Antoine Moutiez – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 05 Feb 2013 16:05:17 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Antoine Moutiez – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 ESP : l’OVNI de ces élections https://www.lapeniche.net/esp-lovni-de-ces-elections/ https://www.lapeniche.net/esp-lovni-de-ces-elections/#comments Tue, 05 Feb 2013 14:55:51 +0000 http://lapeniche.net/?p=2756 Au début du mois de janvier, un nouveau-venu a fait son apparition dans la vie syndicale traditionnellement tripolaire de Sciences Po. Etudiants pour Sciences Po (ESP) s’est ainsi manifesté aux signataires de la pétition de Etienne Wasmer, professeur de microéconomie en première année, qui appelait à la défense des intérêts de l’institut face au « Sciences Po Bashing » qui agitait les médias. Le syndicat n’avait plus dès lors comme seul mot d’ordre que valoriser les étudiants et leurs opinions sur l’avenir de leur école. Aujourd’hui et demain ESP va voir s’il aura réussi à convaincre les étudiants.

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ESP, outre la défense de la parole des étudiants, se pose en défenseur d’une transparence et d’un rééquilibrage de l’établissement en faveur des étudiants, de l’administration et également des professeurs, mis à l’écart de la médiatisation qui se concentrait de force sur le duo Casanova/Pébereau.

Le syndicat veut tirer sa force de sa fraicheur et de son volontarisme, loin des sentiers battus du syndicalisme sciences piste, qu’il condamne fermement voir violemment dans ses tracts. Comptant une grande proportion d’étudiants de première année dans ses rangs, bénéficiant également de l’expérience d’élèves plus âgés, il se réjouit du soutien que leur ont affiché certains professeurs et membres de l’administration. Cette fraicheur permet au syndicat de voir l’arrivée des élections avec optimisme, avec l’espoir de faire entendre leur voix au milieu du duopole syndical. Se déclarant libre de toute organisation nationale ou parti politique, le syndicat dispose de moyens réduits et d’un budget principalement financé par les membres, ce qui pourrait expliquer sans doute une sous-médiatisation jusqu’à présent dans la campagne syndicale en comparaison du tractage massif des autres syndicats. Une carence qu’ESP espère avoir contrebalancé avec la conférence-débat de la semaine passée où ils ont eu l’occasion de défendre leur programme mais également avec leur profession de foi qui leur a permis de présenter leur vision aux étudiants.

Le programme, outre la préservation du statut actuel de l’Institut et de ses valeurs, acte pour l’augmentation du nombre de boursiers à 30%, le maintien du concours comme porte d’entrée, (en attendant cependant de juger de l’efficacité de sa nouvelle forme), le gel des frais de scolarité, l’élargissement des partenariats avec les universités étrangères afin de permettre une meilleure distribution des étudiants de 3e année, l’intégration facilitée des étudiants étrangers à Sciences Po ( et l’accès aux bourses Emile Boutmy) mais également augmenter les contacts avec nos camarades des campus délocalisés qui sont pour l’instant inexistant en dehors du Minicrit. Bien qu’optimiste, le syndicat connaît ses limites et, malgré les difficultés constatées, sait qu’il aura du mal à proposer des avancées crédibles quand aux inscriptions pédagogiques et aux horaires de la bibliothèque. Mais plus encore, ce sont finalement les poncifs du programme qui dérangent : finalement, personne n’est contre Sciences Po, contre la démocratie, contre la défense des intérêts des étudiants, tout un tas de formules qui n’ont pas vraiment de traduction concrète. Et cette volonté de vouloir absolument être l’unique défenseur des étudiants, convaincu d’en porter les revendications, contre des syndicats qu’ils estiment être corrompus, est une position très délicate à tenir. Un syndicat étudiant, a fortiori nouvellement créé, peut-il se placer en représentant exhaustif de la pluralité des opinions ?

Si sa vision profondément Sciences Po-phile et le manque de clarté de son programme lui ont d’ores et déjà valu de nombreuses critiques, Etudiants pour Sciences Po est confiant pour ces élections syndicales. Nous apprendrons dans deux jours s’il aura réussi à insuffler un élan nouveau, une fraîcheur au débat, et s’il aura su se positionner en syndicat important ou bien si le vote étudiant aura raison de l’enthousiasme communicatif du projet.

