L'ex-ministre de la Ville répondait aux questions de Sciences Po TV mercredi 16 mars, l'occasion pour LaPéniche de vous rendre compte de l'événement!]]>
L’ex-ministre de la Ville répondait aux questions de Sciences Po TV mercredi 16 mars, l’occasion pour LaPéniche de vous rendre compte de l’événement!
« Entre le bourgeois de la Sarthe et la banlieue, il y a une grande différence » avait pu déclarer Fadela Amara, avant le remaniement Fillon III à propos de notre ami sarthois. Ces propos, qui avaient suscité la polémique, ont vraisemblablement précipité son éviction du gouvernement. Ainsi, quand Fadela Amara vient à Sciences Po, qui plus est pour être interviewée par nos collègues de Sciences Po TV, c’est un événement. La forme de celui-ci ? Une émission : le 5chro’, un format original avec un jeu de mots qui ne l’est pas moins. LaPéniche a pu assister à la préparation et à son déroulement, backstage !
Si les slogans de journalistes te font vomir, toi l’étudiant auquel inlassablement on a répété que les dit journalistes ne sont que d’infâmes larves aux bottes du pouvoir, au moins retiendras-tu ceci: 5chro’ est une émission en cinq parties de cinq minutes, avec un thème pour chacune. Si cela fait de cette émission un artefact original dans notre école, c’est avant tout parce que ce format permet d’aborder un nombre de sujets importants tout en ne lassant pas l’auditoire, ou l’audimat estudiantin pour être plus précis. Bien sûr, il faut avouer que le résultat paraît assez amateur, surtout en raison du peu de matériel, trois caméras prêtées bon gré mal gré par le service audiovisuel de Sciences Po. Mais c’est une chaîne qui va monter, comme le montre la venue d’abord de Pierre Moscovisci il y a trois mois puis de Fadela Amara, ce mercredi 16 mars, sans doute attirés par la médiatisation grandissante de nos confrères plusieurs fois repris dans des médias nationaux.
Venue en tant que « femme libre », l’ex-Ministre de la Ville entre 2007 et 2010, devenue depuis inspectrice aux affaires sociales à l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), a accepté de se plier aux règles du jeu de Sciences Po TV et de son plateau dans la Bibliothèque René Rémond. Très à son aise, la militante de Ni Putes Ni Soumises a dès le départ voulu signifier qu’elle avait été « virée » et non pas qu’elle avait quitté le gouvernement. Interrogée dans la partie concernant les Questions d’actualités, elle a jugé avec les événements du Japon que le débat franco-français sur le nucléaire était « du baratin ». La voix s’est ensuite fait plus ferme lorsque le sujet s’est déporté vers la diplomatie française, qui selon elle « a un rôle à jouer sur la scène internationale ». L’ex-candidate aux municipales de Clermont-Ferrand a pu continuer dans cette vision à contre-courant en affirmant que la politique du quai d’Orsay « s’était renforcée depuis quelques années » et que la position de Nicolas Sarkozy concernant la Libye était « la meilleure ». Elle résume sa position en trois mots : « que Khadafi dégage ! ». Revenant à un angle d’attaque plus intérieur, Fadela Amara a réaffirmé son attachement à la laïcité et en a profité pour condamner le débat mené par l’actuel gouvernement, qui selon elle n’est pas dans les préoccupations des Français.

Toujours en forme après cette seconde partie du show, elle a pu lancer un « c’est des jeunes, ils maltraitent toujours les personnes âgées ». Cette partie de l’émission, menée par Nicolas Davila, rédacteur en chef du 5chro’, a été complimentée par Fadela Amara qui a pu lâcher dans une boutade un « t’étais bon t’as titillé ! ». Pour vous faire votre propre avis, le mieux est de voir l’interview en intégralité.
Si l’on devait retenir deux thèmes dans l’intervention de Fadela Amara, il faudrait penser aux banlieues et à la laïcité. De fait, l’ex-ministre a pu démontrer qu’elle défendait un point de vue libre, même en étant arrivée dans la vie politique nationale et ses tentations électoralistes ou de popularité. Selon elle, les quartiers ont besoin d’une police de proximité, mais celle-ci doit fixer clairement les règles avec la population, qui doit bien comprendre ce qu’il faut faire ou ne pas faire. En résumé, « il faut du bleu dans nos quartiers, mais pas pour aller jouer au foot ». La situation d’une violence extrême reste pour cette femme d’origine algérienne « insupportable », dans la « France que j’aime ». Relativement satisfaite de son passage au ministère, la clermontoise a aligné les postures d’espoir, comme ce travail avec des entreprises du CAC40 qui a donné de bons résultats, ou le fait que la rénovation urbaine de ces quartiers ait pu bénéficier de quatre milliards d’euros et non pas seulement le milliard qui était prévu. A côté de cela, Fadela Amara fait preuve de lucidité sur le chômage dans les banlieues en déclarant que c’est « un échec, puisqu’il augmente encore ». De plus, elle a regretté que le plan Espoir Banlieues, lancé en grande pompe en 2008, n’ait pas porté ses fruits. A cela, elle a pu affirmer que plusieurs solutions étaient possibles, avec notamment la relance d’une dynamique de contrats aidés qu’il faut « flécher » mais aussi de l’aide de la part des villes riches vers les villes pauvres pour assurer une vie décente pour les habitants des quartiers.
