Elsa Cardona – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Wed, 09 Mar 2016 13:34:03 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Elsa Cardona – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 LE MAG – Les trois romans à acheter pendant la Journée Dédicaces https://www.lapeniche.net/les-trois-romans-a-acheter-pendant-la-journee-dedicaces/ Sat, 06 Dec 2014 09:00:01 +0000 http://lapeniche.net/?p=24913 On est en semaine 13, vous passez votre temps au sous-sol du 30 à apprendre vos arrêts de droit administratif ou à écrire sur la gestion économique des territoires et vous n’en pouvez plus. Heureusement c’est bientôt Noël, ses guirlandes, ses gâteaux en pain d’épices et ses cadeaux sous le sapin. Les cadeaux…? Les cadeaux !! Avec tout ce rush, vous avez oublié d’aller en acheter et vous allez vous retrouver le 25 au matin à vous faire traiter d’ingrat(e). Rassurez vous, la Péniche a pensé à vous. Ce samedi, c’est la 67ème Journée des Dédicaces organisée par le BdA, et vingt-huit auteurs seront présents pour dédicacer leur dernier roman. On a lu pour vous Oona & Salinger de Frédéric Beigbeder, L’amour et les forêts d’Éric Reinhardt et Charlotte de David Foenkinos.

Le livre à offrir au tonton qui se tape une fille trop jeune pour lui

Oona & Salinger, Frédéric Beigbeder – par Elsa Cardona

New York, 1940. Jerry Salinger, 21 ans, tombe amoureux d’Oona O’Neill, 15 ans, première “it-girl” de Manhattan et fille du plus grand dramaturge américain de l’époque. Leur passion fut courte, l’attaque de Pearl Harbor sonnant le départ de Jerry pour combattre en Europe et celui d’Oona pour Hollywood. Mais plus que le récit de cette amourette au demeurant peu originale, Oona & Salinger, c’est l’histoire de l’avant-guerre insouciant des clubs enfumés new-yorkais, de combats sanglants et sans merci sur les côtes normandes, et de l’indifférence hollywoodienne. C’est le genre d’histoire d’amour où les deux protagonistes sont plus intéressants loin de l’autre. Parce que Salinger a libéré des camps de concentration et ne s’en est jamais remis, et parce que l’homme de la vie d’Oona, celui avec qui elle se maria et eût beaucoup d’enfants, c’est Charlie Chaplin, de 36 ans son aîné. La différence d’âge et les relations scandaleuses sont des thèmes récurrents chez l’auteur, et on retrouve facilement l’humour 99F qui l’a fait connaître du grand public. Mais l’intérêt du roman ne réside pas là: il est dans le récit de la guerre et du Débarquement à travers les yeux d’un jeune écrivain américain un peu complexé et pas encore célèbre.
Attention: si vous n’aimez pas Beigbeder, ce n’est pas ce livre qui vous fera changer d’avis. Le héros de ses romans, c’est quand même lui. Cette fois-ci, néanmoins, ses illustres personnages lui font de l’ombre, et quand on lit les lettres (imaginées) de Salinger à Oona, qu’on rencontre Truman Capote ou Hemingway au détour d’un bar et Chaplin à Beverly Hills, on en vient comme lui à se dire que “si cette histoire n’était pas vraie, je serais extrêmement déçu”.

