Vie du campus

« L’identité nationale », vaste problème !

identina.jpgLes réactions vont du rejet total, au désintérêt, en passant par la perplexité, la suspicion sur l’échéance électorale des régionales de 2010, et la méfiance sur la tournure que prend le débat. Cette question reste néanmoins incrustée dans l’esprit.

Après tout, on peut se le demander : qu’est-ce qu’être français ? Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui je me sens plus français que tunisien ? Turc ? Chinois ? Américain ? Suédois ? Congolais ? Qu’a fait la France pour moi au point que je lui sois reconnaissant et que je veuille m’attacher à elle ?

Il est sans doute impossible de répondre à cette question de façon unanime. Nous avons tous nos raisons de nous considérer, ou non, comme des français. Et elles nous sont propres. Elles sont liées à un vécu, à un cheminement inconscient sur la voie du sentiment national qu’on ne perçoit qu’une fois qu’il est accompli. Cette réflexion ne présente d’ailleurs pas nécessairement une fin, alors pourquoi vouloir l’interrompre et statuer sur notre degré d’appartenance à la France alors qu’il s’agit d’un processus sur le temps long et en évolution permanente, propre à chaque individu ?

Aujourd’hui, le débat sur l’identité nationale semble échapper à ceux qui l’ont lancé pour prendre la pente dangereuse d’un débat sur l’Islam et l’immigration. Et c’est bien ce que beaucoup redoutaient. De façon schématique, La question : « qu’est ce qu’être français ? », est en train de se transformer en : « l’identité française est-elle menacée par l’immigration ? ».

C’est en tout cas le sentiment que l’on retient notamment de la tribune de Nicolas Sarkozy dans le Monde daté du 9 décembre, où il insiste sur l’existence de racines chrétiennes dans l’angoisse de la menace que pourrait représenter l’immigration pour l’identité nationale française. Puis, nous avons droit à la définition de Nadine Morano de ce que devrait être un jeune musulman, dernière polémique en date.


Alors, la question serait peut être plus de savoir si l’identité française est capable d’accueillir les apports culturels de ses ressortissants multiples, ou si elle doit rester rigide. Si elle doit garder l’image faussée d’une société inchangée.

Espérons seulement que ce débat, dont on peut douter qu’il apporte une réponse à la question « qu’est-ce qu’être français ? », aura au final le mérite d’élargir les esprits quant à ce qu’est la France aujourd’hui, dans toute la richesse de sa diversité.

Illustration : marseilleunautreregard.wordpress

7 Comments

  • Suzanne

    Donc, Carapuce et maf, pour vous, qu’est-ce qu’est être Français? Cela correspond-il juste au fait d’être né en France de parents français? Ou alors y’a t-il une définition plus extensible? Et si oui à quoi correspond-elle pour vous? Qui peut alors prétendre à être Français, et qui ne le peut pas?
    C’est bien gentil de s’en prendre à l’immigration qui « gâche tout », maintenant, ce serait bien de répondre clairement à la question.

  • Carapuce

    « L’existence des nations est bonne, nécessaire même. Leur existence est la garantie de la liberté, qui serait perdue si le monde n’avait qu’une loi et qu’un maître. » E.Renan, Qu’est-ce que la Nation?

    La guerre a germé dans les nations faibles, dans les appendices yougoslaves et serbes, la haine s’est construite dans une Allemagne humiliée.

    Sache que je ne suis pas nomade, exportable, corvéable. Et toujours je défendrai ce droit imprescriptible de notre peuple; celui de planter sur les terres encore si humides du sang des nôtres le drapeau tricolore en disant : « Ici, c’est la France. »

    Chaque français qui sort du ventre de sa mère est un milliardaire. Milliardaire du patrimoine accumulé depuis des siècles. Actuellement, nous sommes en train de tout gâcher.

  • Tom

    Non, la question de « l’idenité nationale » n’est pas dans « incrustée dans l’esprit ».
    Non, ça ne me travaille absolument pas et pour tout dire je ne me sens même pas français ou quoi que ce soit d’autre: je vis ma vie, et la France ne représente pas grand chose pour moi (à part peut être quelques avantages pour voyager).
    Dans ma famille y’a des bonshommes qui sont mort dans tout un tas de guerres plus ou moins dégueulasses et tordues, et qui souvent d’ailleurs n’étaient pas du côté bleu-blanc-rouge, je ne leur suis pas redevable de quoique ce soit si ce n’est de m’avoir permis de naître (grâce à un heureux hasard de fornication, un « petite graine » désirée ou non) et d’avoir aidé toute la lignée à grandir, aimer, crever.
    Ce sont les liens de l’amour, de l’amitié, de l’intérêt commun, la Nation n’a rien à voir là dedans. Au mieux elle aura justifié que quelques uns crèvent bêtement dans un trou à Verdun pendant que d’autres joyeux compatriotes s’en foutaient plein les poches en vendant des canons.

    Ce débat me fait honte et c’est tout.

    Déjà, pourquoi débattre de l’identité? Est ce qu’il y a vraiment un problème avec l’identité des français? Est-ce que c’est à l’Etat de le régler? Et puis même si c’était le cas, à quoi sert ce débat puisqu’il ne peut déboucher sur aucune loi ni proposition ni… rien à part de la polémique stérile.

    A la limite on va se retrouver avec une liste signée par le « ministère de l’expulsion des indésirables et de la solidarité chacun pour soi » qui nous expliquera à nous pauvres mortels qu’un français:
    -doit aimer les champignons et la blanquette de veau si il est réfractaire au saucisson
    -doit respecter les racines culturelles de son voisin surtout si elles sont chrétiennes
    -doit fêter noël en famille
    -etc…

    A quoi bon?