Cet impératif de réformes va ici de pair avec un attachement sans bornes à la laïcité. Si l’on parle d’un débat aujourd’hui sur ce sujet, « il a toujours existé » pour Fadela Amara, citant par la même occasion le rapport « très riche » de la Commission Stasi de 2004 rendu au moment du débat sur les « signes religieux ostensibles » à l’école. Elle s’est aussi félicitée de la victoire de la laïcité concernant l’affaire de la crèche Babyloup à Chanteloup-les-Vignes, dont une des employées étaient venue travailler complètement voilée et n’avait pas voulu retirer son voile. Interrogée sur le cas de Diam’s, l’ex-militante a contre-attaqué en affirmant que, si les chanteuses devaient être des modèles, cela la gênait qu’elles portent le voile, symboliquement en contradiction avec la liberté de la femme. De plus, certains ont pu l’entendre affirmer que la loi sur la burqa (ou plus précisément le niqab) était en opposition frontale avec l’idée de la République n’intervenant pas dans la gestion des cultes.
Cette intervention restera probablement dans les mémoires du public qui y a participé, puisque il s’est ensuivi près d’une heure de questions réponses avec l’intéressée, dans une ambiance bon enfant et avide d’information. Très proche des étudiants, Fadela Amara a pu faire partager ses inquiétudes, ses convictions et sa vision de la société française, tout cela en prenant le temps de répondre à la moindre des questions qui venait à l’esprit de la quinzaine d’esprits vifs, caractéristique des sciencespistes ne l’oublions pas. Elle a dans le même temps pu montrer son soutien à Jean-Louis Borloo dans son éventuelle candidature en 2012. Déjà avant le remaniement, elle avait déclaré que « le meilleur, c’est Borloo », ce qui lui a sûrement coûté sa place.
Enfin, certains d’entre vous pourrons se demander pourquoi LaPéniche, média de l’écrit, a pu avoir la déraisonnable idée de venir fouiner dans les affaires de Sciences Po TV. Après tout, Sciences Po Télé est une drôle de créature du point de vue d’un rédacteur de l’écrit : un besoin de matériel important, des présentateurs (mais qu’est-ce donc que cela?!) et même un plateau et des affiches. Mais en même temps, peu de choses différencient les deux médias : un souci d’une information fiable, produite par les étudiants pour les étudiants, et la volonté de refléter notre école au maximum. Vous l’aurez compris, LaPéniche et Sciences Po TV sont synchro !

*Les cinq parties de l’émissions sont diffusées une par une tout au long de la semaine. Pour les voir, allez sur Youtube ou de devenez fans de Sciences Po TV sur Facebook.
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Où en est l'écologie à Sciences Po? LaPéniche a voulu enquêter et vous livre un tour d'horizon complet. Suivez le guide!]]>
Où en est l’écologie à Sciences Po? LaPéniche a voulu enquêter et vous livre un tour d’horizon complet. Suivez le guide!
Si Dieu a créé la Terre, alors la Terre a créé Eco Campus. Fondée en 2006, l’association réunissait alors nos protagonistes en un seul pouvoir suprême. Sans même une considération pour le temps de chauffe – et oui elle a trainé la Terre, mais que voulez-vous elle était occupée- un grand changement eut lieu. Aussi sûr qu’un Concile de Nicée, le temps accomplit son œuvre dans la Rue Saint-Guillaume, donnant naissance à trois associations distinctes: Europe Écologie-Les Verts Sciences Po, P.A.V.é.S, et Sciences Po Environnement. Trois parties d’un même tout: implanter l’écologie et défendre ses convictions, tel une sorte de Dieu trinitaire. Rassurez-vous, personne n’a été blessé, ni aucun animal mal-traité durant le processus.
Il est donc temps de voir précisément les forces écologiques en présence dans notre école, qui représentent un courant de plus en plus populaire dans l’opinion avec plus de 80% des élèves se disant intéressés par l’écologie à Sciences Po selon un sondage LaPéniche. Qu’on les traite de héros ou de paranos, les écologistes sont au cœur du débat sur notre futur, entre changement et passivité. Malgré tout, tout un chacun n’a pas la même définition de l’écologie, ni tout à fait la même vision. S’ils s’accordent pour dire que l’écologie inclut inévitablement le développement durable, chacune de ces trois associations veut montrer un visage de l’écologie différent: un militant, un pratique, un globalisé. Avec plus ou moins de réussite ou de publicité parmi les élèves. Tour d’horizon.
Europe Écologie-Les Verts Sciences-Po (EELV) est la branche politiquement active à Saint Germain. Très ancrée à gauche, plus précisément « seconde gauche » selon l’un de ses représentants Vincent Madeline, elle a pour mission de porter sur le terrain politique ses convictions, marquées par une volonté de redistribution des richesses. Pour Vincent Madeline, l’écologie politique s’inscrit dans un mouvement contestataire qui porte en lui les ingrédients d’une force de gauche: lutter contre la pauvreté et le changement climatique. Partant du constat que « la croissance ne peut être un objectif de politiques publiques », EELV veut limiter la consommation et la production, rejoignant dans une certaine mesure les opinions sur une économie décroissante. L’association se définit comme « autonome et solidaire » du parti en dehors de Sciences Po. Les statuts des Jeunes Verts, nouvelle force regroupant les jeunes militants, comme les Mouvements des Jeunes Socialistes ou les Jeunes Pop, ont été votés fin janvier, ce qui pourrait faire évoluer au minimum le nom d’EELV. Car ne nous voilons pas la face, toute autonomie qu’il y ait, il reste un nom vers lequel les adhérents se réfèrent, et qui les façonne.
