A la une,  Actualités

Grand O Emmanuelle Wargon : un grand Oral pour un grand Débat

C’est en cette veille de Saint Valentin que Sciences Po TV, La Péniche et Sciences Polémiques ont eu le plaisir de recevoir Emmanuelle Wargon,  secrétaire d’État auprès du ministre de la transition écologique et solidaire à l’occasion du troisième Grand Oral de l’année. C’est avec passion et fougue que nous revenons sur cette soirée aux thèmes variés et au coeur de l’actualité : l’écologie, l’entreprise et le Grand Débat national. De l’amour, il y en a à foison avec la présentation romantique et espiègle de Raphaël Saint-George brossant un portrait dynamique de cette femme haut fonctionnaire d’État. La place des femmes au sein du pouvoir est d’ailleurs un sujet qui lui tient à cœur et qu’elle mentionnera à plusieurs reprises en cette soirée de débat en s’appuyant sur sa propre expérience.

Ainsi, c’est un parcours entre entreprise et fonction publique que l’on découvre avec la revue de presse de Capucine Delattre, rédactrice en chef de La Péniche. Lobbyiste pour le géant de l’agroalimentaire Danone pendant deux ans, E. Wargon explique que « l’intérêt général n’appartient pas qu’au secteur public » mais aussi aux entreprises, dont les objectifs ne se limitent pas aux intérêts particuliers et financiers. Ce point de vue, elle le défend en ajoutant que le terme lobbyiste « est un mot réducteur » pour rendre compte de la tâche qu’elle a accomplie auprès de la firme. Ainsi, sa formation universitaire, de Sciences Po aux bancs de HEC puis de l’ENA, l’a amenée à exercer également des hautes fonctions dans le secteur public dont les missions sociales ou écologiques sont le fil rouge. Directrice du cabinet de Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives contre les pauvretés dans le gouvernement Fillon, de 2007 à 2010, elle travaille sur le projet de revenu de solidarité active afin de faciliter l’accès à un parcours solidaire vers l’emploi et la réinsertion sociale. Ses priorités sont aujourd’hui axées sur l’écologie avec l’ambition de changer le modèle agricole, les pratiques de l’industrie et enfin changer les dynamiques des espaces urbains. Elle compte réaliser ces trois points saillants de ses missions gouvernementales par sa force de caractère que la presse s’amuse à souligner.

Si elle est une « femme de l’ombre qui attire la lumière » selon Le Figaro ( « Qui est Emmanuelle Wargon, la nouvelle secrétaire d’État à l’écologie ? » publié le 3 juin 2018), elle compte se dévouer à la tâche qui lui a été attribuée suite aux retentissants mécontentements des gilets jaunes ces derniers mois : l’organisation du Grand Débat. Le sujet brûlant est abordé lors de l’interview politique de Clément Martin, président de Sciences Po TV. Emmanuelle Wargon argumente alors de la technicité et la pugnacité nécessaire pour être à l’écoute de tous les citoyens. « Concilier démocratie représentative et démocratie directe » passe selon elle par une phase de collecte des avis, une phase de compréhension des volontés citoyennes pour enfin aboutir à une décision du Président de la République, doté de la faculté de requérir un référendum. Cette voie reste, d’après elle, envisageable.

Or, l’un des thèmes soumis aux Français lors de ce Grand Débat concerne tout particulièrement la mission d’E. Wargon : l’écologie – thème amplement abordé lors de l’interview politique menée par Clément Martin. Elle affirme que cette problématique incontournable est à l’origine du  phénomène des gilets jaunes. En effet, aucune alternative à la voiture n’est aujourd’hui envisageable, ce qui rend les Français dépendants du prix de l’essence. Afin d’activer une transition écologique, la secrétaire d’État défend une taxe carbone « à la française » permettant de changer le signal prix des énergies fossiles tel que le pétrole. Ceci doit être doublé d’un effort considérable dans les énergies renouvelables afin de maintenir un équilibre énergétique face à la fermeture de centrales nucléaires, comme celle de Fessenhiem, officiellement prévue fin juin 2020 . Par exemple, rendre localement acceptables les éoliennes pour un « développement apaisé de l’éolien en  France » est une priorité. De plus, la secrétaire d’État insiste sur le rôle des entreprises qu’elle retient capable d’influer positivement sur le plan social et environnemental. « L’État ne peut pas tout » conclut-elle.

Enfin, la chronique Disruption de Manon de Cabarrus séduit par la fraîcheur de ses sujets et la nouveauté de ses memes déconcertants qui passent l’actualité au peigne fin de l’humour. C’est sans tarder que la jeunesse est mise à l’honneur dans cette rubrique avec la militante suédoise Greta Thunberg, à peine âgée de 16 ans . E. Wargon salue son dévouement pour le climat et le mouvement qu’elle inspire à travers le monde. Une grève générale des étudiants est ainsi prévue le 15 mars afin de donner une voix aux adultes de demain, soucieux de l’état de santé de leur planète . La jeunesse n’est pas un ensemble homogène, rappelle la secrétaire d’État, mais c’est elle qu’il faut mobiliser en premier pour éveiller les consciences de ceux qui hériterons du monde de demain. La transition est toute trouvée avec un phénomène qui prend de l’ampleur dans le monde numérique : le cyberharcèlement. L’affaire de la ligue du LOL relance les débats sur ce fléau immatériel et qui touche à la fois  les adultes dans leur vie active que les plus jeunes dans le cadre scolaire. Les insultes à caractère diffamatoire, voire sexiste, sont récurrentes sur les réseaux, ce que déplore la secrétaire d’État, elle-même sensible à la problématique du sexisme. Femme politique engagée, elle a trouvé sa place dans le monde « violent » de la politique – une violence dont témoigne l’affaire Baupin, dont C. Duflot a été l’une des victimes. Cela mène le débat vers un autre engagement de E. Wargon : l’égalité entre les femmes et les hommes. Elle requiert une tolérance zéro pour ce type de comportement, banalisé, au même titre que le harcèlement au général dans la société d’aujourd’hui.

Enfin, c’est autour d’un sympathique « Fast and Curious » (à revoir en vidéo) que se conclut ce Grand Oral, emprunt de ferveur et de conviction. Emmanuelle Wargon, ancienne habituée des bancs de Boutmy, quitte ainsi l’amphithéâtre, laissant aux étudiants matière à réfléchir et à espérer.

Valentine Fantino

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.