Le livre à offrir à cet(te) ami(e) qui se plaint sans arrêt

L’amour et les forêts, Eric Reinhardt – par Léa Catala

Il était une fois, à Metz, une femme d’une quarantaine d’année, prof de français, mariée, deux enfants, et malheureuse. À Paris, un écrivain désabusé suite au succès de son nouveau livre (Éric Reinhardt lui-même) reçoit une langoureuse lettre d’admiration. C’est suite à cette lettre qu’ils vont se rencontrer. Leur premier rendez-vous est placé sous le signe de la littérature mais c’est seulement lorsqu’ils se revoient que le lecteur comprend qui est véritablement Bénédicte Ombredanne, cette femme si belle et si idéaliste.
L’amour et Les forêts, c’est l’histoire hyperréaliste d’une héroïne pas très héroïque qui mène une vie qui ne la rend pas heureuse. Mariée pour correspondre aux normes sociales avec un homme qu’elle n’aime pas, malheureuse, battue, elle montre aussi bien sa force et son courage que son désespoir à travers le récit de son existence. Sa vie platonique et vide de sens va basculer grâce à la littérature, une émission de radio et le profil d’un autre homme sur Meetic : Bénédicte Ombredanne, c’est un peu Emma Bovary version 2014. Un roman à acheter, à offrir, et à se faire dédicacer tout de suite !

Le livre à offrir à votre petite soeur en 1ère L

Charlotte, David Foenkinos – par Marie Zafimehy

Prix Renaudot et Goncourt des lycéens, Charlotte est le treizième roman de David Foenkinos. Il retrace la vie de la peintre Charlotte Salomon et son destin tragique de génie incomprise, dans un style fluide et léger. Après chaque phrase, il passe à la ligne comme pour aérer ce récit si lourd à porter. Jeune fille juive qui grandit dans l’Allemagne nazie, elle atteint l’âge de vingt-six ans, enceinte, lorsqu’elle est déportée et internée dans un camp. Lorsqu’elle réalise ce à quoi elle est destinée, elle écrit une autobiographie, Vie ? Ou Théâtre ?, matière première de l’œuvre de Foenkinos. Il décrit tout au long de son roman son obsession pour la peintre, pour ce personnage fascinant, qui a littéralement bouleversé sa vie. Un fantasme qui finit par déteindre sur le lecteur.

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Blogbusters #6 : Spécificités indigènes https://www.lapeniche.net/blogbusters-6-specificites-indigenes/ Wed, 10 Apr 2013 16:11:30 +0000 http://lapeniche.net/?p=6240 Cette semaine, on part d’un constat hyper novateur : la France et l’étranger, c’est pas pareil. Coline nous explique qu’en Thaïlande, les uniformes et les coiffures sont… différents, Lucie nous assure que les Australiens sont relous (en fait non), et surtout, ce qui est plus curieux, Mathieu nous donne sa théorie sur le fait qu’en Afrique, le temps ne passe pas à la même vitesse.

Coline à Bangkok

En arrivant dans mon programme de design, j’étais très excitée par la perspective de rencontrer des étudiants artistes. Je m’imaginais qu’ils seraient tous habillés comme les étudiants japonais de l’Esmod en bas de ma rue à Paris qui aiment les pantalons à une jambe en cuir, les manteaux en dalmatien, et les chapeaux en fruits décomposés. Kelly, la biatch qui sommeille en moi, avait hâte d’avoir une bonne raison de porter tous les habits à paillettes et à motif animal que je collectionne depuis trop longtemps. 
Ce que j’avais oublié, c’est que le port de l’uniforme est obligatoire.
Ce fait regrettable aurait pu freiner toute la créativité des étudiants du programme. Heureusement, ils ont trouvé une astucieuse parade: leurs coiffures. Une bonne partie du département se teint les cheveux; cependant, ils ne le font pas entièrement: il faut se teindre uniquement en partie. Les moins téméraires font les pointes ou la frange; les caïds de l’école font les trois quarts, avec, pour certains qui me font presque peur dans les couloirs, une couleur différente de chaque coté. Les coloris se doivent d’être fluos et de jurer autant que possible avec leurs cheveux sombres (Personnellement, j’ai une petite préférence pour le bleu et le rose). Pour vraiment se faire respecter, il faut changer de couleur très fréquemment. Au début, je trouvais ça plutôt rigolo. Maintenant, je trouve que ça surpasse complètement tout ce qu’ont pu inventer les japonais de l’Esmod. Finalement, j’ai décidé de devenir moi aussi un caïd dans mon département. Je n’ai plus qu’à skyper mes parents.