Afin de faire passer son message, EELV se place dans une optique de conférences, comme celle sur les retraites organisée en octobre, ou notamment une participation très régulière à l’Université Alternative. Ce mouvement, réunissant bon nombre d’associations comme le NPA, Attac Sciences Po, le Parti de Gauche, P.A.V.é.S ou l’UNEF, toutes les deux semaines, veut promouvoir une autre façon de penser, plus à contre courant. Il semblerait que cette action soit efficace, puisque 63% des étudiants interrogés disent connaître l’association, avant tout par des amis ou un stand en péniche. Il est également à mentionner les interventions régulières de Vincent Madeline au Grand O de nos collègues de RSP, ou encore la participation au projet collectif d’une cafétéria auto-gérée, bio et équitable, dont l’association P.A.V.é.S est l’un des instigateurs.
La Plateforme Associative Volontaire écologique et Sociale, bien que ce nom ne soit pas fixe et varie selon les interlocuteurs de l’association, est quant à elle la partie « du terrain ». Inexistante dans l’esprit des étudiants, avec seulement 26% disant la connaître, l’association est pourtant, depuis sa création en 2006, une pépinière d’idées. Ne disposant pas d’un bureau établi ou d’une quelconque organisation, P.A.V.é.S fonctionne sur un mode égalitaire et auto-géré avec un objectif: faire de « l’écologie du concret ». Pour ce faire, l’association propose de très nombreux projets, d’un atelier de réparation de vélos à des cours de langues régionales (tel le Breton ou le Basque) en passant par une cafétéria auto-gérée par les étudiants, son projet phare. Et certains de ces projets ont aboutit. De fait, les bacs du jardin du 13 rue de l’Université sont devenus depuis l’été dernier le jardin potager, où les membres de l’association mais aussi les non-membres ont pu planter les légumes qu’ils voulaient, et les déguster la rentrée venue. La première « plantation ouverte », signe d’un semblant d’organisation, a eu lieu le 24 février avec des réunions tous les jeudis pour s’informer de l’avancement des choses. L’AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) établie par P.A.V.é.S a quant à elle connue un succès fulgurant, passant de près de 30 paniers de fruits et légumes par semaine à plus de 70 au début de cette année, et ce pour un montant dérisoire de 7€ par semaine. La clé de cette réussite? L’état d’esprit. L’association se charge d’établir un projet cohérent et de le faire aboutir, pour qu’ensuite tous les élèves puissent en profiter, avec une part de responsabilité pour chaque étudiant.
Le meilleur exemple est celui de la cafétéria, qui a dans l’idée d’utiliser les locaux du 13, rue de l’Uni pour créer un lieu à la fois culturel et convivial, géré par les étudiants pour les étudiants. Construite de toutes pièces avec une volonté claire de se « réapproprier l’université », c’est un projet innovant et réellement fédérateur. Ce projet collectif, mené par l’association mais aussi avec le concours de Sciences Po Environnement, l’UNEF et EELV, est en concurrence avec celui d’un aménagement par le CROUS de cet espace. Le dossier devrait être déposé très prochainement. « On a les ingrédients, y’a plus qu’à faire la soupe » résume sans pression un des membres de l’association, démontrant l’approche « micro » plutôt que « macro » de P.A.V.é.S.
Comme pour respecter la quadrature du cercle, Sciences Po Environnement (SPE) vient compléter les approches précédentes par celle « macro ». Association permanente depuis l’année dernière, directe héritière d’Eco Campus, elle représente le bras vert de l’administration et fonctionne selon un mode relativement original. C’est l’Assemblée Environnementale qui décide de tous les projets, après un débat construit entre les membres de l’association. Tout un chacun peut assister à ces réunions mensuelles, mais l’adhésion est nécessaire pour voter. Ces réunions sont bien souvent monopolisées par les adhérents, parlant une sorte de jargon difficile à comprendre, mais qui au final aboutit à certaines décisions importantes.
Avec son budget imposant de 85 000€ par an, c’est le groupement à visée écologiste ayant le plus de moyens dans la rue Saint-Guillaume. Or qui dit gros moyens dit grands projets, avec un objectif prioritaire: réduire le bilan carbone de l’institution. Établi par des Étudiants aidés d’un consultant, il s’élève à plus de 9300 tonnes d’équivalent carbone, soit environ 1,3 tonne émise par étudiant chaque année. La majorité de cette somme vient de la troisième année à l’étranger -oui vous savez, l’année ou on essaye de fuir le plus loin possible- avec plus de 7700 tonnes. Pour apaiser ce bilan, plusieurs pistes sont envisagées: la compensation, par des projets négatifs en émission, ou la réduction directe, par le choix du train pour les destinations européennes par exemple. C’est le fameux plan de remboursement que tout élève partant en Europe est susceptible d’accepter: se faire payer pour moitié les tonnes de CO2 évitées si l’on décide de voyager en train plutôt qu’en avion. En fait, choisir entre rapidité ou convivialité. Les projets de compensations sont quant à eux au nombre de trois principaux, dont Lighting a Billion Lives qui apparait comme le plus emblématique. Au nom poétique s’il en est, il permet de rattacher SPE à des groupes plus important. De fait, ce projet est porté par le Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Évolution du Climat (GIEC) et le TERI (The Energy and Resources Institute), un institut de recherche indien. Il ambitionne de créer un partenariat entre la France et l’Inde par la vente de lampes solaires pour éclairer les villages pauvres de la péninsule. Chaque étudiant pourrait compenser ses émissions par l’achat d’une lampe (pour un prix modique de 35€), et participerait de fait à l’établissement d’un développement durable, et ce à l’autre bout du monde. Il est également à noter prochainement l’organisation d’une Semaine du Développement Durable, du 4 au 8 avril. LaPéniche sera là pour vous informer rapidement de l’événement.