    Il serait peut être plus utile de multiplier les occasions d’apprendre à vivre ensemble et à se respecter pour ce qu’on est plutôt que de gaspiller du temps à laisser des quasi-fachos monopoliser le débat en essayant de foutre tout le monde dans un même sac national.

    La Nation c’est ce qui permet à une personne de parler au nom de toutes les autres. La Nation c’est aussi ce qui justifie que des gens qui n’ont aucune raison de se battre entre eux se retrouvent avec un fusil à la main.
    Et puis enfin la Nation c’est une invention de nos amis les Môdernes, et en disant ça j’apprends rien à personne ici.

    La meilleure attitude à avoir face à ce débat, c’est encore d’en rire, même si ça devient de plus en plus difficile quand on tend un peu l’oreille à ce qui s’y raconte.

    La Nation a fait son temps, qu’elle crève.

  • Romain

    Tout à fait d’accord avec Carapuce sur le manque stupéfiant d’arguments de l’auteur. C’est bien, bravo, j’applaudis : le politiquement correct – la servilité intellectuelle, en fait – s’est insinué dans les esprits jusque chez les plus jeunes. Effrayante mise en pratique des théories orwelliennes : les arguments qui fâchent sont absolument à éviter, ils doivent être bannis de la sphère de pensée de l’individu. D’où le passage navrant où l’auteur nous met en garde : le débat est sur une « mauvaise pente ». Attention à ne pas lier identité et immigration ! C’est du BHL dans le texte, là. Bien sûr que les deux choses sont liées : il y a (ou plutôt il y avait) en France, jusqu’au siècle dernier, une population plutôt homogène au plan des valeurs et de la culture (et j’inclus les Italiens, Polonais et autres Portugais qui ont construit ce pays de leurs mains, aussi) ainsi que de la religion. Aujourd’hui, cette homogénéité tend à diminuer à une vitesse élevée, avec la bénédiction de la classe qui nous gouverne (gauche et droite confondues, lesquelles ne croient qu’en une chose : le dogme libéral qui est, par essence, apatride). Cela pose des problèmes – qui peuvent être résolus, cela ne fait aucun doute – alors, par pitié, bannissons le moralisme digne de cinquantenaires trotskystes des universités, merde! Qu’on puisse discuter!

  • maf

    Les G.I. américains se sont « sacrifiés » pour le succès du futur Plan Marshall, pas pour la fin du rationnement et la Libération de la France, dont ils se foutaient éperdument..

    Si tes références culturelles et tes allégeances vont à l’Oncle sam, j’en conclus que tu es un digne représentant de l’AntiFrance.

    Quant à l’auteur de l’article lénifiant, je lui dirais que la diversité n’est pas une valeur républicaine, à la différence de la fraternité, nécessairement limitée à une communauté constituée (merci debray, a bon entendeur sciences po…).
    L’immigration massive érode l’identité nationale, c’est une évidence. Se souvenir des phrases du général De Gaulle rapportées par peyreffite sur la France, vieux pays majoritairement blanc, catholique, de culture latine etc.
    Nos élites ploutocrates ont trahi la France pour maintenir les pressions du travailleur français à la baisse. Opération hold up réussie, à grands coups de regroupement familial et de culpabilisation du beauf français dépeint sous les traits du collabo (merci l’idéologie française).

    Si l’identité française n’était constituée que des droits de l’homme et de l’universalisme, nous serions tous allemands, américains, etc.

    Quoique, c’est bien le rêve de certains, d’Attali à Cohn-Bendit…

  • wqsp

    Des Américains se sont sacrifiés sur les plages de Normandie, mes lectures et la musique que j’écoute viennent d’outre Atlantique… Je dois donc quelque chose aux Etats-Unis, Carapuce. Suis-je américain pour autant ?

  • Carapuce.

    La première partie de cet article est d’une débilité effarante et notamment cette accumulation de questions insensées : « Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui je me sens plus français que tunisien ? Turc ? Chinois ? Américain ? Suédois ? Congolais ? ».
    Le simple fait de s’interroger là dessus témoigne de la véritable décroissance du sentiment national, qui – il faut bien le dire- m’inquiète. En d’autres termes, cela revient à poser la question suivante : qu’est ce qui fait qu’aujourd’hui je me sens plus le fils de ma mère que celui de ma voisine ?
    La France et plus généralement la patrie ne se choisissent pas. On ne pèse pas le pour et le contre, quels avantages y retirer par rapport à la nationalité allemande, algérienne ou russe… On se sent Français simplement parce qu’on l’est, parce que notre naissance ou notre mérite nous y a fait accéder. On aime la France, plus qu’aucun autre, parce qu’elle est notre patrie et que le Congo ne l’est pas.

    Evidence qu’il convient de rappeler aux humanistes invétérés de Sciences-Po. Oui, chaque homme a un terroir auquel il est fortement attaché. Comme chaque homme a un père, il a la terre de ses pères, sa patrie.

    « Qu’a fait la France pour moi au point que je lui sois reconnaissant et que je veuille m’attacher à elle ? » La France ne te dois rien. Tu lui dois, en revanche, ta naissance par les sacrifices consentis des générations antérieures, tu lui dois un patrimoine immense, culturel et matériel ; une langue d’une clarté admirable qui porta au monde plus de chefs-d’oeuvre qu’aucune autre. La France, c’est le peuple d’hier, d’aujourd’hui et de demain, la France vit en partie à travers nous, respire par chacun de nos souffles, s’agite par chacun de nos mouvements. Il n’y a pas de « choix » possibles.

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