Lucie à Brisbane

J’ai remarqué que (parce qu’il faut bien dire que telle Claude Levi-Strauss -en plus bonnasse quoi tsé-, j’observe pour vous ces pauvres primates d’Australiens) NON, les Australiens ne sont pas gentils. (Alors là, c’est cool, je me contredis moi même complètement, cf. le premier article où je pleure d’émotion parce qu’un chauffeur de bus ne m’a pas fait payer. Pauvre fille). Mais en fait voyez-vous, j’ai réfléchis (hum) pendant ces quelques mois et je me suis dis qu’en arrivant à Paris (Ooooh Paris, tes boulangeries qui sentent le croissant -j’aurais pu dire surimi pour la rime-, ton métro qui sent le clodo, tu me manques) j’étais aussi tombée sur des gens supers sympas, qui m’avaient aidée à porter mes courses, mes valises, qui m’avaient guidée, souri (oui alors votre délire sur le parisien qui fait la gueule en prend un coup par la même occasion, hahaha je vous martyrise ce soir). Ainsi donc la grande philosophe devant l’éternel que je suis va vous apporter cette conclusion époustouflante : en fait, euh, tu vois, bah y a des gens gentils partout, mais euh, y a aussi des méchants quoi. Je ne sais pas d’où sort la légende que les Australiens sont tous des bisounours, ça vient peut-être du fait qu’ils demandent toujours comment tu vas (mais je le répète, c’est une forme automatique de politesse, ils s’en battent les reins), où bien du fait qu’ils te laissent toujours traverser au passage piéton quand il n’y a pas de feu (AMOUR), mais en tout cas ils sont juste…normaux. Ils font la gueule le matin, ils parlent fort au téléphone dans le bus, ils n’aident pas à porter les sacs, ils ne retiennent pas mieux ton prénom, ils ne mangent pas que de la Barbe-à-papa rose et leurs maisons ne sont pas des champignons enchantés. Je dirais plutôt qu’ils sont plus polis (il faut toujours saluer, remercier, sourire, s’excuser) ce qui m’amène à mon titre : ils sont RELOUS. Parce que oui, ils sont polis, mais je dirais plutôt obsédés par la politesse (genre si tu dis pas bonjour à quelqu’un c’est grosso-modo comme si tu lui crachais au visage – quasi sans exagération). Et ils sont aussi obsédés par les règles. Du style : un ami à moi (oui j’en aiiii enfin ils font semblant quoi sinon je les poursuis en pleurant) a voulu envoyer un colis, son colis pesait QUATRE grammes de plus que le colis de base, il a donc dû payer pour celui de la gamme au-dessus. Autre exemple, en prenant le train je me suis fait engueuler par un contrôleur car mettre ses pieds sur le siège est interdit – mes pieds étaient sur mon sac posé sur le siège. S’il avait été d’une humeur encore plus massacrante j’aurais dû payer 200$. Je ne pense pas que ce soit quelque chose que l’on ressent en étant backpackers (en travaillant tout en voyageant, passant d’une auberge de jeunesse à l’autre) parce que dans ses cas là on doit vraiment baigner dans une ambiance coolos, en mode « je travaille quand j’ai plus de sous, je fais ce que je trouve, j’arrête quand je veux » ; mais en étant étudiante (et salariée ! Oooooh pauvre enfant) on le voit tous les jours. Un dernier exemple pour vous faire rêver ? Interdit de faire du vélo sans casque (enfin ça je pense que c’est plutôt un petit kiffe des autorités qui se marrent bien à matter le look magnifique que donne un casque à vélo).