Il reste de toute cette institutionnalisation une impression que l’administration délègue une bonne partie de sa responsabilité environnementale à des étudiants. Détachée de la FNSP sur le plan structurel, SPE permet de montrer une belle image de notre institut à l’extérieur. Sous le contrôle de la Commission Paritaire pour tout projet, toute initiative qui nuirait à l’image de l’IEP peut être tout simplement rayée de la carte. C’est un drôle de jeu, entre image et action durable.
Ces trois associations forment un socle écologique à Sciences Po, solide ou fragile selon les opinions. Ainsi, le dieu trinitaire de l’écologie est bien trois en un : plusieurs objectifs prioritaires mais un seul thème : montrer qu’un autre monde est possible. Ce but passe par des actions individuelles ou collectives, à l’échelle de Sciences Po voire à l’échelle mondiale. L’épée politique, le maçon vert et le bras moussu ont donc de nombreux combats à mener et d’autres causes à défendre.
Illustrations: logotypes officiels, dessins par Lucie Huber et Laure Duhesme
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En ces temps d'élections syndicales, LaPéniche.net se propose d'établir un bilan extérieur et objectif de l'action des syndicats de l'ensemble des sessions du Conseil de Direction et de la Commission Paritaire lors de l'année 2010. Ces deux organes sont tout simplement les plus importants pour nous, étudiants, tant au vu de leur forte représentativité (huit élus chacun, soit environ la moitié des membres) lors de la prise de décision, que du corps électoral potentiel (l'ensemble des élèves). Il faut savoir que la Commission Paritaire a une compétence largement consultative, mais c’est au sein de cette dernière que sont préparées et soumis les principaux projets qui animent la scolarité à Sciences Po, avant que ces derniers soient votés définitivement en Conseil de Direction, organe situé au sommet de l'IEP de Paris. D'emblée, nous précisons que cet article se concentre principalement sur les votes effectifs du Mouvement des Étudiants (Met) et l'Union Nationale des Étudiants de France (UNEF), chacun disposant respectivement de deux et de cinq élus dans les deux instances, le dernier étant occupé par Interzaide-Fac Verte. Une plongée en eaux troubles s'annonce, qui abordera les principaux points décidés durant cette année 2010. Embarquez, la Péniche sort son périscope!]]>
En ces temps d’élections syndicales, LaPéniche.net se propose d’établir un bilan extérieur et objectif de l’action des syndicats de l’ensemble des sessions du Conseil de Direction et de la Commission Paritaire lors de l’année 2010. Ces deux organes sont tout simplement les plus importants pour nous, étudiants, tant au vu de leur forte représentativité (huit élus chacun, soit environ la moitié des membres) lors de la prise de décision, que du corps électoral potentiel (l’ensemble des élèves). Il faut savoir que la Commission Paritaire a une compétence largement consultative, mais c’est au sein de cette dernière que sont préparées et soumis les principaux projets qui animent la scolarité à Sciences Po, avant que ces derniers soient votés définitivement en Conseil de Direction, organe situé au sommet de l’IEP de Paris. D’emblée, nous précisons que cet article se concentre principalement sur les votes effectifs du Mouvement des Étudiants (Met) et l’Union Nationale des Étudiants de France (UNEF), chacun disposant respectivement de deux et de cinq élus dans les deux instances, le dernier étant occupé par Interzaide-Fac Verte. Une plongée en eaux troubles s’annonce, qui abordera les principaux points décidés durant cette année 2010. Embarquez, la Péniche sort son périscope!
De nouveaux Masters : Governing the Large Metropolis, l’École des Relations Internationales et le Master Development and Practice
Le Master en Stratégie Territoriale et Urbaine (STU) accueille à partir de cette année un petit frère. Son nom? « Governing the Large Metropolis ». Master entièrement en anglais, celui-ci a pour objectif de capitaliser sur le succès de son grand frère, né il y a cinq ans, qui a su répondre à une demande forte de la part de responsables locaux d’un savoir faire pluridisciplinaire regroupant politiques publiques et gouvernance du territoire. De douze étudiants la première année, il y en a une centaine aujourd’hui. Sciences Po veut voir plus grand avec ce nouveau venu, en l’orientant vers un marché international et non plus strictement français ou européen. Fruit de l’expérience, il se veut volontairement ambitieux, en proposant à des villes de plus de huit millions d’habitants « des spécialistes de politique publique au sens large du terme, qui travaillent avec des acteurs publics, privés et associatifs et qui prennent au sérieux cette dimension de comment on travaille sur le politique » pour Patrick le Gales, un des responsables du programme. Des accords ont pu être signés avec de très grandes villes comme Shanghai, Tokyo, New Delhi, Chicago, New York, São Paulo, Rio ou Cape Town. Le choix d’un master entièrement en anglais veut répondre à des exigences internationales et former des étudiants au mieux dans un monde ultra-compétitif. Les votes en Conseil de Direction et en Commission Paritaire ont été semblables: le Met a voté pour ce projet, tandis que l’UNEF, bien que n’étant pas réticente à la création de ce master, s’est opposée sur le niveau d’anglais C1 demandé à l’entrée, faisant valoir « qu’un étudiant non anglophone ne choisirait pas un master en anglais » et qu’ainsi cette exigence représentait une sorte de barrière à l’entrée.
