieur, l’ambiance oscillait entre vive tension et grand guignol.

Louis Moulin et Nedal Jounaidi

Tous les articles de presse sur le sujet sont ici.
Et quelques photos.

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Objectif 2013, début de mobilisation ? https://www.lapeniche.net/objectif-2013-debut-de-mobilisation/ https://www.lapeniche.net/objectif-2013-debut-de-mobilisation/#comments Tue, 16 Dec 2008 09:00:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=683 Capturer.JPG
La riposte commence à s'organiser. Un peu plus d'une semaine après la publication par la direction de Sciences Po de son projet « Objectif 2013 » l'UNEF et SUD Etudiant organisaient une réunion d'information dans l'amphi Jean Moulin, prélude à une possible mobilisation. Mobilisatrice, cette première réunion ne l'a pas franchement été : seule une trentaine de personnes composait l'assistance.

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La riposte commence à s’organiser. Un peu plus d’une semaine après la publication par la direction de Sciences Po de son projet « Objectif 2013 » l’UNEF et SUD Etudiant organisaient une réunion d’information dans l’amphi Jean Moulin, prélude à une possible mobilisation. Mobilisatrice, cette première réunion ne l’a pas franchement été : seule une trentaine de personnes composait l’assistance.

Aussi, quand Alexandre Fleuret, à la tribune pour l’UNEF, explique en guise d’introduction à la réunion qu’il s’agit d’une « démarche unitaire pour lancer une mobilisation d’ampleur… », la salle ne peut retenir quelques rires. Pourtant, ce ne sont pas les raisons de se mobiliser qui manquent, d’après les deux syndicats étudiants de Sciences Po.

Sudetudi.pngAntoine Cabon, à la tribune pour SUD Etudiant, a développé l’argumentaire des deux syndicats sur les propositions du projet de la direction. Globalement, s’il reconnaît quelques bonnes intentions, « le projet n’est pas assez ambitieux et surtout très flou ». La direction naviguerait à vue sans véritablement de concret derrière ses grandes formules. Pour le Sudiste, « certains points sont tout simplement mensongers : la cité internationale est un projet qui est annoncé depuis 2004 et il n’y a toujours rien de fait ». Il insiste également sur les titularisations de professeurs ou sur la nécessaire réforme pédagogique de Sciences Po. Surtout, il pointe qu’avec seulement 2 millions d’euros afférés, « le projet sera dur à mettre en œuvre ».

Entrecoupées par les bruits de perceuse des travaux tout proches au sous-sol du bâtiment René Rémond, certaines interventions de l’assistance ont fait écho aux critiques exposées. Pour un étudiant, « on en est à un rythme de réforme tous les quatre ans. Et tous les quatre ans, on nous ressort les mêmes promesses, les mêmes réformes, et à chaque fois on nous fait passer ça par une hausse des frais de scolarité. Il faut être vigilants ». Le public s’interroge aussi sur la définition d’un quota d’handicapés ou sur l’absence de projet précis pour la recherche. Mais comme le remarque fort-à-propos Alexandre, à la tribune : « de toute façon, on prêche des convaincus ».

Ca ne l’a pas empêché de faire long sur le second volet de la réunion, concernant le financement du nouveau projet de la direction. Globalement, celui-ci induit jusqu’à 60% d’augmentation des frais de scolarité avec une différentiation entre premiers cycles et masters. Pour Alexandre Fleuret, « ça va mettre beaucoup d’étudiants dans la précarité, et ça ne va pas du tout dans le sens de la démocratisation ni vers un enseignement gratuit, de qualité et d’excellence ». Le membre de l’UNEF dénonce aussi la justification de la direction pour une telle hausse par l’augmentation de 5% du nombre de boursiers à Sciences Po : « la part que représente l’aide sociale dans le budget est très faible par rapport aux frais de scolarité. __C’est donc un mensonge de dire qu’on augmente les frais pour augmenter les bourses__ ». Pour de plus amples explications, se reporter aux (longues) brochures de l’UNEF et de SUD.

UNEF.jpgCet aspect du projet directorial n’a pas manqué d’occasionner de nombreuses réactions de la salle. Julien souligne que la société toute entière bénéficie de l’augmentation du nombre de diplômés, donc c’est elle qui doit en assumer le coût (par un engagement plus fort de l’Etat dans les universités) et non en faire porter la charge par les étudiants. Le bien connu Gwénolé (ex élu UNEF) vient rappeler les manquements de la commission de suivi social, dont le budget n’est en fait jamais intégralement utilisé, et remarque que pour être considéré comme étudiant autonome (rien à voir avec l’ultragauche) à Sciences Po, il faut gagner 90% du SMIC, ce qui est incompatible avec de bonnes conditions d’études. Un étudiant se demande aussi s’il est bon de vouloir imposer un système à l’américaine, discutable mais ayant sa logique propre, dans un contexte français qui n’est pas, selon lui, adapté.

Finalement, tout ce beau monde étant plutôt d’accord sur le fond, on se met à discuter des moyens d’organisation d’une mobilisation étudiante contre ce projet. Pour Gwénolé, « l’avantage, c’est que la direction n’a jamais aussi mal ficelé un projet que celui-là ». On ne manque pourtant pas de remarquer que, cette réforme ne concernant que les nouveaux entrants, il sera dur de fédérer les étudiants actuels sur la question. Egoïstes les étudiants de Sciences Po, comme l’avait probablement prévu l’administration ? Différentes orientations stratégiques sont étudiées, mais la discussion débouche sur la création d’un comité organisationnel, fondé donc par l’UNEF et SUD Etudiant, mais qui a vocation à être rejoint par toute association, syndicat ou parti politique refusant le projet de la direction. Le PS Sciences Po pourrait en être assez rapidement. Et une AG devrait se tenir dès la rentrée. Reste à voir si la mayonnaise prendra…

LaPéniche invite les autres syndicats à se manifester s’ils souhaitent porter à notre connaissance leurs positions ou que nous assistions à leurs éventuelles réunions d’information.

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