EDIT: je suis bien obligée, pour sauvegarder mon intégrité journalistique (hum), de rajouter une conclusion à cet article qui serait « ne m’écoutez pas je raconte n’importe quoi ». Après un mois de vadrouille hors de Brisbane, j’aime ces bisounours d’Australiens, qui te prennent en stop, t’invitent chez eux et sont sincèrement intéressés par le sort d’autrui. Et ce que j’ai pris pour une relouite aïgue est en fait une incompréhension totale, puisqu’ils n’imaginent tout simplement pas que quelqu’un n’ait pas envie de sourire ou de s’enquérir de leur santé, et encore moins de désobéir à une règle qui a été instaurée pour leur bonheur à tous. Evidemment j’exagère encore une fois, mais mon sentiment définitif est que nous avons quelque chose à apprendre de ces énergumènes du bout du monde qui donnent sans réfléchir. Alors oui blabla y a des relous partout mais JE VOUS LOVE LES BISOUNOURS.

Mathieu à Yaoundé

« – Mon commandant, nous sortons de l’hyperespace…mais les senseurs s’affolent !

– Qu’y a-t-il lieutenant ?

– Il semblerait que nous soyons entrés dans…une autre dimension du temps.

– Damned, quel est le nom de ce système ?

– C’est l’Afrique mon commandant »

Un séjour en Afrique est obligatoire pour tout amateur de science-fiction. Amoureux des paradoxes temporels et de questions métaphysiques, vous vous sentirez ici chez vous. Ici, le temps ne coule simplement pas du tout comme en Europe.

Disons qu’en Europe le temps coule de manière imperturbable, et notre vie lui est largement soumise : rendez-vous à telle heure, train à telle heure, cours à telle heure. La course contre la montre est perpétuelle. L’Homme est soumis au temps. (Insérer ici d’autres expressions bateau sur le temps qui file et qu’on ne rattrape jamais.)

On peut résumer le mode de vie occidental à ça : être la biatch du Temps.

Mais en Afrique, le Temps est ta biatch.

Le temps ne s’écoule en effet que par rapport aux actions que tu accomplis, c’est une matière inerte qui ne bouge pas quand tu glandes, ce qui est l’occupation d’une bonne partie de la population ici, et que tu forges à ton envie dès que tu entreprends une action. On mesure le temps à l’aune du lien social que l’on créé. Je ne consulte quasiment jamais d’horloge ici. Cette perception du temps complètement individualiste s’étend à toute l’activité humaine.

Erreur du débutant quand on monte dans un car ici : « A quelle heure le car part ? ». Le chauffeur va vous jeter ce fameux regard de « ils sont fous ces blancs » et vous répondre en haussant les épaules : « Ben quand il sera plein non ? ». Idem pour une réunion ou toute autre forme de rassemblement. La réunion commence quand les gens sont là, l’horaire fixé sur les invitations tient surtout lieu de vernis.

On peut croire que dans le milieu universitaire dans lequel j’évolue la mise en place d’horaires est obligatoire pour assurer un fonctionnement efficace de l’institution. Que nenni. Il est plus facile de trouver les employés de l’administration en train de boire une bière que dans leurs bureaux. Les cours commencent avec une demi-heure à une heure de retard sur les horaires fixés. Quand le prof annonce une pause de quinze minutes, il faut traduire en « tu peux aller discuter avec une personne et avaler une bière, mais pas deux ».

Cette perception du temps est particulièrement frustrante pour l’européen fraichement débarqué. « Ils sont paresseux ! Toujours en retard ! Bordel j’en ai marre d’attendre ! ». C’est juste qu’ils sont pas stressés de la vie comme toi jeune con de moi-même d’avant. Et c’est vrai que depuis cinq mois, je n’ai plus cette angoisse sourde du temps occidental, celle de « mon train de 07h49 à la gare de Versailles Chantiers et merde si je le loupe le prochain direct pour Montparnasse est à 8h14 devrais-je passer par Saint Lazare peut être ? ».