C’est au cours de cette année qu’a été créée l’École des Relations Internationales (Paris School of International Affairs, PSIA, en anglais) présidée par Ghassan Salamé. École bilingue, qui compte à la fois des cours en anglais et des cours en français, cette École des Affaires Internationales cherche à « restituer à Sciences Po {la matière des Affaires Internationales à} la place qui a toujours été la sienne », et par là même, de hisser Sciences Po au niveau des grandes universités du monde entier. Cette École comporte en elle-même plusieurs masters différents tels que Master Sécurité Internationale, ou le Master in International Development… La création de cette École des Affaires Internationales a reçu un avis favorable à l’unanimité au cours de la Commission Paritaire, tandis qu’elle a ensuite été votée, aussi à l’unanimité, en Conseil de Direction. C’est à propos de l’admission qu’il y eut plus de débats. En effet, la Commission paritaire a donné un avis favorable sur la résolution portant sur le niveau exigé en Anglais pour être admis à l’École des Affaires Internationales (Niveau C1 du cadre européen de référence des langues), quelle que soit la voie d’admission. Cet avis n’a pas été voté à la majorité, puisque l’UNEF a voté contre, le Met pour, de même qu’Interzaide. De la même façon, en Conseil de Direction, cette résolution a été votée, avec un vote pour du Met et d’Interzaide et un vote contre de l’UNEF. A noter qu’ont tout de même été obtenues des dérogations pour les étudiants du collège universitaire de Sciences Po qui seraient bilingues dans une autre langue que l’anglais. Au sein de cette École des Affaires Internationales a été créé un nouveau master : le Master of Development Practice (MDP). Ce Master est d’abord destiné aux jeunes professionnels, c’est-à-dire des étudiants ayant déjà une certaine expérience professionnelle derrière eux, et qui cherchent à acquérir de nouvelles connaissances et compétences dans le domaine du développement durable (un peu comme un MBA). L’idée est, selon Hervé Crès, d’« essayer d’hybrider en quelque sorte des compétences de conception et d’évaluation de politiques publiques et des compétences liées à des techniques d’ingénieur ». C’est un programme en français, qui se concentre majoritairement sur le développement en Afrique. Ce programme a été approuvé en Commission Paritaire à 7 voix pour, 5 contre et une abstention. L’UNEF a voté contre, le Met pour, et Interzaide pour. En Conseil de Décision, le Master a été approuvé : là encore, l’UNEF a voté contre, le Met pour, et Interzaide aussi.
Un questionnement récurrent : la scolarité
Dans cette catégorie, il nous faut classer le projet de créer un Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) regroupant plusieurs universités, celui des crédits associatifs et enfin la question, très débattue, des droits de scolarité. En prenant un cadre large qui déborde Sciences Po, le Conseil de Direction a adopté dès le 18 janvier 2010, malgré l’opposition de l’UNEF, un accord entre l’IEP de Paris (qu’il faut distinguer de la Fondation Nationale de Sciences Politiques) et Paris V Descartes, Paris VII Denis Diderot pour les universités, l’Institut Physique du Globe et l’INALCO pour les établissements. Il est en effet à souligner qu’un PRES a pour objectif de créer des fédérations approfondies entre des universités, des organismes de recherches, des grandes écoles et des grands établissements tels que l’IEP de Paris, afin de regrouper l’enseignement supérieur en France et les subventions à son égard. Depuis 2006 et sa mise en application politique, des négociations ont été menées et ont aboutit à ce projet, Paris-Cité de son petit nom. Ainsi, des pôles se sont peu à peu constitués dans l’espace universitaire parisien, avec notamment le projet d’un grand rassemblement du Nord de la capitale, le campus Nicolas de Condorcet. Il faut cependant rappeler que Paris-Cité n’exclue en rien les partenariats actuels avec Paris II, IV et VI qui ont débouché sur les doubles diplômes que nous connaissons bien, celui philosophique pour Paris IV et Sciences de la Vie et Sciences Sociales pour Paris VI. Cette structure n’est en rien aussi unifiée que le PRES à venir.
Par ailleurs, un amendement au règlement de la scolarité a été voté à l’unanimité en octobre 2010. Portant sur les crédits associatifs, il stipule que « les étudiants souhaitant s’investir dans un mouvement associatif » {doivent se faire} « connaître en début d’année auprès de la Direction des études et de la scolarité.» Ces étudiants devront ensuite suivre plusieurs cours expliquant le fonctionnement de la vie associative à Sciences Po et destinés à éclairer leur pratique associative. A la fin de l’année, les étudiants devront restituer un dossier présentant notamment la comptabilité de l’association, les différents supports de communication utilisés durant l’année et un bilan moral, sur le modèle de ce qui se pratique déjà pour les associations permanentes. C’est sur étude de ce dossier que la Commission se prononcera sur l’attribution des crédits.
