Vie du campus

Rencontre avec Stéphane Auzanneau, Directeur des Systèmes d’Information de Sciences Po. 2e partie

La suite de notre interview avec Stéphane Auzanneau, pour parler de wifi, du plagiat, de l’ENTG, des ecours, des inscriptions pédagogiques et des futurs outils informatiques à Sciences Po…

LaPéniche.net : Quels sont les nouveaux services et outils à venir ?
S. Auzanneau :
Nous travaillons sur un nouvel outil pour faire les choix d’universités à l’étranger. Il y a eu une première tentative d’informatisation l’année dernière pour rationaliser le processus et éviter les déperditions d’énergie, mais elle s’est soldée par un échec (que les élèves n’ont pas vraiment vu). Le prestataire extérieur choisi pour cette opération a fourni un service très décevant, et cette année, nous avons décidé d’internaliser la création du programme. Ce sera un vrai changement, tout sera beaucoup plus lisible, intuitif et transparent, les élèves pourront suivre l’avancement de leurs dossiers. Les équipes travaillent aussi sur la prochaine version du service d’inscriptions pédagogiques. Dès celles de décembre, de petites modifications seront apportées, notamment dans la gestion des conflits horaires. Mais le grand changement aura lieu à la rentrée 2010, avec quelque chose de beaucoup plus beau. On voudrait aussi proposer un portail web plus adapté, plus complet et mieux organisé, qui intégrerait tous les services pour plus de lisibilité, avec une logique d’API.

LaPéniche.net : Comment se préparent les Inscriptions Pédagogiques ?
S. Auzanneau :
Les inscriptions sont un gros moment de stress pour nous, il faut imaginer toute la charge des élèves d’un coup sur le serveur, l’explosion du nombre de requêtes à la minute, surtout lorsque tout le monde recharge sa page dans l’attente de l’ouverture du service. J’utilise l’image du tsunami pour décrire ce que nous vivons. Une véritable vague ; on se demande si elle va nous engloutir. Mais tout s’est très bien passé en septembre dernier, le système est désormais fluidifié et maîtrisé. Maintenant, les problèmes tiennent plus à des questions de paramétrage. En effet, les secrétariats doivent entrer dans l’ordinateur tous les cours, les salles, les profs… il y a beaucoup de paramètres, et ce n’est pas évident.

LaPéniche.net : Quels ont été les retours sur le nouvel ENTG ?
S. Auzanneau :
Je pense que globalement tout le monde en est content, les retours sont positifs, il y a eu quelques ralentissements au départ, puisque l’interface est assez lourde, mais maintenant tout est rentré dans l’ordre. Les gens l’utilisent et ça marche bien.

LaPéniche.net : Vous êtes aussi en charge des salles informatiques, y en a t-il assez ?
S. Auzanneau :
Pas assez à mon goût, on y travaille, de nouvelles ont été ouvertes au 28 rue des Saints-Pères. Mais en même temps je me demande si c’est bien utilede les multiplier, quand je vois que tout le monde possède un ordinateur portable.

LaPéniche.net : Il manque pourtant des prises électriques…
S. Auzanneau :
Oui, mais les bâtiments de Sciences Po sont anciens, c’est difficile à installer. De toute façon l’autonomie des batteries va croissant. Sciences Po met du temps à s’adapter, construire un campus numérique nécessite des investissements lourds, en particulier au cœur de Paris, dans des bâtiments anciens. C’est le problème du 56 rue des Saint Pères aussi, un bâtiment qui a beaucoup vieilli et dans lequel il est très difficile d’installer le wifi. Il faudrait 30 à 40 millions d’euros pour avoir un campus ultra moderne

LaPéniche.net : Sciences Po est assez précurseur en ce qui concerne l’e-learning. Pouvez-vous déjà faire un bilan des ecours ?
S. Auzanneau :
C’est un formidable outil, j’aurai rêvé d’avoir ça en tant qu’étudiant. Les profs sont demandeurs, mais on a toujours un problème d’accompagnement : la cellule en charge des ecours est encore trop petite. Mais sinon l’outil n’est pas très compliqué à mettre en place, et je pense qu’il va continuer à se généraliser. Reste un grand danger pour les étudiants : la facilité. On se dit qu’on aura toujours le temps de les regarder… Il faut donc apprendre à se structurer, se discipliner.

LaPéniche.net : En 2007, vous aviez donné une interview à LaPéniche.net à propos du logiciel anti-plagiat. Avec le recul, est-ce qu’il est utilisé ?
S. Auzanneau : Oui, les profs l’utilisent. Mais c’est plus un outil d’apprentissage que de sanction. Les élèves doivent s’autoformer à citer les sources, puisqu’il n’y a plagiat que lorsque l’on reprend in extenso, sans signaler qu’il s’agit de la pensée d’autrui. C’est la règle du jeu, ça s’apprend et c’est une convention fondamentale à connaître pour étudier à l’étranger ou faire de la recherche.

LaPéniche.net : Comment s’est passée l’installation au 28 rue des Saints-Pères ?
S. Auzanneau :
On a du faire face à des délais assez courts, mais tout a été bien planifié en collaboration avec les services de l’immobilier. On a beaucoup travaillé cet été et le bâtiment est maintenant largement opérationnel, on a de nouvelles salles informatiques, le wifi fonctionne. De toute façon il fallait que ça marche, puisque la direction centrale s’est installée là-bas.

LaPéniche.net : Pour conclure, qu’est-ce que vous aimez dans votre métier, qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ?
S. Auzanneau :
J’ai le sentiment de contribuer à une œuvre collective, d’apporter ma pierre à un édifice en construction. J’aurai pu travailler dans d’autres secteurs avec mes compétences, j’étais dans l’assurance avant. Mais travailler pour l’éducation donne du sens à la vie. C’est bien d’être dans un endroit qui réfléchi beaucoup, c’est bien d’être au contact des chercheurs, des profs, de se confronter à des esprits jeunes. La nouveauté n’est pas toujours chez les jeunes d’ailleurs. Et puis, au fur et à mesure des vagues d’étudiants, on voit le temps qui passe. Ça ne donne pas le vertige, au contraire, ça donne confiance. C’est un environnement toujours changeant, qui nécessite de se remettre sans cesse en cause, tout en assurant une continuité dans la formation.
C’est aussi un poste qui nécessite de prendre en compte les besoins des gens, d’être sur le qui vive. On est en contact avec des gens de niveaux différents, il faut se faire comprendre de tous, adapter son langage. J’ose espérer que Sciences Po est une institution qui rend humble. Surtout, je me suis toujours intéressé à l’éducation et je travaille avec des gens que j’aime bien, le plus important. Je dirais même qu’on peut faire n’importe quel job du monde si on est dans un environnement dans lequel on est bien.

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