Alors il faut être prêt à attendre, et beaucoup. L’appréciation de « l’heure camerounaise » est essentielle pour survivre lorsque vous avez un rendez-vous. Si on vous dit « je suis là », vous pouvez vous caler et prendre une bière pour la prochaine demi-heure. La bière est d’ailleurs une unité temporelle bien plus fiable que les minutes ou les heures. La patience est une qualité indispensable pour ne pas péter une durite chaque jour. Eduqué à la schlag et dans l’amour de la ponctualité, il m’a fallu un peu de temps pour m’adapter.

Mais parfois, il est indispensable de retrouver quelqu’un à une heure précise. Comment procéder alors ? La réponse m’a été donnée par cet homme d’affaires camerounais, que je vois dans la rue donner des instructions à celui qui semble être son assistant.
« – Demain, à 14h ici…heure du blanc hein ! »

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Lis Tes Ratures, ou comment briller en société avec Nabokov https://www.lapeniche.net/lis-tes-ratures-ou-comment-briller-en-societe-n7/ Tue, 09 Apr 2013 12:28:48 +0000 http://lapeniche.net/?p=6221 tumblr_m5ip2i5TFm1r48yb9o1_500-300x225

Vous êtes convié à un dîner mondain chez des amis germanopratins. Installé, vous réalisez que les convives parlent fort et s’invectivent, disputant le bout de gras, ainsi que le prochain Goncourt. Anxieux que vous êtes de faire bonne figure, vous ne parvenez malheureusement pas à en placer une, vos maigres souvenirs du dernier Stendhal étant anéantis par les cent cinquante pages de droit ouzbek que vous avez ingurgitées la veille, entre autres réjouissances. L’angoisse de la discussion blanche ?

A l’aventure littéraire, avec La Péniche… et avec Lolita, le roman de Vladimir Nabokov !

 

  • Lolita, de Vladimir Nabokov (1955)

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Tout le monde connaît l’histoire de Lolita. Ne serait-ce que grâce au très beau film de Kubrick. Roman scandaleux s’il en est, il met en scène Humbert Humbert, intellectuel européen « nympholepte » (ou, moins poétiquement, pédophile) et sa passion obsessionnelle pour la jeune Dolores Haze, qu’il surnomme Lolita. « It was love at first sight, at last sight, at ever and ever sight » (oui, je fais partie des insupportables snobs qui vous expliquent que « la traduction est pas mauvaise en soi, mais franchement, ça vaut pas le style de Nabokov. Nan, si tu peux, lis-le en version originale, ça change complètement ta perception du bouquin. »).

Le roman est présenté sous la forme des confessions d’Humbert Humbert, qu’il aurait écrites en prison avant son procès pour meurtre. Il y raconte son enfance, ses relations avec des filles, puis avec des femmes, jusqu’à son arrivée à Ramsdale en Nouvelle Angleterre, où il décide de loger chez les Haze à cause de son attirance pour Lolita, la petite fille de la maison. Peu de temps après, il se marie avec sa mère, qu’il aime à surnommer la « grognasse ». Celle-ci finit par découvrir le journal de HH, et y lit des diatribes dégoûtées qui la concernent, mais surtout ses envolées lyrico-érotiques sur sa fille. En s’enfuyant de chez elle pour aller dire la vérité sur son mari, elle est renversée par une voiture et meurt sur le coup.

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C’est là que commence la relation entre Lolita et Humbert, qui a plus de trois fois son âge et est désormais son tuteur légal. Ce n’est pas une histoire d’amour, pas vraiment. HH est fou amoureux de la jeune fille, certes. Quand il se marie avec sa mère, Lolita a le béguin pour lui, oui. Elle accepte d’avoir des relations sexuelles avec lui, par provocation, peut-être ? Mais c’est bien l’histoire d’une petite fille abusée, aussi provocante soit-elle, qui nous est dépeinte.