Mais c’est surtout sur la question de l’augmentation des frais de scolarité que le débat a été le plus intense. Le procès verbal du Conseil de Direction du 13 décembre, que LaPéniche a pu se procurer, mentionne un affrontement pied à pied entre Richard Descoings et les représentants de l’UNEF, qui n’acceptent en aucune manière l’augmentation des frais d’inscriptions de l’année 2011-2012. Ceux-ci passent de 8900€ à leur maximum pour l’année 2010-2011, à 9300€ pour le Collège Universitaire, quand ils passent dans le même temps de 12 500€ à 13 000€ pour les Masters, là encore à leur plus haut niveau (plus de 200 000€ de revenus annuels). Cette évolution a suscité beaucoup d’animosité de parts et d’autres, si bien que l’UNEF a refusé de voter durant ce Conseil, avançant que le budget de l’aide sociale évolue de manière beaucoup plus lente que les frais d’inscriptions, tandis que le Met a défendu l’idée d’un gel pour les classes moyennes. L’augmentation (d’environ 4% selon nos calculs), a cependant été adoptée par quinze voix pour, cinq contre et une abstention, justifiée par plus de mixité sociale et de redistribution par Richard Descoings. Il signale à ce propos la rapide progression en nombre des boursiers, passant de 7% en 1999-2000 à 26% en 2010. Le ton se fait néanmoins plus dur lorsqu’il critique la « violence extrême » des tracts de l’UNEF, tout en s’interrogeant « sur l’objectivité des propos qui peuvent être avancés aux étudiants afin qu’ils signent ces tracts. » La Direction s’est finalement décidée à « tenter l’effort » pour porter le taux de redistribution des droits de scolarité des étrangers de 20 à 25%, demande portée par l’UNEF principalement, ce qui a détendue un peu l’atmosphère visiblement électrique de cette dernière réunion de 2010.
En conclusion, LaPéniche vous appelle tous à voter lors des élections syndicales les 8 et 9 février. Good night, and good luck!
Etienne Combier & Eliott Khayat
Photographies: Antoine Genel
Qui dit 63ème Journée Dédicaces dit spéciale dédicace. Interviewée par LaPéniche.net, Anne Hidalgo, première adjointe (PS) à la Mairie de Paris pour l'urbanisme et l'architecture, n'a pas failli à cette (pseudo) règle, en parlant tant dans son parti que dans l'UMP de « ringards ». Avant d'attaquer cette nouvelle brûlante, découvrons sans plus attendre le personnage ainsi que ses attributions politiques.]]>
Qui dit 63ème Journée Dédicaces dit spéciale dédicace. Interviewée par LaPéniche.net, Anne Hidalgo, première adjointe (PS) à la Mairie de Paris pour l’urbanisme et l’architecture, n’a pas failli à cette (pseudo) règle, en parlant tant dans son parti que dans l’UMP de « ringards ». Avant d’attaquer cette nouvelle brûlante, découvrons sans plus attendre le personnage ainsi que ses attributions politiques.
Anne Hidalgo était présente à Sciences Po pour cette Journée Dédicaces pour présenter son livre Travail au bord de la crise de nerf, publié aux éditions Flammarion et co-écrit avec Jean-Bernard Senon, son chef de cabinet. Le sujet est d’actualité: le malaise au travail ainsi que des propositions pour renouveler la vie au travail, la façon de travailler, aujourd’hui marquée par des événements comme la vague de suicides à France Telecom.
D’inspiration philosophique (Simone Veil, Hannah Arendt) mais aussi avec des repères politiques, le livre se veut « à dimension humaine » et propose notamment un changement dans la formation des DRH, « qui doivent avoir une formation incluant le Droit du Travail, mais aussi la sociologie et la philosophie du travail » selon l’ex-inspectrice du Travail. Le livre est « un mélange de témoignages et d’analyses historiques, philosophiques et politiques » pour le chef de cabinet d’Anne Hidalgo.
Mais si elle était présente avant tout en tant qu’auteur, la responsable de la représentation de la région Ile-de-France à Bruxelles a aussi pu répondre aux questions plus politiques de LaPéniche.net, notamment concernant l’affaire secouant le président du conseil régional, Jean Paul Huchon. Anne Hidalgo a assuré sa « solidarité vis-à-vis de Jean Paul Huchon », au cœur d’un recours au Conseil d’Etat concernant la campagne menée par le Syndicat des Transports d’Ile-de-France (Stif) sur la nouvelle offre de transports durant la campagne des régionales en mars 2010. Celle-ci aurait avantagé le candidat socialiste, sortant de deux mandats consécutifs à la région. Le rapporteur public ayant demandé le 3 décembre dernier que le président de la région Ile-de-France soit déclaré inéligible, il appartient au Conseil d’État de suivre ou non cet avis. « J’espère qu’il n’y aura pas de sanction de cette élection, car la campagne incriminée faite par le Stif n’était pas du tout attachée à la personnalité de Jean-Paul Huchon mais informait sur les nouveaux dispositifs en matière de transports, à destination de tous les Franciliens. » a déclaré Anne Hidalgo. Dans le cas contraire, il serait probable qu’un nouveau président soit choisi par les militants PS, ou que l’ensemble de l’exécutif socialiste démissionne en bloc.