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Cli’mates : l’innovation étudiante face au changement climatique https://www.lapeniche.net/cli%e2%80%99mates%c2%a0-l%e2%80%99innovation-etudiante-face-au-changement-climatique/ Thu, 06 Dec 2012 17:11:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1445 Alors que l’écologie politique est actuellement laissée de côté partout dans le monde, face à des préoccupations plus « urgentes » et que les ONG aussi bien implantées soient elles sont encore en recherche de visibilité, on peut se demander s’il est réellement possible, à l’échelle étudiante, de s’impliquer efficacement face au réchauffement climatique. Pour Cli’mates la réponse est oui : cette association d’initiative étudiante crée au sein de Sciences Po a fait de la mobilisation étudiante contre l’effet de serre une réalité et se diffuse efficacement dans les universités de par le monde. Retour sur le parcours d’un simple projet de master qui est devenu au fil des années un Think Thank universitaire reconnu.

climates3.jpgLa genèse du projet remonte à juin 2011, lors d’une simulation du sommet de Copenhague dans la lignée des MUN; à la différence du vrai sommet de 2009, un compromis est trouvé entre réduction des émissions de gaz à effet de serre et solutions économiques. Galvanisé par ce premier succès, Cli’mates se forme dans la foulée avec pour objectif de réunir un sommet sur le même fonctionnement chaque année: plusieurs centaines d’étudiants répartis, en fonction de leurs origines géographiques – afin de refléter lors de débats généraux les préoccupations et positions localisées – en commissions et délégations, tentent de trouver des solutions conjointes.

Le but du projet est principalement de créer une mobilisation étudiante sur les problématiques climatiques qui aboutirait à une vision et position étudiante commune reconnue qui influerait lors des grands sommets environnementaux à l’échelle mondiale. Ainsi avec le soutien du pôle scientifique de Sciences Po et de l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales un première expérience de sommet a été réunie au 13 rue de l’Université du 29 Octobre au 2 Novembre. Ce sommet a réuni de nombreux protagonistes autour de 3 thématiques phares: l’agriculture et l’énergie, les gouvernements et actions locales ainsi que la coopération internationale sur le changement climatique.

Avec le soutien d’un comité scientifique consultatif de prestige, des étudiants originaires de 40 pays, d’horizons très différents (Sciences Po, Polytechniques, Harvard, Duke, Université de Pékin, Université de Buenos Aires, Université de Kinshasa entre autres) se sont réunis et ont mis en avant, par exemple, les dangers de l’agriculture de masse pour les forêts, qu’il faudrait réguler et développer de façon respectueuse, et les problématiques sociétales qui entrent en compte dans les discussions environnementales; considérant ainsi les freins empiriques qui peuvent s’opposer à des réformes écologiques (actuellement, redresser l’économie est une priorité pour beaucoup de gouvernements qui écartent donc sur le court terme les problématiques environnementales).

Ces questions ont ensuite été soumises par une délégation, qui assistait et participait en temps que communauté étudiante internationale aux concertations, aux protagonistes du Cop 18 des Nations Unies qui se tenait au Qatar fin Novembre. A ce stade, la délégation a bénéficié de la crédibilité que lui ont apporté les chercheurs reconnus pour leur action environnementale (Iddri, WWF, Fonds Français pour l’Environnement Mondial) afin de faire entendre leur voix étudiante au sein de ce sommet de grande ampleur.

En un peu plus d’un an, Cli’mates a donc sut se développer et récolter plus de 150 membres étudiants dans le monde entier mais également trouver des fonds par le mécénat d’entreprises attestées éco-responsables afin de disposer de véritables moyens, Sciences Po n‘apportant qu‘un soutien logistique. Henri Landes, président de Cli’Mates et titulaire d‘un master en développement durable à SP, souhaite également voir l’institutionnalisation du projet, par des partenariats officiels avec d’autres universités; en effet, le projet n’est actuellement pas reconnu officiellement par les administrations des universités. Ainsi à Sciences Po, le projet n’est pas, à la différence d’autres projets de Master, crédité, ce qui réduit l’accès à Cli’Mates à des étudiants volontaires et extrêmement motivés, prêt à mener ce projet en parallèle de leurs études. Le projet bénéficie également du soutien militant de Sciences Po Environnement, ainsi que de la présence motivée d’élèves de premier cycle qui démontre que le projet s’est affranchi des limites d’un simple projet de master. De façon très lucide, les résultats bien qu’encourageants sont limités par le manque de moyens techniques: comment parvenir avec un rassemblement étudiant à des résultats que les scientifiques les mieux équipés ont du mal à obtenir? De plus, même si le projet a su s’externaliser, il concerne une poignée d’étudiants au sein de chacune des universités concernées et souffre ainsi d’un manque de visibilité, qui est regrettable, ne serait-ce qu’à Sciences Po où le projet est méconnu de la grande majorité des étudiants, d’où l’organisation d’un tel sommet au sein de Sciences Po sur trois jours avec en périphérique une agora qui offrait aux étudiants un espace de discussion avec l’association mais également avec beaucoup d’autres mouvements sympathisants.

Cli’Mates a cependant réussi à établir un think thank universitaire mondial dont le succès grandissant est prometteur et est parti pour faire de l’association un protagoniste de poids dans les négociations mondiales sur le réchauffement climatique et a montré l’existence d’une conscience écologique universitaire à l’échelle internationale ainsi qu’une forte capacité de fédération: notre génération sera celle de l’éco-responsabilité ou ne sera pas.

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