La première fois que j’ai lu Lolita, et alors que j’avais encore l’âge d’être une nymphette, j’ai été absolument fascinée. C’est seulement à la relecture que j’ai vraiment compris pourquoi. Il n’y a dans Lolita ni pornographie ni moralité, Nabokov ne veut rien nous apprendre sur la perversité de la nature humaine ou l’atrocité de la pédophilie. Ce qui trouble le plus est la subjectivité de la narration. On se prend, notamment dans le début du livre, à apprécier Humbert Humbert, à avoir de l’empathie pour lui, presque. Lolita le provoque, le séduit, le contrôle, elle était amoureuse aussi ? Et puis on finit par s’apercevoir qu’on n’a qu’une version, celle d’Humbert. Et la manipulation est complète. Son ton ironique et plein d’autodérision, les mots compliqués qu’il utilise nous détournent des horreurs qu’il raconte. On aime mépriser avec lui la vulgarité de l’Américain(e) moyen(ne), on aime lire ses descriptions mélancoliques de Lolita, adolescente insolente, insouciante mais pas toujours innocente, on aime sourire à ses nombreux jeux de mots.


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Humbert utilise la langue pour persuader, séduire son lecteur, lui faire comprendre son point de vue, et ultimement se rendre sympathique. Enfin, on ne pourra pas lui enlever qu’il nous avait prévenus dès le fameux (et fabuleux) incipit du roman : « You can always count on a murderer for a fancy prose style ».

Elsa Cardona.

 

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EELV à Sciences Po, un développement fait pour durer https://www.lapeniche.net/eelv-a-sciences-po-un-developpement-fait-pour-durer/ Fri, 05 Apr 2013 13:43:05 +0000 http://lapeniche.net/?p=6021 Créé en 2010 après la fusion d’Europe Ecologie et des Verts (au départ rassemblés pour les élections européennes de 2009), Europe Écologie Les Verts est un parti à part, sur l’échiquier politique français comme dans le panorama sciencespiste. C’est pour faire un état des lieux que je rencontre, autour d’un jus de pomme (bio, bien sûr) Brice Roinsard, coresponsable du Parti.

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Un parti centré sur la réflexion et l’autoformation

« Réfléchir sur l’écologie politique, c’est nouveau, on est en train de construire quelque chose ». C’est la grande différence entre EELV et la plupart des autres partis présents à SciencesPo. Les membres ont donc décidé de limiter leur ambition pour se concentrer sur la sensibilisation interne et l’auto-formation. Ils organisent donc des réunions et discussions plutôt informelles sur les grandes thématiques de l’écologie politique.
« Parfois on va prendre un auteur, comme Ivan Illich ou André Gorz, et on en discute, tout simplement pour se former. Il n’y a pas de rendu particulier, c’est vraiment pour nous. » Ils discutent également des grands thèmes autour d’articles de presse et de leurs propres propositions, sur les alternatives économiques que propose l’écologie, l’écologie sociale, ou même l’écologie américaine. « Un de nos membres est en master d’histoire sur l’histoire de l’écologie, donc ses analyses sur les racines de l’écologie nous aident beaucoup ». Une autre question fondamentale, bien évidemment, est le lien entre démocratie et écologie, la question institutionnelle. « La démocratie, ça se fait à court terme, alors que l’écologie c’est une réflexion à long terme. C’est un de nos sujets de discussion les plus importants. »

Un parti peu visible mais pas pour autant peu actif

« C’est vrai » concède Brice quand je l’interroge sur le manque de visibilité du parti. Ils ne sont qu’une quinzaine de véritables militants et une soixantaine de sympathisants, ce qui n’est pas énorme. Ils n’ont pas non plus d’équipe de communication particulière, et se concentrent d’ailleurs sur la communication interne. « Notre priorité, c’est la formation politique des militants ». C’est donc à la fois un phénomène subi par manque de membres et un choix. « On n’est plus dans une période électorale, alors on se recentre sur nous et on essaie de se constituer un socle d’idées, de pensée ».
Ils font donc parti du collectif d’associations et projet de réflexion Université Alternative, et organisent de nombreuses conférences.