Concernant les primaires, autre sujet important du moment, la proche de Martine Aubry affirme qu’« on (les socialistes, ndlr) a fixé un calendrier, il faut s’y tenir. Il ne faut pas un calendrier qui soit organisé pour empêcher ou favoriser tel(le) ou tel(le), c’est très bien comme cela ». Anne Hidalgo se fait cependant plus sévère sur les multiples candidatures déposées récemment, en déclarant que « l’enjeu de l’élection présidentielle devrait amener chacun à relativiser son enjeu personnel ». Réfutant le mot de pacte, qui « n’a jamais été prononcé mais inventé par les journalistes », elle appelle à une « discussion préalable entre ceux qui sont présidentiables (Fabius, Hollande, Delanoë, Royal, DSK, Aubry…) » car « c’est une équipe qui gagne ». Le ton se fait plus dur lorsque la première adjointe déclare que « ce n’est pas obligatoire de se présenter aux primaires. On ne se présente pas aux présidentielles pour prendre date pour la suivante, c’est très ringard en termes de pratiques politiques ». Ça y est, le mot est lâché. Et les cibles sont identifiées : Manuel Valls, Arnaud Montebourg, « des gens de ma génération que j’apprécie beaucoup par ailleurs, des hommes modernes ». Anne Hidalgo veut également calmer le jeu : « ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages que les dés sont jetés, il conserve une capacité à remonter une pente, un vrai talent politique ». Elle rappelle qu’en 2001 ou six mois avant 2007, « les socialistes étaient surs de l’emporter. Il faut que cela nous serve de leçon. L’enjeu pour la France est extrêmement important d’avoir un changement fort de majorité car l’état du pays est désastreux, il faut s’arrêter là pour les Français. »
Si Anne Hidalgo pourrait être décrite comme une « franc-tireuse » au sein du Parti Socialiste, l’adjointe à la Mairie de Paris n’oublie pas de tacler le camp de la majorité présidentielle, notamment sur un sujet qui lui importe particulièrement: les voies sur berges. Le projet socialiste paraît ambitieux sur le papier: une rive gauche complètement fermée à la circulation et consacrée à des activités culturelles et sportives, une rive droite aménagée avec plusieurs feux pour en réguler le trafic, agrémentée elle aussi de plusieurs accès piétons. La rive gauche est tout spécifiquement sujette à de nombreux projets: des îles artificielles, des scènes de concert flottantes et des animations variées ainsi que des infrastructures sportives (terrains de basketball, skate parc…). Les trois thématiques de la nature, du sport et de la culture doivent être mises en avant, cette dernière étant la résultante d’une « demande forte des Parisiens ». L’idée derrière cette volonté de changement est de « reconquérir le fleuve » et d’utiliser au mieux ces quatre hectares en plein cœur de Paris. Et le contre projet de l’UMP, me direz vous ? « Il n’est ni fait ni à faire. » selon Anne Hidalgo, qui regrette que les conseillers UMP soient « dans une approche extrêmement ringarde de la ville, défendant la voiture comme seul moyen de transport ». Même si elle admet que la voiture ne peut pas disparaître complètement de la capitale, la responsable de l’urbanisme à la Mairie de Paris affirme qu’« avec Bertrand Delanoë nous sommes déterminés à faire baisser le niveau du trafic automobile dans Paris, ne serais-ce que pour des questions de santé publique ». Anne Hidalgo va même plus loin dans la critique de ses adversaires au conseil régional en déclarant qu’elle « trouve incroyable que les représentants UMP aillent pleurer à l’Élysée pour se faire câliner par le président de la République de leurs mauvais résultats électoraux. Ils n’ont rien compris à l’évolution de notre ville ».
Résumons donc pour les « ringards ». Chacun en a pris pour son grade, avec sa petite dédicace : PS 1, UMP 1, la balle au centre. Anne Hidalgo montre ainsi son indépendance vis-à-vis de son parti tout en le défendant avec passion.
Ce constat rejoint en quelque sorte l’avis de David Abiker, journaliste web d’Europe 1 et France Info lui aussi présent à cette Journée Dédicaces, qui résume: « la Journée Dédicaces est un bon refuge pour tous ceux qui, plutôt que dépenser de l’argent, veulent dédicacer », le sujet de ces dédicaces n’étant pas objectivement déterminé.
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« Suite à un phénomène extra-terrestre inconnu, les pays précédemment appelés Australie et Nouvelle-Zélande viennent de fusionner en un seul et même continent. Les électeurs de la Zélandie Australe, comme se nomme désormais le pays, sont appelés aux urnes pour l’élection d’un nouveau gouvernement. » De la science fiction ? Certes. Mais tant que ça. Pour preuve: la DAIE vous présente ces deux pays en une conférence. LaPéniche va donc faire de même, et c'est la deuxième étape de notre guide 3A. Ces deux destinations, exotiques par leur distance avec notre chère Europe mais proches par la culture anglo-saxonne qu’elles partagent, sont des plus demandées pour partir en séjour d’études. Et pour cause: des plages à pertes de vue, un désert qui recèle d’innombrables surprises pour l’Australie; des moutons par milliers et un accueil très chaleureux en Nouvelle-Zélande.]]>
« Suite à un phénomène extra-terrestre inconnu, les pays précédemment appelés Australie et Nouvelle-Zélande viennent de fusionner en un seul et même continent. Les électeurs de la Zélandie Australe, comme se nomme désormais le pays, sont appelés aux urnes pour l’élection d’un nouveau gouvernement. » De la science fiction ? Certes. Mais tant que ça. Pour preuve: la DAIE vous présente ces deux pays en une conférence. LaPéniche va donc faire de même, et c’est la deuxième étape de notre guide 3A. Ces deux destinations, exotiques par leur distance avec notre chère Europe mais proches par la culture anglo-saxonne qu’elles partagent, sont des plus demandées pour partir en séjour d’études. Et pour cause: des plages à pertes de vue, un désert qui recèle d’innombrables surprises pour l’Australie; des moutons par milliers et un accueil très chaleureux en Nouvelle-Zélande.