Ils ont par exemple invité Thierry Salomon, président de l’association négaWatt : http://www.negawatt.org/ (qui milite pour la réduction de notre consommation énergétique), pour débattre de scénarios de sortie du nucléaire. La semaine dernière, ils ont également participé à un débat sur l’Europe et à la journée des gauches, ce qui leur permet quand même d’avoir une certaine visibilité au sein de l’école. Leur prochain projet est d’inviter Denis Baupin, vice président de l’Assemblée Nationale et député EELV de la 10ème circonscription de Paris, qui sort un nouveau livre sur la révolution énergétique.

EELV/Sciences Po Environnement, même combat ?

« On partage des thématiques, bien sûr, mais nous on s’occupe vraiment du côté politique ». Ils sont certes très en lien avec le milieu associatif, et certains des membres d’EELV Sciences Po sont membres de Sciences Po Environnement, P.A.V.é.S ou encore des Jeunes Ecologistes mais Brice insiste bien sur le fait qu’il s’occupent de la face politique de l’écologie. Ils ont donc été invités à la Semaine du Développement Durable mais n’en étaient nullement les organisateurs. Et d’ajouter que Sciences Po Environnement est apolitique et très en lien avec l’administration : leur but est de promouvoir le développement durable au sein de Sciences Po. Même objectifs, entre autres, mais pas même combat donc.

La vitrine d’EELV à Sciences Po

Un des buts principaux de l’association est donc de faire la passerelle entre les étudiants et les élus EELV. Ils ont par exemple récemment invité Laurence Abeille (députée EELV de la VIème circonscription du Val de Marne) pour discuter avec elle de manière informelle du travail parlementaire.
Leur but est également de démontrer comment les écolos peuvent être utiles et avoir des réponses sur toutes les questions. « On a un point de vue sur l’Europe (la PAC par exemple), sur l’économie ou encore la transition énergétique ». Ce dernier est d’ailleurs un thème transversal puisqu’il regroupe le social (comment changer de modèle de société), l’économique (comment adapter le capitalisme aux nouveaux enjeux), l’institutionnel (comment avoir un consensus démocratique), l’indépendance internationale, etc. « Mais tous ces sujets sont difficiles à expliquer, c’est pour ça qu’on fait autant de formation ».

Les militants d’Europe Ecologie Les Verts sont donc encore en pleine formation et sensibilisation à leurs propres idées. Au niveau national, le parti, s’il ne jouit pas d’une côte de popularité exceptionnelle a au moins le mérite d’avoir des membres au gouvernement, et donc de faire entendre ses idées en participant de manière constructive à la politique actuelle. On attend aujourd’hui du parti à Sciences Po une communication à la hauteur de cet enjeu.

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Blogbusters #5 : Clichés éclairés https://www.lapeniche.net/blogbusters-5-cliches-eclaires/ Thu, 21 Mar 2013 16:30:45 +0000 http://lapeniche.net/?p=5237 Cette semaine, nos amis expatriés s’attaquent aux clichés qui concernent leur pays d’adoption (ou voisins). Tandis que Coline nous illustre ses vacances au Vietnam, Vincent nous raconte son passage par les aéroports américains et Lou nous dit tout sur la moustache indienne.

Coline à Bangkok (mais en vacances au Vietnam)

Vincent à Toronto (mais en correspondance à l’aéroport de « New York Newark »)

Enfin, c’est l’aéroport de « New York Newark », mais comme dirait Ania, je ne peux pas me la péter parce que cet aéroport est dans le New Jersey…
Mais New York Newark n’est pas qu’un aéroport, c’est une forteresse.
Alors que ce n’est qu’une correspondance, et que je ne devrais alors ne passer aucun contrôle douanier.
Mais là, si.
J’y ai passé deux heures pour passer trois fois devant les douaniers.
Mais ce ne sont pas des petits rigolos. Chewing-gum en bouche, crâne rasé et chaussures cirées, on n’a pas envie de rigoler.
Surtout que derrière sont affichés des posters avec des slogans du style « Nous sommes là pour protéger l’Amérique et nos valeurs », avec des rapaces par derrière. Bref on se croirait dans un mauvais film.
Pendant deux heures il est interdit d’utiliser son téléphone, son iPod ou même son appareil photo.
Bref c’était la guerre.

Au final, j’aurais dû raconter ma vie, remplir des pré-formulaires, remplir des formulaires, donner toutes mes empreintes digitales, prendre une photo de moi, et donner de mon corps.
Oui j’ai donné de mon corps.
Et là les États-Unis d’Amérique ont tremblé.
Après m’être déshabillé pour la quatrième fois de la journée (enfin les chaussures, la ceinture) et avoir vidé mon sac de tout ce qui est électronique pour la quatrième fois, les USA ont eu peur de moi.
Je suis rentré dans le scanner corporel, et … j’avais quelque chose dans ma poche !

À ce moment-là, trois douaniers m’ont sauté dessus, la main sur la gâchette en me demandant de retirer ce que j’avais dans ma poche dans le plus grand calme.
J’ai mis ma main dans ma poche tout doucement, puis j’ai sorti ce que j’avais : un mouchoir.
Je pensais que l’atmosphère se serait détendue, mais non, parce que mon mouchoir était roulé en boule.
Et donc oui, j’ai du minutieusement ouvrir mon mouchoir afin de prouver qu’il n’y avait pas de bombe dedans.
Bienvenue sur le territoire américain.

Lou à New Delhi

Enfin un post consacré à un sujet qui a largement alimenté l’humour potache de certains avant mon départ en Inde. Car apparemment, dans l’imaginaire collectif, l’Indien porte une moustache. Ce qui m’a valu notamment une carte postale avec la mention « Certifiée sans vannes sur les Indiens moustachus » ou une autre citant les « magiques Contes des Mille et Une Moustaches »!

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Au printemps dernier, alors que je feuilletais Inde – 365 us et coutumes, je tombe sur les lignes suivantes : « Pas de moustachus à Bollywood – Les grandes stars des studios de cinéma de Bombay ont aboli la moustache. Et toute la jeunesse a suivi la mode en bloc contrairement à celle du Sud pour qui les bacchantes sont toujours de bon ton. »
Me voilà rassurée. Comme tout mythe, il y a une part de vérité mais l’exacerbation des faits prend le dessus. L’Indien ne se caractériserait donc pas (plus) par sa moustache. FAUX ! Vous aviez raison. La preuve, en Inde, même le soleil en porte une !

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L’identité de l’homme passe ici par sa moustache, tout comme celle de la femme par le sari. Il y a de ces attributs auxquels il est difficile de renoncer au risque de se sentir nu au regard de l’autre. D’autant plus quand cet attribut n’est pas que coquetterie : la moustache est symbole de puissance, de domination, de virilité. Droite, tombante, retroussée, la moustache est plurielle et jusqu’ici persistante.
Toutefois, l’évolution de la place de la femme dans la société ainsi que l’occidentalisation des mœurs chez les jeunes hommes éduqués jouent probablement un rôle dans l’extinction du port de la moustache.
Il n’en reste pas moins que le record de la plus longue moustache est détenu par, sans surprise, un Indien : Ram Singh Chauhan entretient sa moustache depuis 1982, laquelle atteignait pas moins de 4,29m de long quand elle a été mesurée le 4 mars 2010 !

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(Source Internet)

Néanmoins, le Vieux Continent n’a pas à rougir devant les prestations des participants au championnat d’Europe de la plus belle barbe ou moustache ! (pour ceux qui ne seraient pas tombés dessus)

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