La contrée des All Blacks attire beaucoup mais n’accepte que peu d’élus. 6 places en tout et pour tout, réparties entre l’Auckland University (avec 4 places), et la Canterbury University à Christchurch (avec 2 places) (lien DAIE). S’ajoute à cette pression la coupe du monde de rugby organisée, je vous le donne en mille, en Nouvelle Zélande du 9 septembre au 23 octobre. Il faut quand même savoir, bonne nouvelle s’il en est, que le nombre de places a été doublé depuis l’année dernière. Pas le droit de se plaindre donc. Concernant l’IELTS, il vous est demandé d’avoir 6 de moyenne et pas moins de 5.5 dans chacune des parties du test pour intégrer l’Auckland University (6 et pas moins de 6 pour la Canterbury), sauf le département Education qui vous demandera une moyenne de 7 et pas moins de 6.5 (7 et pas en dessous de 7 pour la Canterbury) dans les quatre sous-sections, les « sub ». Vous l’aurez compris, la Nouvelle-Zélande et son haka moutonneux se mérite.
L’Australie quant à elle peut se targuer de proposer entre 70 et 90 places avec, s’il vous plait, le « Group of eight », la « Ivy League Australienne ». Derrière ce nom à peine pompeux donné par la DAIE et la responsable Australie Nouvelle-Zélande et Inde Régine Serra se cache en réalité de nombreuses universités prestigieuses. Au total, le pays où les kangourous sont deux fois plus nombreux que les habitants présente 9 universités, seule la Griffith University à Brisbane ne faisant pas partie des fameuses eight. De Perth à Brisbane en passant par Sydney, la diversité sera de mise avec ces universités toutes plus différentes les unes que les autres (lien DAIE). S’ajoute une dixième université, la University of Tasmania, spécialisée sur l’environnement et les relations internationales, avec deux places disponibles cette année.
Si l’on devait retenir deux universités dans cet inventaire, la Sydney University ainsi que la Monach University seraient de bonnes candidates. La première se situe au cœur de Sydney, dans un immense campus à l’américaine. Atteignant le top 10 mondial des universités en sciences sociales, elle se révèle aussi être une des universités les plus exigeantes (avec University of Queensland à Brisbane) sur les notes demandées pour l’intégrer. Sa particularité ? Ses superbes bâtiments construits selon le modèle d’Oxford, qui en feront rêver plus d’un(e). La Monach University quant à elle, située à Melbourne mais ayant aussi d’autres campus à Kuala Lumpur (Malaisie) et à Johannesburg (Afrique du Sud), atteint de même les meilleurs classements mondiaux. Elle tire sa particularité précisément de son éparpillement à travers les océans qui assure aux étudiants admis de côtoyer, en plus des Australiens, d’autres nationalités venues de plusieurs continents.
Mais vous vous en doutez, être admis dans ces universités renommées a un prix intellectuel relativement important. Tout d’abord, l’ensemble des universités demandent une moyenne d’environ 13-14 pendant votre 1A, avec une note plus proche de 14 pour la Sydney Uni et l’University of Queensland. Concernant l’IELTS, l’ensemble des universités demandent une moyenne de 6.5 et pas moins de 6 dans les « subs ». Cependant, il ne faut pas vous auto-censurer si votre moyenne est de tout juste 12 ou 13, ou si vous avez raté une de vos sous-sections de l’IELTS. L’université de Griffith accepte en effet avec 0.5 de moins (6 de moyenne et 5.5) tandis que la Western Australia et la Melbourne University acceptent les « petits canards de l’IELTS » si vous acceptez de prendre un cours de langue anglaise durant le premier semestre.
Tant sur l’Australie que sur la Nouvelle-Zélande, il faut noter une chose importante: les notes demandées à l’IELTS ne sont que des seuils. Aucune préférence ne sera accordée à celui qui aura obtenu un 7.5 comparé à celui qui a eu 6.5, tous les deux pourront être admissibles. Le choix se fera sur la cohérence de votre projet, comme sur beaucoup de destinations. Un conseil: être réaliste vis-à-vis de vous-même et de votre projet. Sur ces deux destinations, vous devez mesurer votre capacité à vous éloigner pendant une période de temps conséquente et sans moyens de communications immédiatement accessibles, contrairement à ce que l’on pourrait penser d’un pays « occidentalisé ».
En résumé, le pays des kangourous ou celui des moutons n’en forment réellement qu’un seul: la Zélandie Australe. Malgré la concurrence et les notes demandées, cette terre à l’autre bout du monde ne demande qu’à être découverte et parcourue avec la soif de l’aventurier, la faim du renard du désert mais aussi la patience du berger. Êtes-vous prêts à relever le défi ?
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